La fin d’une amitié

Avec le temps, forcément on s’éloigne de certaines personnes, des amitiés se font et se défont quand les chemins de nos vies divergent trop. Parfois de manière douce, parfois de manière violente. La phrase qui a provoqué la fin de cette amitié, je pense qu’on ne peut même pas la qualifier juste de RALC.

J’en ai rien à faire que ton fils soit mort.

Par le mec qui a tout de même été l’un des témoins de mon mari à notre mariage.

 

Cette phrase n’a pas été prononcé sous le coup de la colère, rien dans le déroulement de la conversation qu’ils ont eu ne peut la justifier (mais y’a t’il vraiment un contexte qui justifierait une telle phrase ?). Au passage avant cela, il a dit des horreurs sur plus ou moins toutes les personnes de notre groupe d’amis. Mon mari lui a demander de s’excuser, il a refusé. Ils sont sorti « s’expliquer », puis mon mari est parti en lui disant de ne plus jamais lui adresser la parole. Et un peu après le gars a envoyé un message à un autre pote en commun, qu’il savait que mon mari avait rejoint « Tu pourras lui dire que je ne lui en veux pas qu’il se soit énervé, on est pote ». Le gars ne voit pas le problème.

Mon mari s’en veut d’en être venu aux mains, même si personnellement je trouve qu’il l’a bien mérité (puis ça a pas été très violent je vous rassure). Je n’étais pas avec eux, j’ai eu la joie d’entendre cette histoire ce matin au petit dej’ .

On est profondément blessé par cette phrase et toutes les autres horreurs qu’il a dit sur tout le monde. Un mec qui se sent mal dans sa vie je suppose, mais qui au lieu d’en parler, ou de nous dire qu’il préfère s’éloigner du groupe car on n’a plus grand chose en commun, arrive à en venir à haïr ses « potes ». Et qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Un gars qui de base critique beaucoup les gens, mais qui ferait bien se regarder dans un miroir une fois….

 

La tempête dans ma tête

Je vous avais promis un article un peu plus positif qui devait venir après celui , c’est enfin chose faite. J’ai juste mis un peu de temps à finaliser ce brouillon. Car c’est un peu la tempête dans ma tête en ce moment. Je suis partagée entre pleins d’émotions, certaines positives, d’autres moins. J’essaye de ne pas me laisser submerger. Mais c’est un peu plus compliqué que d’ordinaire vu la situation actuelle, et qui plus est je n’ai pas eu de séances avec ma psy depuis mars – ça n’aide pas (elle est à côté de mon boulot, or je suis en télétravail, je n’arrive donc pas à y aller vu ses horaires. Et la consultation par téléphone on a essayé une fois au début du confinement, mais ce n’est pas pour moi).

Pourquoi est-ce la tempête dans ma tête ? Car beaucoup trop de choses s’y bousculent en même temps. D’un côté il y a la longueur du parcours PMA, encore plus allongé en cette période, et ce TEC que l’on attend avec impatience. Puis il y a nos autres projets d’avenir, dans lequel forcément l’infertilité est aussi imbriquée.

Notre gros projet à court terme est celui d’acheter une maison, et de par la même occasion s’éloigner de la grande ville (même si on y travaillera toujours). On attend la signature du CDI de mon homme avant la fin du mois, et ensuite c’est parti pour les recherches – mais bon le marché est tendu dans le coin, alors ça risque de prendre de longs mois entre trouver la bonne maison et ne pas se la faire « piquer » par d’autres acheteurs.

Forcément ce projet nécessite de se projeter dans l’avenir, sur ce qu’on imagine pour notre vie dans les prochaines années. Pour réussir à trouver le bon compromis entre notre budget, nos envies pour la maison ainsi qu’une localisation la plus idéale possible. Concrètement, on est obligé de faire des compromis, le plus dur est de décider lequel.  On essaye d’être positif et de choisir la maison qui correspondra le mieux au cadre de vie de nos potentiels enfants tant espéré, donc un village paisible et vert avec d’autres jeunes, une école digne de ce nom, une maison avec un jardin et 2 chambres d’enfants à minima. Car la version idéale et rêvée de notre avenir on la connait : une grande maison, pleins d’enfants qui jouent, une vie simple faite de nature, de ballades en forêts, de transmissions, de câlins et d’amour.

Cela implique donc de se forcer à rêver, à croire en cet avenir qui potentiellement pourrait ne jamais advenir. Avec cette peur de ne jamais avoir d’enfants, de voir une grande maison avec pleins de pièces vides nous rappeler leur absence, ne pas réussir à s’intégrer à la vie locale parmi toutes ces familles.

Pour le moment on regarde déjà un peu les annonces, et cela retourne déjà le couteau dans la plaie, entre cet avenir incertain, et se rappeler que S. ne grandira jamais dans cette potentielle maison familiale. Mais en même temps il y’a l’excitation de s’installer dans notre cocon, dans une nouvelle vie qui nous correspondra probablement mieux. C’est beaucoup d’émotions ambivalentes à gérer pour mon esprit.

Tout cela me fait envisager l’avenir différemment.

La mort de S. a clairement changé la donne sur pleins d’aspects de ma vie. On s’est toujours vu en mode famille nombreuse, 3 ou 4 enfants. Malgré la PMA et l’infertilité, je ne voudrais pas renoncer à cela dans la mesure du possible. Cependant, avec le deuil périnatal, il y a la peur de revivre une épreuve similaire, la fatigue de mon corps vis à vis des traitements et du parcours. Dans l’optique où nous aurions la chance d’avoir un enfant biologique, je ne me vois pas ensuite enchaîner les FIV encore pour agrandir la famille. Peut-être, mais vraiment peut-être, pour un 2ème enfant, mais pour un 3ème non.

Alors depuis la mort de S. j’envisage plus concrètement l’adoption quoiqu’il advienne : que l’on arrive à avoir un enfant biologique ou non. Cette réflexion commence à prendre une place plus importante dans ma tête car j’en ai marre d’être tributaire des médecins pour espérer avoir un enfant. En ce moment, avec ce J5 qui n’attend que d’être transféré, j’ai l’impression qu’on prend une partie de moi en otage. C’est une partie de nous, mais on nous y bloque l’accès… sensation bien étrange.

Puis il y a aussi la réflexion du temps qui passe, d’où est la limite avec l’acharnement. Je pense que tout le monde a une jauge de choses qu’il peut encaisser. Le deuil a considérablement fait monter cette jauge très près de notre limite. Donc en cas d’échecs, je ne me vois pas aller jusqu’à 4 FIV. Je ne me vois pas passer encore 10 ans dans ce parcours, finir par avoir recours au don d’ovocyte après 4 FIV ratés. Il y a un moment où je dirais stop et je voudrai construire ma vie d »après. Comme je le disais, j’ai besoin de vivre, tout simplement.

Avec cette prospection de maison, je me rend compte que je ne pourrais pas habiter une telle maison tout en finissant par abandonner un projet de parentalité. Je veux élever une famille, qu’importe le lien de sang avec ces futurs enfants. Alors je commence tout doucement à me renseigner concrètement sur les démarches. Je ne veux pas attendre la fin du parcours PMA pour m’y mettre, car je connais bien les délais extrêmement longs. Bien évidement je suis consciente que c’est un peu plus « facile » d’adopter quand on a pas d’enfant biologique, mais plus difficile d’adopter pour agrandir encore la famille. Mais pour le moment ce n’est pas vraiment une question qui se pose. On verra cela en tant voulu, si par miracle la PMA fonctionne.

Nous envisageons l’adoption en France ou dans le pays dont est originaire le père de mon mari. Mon mari peut d’ailleurs demander la nationalité de ce pays depuis peu car les règles ont changé récemment (avant il fallait vivre au minimum 2 ans sur place), et c’est quelque chose qui lui tient à cœur. On espère que cela facilitera un peu les choses.

Chaque chose en son temps, je ne veux pas (et ne peux pas) mener tout de front, mais je pense commencer les démarches pour l’agrément une fois que nous aurons notre maison, qu’importe où nous en serons au niveau de la PMA à ce moment là. Bien évidement j’en suis au tout début de ma réflexion sur le sujet, alors tout cela va évoluer dans ma tête avec le temps et en me renseignant concrètement sur le sujet et les démarches. Ça fait beaucoup dans mon esprit, mais c’est la 1ère fois que je commence concrètement à envisager l’adoption comme une réalité, comme notre future parentalité. C’est un long cheminement qui commence.

La FIV la plus longue du monde…

Je cogite beaucoup en ce moment, face à cette pause PMA imposée, la place beaucoup trop important de la PMA sur notre quotidien et notre façon d’envisager l’avenir, le temps qui passe inlassablement…

J’ai l’impression de vivre la première FIV la plus longue du monde. Elle a tout de même commencé en février 2018… Et depuis c’est une surenchère de n’importe quoi. Parfois je me demande si c’est un signe du destin… Pour rappel :

  • Février 2018 : début de la stimulation pour la FIV 1, échec de stimulation.
  • Juin 2018 : stimulation pour la FIV 1 bis. La ponction a lieu, mais échec de fertilisation.
  • Octobre 2018 : allez on retente. Cette fois c’est la bonne. 1J3 qui m’est transféré, 2J5 au congel. Je suis enceinte ! Mais mars 2020, S. décède in utero sans explication.
  • Mai 2019 – novembre 2019 : on essaye de redémarrer ce parcours pour un TEC, mais entre les RDV repoussés, les examens supplémentaires, et les délais de bases qui sont abominables, les mois filent. Et encore, heureusement qu’on a anticipé avec un RDV en mai (alors qu’on était pas encore prêt), sinon ça aurait été encore plus long !
  • Janvier 2020 : TEC 1 – échec.
  • Mars 2020 : TEC 2 planifié, qui devait clôturer dans tous les cas cette FIV1, pour une fois le rythme semble enfin s’accélérer ! – mais le coronavirus débarque et tout est annulé.

On est en mai 2020, toujours aucune nouvelle concernant la reprise dans mon centre, et je commence à me demander si ce TEC arrivera avant les 2 ans de la ponction….

Voilà, donc ça fait 5 ans et demi qu’on essaye d’avoir un enfant, 4 ans et demi qu’on est en PMA, et je suis toujours à ma put**n de PREMIERE FIV. Y’a des gens, dans ce laps de temps ils ont déjà eu le temps d’avoir épuisé toutes leurs tentatives –  d’avoir eu le temps de faire une FIV pour le 2ème enfant. Et je suis à ma put**n de PREMIERE FIV.

Au début je ne comprenais pas comment certains couples pouvaient passer plus de 10 ans en PMA, parfois même 16ans ! J’avais l’impression que c’était de l’acharnement. Et je me rend compte qu’on est parti pour être ce couple, et que non, on ne s’acharne même pas. 4 IAC, 1 FIV, 2 transferts en 4 ans et demi de PMA, c’est si peu dans ce laps de temps.

J’avais 23 ans au début des essais. J’aurais 29 ans en octobre… J’ai l’impression de passer à côté de ma vie à cause de cette infertilité. Je pensais que même avec un peu de malchance, je serai facilement mère avant mes 30 ans. Mais je commence à en douter maintenant. Même si on essaye de continuer de vivre un maximum, cela a quand même un impact très fort, avec cette incertitude omniprésente sur notre avenir, cette attente constante. Je demande pas la lune, juste une vie paisible, juste pouvoir vivre l’instant présent.

Quelques nouvelles

Comme beaucoup, j’ai déserté la blogosphère. Pas grand chose à dire, mais surtout un besoin impérieux de déconnecter.

Après le début du confinement, j’avais beaucoup d’angoisses, alors j’ai arrêté de lire ou regarder les infos (sauf les annonces officielles), et d’aller sur les blogs. Je me suis coupée du monde extérieur, avec pour seuls contacts quelques apéros visio avec des amis ou la famille.

Au début j’ai ressenti de la colère à l’annonce de l’annulation de notre TEC car notre centre était le 1er à fermer totalement ses portes ; puis j’ai été rassurée quand l’arrêt a été pour tout le monde (c’est égoïste, mais je n’avais plus cette impression d’injustice) ; et enfin soulagée de ne pas être enceinte à ce moment T, car vu comme j’étais angoissée, vu comme le 1er TEC m’avait angoissée, et bien je n’ose même pas imaginer comment on aurait vécu la combinaison des deux. (Bon maintenant que les angoisses se sont calmées, ça me dérange pas le bébé couette ou la reprise rapide d’un TEC, qu’on se le dise)

Pourquoi ces angoisses ? Vivant à Strasbourg, j’étais bien évidemment dans une région et une ville très touchée ; additionnez cela au fait que je sois une personne « à risque » à cause de mes soucis de santé et notamment l’asthme ; parsemez cela d’un « collègue de l’étage qui l’a attrapé, et j’ai mangé à côté de lui 1 semaine auparavant » ; saupoudrez cela avec votre traitement en rupture de stock car c’est le remède « miracle » du covid-19…  (d’ailleurs merci à toutes les personnes qui se sont inquiétées pour moi et m’ont régulièrement envoyé des messages – la situation pour le Plaquenil n’est pas revenu à la normale, mais j’arrive à m’en procurer même si je dois faire quelques kilomètres et être prévoyante).

Etant une poissarde de compétition, je me suis dit que j’allais être le 1er cas français d’une mort à seulement 28 ans – bon pour le moment, je touche du bois, je ne l’ai pas eu, et personne de mon entourage proche ne l’a attrapé.

Puis même à distance la famille a réussi à me soûler, à ne parler que du covid-19 et du confinement, à se plaindre. Nos familles habitent à la campagne, ont au pire des maisons avec jardins, au mieux les champs/vignobles pas très loin en plus pour se promener –  mais ils se plaignaient tous sans cesse de ne pas pouvoir faire du vélo, de devoir rester dans un rayon d’1km, de ne pas aller dans la forêt pas loin… alors que nous, en pleine ville, dans notre appart avec notre balcon, on ne se plaignait pas. On disait même qu’on se considérait comme chanceux car on a un balcon, assez de pièces pour avoir de l’intimité et que ça se passait bien entre nous… Tout n’est qu’une question de perspective il semblerait…

Je me suis dis 3 choses face aux réactions diverses des gens: on voit que les gens ne sont pas habitué à la frustration, à ce que leurs plans tombent à l’eau, à ne rien pouvoir planifier… alors que nous en PMA, c’est une des 1ère chose à accepter, de n’avoir prise sur rien, de devoir sans cesse décaler ses plans. Ton festival est annulé ? de toute façon c’était déjà compromis à cause de la PMA. Ton weekend en amoureux ? la même.

Puis on s’est dit que les gens n’avaient pas une vie trop compliquée vu des futilités dont ils se plaignaient. – bon là, la douleur du deuil parlait – quand nos mères se plaignaient de pas pouvoir voir leurs enfants, j’avais envie de leur hurler de se taire car elles au moins pourraient les revoir après tout ça (remarque injuste en soit, car elles ont été très affectées par la mort de notre fils..)

J’ai aussi eu l’impression d’avoir déjà vécut un confinement, il y’a 1 an, à la même période (ça se joue à quelques jours près, j’ai repris le travail le 18/05/19 je crois). Après la mort de S., on est resté presque cloîtré chez nous pendant 1 mois, et après on ne sortait pas beaucoup jusqu’à la fin de notre arrêt maladie (Nos familles nous faisaient les courses le 1er mois). On a vécut 2 mois H24 ensemble. Du coup c’est mitigé –  je savais que j’étais parée pour vivre cette période compliquée ; mais en même temps c’est le 2ème printemps que j’ai l’impression « de perdre », de devoir rayer du calendrier – alors qu’avant tout ça, c’était ma saison période de l’année préférée.

J’ai été au chômage technique pendant 1 mois (ma boite a préféré cela plutôt que de nous demander de venir car le télétravail n’était pas possible techniquement à ce moment là. On est plutôt chanceux). Mon mari est lui en télétravail depuis le début.

Cette pause m’a fait beaucoup de bien psychiquement. Je me rends compte que le deuil et la reprise de la PMA m’avaient bien épuisée. Mais l’absence de S. est très forte en ce moment. Mon cerveau a aussi eu tout le temps libre et la tranquillité de passer en revu le traumatisme de l’accouchement et de tous les moments cauchemardesques autour – je crois qu’il en avait besoin, de ce calme pour pouvoir travailler dessus, car ces moments sont maintenant un peu moins douloureux quand j’y pense (un peu je dis bien, on part de « atroce » tout de même).

Je suis maintenant en télétravail depuis plusieurs semaines, et c’est vrai que depuis le confinement est plus dur à vivre – à nouveau peu de temps libre, puis je n’ai plus la possibilité de passer mes aprems au soleil, en extérieur (trop compliqué de tout installer sur le balcon, et en plus il fait moche depuis), je me sens donc plus enfermée qu’avant.

L’incertitude sur le retour en PMA commence à nous peser. Et la peur que si le TEC de notre dernier embryon foire, que les délais pour une nouvelle FIV soient démentiels… mais pour ça on est toute dans le même bateau.

Puis on se rapproche tout doucement de l’anniversaire de la DPA, je vois le temps qui passe, ça me fait peur. Je me dis « mon fils aurait du avoir 10 mois, et là je ne suis même pas enceinte. On aurait du être parent en 2019 (ou en 2015 si on avait été fertiles) – on ne le sera même pas en 2020″.

Mais bon, comme toujours, on a pas de prise sur les événements, alors advienne que pourra…

J’espère que vous allez toutes (et tous) bien. Prenez soins de vous.

Des bisous,

Nirnaeth

 

PS : et sinon j’ai commencé à jouer à Skyrim… je n’aurai pas du, je ne vais plus avoir de vie XD

DNLP semble se confiner avec moi

Pas beaucoup de nouvelles, pas grand chose à dire. On est confinés dans notre appart, moi au chômage technique, mon mari en télétravail. Heureusement on a un balcon.

Mais DNLP s’ennuie et aime jouer avec nous. Entre le robinet de la cuisine qui a pété au 2e jour du confinement… Sympa la vaisselle avec le flexible. Mon mari qui se retapé une prostatite au meilleur moment pour consulter un médecin.

Puis hier, j’apprends que l’hydroxychloroquine va être utilisé pour traiter le Covid 19. C’est un antipaludique. Ça fait tilt, le plaquenil que je prend au quotidien est un antipaludique. Je vérifie, c’est bien cette molécule. Étrangement semaine dernière je n’avais pas pu renouveller totalement mon traitement, que pour 15jours et non un mois de dispo sans commande (et je ne pouvais pas commander la 2e boîte dans cette pharmacie, alors j’avais laissé tombé).

Je me dis ça pue, ça va être en rupture. Une amie médecin me confirme que vaut mieux faire des stocks (mais c’est délivré pour 1mpis seulement). Du coup aujourd’hui je vais en pharmacie… Les stocks ont été réquisitionné par l’hôpital. Deux pharmacies, 2 qui n’en ont pas, impossible d’en commander. Je vais en appeler d’autres demain, mais sans grand espoir vu les propos de la dernière pharmacienne.

Officiellement, les malades chroniques sont prioritaires. Dans la réalité…

 

Si quelqu’un connait une association de patients ou autre avec qui prendre contact, pour faire remonter le problème. Je ne sais pas si c’est juste en Alsace ou partout en France. J’ai encore 2 semaines en réserve mais après…

Ça me stresse tout ça, je ne sais pas que faire, même si je ne vais pas être la seule dans ce cas….

Interlude livresque

Plusieurs articles me trottent dans la tête ces derniers temps – mais pas forcément joyeux ou positifs, alors j’essaye de me concentrer sur le « mieux », et vous propose en 1er une petite pause littérature.

Dans les prochains temps attendez-vous à un article spécial tatouage après plusieurs demandes (qui sera en privé car je mettrais des photos à l’appui) ; un nouvel article sur la libido ; un article en mode « cherchons la positivité dans nos vies » ; probablement un article sur ma mère et les (non) grands-mères face à la PMA et le deuil ; et peut être un ou deux articles misanthropes si je n’arrive pas à me les sortir de la tête autrement qu’en les écrivant ici ^^

Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé littérature ici, à l’occasion j’avais mis un extrait de Désorientale de Négar Djavadi dans l’article ici, un livre qui parle de choc culturel mais aussi en filligrane de PMA et plus particulièrement dans le cadre d’un couple homosexuel.

Je vous ai aussi parlé de cette BD magnifique L’adoption de Zidrou et Monin (un tome 2 est d’ailleurs sorti, même si je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire), qui touchera toute PMette, même celles qui ne se projettent pas dans l’adoption.

Aujourd’hui je vais vous parler d’un auteur que j’admire particulièrement, pour moi l’auteur français actuel le plus talentueux, Alain Damasio. Pour ceux qui ne le connaitrait pas, cet auteur écrit peu, mais on comprend vite à la lecture pourquoi il met tellement de temps à sortir un livre. Il joue et réinvente la langue, lui donne un nouveau sens, une nouvelle forme, un mouvement dans l’espace. Quand en cours de français ou de littérature votre prof essayait de vous faire croire que l’auteur avait choisi ce mot exact et cette tournure de phrase pour dire ceci ou cela implicitement, vous rigoliez un peu comme moi ? Avec cet auteur, il n’y a aucun doute que c’est le cas.

C’est un auteur engagé, il qualifie d’ailleurs la littérature comme un territoire de « langagement ». Il écrit de l’anticipation, S-F et fantasy. Toutefois même si vous n’êtes pas spécialement amateurs de littérature de l’imaginaire, je vous recommande tout de même la lecture de cet auteur. J’ai eu l’occasion de le rencontrer 2 fois en 2019 (pour la sortie du livre et lors d’une conférence sur la littérature et notre futur), et à chaque fois c’est un bonheur, même si je me suis sentie toute petite face à son éloquence et sa culture (alors qu’il est très abordable et sympathique).

Il a publié 3 romans ainsi qu’un recueil de nouvelles (et d’autres nouvelles un peu à droite à gauche) :

  • La Zone du Dehors (1999)
  • La Horde du Contrevent (2003) – c’est d’ailleurs avec ce livre que j’ai publié ma 1e chronique sur mon blog littéraire, dont je vous ai mis le lien.
  • Aucun souvenir assez solide (2012, nouvelles)
  • Les Furtifs (2019) – dont je vais vous parler aujourd’hui.

img_20190825_154426-e1567597088465

Outre le fait que Les Furtifs est indéniablement un chef d’œuvre, je choisis de vous en parler ici pour un des thèmes qu’il aborde : le deuil lié à la perte d’un enfant.

Dans un futur proche (où les multinationales ont pris le pouvoir, le « naming » est devenue une chose commune, les grandes villes sont rachetées et privatisées, et la vie privée est quasiment inexistante), ce roman raconte l’histoire d’un couple confronté à la disparition et la mort probable de leur petite fille de 4 ans. Le couple s’est déchiré car ils n’affrontaient pas cet événement de la même manière. Sahar la mère voulant réellement faire le deuil pour avancer dans sa vie, alors que son mari Lorca refuse d’accepter la mort de sa fille et vit dans le passé et les souvenirs. Lorca intègre alors le Récif, une unité militaire secrète qui étudie et essaye de capturer des animaux spéciaux : les furtifs – il est persuadé que leur fille les a rejoint. Ces animaux sont dotés de capacités extraordinaires, permettant de se fondre totalement dans le décor et d’éviter le regard. Car si on arrive à vraiment en voir un, il se céramise instantanément et meurt. Pour le moment, on n’a jamais réussi à en capturer un vivant.

Il y a des passages qui vous prennent aux tripes (même si vous n’avez pas vécu de deuil), et m’ont fait fondre en larme, par des mots simples mais amené au moment parfait (je pense notamment à la comptine sur le Paparapluie pour ceux qui l’ont lu). Mais aussi des moments d’actions qui vous tiendront en haleine, et des moments plus doux.

Bien-sûr ce livre aborde d’autres thèmes avec notamment une forte critique de notre société et du risque de dérives de nos technologies actuelles. Même s’il apporte aussi un message d’espoir aux travers des gens, qui ont la force en eux de lutter et de refuser le diktat des grands groupes.

Mais je l’ai lu avant tout comme un vrai questionnement sur le processus de deuil, les épreuves et étapes qu’on traverse, la vie qui reprend son chemin, la quête d’un sens à tout ça même quand il n’y en a pas.

Si on s’éloigne des thèmes abordés et qu’on prend un peu de recul, le plus remarquable dans ce livre reste la forme : les jeux avec la langue, chaque personne qui a sa propre voix dans ce roman choral (dans le choix des mots, des structures, des sons…), c’est bluffant. C’est un livre qui se lit lentement pour pouvoir digérer les multiples couches qu’il renferme. Mais cette lecture en vaut vraiment la peine.

Alors, vous connaissez déjà cet auteur ? vous avez envie de le découvrir ?

Raviver la douleur

On a encaissé la nouvelle. On entre dans une nouvelle phase. Déjà je dors mieux qu’avant ce TEC, fini les cauchemars (je me réveille encore tôt, mais c’est déjà mieux).

On laisse derrière nous les angoisses de ce TEC qui ont ravivé les flashback et le traumatisme de la perte de S.

Mais l’échec de ce TEC ravivé d’autres sentiments, et notamment la douleur et le manque de S. Mais aussi le manque lié au ventre vide.

Car cette période de couvade m’a rappelé forcément la grossesse, le bien-être et la félicité que je ressentais, l’apaisement aussi (malgré le stress) et cette sensation si particulière de savoir que la vie grandit en soi. Le manque de ce bonheur imparfait est intense ces derniers jours, car la couvade en était juste un petit aperçu (même si une prochaine grossesse serait emplie de stress et d’angoisse, ayant perdu toute innocence, je ne revivrai jamais cet état là).

Et forcément, cela ravive le manque de S., Je pense tout le temps à lui, à ce bébé que je devrais tenir dans mes bras.

De plus, l’espoir que ce TEC fonctionne était intense car il aurait pu apaiser des peines à venir, plus légèrement si je portais la vie à nouveau, comme la naissance prochaine du fils de mon collègue, les mariages de cet été, le fait de ne pas passer un nouvel anniversaire et une nouvelle année sans un enfant vivant, et puis surtout l’épreuve la plus dur à venir, l’anniversaire des 1 an de sa mort, dans moins d’un mois…

J’aurais préféré affronter ce moment en portant l’espoir. Mais ce ne sera pas le cas. Alors comme toujours, on vivra ça comme on pourra.

Et forcément semaine dernière, c’est le moment que nos amis ont décidé de nous prendre le chou. Le lendemain du résultat, une amie publié une photo d’une de leur connaissance de fac, enceinte. Mon mari leur dit d’être sympa et d’éviter ce genre de photo. Elle s’excuse, mais un autre dit , et que c’est pas de leur faute si en plus le timing est mauvais, faut pas qu’on les fasse culpabiliser »faut quand même pas en faire un tabou ». Mon mari s’est énervé et a quitté le groupe (bon il est parti au quart de tour étant hypersensible et très affecté par l’échec). Moi j’ai gentillement attendu le lendemain, à froid, pour répondre à cet ami que justement c’était notre deuil qui devait pas être tabou. Qu’on était conscient que les gens ne se rendent pas toujours compte, donc qu’il fallait expliquer ce dont on a, besoin et qu’on savait mieux que lui ce qu’on ressentait, que pour eux c’était annondin, ils en parlaient 5min et passaient à autre chose, alors que nous ça nous pourrissaient pendant des heures. Donc que c’était normal de vouloir éviter de souffrir, qu’on espérait au moins que nos proches acceptent de nous protéger. Qu’ils étaient libres d’en tenir compte, mais que fallait pas s’étonner si on finissait par s’éloigner si ce n’était pas le cas, car on a besoin de se protéger.

Pas sûr qu’il est compris/qu’il soit d’accord, mais il m’a répondu que bien-sûr il voulait être bienveillants avec nous.

Un autre pote a aussi réagit avec mon mari, ne comprenant pas notre réaction, et que si d’autres gens du groupe avaient des enfants prochainement, que nous devrions nous en éloigner et probablement ne pas les voir pour se protéger. Ils ne comprennent pas. Heureusement pour le moment un seul couple a un enfant, mais on a jamais été très proche et ils habitent plus loin que le reste du groupe. Mais bon, dans les autres couples, avec les mariages qui arrivent, ça ne tardera pas. On essaye d’être bienveillants, d’expliquer ce qu’on ressent. Mais les gens n’arrivent pas à comprendre, pour eux la vie continue, ils voient ça comme de la jalousie ou où je ne sais quoi. Alors qu’on veut juste souffrir le moins possible.

Je suis un peu déçue, car jusqu’à présent ces amis avaient été très bienveillants, et ils nous ont beaucoup aidé au moment de la perte de S. Forcément ça arrive dans une période difficile, alors ça entame un peu plus notre moral.

Mais voilà, mon plan d’action pour les prochains temps :

– se réinscrire pour le TEC demain (si mon mari valide ce soir)

– retourner à la salle de sport (j’y ai pas mis les pieds depuis la canicule… En juillet donc…) + Manger mieux. Car en plus d’avoir perdu du muscle, j’ai mangé n’importe quoi ces derniers mois, en utilisant la bouffe comme antidépresseurs 😬 du coup j’ai repris les 5kg que j’avais durement perdu.

– un nouveau tatouage en mars.

– continuer de prendre soin de notre couple et de notre libido (qui a repris un bon coup dans la tronche pendant le TEC)

Puis c’est déjà pas mal comme plan jusqu’au prochain TEC, pour se remettre d’aplomb.

FIV1(ter) TEC1 – suite et fin

Je n’ai pas eu très envie d’aller sur la blogosphère pendant ce TEC, j’avais besoin de prendre du recul. Je ne vous fait pas patienter, on vient de recevoir le résultat, et c’est négatif…

Un coup dur. J’avais envie d’y croire, que la chance pouvait tourner. Que notre vie pouvait à nouveau s’illuminer. Mais non ce ne sera pas pour cette fois.

 

Le retour en PMA a été compliqué. Autant le traitement était light, donc pour mon corps ça allait. Et je n’ai eu qu’un rdv de contrôle. Mais psychologiquement ça a été très dur. Je n’arrêtais pas de faire des crises d’angoisse. Et après le transfert, j’ai demandé un arrêt à ma psy : impossible de sortir de chez moi seule, crises de panique assurée.

Voilà, c’était très difficile, mais on a réussi à reprendre le chemin de la PMA.

On a encore un embryon J5 pour un prochain TEC. On va rapidement se réinscrire. On en a marre de ce temps qui passe, de l’attente, du ventre vide. On espère un nouveau TEC dans deux mois si ça se passe bien… Après il faudra repartir en FIV, et ça je ne suis pas sûr d’être prête.

Je suis infiniment triste, même si je n’y croyais pas trop. Comme dit, j’avais envie de rêver et d’y croire. Mais la douleur paraît légère par rapport au deuil.

C’est surtout la peur de la suite, la peur qu’en fait nos embryons soient de mauvaise qualité, qu’on arrive plus jamais à ce que je sois enceinte. Et ça rien ne pourra me l’enlever pour le moment.

À l’aube de 2020

Hello,

En cette fin d’année, je choisi non pas de vous faire un bilan de l’année qui vient de s’écouler (pour des raisons évidentes, même si on a tout de même réussi à vivre des moments plus doux depuis mars), mais je choisi de parler du futur, des projets pour l’année à venir, et de ce que j’en attends.

Bien évidemment il y aura le retour en PMA en janvier avec le TEC. On a 2J5 au congélo, donc potentiellement une 2e chance si ce TEC n’était pas concluant. 🍀🍀🍀

Ensuite, je vous ai déjà parlé plusieurs fois de mon blog littéraire que je tiens depuis 1 an et demi avec une amie – pour 2020 nous inaugurons notre 1er partenariat avec une maison d’édition ! On est très fières, cela nous donne l’impression qu’on ne fait pas tout ce boulot pour rien 😀 (je ne mets pas le lien ici, car cet autre blog n’est pas très anonyme, et vu que ce blog est mieux référencé, les gens tomberaient sur ce pan de ma vie qui ne les regarde pas forcément- mais si ça vous intéresse, n’hésitez pas à me demander l’adresse !).

On s’est fait un cadeau pour Noël en s’achetant une PS4 – je suis vraiment une noob côté jeux vidéo, n’en ayant jamais vraiment eu plus jeune. Alors cette année je vais m’améliorer de ce côté là ! (Puis si jamais je devais être en arrêt pour raison de TEC positif ou pour dépression j’aurai de quoi m’occuper 😬)

J’ai aussi commencé à suivre le challenge de Boma. En commençant par le côté cuisine : des empanadas maison (on réitère l’expérience pour la soirée de Nouvel an), mais aussi des pâtes maison. Voilà le résultat pour notre repas de Noël : raviolis farcies aux morilles et potimarron avec beurre infusé à la sauge. C’était une tuerie 😋 on recommencera l’expérience ! (On travaillera juste un peu la présentation ^^)

IMG_20191224_221400.jpg
Entrer une légende

Et toujours pour ce challenge, je commence les petites réparations de l’appartement qui traînent depuis des lustres. Dans cet optique, j’ai acheté de quoi réparer l’interruption cassé dans notre chambre.

– Et on continue le travail pour restaurer la libido dans le couple (pour le moment, on tient le coup, on a jamais été aussi épanouis depuis de longs mois voir années… !). On prend soin de nous deux.

Je n’espère pas de voyage pour cette année, car cela sera le cas seulement si TECs négatifs. Donc j’espère rester bien au chaud en Alsace toute l’année !

 

On va aussi pour notre première fois assister à un spectacle humoristique en janvier (c’est mon cadeau de Noël 😁) avec le spectacle de Jérôme Commandeur. J’ai hâte !

En juillet prochain, si tout se passe bien, l’homme devrait signer son CDI – on commencera alors à chercher une maison pour devenir propriétaires et surtout s’éloigner un peu de la grande ville ! On a besoin de nature, d’espace, et on a eu un coup de cœur pour une petite ville qui respecte tous nos critères (même si ce sera difficile de trouver exactement à cet endroit, mais on est pas pressé non plus !).

 

Voilà, c’est déjà pas mal comme expectatives pour cette nouvelle année ! Quoiqu’il arrive je me dis que de toute façon cette année ne peut que être meilleure que 2019 (enfin je ne mets pas DNLP au défi niveau horreur, qu’on soit clair…). Alors je ferme avec soulagement le chapitre 2019 et accueille avec positivité 2020. Puisse l’avenir être radieux ☀️

Et vous, que prévoyez vous pour 2020 ?