Essayer de ne pas perdre pieds

Voilà, on y est.

J’ai eu mes règles hier soir et commencé le traitement pour le TEC dans la foulée (2patch de videllot à changer toutes les 48h). Rdv de contrôle dans 2 semaines.

Je les sentais arriver (j’avais calculé au 10/01, on est donc raccord), des spottings annonciateurs depuis quelques jours.

Alors hier j’étais angoissée comme jamais, j’ai fait une crise d’angoisse une fois de plus, en arrivant chez ma psy (je crois que je me suis contenue jusqu’à ce moment de la journée où je pouvais lâcher les vannes).

3 semaines depuis notre dernier rdv, qui était pile avant l’appel du centre PMA. Autant dire que je l’attendais avec impatience, surtout vis à vis des angoisses… Et bien c’est une des 1e fois où j’ai trouvé des limites, où je suis ressortie plus énervée qu’autre chose. Car au final elle a détournée la conversation (bon ok je comprends, c’était pour sortir de l’angoisse), mais elle m’a fait parler de trucs dont j’avais l’impression de les avoir vu et revu. Elle m’a dit qu’il fallait se rapeller pourquoi on voulait un enfant, comment on imaginait notre vie si c’était le cas. Alors sur le coup elle m’a prise au dépourvu, et j’ai galéré à répondre, car effectivement, j’essaye de ne pas penser à ça, de ne pas penser à cette vie rêvée, pour ne pas ressasser le vide. Et c’est ça qui m’a énervé en sortant, après coup, en fait elle m’a fait penser, et je ne sais pas comment elle n’a pas pu le voir, à tout ce que je ne pourrais jamais vivre avec S. … Voilà… super pour aller mieux… donc je suis sortie encore plus triste et sans vraiment avoir pu parler de comment faire passer ces angoisses – car au fond j’ai l’impression que y’a pas de solution à part les affronter. Elle m’a dit de rationaliser dans ces moment là, mais ces angoisses sont tellement légitimes que personne ne peut nous rassurer… J’avais aussi besoin de parler de comment gérer la période entre le transfert et le résultat, mais pareil, je n’ai pas pu en parler.

Je la revois à nouveau dans 3 semaines (son planning était blindé). Plus ou moins au moment du transfert. J’espère que cette séance là sera plus utile… Mais surtout que je la verrais avant le transfert, sinon ça va être chaud. Mais bon c’est pas moi qui vait décider de la date où il tombera !

Et en attendant je vais devoir me démerder comme je peux pour vivre cette période.

J’ai pris rdv chez l’ostéopathe lundi, pour préparer ce TEC, et j’espère que ça m’aidera à être un peu plus zen.

J’ai passée une nuit blanche à cause de ce début des hostilités, j’étais juste angoissée, je ne pensais pas vraiment a quelque chose, mais cette angoisse ne me quittait pas. La journée au boulot va être longue.

Je me suis posée la question, pourquoi autant d’angoisse ? Est ce trop tôt pour retourner en PMA ? Je ne pense pas, car je ne voudrais pas annuler. On en a parlé hier avec mon mari, il l’a dit que s’il fallait on pouvait même attendre une année encore, si j’avais besoin de ce temps pour réussir à gérer, mais je n’ai pas envie d’annuler. J’ai envie d’y aller. Et comme dit, je ne pense pas que le temps appaiserait ces angoisses – la seule solution que j’y vois est de les affronter (et les subir).

Alors on va se battre, contre vent et marée. On dirait que j’ai encore de l’énergie en réserve, je ne sais pas trop d’où je la sors. Il y a des moments où je me dis que tout aurait été plus simple si on avait fait une sortie de route en Finlande sous le choc de l’émotion. On aurait pas eu à traverser toute cette douleur. Mais notre instinct de survie a pris le dessus à ce moment-là. Peut-être que si j’ai survécu à tout ça, et bien justement c’est pour vivre : on a pas autant souffert pour abandonner maintenant. Mais putain, qu’est ce que c’est dur.

Les angoisses

C’était une chose d’être impatiente en attendant d’avoir une date pour le TEC, s’en est une autre quand on la reçoit.

J’ai reçu l’ordonnance pour le traitement deux jours après l’appel du centre. Et depuis… Et bien je galère. J’ai trouvé l’enveloppe dans ma boîte aux lettres en rentrant un soir tard, me suis couchée peu après, et ait eu une crise de panique a l’idée que ça y est, on y retourne vraiment.

Idem à midi je suis allée cherchée le traitement, et ça m’a mise mal toute la matinée.

Ça impacte mon sommeil – cette fois ce n’est plus tant des cauchemars, mais des difficultés à m’endormir et des réveils très tôt, qui me font ensuite cogiter dans mon lit et je dois me lever au bout d’un moment pour éviter de trop réfléchir et partir en crise d’angoisse.

Forcément l’appel du centre est arrivé le lendemain de la séance dernière séance psy, juste avant les fêtes, donc je ne la vois pas avant le 09/01 vu qu’elle est en vacances…

Habituellement j’arrive à gérer mes crises d’angoisses liée au deuil (notamment la peur irrationnelle qu’il m’arrive à moi ou mon mari un accident), avec des mécanismes qui doivent d’approcher de l’auto-hypnose, que j’ai développé en affrontant les échecs de la PMA puis le deuil.

Mais là ça ne fonctionne pas. Probablement parce que ces angoisses dans ce cas-là ne sont pas vraiment irrationnelles, mais bien plus ancrées dans le réel.

J’angoisse car je sais que je vais mal vivre les contrôles, l’hôpital, les échographies puis l’attente entre le transfert et le résultat. Et que je sais que cela ne s’arrêtera pas à l’issue du résultat : ce sera soit un échec cuisant que je redoute de vivre (car ce sera très difficile à vivre émotionnellement et déclanchera d’autres angoisses), soit ce sera positif et dans ce cas je serais dans l’angoisse permanente que tout s’arrête à nouveau.

Bref je n’ai pour le moment pas de solution pour les calmer, alors si vous avez des pistes…

Mais voilà c’est le prix à payer si on veut tenter d’être parents d’un enfant vivant…. Ce n’est pas le temps qui nous empêchera d’avoir ces angoisses. On est prêt, au bout d’un moment il faut oser plonger, et prendre le risque, affronter ces angoisses et avancer malgré elles. Mais c’est dur…

Et un pas de plus en avant

Hier, quand j’étais entrain d’écrire mon article  hot 🔥🔞 (ou pas 😆), j’ai au même moment reçu l’APPEL ! Celui pour programmer le TEC.

Un peu perturbant quand t’es entrain de parler de ton calendrier de l’avent un peu spécial 😆😆😆

Bref, on a programmé le début du traitement pour le TEC, je vais recevoir les ordonnances et explications par courrier. Début des patchs (car sur cycle substitué à ma demande) aux prochaines règles, soit environ le 10/01, puis rdv de contrôle 15 jours après. Et ensuite advienne que pourra.

Ça me soulage vraiment d’avoir eu cette date fatidique avant de passer les fêtes, histoire d’avoir un planning de reprise des festivités en tête.

Puis autre point positif, on sera donc en cours de traitement quand mon mari devra passer le cap fatidique des 30 ans. Ce sera probablement un peu plus facile, car l’espoir sera permis, on sera dans l’action à ce moment là.

Autre bonne nouvelle, ma TSH est revenu dans les clous suite à ma dernière prise de sang, donc tous les feux sont au vert. Même si  ça fait un peu peur, j’ai vraiment hâte (car mon cerveau n’envisage pas l’échec, ce con 🙈).

Yapluka !

12 décembre 2019

Il y a un an…

Nous n’avions pas beaucoup dormi, sonnés par l’horreur qui saisissait Strasbourg, espérant ne pas reconnaître le nom d’un proche dans les victimes, et avec un terroriste en fuite, vu pour la dernière fois de notre côté de la ville.

Il y a un an le stress montait.

Il y a un an nous entendions pour la 1ère fois le plus beau son du monde…

Il y a un an, nous avions la preuve avec image à l’appui que la vie grandissait en moi.

Il y a un an on était fou d’espoirs, sur un nuage de rêve (et d’angoisses).

Et aujourd’hui… Un abîme à la place de notre cœur de parents…

Vie de merde…

Cette écho aurait eu lieu un autre jour, je n’aurai pas retenu la date, et ce serait plus facile. Mais avec un tel événement survenu la veille, je pourrais difficilement l’oublier…

Allez ça ira mieux demain. Ah puis je crois que mes règles sont enfin arrivées (ça aide pas pour le moral). C’est déjà ça… Si on pouvait avoir l’appel pour programmer le TEC maintenant..

Attente et impatience

Encore et toujours, attendre. Avoir l’impression de passer à côté de sa vie en se focalisant sur une fuite en avant, sur ce qui pourrait advenir grâce à la PMA.

J’attends ce foutu appel, pour programmer le traitement du TEC. On m’a dit le 14 novembre qu’on m’appelait en décembre/janvier, de ne pas espérer de transfert avant janvier voir fevrier (tellement ils ont trop de patientes).

Une patiente… Ça porte tellement le nom en PMA. J’espère vraiment avoir l’appel encore en décembre, avant Noël, pour faciliter un peu le passage des fêtes de fin d’année.

Puis je patiente pour mes règles. Rapelez vous, j’ai du prendre la pilule en octobre pour passer une hystéroscopie. Je l’ai arrêtée le 12/11. Et depuis j’attends les règles (les dernières, sous pilule, étaient le 31/10).

Je sais que la pilule perturbe le cycle, alors je ne sais pas vraiment où j’en suis. J’ai eu des saignements la semaine dernière, cru qu’elles arrivaient mais non. Depuis hier des douleurs, mais pas encore de saignements.

Alors j’espère qu’elles arrivent vite (d’où cet article que j’espère déclancheur), car forcément mon cerveau déraille avec des règles qui tardent (même si quand j’ai initialement arrêté la pilule, elles avaient mis 2mois à revenir…). Je n’ai pas envie de me faire du mal à commencer à espérer l’impossible, sachant que rationnellement elles vont finir par arriver, tout ça c’est juste la pilule qui a tout détraqué.

Puis faudrait pas que je reçoive l’appel pour le TEC avant, car ne sachant pas où j’en suis dans mon cycle, et bien ce serait problématique pour programmer le TEC !

Donc j’espère que mes règles arrivent rapidement, et que l’appel suive juste après. Ce serait parfait.

J’aimerais tellement que le début du TEC soit programmé en janvier. Je n’en peux plus d’attendre.

Je me rend compte à l’instant en regardant le calendrier qu’on est le 10, que ça fait exactement 9mois que S. est mort-né. On en peut plus d’être entravés par les délais de la PMA pour avancer dans notre désir de parentalité, et pouvoir avoir de nouveau un peu d’espoir.

 

Allez, je retourne attendre…. Je sais, ce n’est pas sain, mais rien ne me fais envie pour combler le temps et vivre ma vie pleinement au lieu de juste espérer que ces semaines passent au plus vite.

Des bises

Analyse des cauchemars

J’ai eu l’occasion hier soir de discuter de mes fameux cauchemars avec ma psy. Bon pour l’interprétation pure et dure on a eu plus ou moins la même, à la différence que pour les scènes où je m’enguelais avec tout le monde, j’avais l’impression que c’était moi qui m’en prenais à tout le monde, alors qu’elle voyait ça comme « tout le monde vient me chercher des noises sans raisons, m’agresser donc je me défends comme je peux ».  

S’il fallait décrypter le rêve dans la forêt, pas besoin d’aller chercher bien loin. On a la peur que tout bascule à un moment où l’on ne s’y attend pas, la peur de perdre un nouvel enfant (dodo l’enfant do pour faire référence à la mort), et en lien la peur de retourner en PMA ;  et le chemin de forêt qui apparaît dans le rêve ressemble beaucoup à l’endroit où est enterré S.

Forcément avec toutes ces significations imbriquées, pas étonnant que j’ai des frissons dès que je repense ou évoque ce cauchemar.

 

Ensuite on a discuté s’il fallait continuer ou non de noter les cauchemars. Pour elle se n’est pas nécessaire. Noter ses rêves permets effectivement de voir parfois bien plus rapidement où se situent nos angoisses. Là on a vu. Et d’après elle rien que le fait d’avoir parler de ces cauchemars, et notamment le plus horrible dans la forêt qui semble reçurent, pourrait permettre de ne plus le faire car on en a débriefé. On verra bien.

Pour moi, ces rêves me donnent l’impression, surtout vis a vis de la colère, que j’intériorise tellement cette rage, que le fait que je pète un câble dans mes rêves montre peut-être que j’en ai beaucoup trop en moi et que c’est tendancieux, que je vais craquer dans la vraie vie. Ça m’a fait un peu peur de voir que j’insultais tout le monde à haute voix. Alors que même si j’ai l’impression de détester tous les gens que je croise en ce moment, je sais que cette colère vers des personnes en particulier n’est pas justifiée, donc je garde ça dans ma tête.

Alors que ma psy n’en a pas eu du tout la même vision. Pour elle, les rêves (et cauchemars) sont des soupapes, qui justement permettent à notre cerveau de gérer certains événements traumatiques en les refaisant jusqu’à ce qu’ils soient digéré, qu’on s’en souvienne ou non, ils ont cet effet dans les deux cas. Cette soupape peut aussi permettre à ma colère de sortir la nuit, pour que justement la journée soit supportable. Donc pas de peur à avoir, je ne tourne pas psychopathe, je ne vais pas me mettre à insulter tout le monde dans la rue. Ce que fait mon cerveau est très sain.

En parallèle je lui ai demandé quoi faire pour gérer cette colère : faire de la boxe, taper dans des trucs (des objets hein, pas des humains 😬). Ça fait un bien fou pour extérioriser une colère générale  face à la vie. Ça tombe bien on avait acheté un punching-ball peu de temps après la mort de S. , qui nous a souvent bien aidé.  Je vais le ressortir.

Quid de quand cette période de cauchemars disparaîtra ? On ne peut pas savoir… En tout cas elle m’a prescrit des somnifères à ma demande, pour pouvoir souffler une nuit de temps en temps (car là j’accumule trop de fatigue avec ces mauvaises nuits. J’ai essayé les trucs à bases de plantes mais aucun effet). Le but n’est clairement pas d’en prendre en continue, il ne faudrait pas que je développe une peur d’aller me coucher. Mais en prendre occasionnellement pour avoir une ou deux bonnes nuits sans rêves par semaine.

J’en ai pris un cette nuit, et le réveil était bien plus agréable ce matin !

Cauchemars

Depuis quelques semaines je dors très mal, car je fais de nombreux cauchemars.

Je ne m’en souviens pas en détail le lendemain, mais je sais que mes nuits sont agitées, que c’était de mauvais rêves qui ont hachurés ma nuit. Parfois je me réveille trempée de sueur, sans avoir aucun souvenir.

J’en ai parlé à ma psy lors de notre dernière séance, et elle m’a conseillé d’essayer de noter ces cauchemars quand je me réveille, car souvent l’on s’en souvient juste à ce moment là, même si on les oublie par la suite. Comme cela on pourrait un peu mieux cerner à propos de quoi exactement sont ces différentes angoisses (même si on se doute bien que c’est lié à la perte de S.)

Je l’ai fait une nuit, j’en ai noté 3/3, et je pense que c’était une mauvaise idée. Car du coup je me suis focalisée sur ces cauchemars pour les écrire, je m’en souviens donc toujours, j’ai eu encore plus de mal à me rendormir car je pensais à ces cauchemars une fois réveillée – et ça m’a crée des angoisses supplémentaires, car maintenant j’ai peur d’aller dormir et d’en faire. Car forcément ce n’était pas fun….

Alors bienvenue dans mon inconscient :

  • Le 1er cauchemar m’a vraiment traumatisée. Ca me donne des frissons dès que j’y pense, même là pour l’écrire. J’ai eu du mal à en parler à mon mari tellement il m’a mise mal à l’aise, et j’ai pleuré plusieurs fois dans la journée en y repensant . Et pour celui-là, mon mari m’a réveillé car je gémissais/criais dans mon sommeil.

Comme beaucoup de rêves, le début est absurde. je suis dans une clairière avec des collègues et on ramasse des noisettes par terre (???). Puis ensuite on part, on marche sur un chemin de forêt. Je crois que je suis toujours entourée de collègue et/ou famille. Il fait nuit et très sombre. Et dans un tournant, de derrière un buisson sur le côté du chemin, une voix enfantine commence à chanter « Dodo, l’enfant do ». Je hurle de panique, crie à la personne à côté de moi  » oh non ça recommence, je sais ce que c’est, vite il faut fuir » et je commence à courir en entrainant la personne à côté de moi. C’est à ce moment là que mon mari m’a réveillé. J’ai eu la sale impression que c’est un cauchemar récurent, même si je ne m’en souviens pas. (du coup j’ai peur de le refaire maintenant…).

 

  • Le 2e montre des angoisses que je ne me soupçonnais pas/refoulais. Mélange absurde de la femme enceinte de mon collègue, des peurs que mon couple s’effrite à cause du deuil (c’est ça que je refoule un peu je pense), et de ma famille qui manque parfois de compréhension.

Je suis dans la maison de mes parents, avec mon mari mais aussi mon collègue et sa femme enceinte. Car en fait sa femme est enceinte de mon mari, qui m’a trompée avec elle. Et du coup on est entrain de se mettre d’accord de comment on fera pour l’enfant après la naissance. Puis elle se plaint de trucs de grossesse, alors je pète un câble, l’insulte de tous les noms car elle ose se plaindre alors que mon enfant est mort et que je suis forcée de vivre dans cette situation de merde avec mon mari qui arrive à faire des enfants à d’autres et qui m’a trompée avec elle. Je monte dans ma chambre et là ma grande sœur me rejoint, elle est aussi enceinte dans mon rêve, me dit que j’abuse de parler comme ça, et là je l’insulte aussi, et lui dis que de toute façon ils me font tous chier et que son gosse je veux pas le voir, j’en ai rien à foutre.

Voilà, je crois que je me suis réveillée à ce moment là. Vous voyez mon état d’esprit par rapport aux femmes enceintes, il semblerait que mon inconscient ait envie de toutes les insulter XD

  • Le 3e et dernier n’était pas vraiment un cauchemar, mais un mauvais rêve. En gros je suis au restaurant, et là je vois qu’une de mes potes, qui est enceinte (elle l’est en vrai), est dans le restaurant, alors je me cache pour ne pas qu’elle me voit, car je ne veux absolument pas lui parler ou voir son gros ventre. Et ensuite à table je suis avec ma famille, et je crois que ma mère me casse les couilles car je suis végétarienne et donc « je ne mangerais pas correctement, pas de protéines puisque pas de viande, je suis forcément carencée », alors je m’énerve et lui dis ses 4 vérités (la partie « carencée » doit venir dune discussion avec un collègue qui m’a soulé y’a pas longtemps ^^).

Voilà encore des femmes enceinte et ma famille pour ce dernier rêve. Mon inconscient est monomaniaque.

 

Bref, une seule nuit m’a suffit pour me montrer qu’effectivement j’ai pleins d’angoisses (et de colère). On débriefera avec ma psy la semaine prochaine, même si j’ai pas trop de mal à les interpréter. Mais clairement je n’ai pas envie de faire ça toutes les nuits, sauf si je veux écrire un recueil de nouvelles horrifiques  !

Traumatisme, flashback et angoisses

Je ne sais pas si tout deuil est un traumatisme. Probablement que non (je n’ai pas été traumatisée par la deuil de ma grand-mère par exemple), même si beaucoup le sont. Mais je suppose que toute perte violente et/ou soudaine l’est, et que la perte d’un enfant l’est forcément.

Et ce(s) traumatismes) laisse(nt) des traces dans le quotidien même quand la vie a repris son cours.

Cela s’est rappelé à moi dernièrement la veille de notre départ à Budapest. J’étais mal toute la journée, j’avais envie de pleurer sans raison. J’ai mis quelque temps à comprendre que c’était le traumatisme d’avoir perdu S. pendant un voyage. Et le déplacement en avion n’aide pas, car cela rappelle l’état douloureux dans lequel on était pour le vol retour. Je pense que je vais mettre longtemps à passer ce traumatisme des voyages – même si on ne va pas le laisser nous empêcher de voyager. Je suppose que plus on l’affronte, plus il s’apaise. C’était déjà plus facile à vivre que les vacances cet été.

Puis il y a le reste, qui s’insinue plus sournoisement dans le quotidien.

Des mots qui déclenchent une sensation de mal-être. Dès que quelqu’un évoque les mots deuil, mort, enfant, fils, nouveau-né, mort-né, fausse-couche, grossesse, accouchement, parents, mère, père, hôpital, Finlande, lune de miel, voyage de noces, toutes ces pubs pour jeunes parents à la TV ou à la radio, etc …

Mais aussi les discussions ou images qui provoquent des flashbacks, bien plus difficiles à gérer.

Comme une scène d’accouchement dans un film.

Comme une collègue qui parle de prise en charge à l’hôpital. Elle parle du manque d’empathie du personnel, et t’as envie de lui dire que le jour où ton cas a réussi à faire pleurer plusieurs infirmières c’était pas un victoire…

Comme ce jour où tu as des vertiges ou envie de vomir qui te rappelle un moment très difficile pendant la période des contractions…

Ou parfois simplement dans le lit quand ton esprit divague et que tu n’arrives pas à dormir.

Je me demande comment je vivrai les 1ères neiges cette année…. ça a été la tempête à partir du moment où l’on a appris la mort de S. et le moment où j’ai accouché. Alors ce sera difficile de ne pas y penser.

D’ailleurs l’hôpital c’est un gros soucis. Je ne sais pas comment je vais vivre le retour en PMA, car j’ai vraiment du mal avec cet environnement depuis. Et on ne parle même pas de devoir faire des échographies… Parfois je me dis heureusement que je n’ai pas accouché dans l’hôpital où je suis suivie en PMA, sinon je ne suis même pas sûr que j’aurai réussi à y retourner.

Puis il y a les angoisses quand tu essayes de te projeter dans une nouvelle grossesse (et que ton cerveau oublie qu’on en est loin car tu es infertile) , où tu te dis que tu seras incapable de sortir de chez toi, que tu ne te vois pas autrement que passer 9 mois à la maison, et que tu te tapes une crise d’angoisse quand ta psy te dit que pour ton bien elle ne te laissera pas t’enfermer chez toi, elle te forcera à sortir.

Pour les angoisses, je travaille dessus, même si certaines sont difficiles à s’en défaire, et que le processus sera long pour que je réussisse à nouveau à faire confiance à la vie. Malheureusement pour les flashbacks il n’y a pas grand chose à faire, à part espérer qu’avec le temps cela diminuera et s’apaisera.

Parfois certaines angoisses s’apaisent (je n’ai plus la peur irrationnelle de mourir d’un accident de la route à chaque coin de rue comme au début), mais d’autres les remplacent. Alors on continue ce long combat, pour rester debout et avancer, face à cette tempête qui diminue petit à petit en intensité, même si parfois il y a encore des rafales qui nous déstabilisent.

Auto-destruction

Parfois je ne me comprends pas.

Il y a des jours où le moral n’est pas au RDV,  les fameux « jours noirs » du deuil.

Et dans ces moments-là, parfois je retourne le couteau dans la plaie.

À regarder les profils des femmes enceintes de mon entourage, les photos de leur gros ventre qui pousse… À calculer si elles ont dépassé le stade auquel j’ai perdu S. ou non, à m’émerveiller et maudire leur insouciance. À détester leur bonheur.

Et parfois je me fais encore plus de mal. À regarder les photos que seule moi possède, une par semaine qui voient mon ventre s’arrondir. Les seules photos jamais prises où l’on voit mon ventre. Et les photos d’échographie qui restent dans mon téléphone. Une preuve que tout cela était bien réel.

Comme pour me rappeller que ce n’était pas un rêve, que j’ai bien été enceinte un jour.

À relire l’article de blog où je raconte la descente en enfer , comme pour m’approprier mon histoire, l’apaiser à force de la lire, la rendre plus supportable.

Et forcément après je me sens encore plus mal. Et ne comprends pas pourquoi parfois je ressens le besoin de m’infliger ça, sans jamais en parler à personne.

Envisager les fêtes de fin d’années

Voilà, avec le temps moche , la nuit qui arrive bien trop tôt, et les films de Noël qui débarquent à la TV, je commence à réfléchir aux fêtes de fin d’années, mais surtout à celles de Noël.

Autant pour le nouvel an, même si je sais que le coup de blues sera là, cela ne me semble pas insurmontable de le passer avec notre bande de potes comme chaque année. (Faudra juste que je surveille ma consommation d’alcool pour ne pas trop bader/que je demande aux gens de me surveiller et me faire chier – quand je suis triste j’ai tendance à trop boire en soirée, et ça me rend encore plus triste – même si depuis la mort de S. ça n’est arrivé qu’une fois, car justement on a fait très attention à l’alcool depuis, sachant que ça peut être vite piège dans cette période)

Quel est la bonne solution  pour Noël ?

J’ai besoin de vos témoignages, si vous avez vécu un deuil (comme moi d’un enfant, mais aussi d’autres deuils) ou une fausse couche.

Qu’avez vous fait et comment avez vous vécu le premier Noël ?

 

A l’heure actuelle je ne me sens pas du tout de le passer en famille. Car je vais être extrêmement triste et en décalage avec tout le monde, que je leur en voudrais s’ils passent un bon moment. Et je ne vois pas de côté réconfortant à être avec eux pour ce moment.

Et puis j’ai cette impression que je n’ai rien à fêter cette année. Étant athée, pour moi Noël est vraiment une fête familiale, un moment pour se retrouver. – mais cette année cela n’a pas de sens sans S.

Je ne dis pas que cela sera pareil chaque année, que je ne voudrais plus jamais fêter, pas du tout. Mais cette année je ne le sens vraiment pas.

Alors je sais que cette décision, si elle se confirme, va être dure à faire accepter a nos familles. Je connais ma mère, elle va encore me faire du chantage affectif.

La question est de comment passer ce Noël … Ne rien faire ? Je ne suis pas sûr que ce soit la solution non plus. Partir en escapade tous les 2 ? Pour le moment une de mes alternatives préférées…