Le monde joyeux des fertiles – épisode 3 : l’invitation à un mariage

Certains événements peuvent être particulièrement longs et difficiles à vivre quand on est pmette, alors que ce sont censés être des moments heureux.

Parmi ces événements, les mariages sont assez hauts dans le top, car ce sont en général des réunions spéciales PB, familles nombreuses et épanouies, enfants qui courent partout.

Les précédents mariages auxquels j’ai assisté jusqu’à présent ont été assez supportables (pas trop d’enfants, familles pas trop lourdingues). Mais ce weekend j’ai gagné le gros lot :

  • C’est moi qui conduisait (aucun refuge possible dans l’alcoolisme donc, mais en buvant un verre syndical à table pour éviter les erreurs de jugement)
  • Un nombre d’enfants impressionnant ! Il devait y avoir une trentaine d’enfants, dont une dizaine de bébés… et en prime pleins de moments gênants préparés par les enfants car c’est soit-disant trop mignon.
  • La pire table possible : on était 3 couples, les deux autres avaient chacun un bébé de respectivement 8 et 9 mois. Qui étaient tous les deux présents. Je vous laisse imaginer la torture des discussions et de leur présence. Je connaissais un des couples, et eux se connaissaient. Bien évidement je ne connaissais personne d’autre (à part les mariés), donc difficile de fuir. On a jamais été aussi soulagés d’aller danser !
  • La famille des mariés la plus lourde que j’ai pu rencontrer ! J’espère très sincèrement que cette amie n’aura pas de problème de fertilité car sinon ils vont en chier. On a du entendre une bonne cinquante de fois (je suis sérieuse) des remarques liés sur les enfants qu’ils allaient faire. Ca en devenait débile. Et sur les joies d’être parents qu’on leur souhaitait, et blablabla. C’était abusé franchement….

 

Je crois que nous avons eu beaucoup de chance d’échapper à ça pour notre propre mariage fort heureusement ! Car on aurait pas supporté ! Pourtant y a vraiment pas toute notre famille et amis qui sont au courant de notre situation. Comme quoi au final ils ne sont pas si lourd que ça comparé aux autres familles !

 

PS : N’hésitez pas à partager vos pires mariages en tant que pmette en commentaires 😉 Je sens que c’est un sujet à fort potentiel !

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Le monde joyeux des fertiles #RALC

Aujourd’hui j’ai eu la bonne mauvaise idée de demander à des amis leur nouvelle adresse, pour pouvoir leur envoyer leur faire-part.

Juste une marque de courtoisie, car Mme est censé accoucher le 4 juin, soit 2 jours après notre mariage. Donc en vrai ils ne viendront pas (ils avaient fait genre « on vous dira au dernier moment » – euh non, dites « non » comme ça c’est fait, je vais pas payer pour rien 2 menus, et même si vous veniez soit j’aurais une meuf enceinte jusqu’aux yeux, soit la joie de voir mon 1er petit copain parler des joies d’être père d’une petite fille de quelques jours, et comment dire, si on pouvait éviter ça le jour de mon mariage ça serait topissime, déjà que je redoute qu’elle accouche le jour même de mon mariage et qu’on m’annonce ça entre deux coupes de champagne…)

Mais bref je m’égare. Et je remarque que c’est le 2e article RALC que j’écris sur ce cher couple XD. Recentrons nous.

Donc je demande gentiment leur nouvelle adresse en mode « coucou comment vous allez ? je pourrais avoir votre nouvelle adresse ? merciiii »

Réponse :

« Oui ça va, on commence à avoir hâte de l’arrivée de bébé, ça devient un peu long là ^^ »

Je dois devenir aigrie mais sérieux « ça devient un peu long là », tu dirais quoi si tu couchais aujourd’hui ???? Je pense pas que tu te plaindrais.

7 mois d’attente wouhouuuuu ça doit être très long d’attendre alors que le bébé est déjà dans ton ventre, imagine un peu ça fait 4 ans que t’attend, et t’es même pas enceinte !

Bon ok je sais que j’abuse totalement, qu’elle est même pas au courant de notre parcours, et que à 7 mois de grossesse on est peut-être pas toujours au meilleur de sa forme. Mais j’invoque l’immunité pmesque pour ma rage gratuite et irraisonnée et ma mauvaise foi XD

 

 

Ce qui devait arriver arriva

Samedi soir, j’ai revu mes amies A. et L. J’appréhendais beaucoup cette soirée, car je ne les avais pas vues depuis au moins 2 mois je crois, et après nos conversations de début d’année (Une soirée entre amies presque comme les autres), j’avais le pressentiment que L. avait une annonce à nous faire.

J’avais vu juste…. elle est enceinte de 4 mois, et son ventre se voyait déjà pas mal.

C’est la 1e fois que je vis une annonce de grossesse dans mon entourage aussi proche depuis le début de nos essais…

J’ai un sentiment dégueulasse que je vous avoue à demi-mots… sachant qu’elle avait fait une fausse couche en C2 et que ça faisait quelques mois et toujours rien, je me disais que peut-être elle aurait aussi des soucis et que je vivrais pas ça toute seule….C’est tellement égoïste et dégueulasse de penser ça, alors qu’au final je ne souhaite à personne de vivre cela…

J’échappe par contre à la double annonce, A. dit qu’elle attend encore un peu, elle préfère régler des discussions d’achats de terrain et d’architecte pour être moins stressée quand elle arrêtera la pilule. Je gagne quelques mois de répit…

Je me suis pris une 2e claque cette soirée. Comme prévue la discussion a beaucoup tourné autour des grossesses et en est venue à une autre fille que toutes les deux connaissent et qui est enceinte de 5 mois. Et là A. qui la connait un peu mieux nous dit un truc du genre ça faisait 2 ans qu’ils essayaient, elle avait fait plusieurs fausses couches et elle se plaignait beaucoup que ça marchait pas, là elle était très soulagée d’être enfin enceinte. Et là A. a dit « enfin franchement ça va, 2 ans d’attente c’est rien du tout. La sœur de mon copain elle a attendu 15 ans, ça c’est long »

What ? comment peut-on décemment dire ça, surtout qu’elle sait que ça fait presque 3 ans que j’attends ? Je chiale pas assez pour montrer que c’est difficile ? et en plus la fille a fait plusieurs fausses couches, merde c’est pas rien  à vivre !

Bon, je suis passée en mode « éducation », et lui ai expliqué que si, 2 ans c’est déjà énorme,  c’est très dur à vivre psychologiquement qu’elle ne se rend pas compte, et que chaque cycle est un échec de plus, ça ne s’arrête pas. Que quand elle arrêtera la pilule, elle verra que si au bout de 6 mois elle n’est pas enceinte, déjà là elle trouvera ça long…. Là L. a renchéri, car même si elle n’aura pas attendu si longtemps au final, c’est pas non plus une C1.

 

Bref après tout ça elles m’ont demandé où ça en était pour nous, je leur ai un peu débriefé la situation actuelle.

Heureusement on a pas parlé que de ça toute la soirée, mais j’ai un goût bien amère dans la bouche.

Au final je l’ai tout de même mieux vécut que je m’y attendais, car j’avais pu m’y préparer psychologiquement, ce n’était pas une annonce surprise. C’est déjà ça.

Mais j’appréhende déjà la suite de nos rencontres….

Récréation et révélation

Je vis mon mois de pause comme une récré entre deux grosses interros. (Je suis donc un peu moins présente dans la blogosphère, même si je lis tous vos articles quand je passe par là)

Quelle bonne idée on a eu de partir quelques jours pendant cette période, ça m’a fait un bien fou et ça nous a fait un bien fou pour notre couple aussi ! Et d’ailleurs c’était génial Edimbourg. On a pas eu de pluie, mais beau temps, et un peu de vent+nuages. On a visité les pubs de la ville au lieu des châteaux (c’était moins cher, vous comprenez), on a eu la joie de découvrir qu’il y a des plats végétariens dans tous les pubs et restaurants, on a fait tous les points de vue panoramique de la ville. On a beaucoup marché, on a beaucoup mangé, on a beaucoup bu, on a beaucoup baisé 😉  Bref même si c’était que 3 jours, et bien c’était parfait !

Bon on ne change pas ses réflexes, je sais que j’ai ovulé je dirais dans la nuit de vendredi à samedi. Je ne sais pas encore si je commence ou non à prendre la progestérone ce soir. Peut-être que non, pour que ce soit des vrais vacances.

Bien évidement, la fin de la récré va bientôt sonner, il faut d’ailleurs que j’appelle mon gynéco pour prendre RDV pou début de semaine prochaine, pour mettre en place le protocole pour cette 4e et dernière IAC.

Nous n’avons pas appelé le centre de PMA pour prendre RDV pour la FIV, car je crois que cela aurait un peu gâché cette pause.

Je pensais mal vivre cette période d’inaction, mais au final j’ai l’impression de revivre. J’ai le temps de faire des choses sans passer ma vie en salle d’attente et à courir à droite et à gauche. Et avec ce beau temps, et bien je peux le dire, ça fait très longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien. Je sais que ça ne durera pas, mais pour le moment je profite.


 

Profitant de ces vacances PMA/boulot, j’ai donc passé une journée au SPA avec ma mère la semaine dernière.

Je recadre un peu les choses, j’ai des relations assez compliquées avec ma famille, et particulièrement ma mère et ma grande sœur. Ma mère fait des efforts ces derniers temps, et c’est d’ailleurs dans cette optique qu’elle voulait faire une journée SPA avec moi. Avec ma grande-sœur c’est un peu différent. Elle est assez particulière, assez hautaine, et passe son temps à critiquer tous mes choix et ma vie en général. Donc on est pas vraiment très proche. Même si c’est la première personne à qui j’ai parlé de notre infertilité (un jour où elle a demandé si c’était pour bientôt, pour savoir si elle devait mettre de côté les habits de mon neveu, que je lui ai dit que ce n’était pas si simple, qu’elle a donc cru que c’était mon homme qui ne voulait pas (car forcément c’est mon homme donc c’est un connard quoi…) et que j’ai craqué et tout lâché).

Je reviens donc à cette journée SPA de vendredi :

Nous avons discuté de beaucoup de choses : de l’organisation du mariage, du choix de la robe (et comment je ferais pour rentrer dedans si dans ce laps de temps un heureux événement arrive enfin), de PMA (on en parle très très rarement, elle n’ose pas aborder le sujet avec moi), de perturbateurs endocriniens, …etc

Et là elle me parle de ma grande sœur (donc apparemment elles discutent de notre infertilité dans notre dos, c’est toujours sympa ça) , et comme quoi apparemment elle lui aurait dit qu’elle était incapable de mettre en route le 2e avant que j’ai un enfant, car elle aurait l’impression de me voler la place…

Je suis restée bouché bée… j’ai quand même placé un « ben la pauvre elle risque d’attendre encore longtemps alors ». Déjà de la part de n’importe qui c’est assez surprenant comme réaction, mais encore plus venant de la part de ma sœur !

Je vous avoue que je suis encore sous le choc, je ne sais pas trop comment réagir, je ne sais pas si je dois lui parler directement de ça ou non. Et je suis très touchée par cette réaction, car je ne m’attendais pas du tout à ça (j’appréhendais d’ailleurs chaque jour un peu plus qu’elle m’annonce être enceinte du 2e, à scruter si elle boit du vin ou non, à se demander pourquoi elle se caresse le ventre,… oui une vrai paranoïa)

 

Sur ce, je vous dis à bientôt, quand la sonnerie de la récré aura retenti. Je m’en vais profiter à fond des jours de répits restants.

Vendredi : torture et introspection

Vendredi = suite de la formation.

Pas mieux que la veille, j’ai eu le droit à une formation pour gérer les incivilités par un mec misogyne qui réglait les incivilités par…. des incivilités…. C’était fun, vous pouvez pas imaginer.

Pause midi avec le club des femmes enceintes/jeunes mères. Ne pouvant fuir j’ai intégré la discussion, et parlé d’habillement de bébé par les papas, d’où habiter pour élever sa progéniture…. A mon avis elles ont du capter que pour moi l’envie d’être mère ne se cachait pas très loin.

Le soir j’ai eu la malchance de faire 1h30 de train à côté de la nana enceinte de 6mois. On a donc parlé d’aménagement de chambre d’enfant, de l’annonce de la grossesse à la DRH et des avantages de notre convention collectives (elle a vraiment du capter que j’étais très intéressée). J’ai donc appris qu’après annonce auprès de la DRH, on reçoit un courrier qui explique tous nos droits. Et que grâce à notre convention collective, on a le droit à 45 jours de congés maternités en +, et encore 45jours supplémentaire si on allaite ! ça donnerait presque envie vous ne trouvez pas ?

Et puis j’ai beaucoup réfléchi sur moi… notamment à cause d’une phrase prononcé la veille pendant le diner, sur le débat des baignoires et femmes enceintes. Quand la nana enceinte a dit qu’elle n’avait pas réussi à négocier une chambre avec baignoire parce qu’il n’y en avait plus de libre, une conasse autre nana a dit « si ça se trouve c’était juste une meuf jalouse et aigrie parce qu’elle peut pas avoir d’enfant, alors exprès elle ne t’en a pas donné »

….

Vous imaginez bien la douleur d’une telle phrase…. Je me suis posé plusieurs questions, déjà pourquoi les gens s’en prennent à nous ? c’est dégueulasse de dire des choses pareilles ! Et je me suis demandée, Est-ce vraiment la vision que l’on renvoi ?

Suis-je vraiment aigrie et jalouse ?

Certes je ne pense pas qu’être enceinte donne des passe-droits, ce n’est pas une maladie, et on n’est pas la reine-mère parce qu’ on a un polichinelle dans le tiroir. Mais je pensais cela avant même de vouloir un enfant ! Après si une meuf enceinte de 6 mois est debout pour un trajet d’1h dans les transports en commun, je lui laisserais tout de même ma place.

Je n’ai pas arrêté de penser à cela tout le jeudi soir et tout le vendredi. Et encore plus pendant les discussions avec le club des ++.

Au fond pourquoi évite t’on les discussions de femmes enceintes et bébés ? Par simple jalousie ? Et bien je ne pense pas. Ma réflexion a avancé avec les discussions auxquelles je pouvais difficilement échapper.

Je n’en veux pas aux femmes enceintes, je ne les détestes pas sauf quand elles se plaignent. Je suis triste de ne pas être dans leur situation. Je ne déteste pas ces conversations. Au final je rêve de les avoir, je crève d’envie de les avoir. Mais ça fait un mal de chien et c’est pour ça que je les évite.

Ne pas avoir réussi à y échapper m’en a fait m’en rendre compte. Même si ça m’a fait mal, j’avais envie de prendre part à ces discussions. Bon résultat des courses j’étais au 36e en dessous en rentrant chez moi le vendredi soir, car c’était très éprouvant.

Je ne suis pas aigrie, je suis juste triste.

 

 

 

Jeudi de torture…

Chouette aujourd’hui je suis en formation. Ça va me changer les idées, 2 jours dans une autre ville avec nuit à l’hôtel.

Ah tiens, deux filles avec qui j’avais déjà eu une formation. La 1e était enceinte la nouvelle dernière fois. Maintenant elle est maman d’un garçon de 3 mois. Quelques banalités, je fais ma sociable et lui demande comment tout se passe. Et là la 2e que je connais nous rejoins…. Avec un ventre de 6mois de grossesse…. Ça s’annonce prometteur.

Bon… Pause café, forcément ça devait sur la maternité, la grossesse, l’accouchement… Et bim apparition surprise d’une 2e fille enceinte….

J’ai envie de crever, elles se plaignent de nausées, de douleurs, de nuits courtes, d’avoir un fils au lieu d’une fille….

Heureusement un collègue qui donne une formation dans la salle d’attente côté me croise et vient me parler – sauvetage inattendu.

Bref rajoutez à ça que je me tape deux jours de formation qui ne me concernent pas un poil, j’ai cru que j’allais y rester.

Je me suis tapé ces discussions à chaque pause, et même au repas de ce soir, car une est restée aussi à l’hôtel et on est allés manger tous ensemble. Donc ça n’a parlé que de ça, et quand avoir un enfant, et quand machin à fait une fausse-couche mais c’était pas grave car c’était pas l’homme de sa vie, et quand machin à avorté …. Kiffe ton repas.

Je vous épargne les détails (habituels de ces conversations), et je vais prendre un bon bain car mouahaha je suis la seule à avoir une baignoire dans ma chambre. Et même les meufs enceintes ont pas réussi à en avoir. Mais je crois que ça ne suffira pas à effacer mes sentiments du moment.

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J’ai vraiment hâte de la journée de demain….. (Passez moi une corde s’il vous plaît)