Compte rendu de tentative de FIV

C’est quand on se dit justement qu’on a pas forcément envie de connaitre tous les détails pour le moment, qu’on finit par les recevoir par la poste.

Je vous confirme, je n’avais pas envie de les recevoir après lecture.

Mais pas du tout pour les raisons que je pensais. Mais plutôt pour l’incompréhension qu’ils ont occasionné. Et la colère qui s’en est suivi.

Lors du fameux appel du biologiste pour annoncer la mauvaise nouvelle, il m’avait dit que le recueil de sperme n’était pas top, ce qui pouvait expliquer cet échec.

Résultat : 4 millions /ml, avec 41% de mobilité. Sachant que mon mari est en général à 5 ml, ou les mauvais jours à 3ml, concrètement ce n’est vraiment pas le pire recueil qu’il ait eu.  Cela explique qu’ils ne soient pas passés en tout ICSI, car en vrai ces résultats étaient corrects et cohérents avec notre historique.

Donc déjà, pourquoi nous avoir dit cette phrase ? pour nous « rassurer » ? nous donner une fausse « explication » de cet échec ? on va mettre ça sur le compte de la maladresse…

 

Mais voici la partie qui, paradoxalement est une bonne nouvelle en soit mais m’a fait sortir de mes gonds.

13 ovocytes mis en fécondation. 13 ovocytes matures.

Pourquoi n’ont ils pas respecté la consigne 50%classique/50% ICSI ???

Notre gynéco nous avait bien dit, pour une 1ère FIV avec un sperme limite, on fait 50/50 pour être sûr et voir ce qui fonctionne. SAUF si moins de 5/6 ovocytes, dans quel cas on tente la FIV classique pour une 1e tentative.

J’étais donc persuadée que le nombre d’ovocytes matures est ce qui avait occasionné ce changement de protocole. 5/6 matures, c’était cohérent avec la dernière écho de contrôle.

Mais non. Et ce changement a fait foirer à 100% notre tentative, alors que potentiellement, en faisant de l’ICSI sur la moitié, on aurait peut-être eu des embryons…

Perdre 3/4mois pour savoir si l’ICSI fonctionne ou pas. Savoir si c’est « juste » un problème de spermatozoïdes un peu moches ou si le problème est plus grave, et qu’il faut approfondir les examens pour avoir encore une chance d’un enfant de nous deux.

Et vu le nombre d’ovocytes et le recueil pas si horrible que ça, la voie « problème plus grave » ne me semble plus si improbable.

J’aurais préféré savoir tout de suite. Savoir si je dois envisager d’autres voies, d’autres médecins, d’autres examens.

Ou au contraire ne pas avoir eu à vivre ces moments horribles si la partie ICSI avait fonctionnée.

J’ai l’impression d’avoir une guillotine au-dessus de moi jusqu’à la prochaine tentative.

Comment aborder la prochaine stimulation sereinement avec ce doute énorme, cette probabilité que l’ICSI pourrait ne pas fonctionner, et que ce serait une 3e fois des traitements très lourd pour un échec final cuisant? Alors qu’ils auraient pu m’épargner ça en ayant une réponse déjà maintenant s’ils s’en étaient tenus à ce putain de protocole inscrit noir sur blanc dans notre dossier ?

Leurs explications ne changeront rien aux faits malheureusement, même si je vais les contacter pour savoir pourquoi.

Et essayer de trouver une façon d’encaisser ça, pour vivre au mieux ces prochains mois d’incertitudes.

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FIV1 BIS – 1er contrôle

Un réveil qui ne sonne pas; 10min pour se préparer et sauter sur le vélo; Un monde fou en salle d’attente, y’avait plus de places assises à un moment; Une meuf qui se pointe avec son gamin de 5ans et qui passe son temps à lui caresser les cheveux en mode « c’est vraiment trop génial d’être maman »; des regards noirs du reste de la salle ; une infirmière fan de fantasy mais pas des gros tatouages avec qui on discute des livres à lire; 1h30 de retard sur leur planning; et enfin c’est mon tour.

J’aborde tout de suite la question des saignements, la sage-femme le note dans le dossier et me dit que je pourrai poser la question au médecin qui va arriver pour faire l’écho – ça doit expliquer le retard, c’est une gynéco qui fait les échos et pas les internes habituels. Coup de bol pour moi, je pourrai poser ma question sans intermédiaire.

La gynéco (qui n’est pas ma référente) arrive, écho….

2 follicules de 7 à droite, 1 follicule de 6-7 à gauche. Quelques petits qui trainent.

Coup de massue… répétition, je ne répond toujours pas bien au traitement de stimulation…

Vu que c’est la gynéco, elle peut me donner les instructions pour la suite sans attendre. On augmente la dose de Fertistartkit à 450 dès ce soir. Orgalutran à partir de dimanche matin. On contrôle lundi prochain.

Je ne sais pas si en augmentant la dose elle espère en faire pousser plus, ou si elle espère juste réussir à faire pousser ces 3 là jusqu’au bout…

Je lui pose donc la question plus précisément des saignements « est ce que je dois m’inquiéter à un moment ? Est-ce que je dois appeler si ça continue? est ce que c’est mauvais signe ? »

Elle me dit que non pas besoin de s’inquiéter pour la stimulation, on peut continuer sans soucis. Par contre y a un risque qu’on repousse le transfert et qu’on congèle tout car mon endomètre est effectivement pourri pas top, et ça doit être lié aux saignements. Il est passé à 5,6 (alors que lundi la semaine dernière j’avais déjà un bel endomètre triple-couche à 7,2… il a réduit quoi !). Alors qu’en temps normal je n’ai jamais de problème d’épaisseurs d’endomètre. La preuve que les hormones de stimulation peuvent altérer sa qualité au lieu de l’améliorer…

Bref je suis un peu sonné… seulement 3 follicules et pas de certitudes qu’ils soient tous encore là lundi ; probablement pas de transfert sur ce cycle (j’espère ne pas devoir attendre aussi 3 mois pour un simple TEC… enfin si ponction puis embryon il y a…)… c’est pas aujourd »hui que ma chance a tournée…

Et je commence à vraiment croire ces études qui disent qu’AMH pourrie (mais LH normale) = mauvaise réponse aux stimulations…

 

Y’en a parmi vous qui ont eu des ponctions avec seulement 3 follicules ? ça a donné quoi ?

 

Ah et sinon j’ai pas pensé à demander, pour le fertistartkit, je peux faire une seule injection avec les 3 flacons de poudres ? ou c’est 2 max par seringue de solvant ? (bon si personne n’a la réponse je rappellerai en fin de journée pour avoir confirmation)

EDIT : pour celles qui se poseraient la même question, on peut bien utiliser une seule seringue de solvant (et donc 1 seule injection) pour les 3 flacons de poudres 😉

Distorsion de l’espace-temps

Ce n’est pourtant pas censée être la partie la plus difficile, les injections, car on est dans l’action. Mais l’échec de la FIV1 n°1 a pourtant changé la donne. Je compte les jours, les heures, les minutes, mais le temps n’avance plus. Je suis terrifiée par cette attente. Ne pas savoir. Est-ce que mon corps réagira t’-il à ce nouveau produit ? Arrivera t’il à produire assez de follicules et d’ovocytes ? Arriverons-nous cette fois à l’étape de la ponction, puis d’un transfert ? Ou une fois de plus échouerons-nous sur le pas de la porte ?

Bien évidement les hormones ne m’aident pas dans cette attente. Cette fois elles me minent le moral. Je n’ai rien d’autre à faire qu’attendre… attendre ce 1er RDV mercredi, et espérer que les premiers résultats seront positifs. Et s’ils ne le sont pas ?…. je préfère ne pas y penser….

Et je regarde à nouveau ma montre, qui semble être bloquée à la même heure depuis 3h…


 

Cette période de blues et d’attente m’a fait penser aux paroles de cette chanson, qui même si elle parle originellement d’une rupture, me fait beaucoup penser à cet enfant qui vit dans ma tête depuis tant d’années.

Extrait de Je voulais te dire que je t’attends – Michel Jonasz
Je voulais te dire que je t’attends
Et tant pis si je perds mon temps.
Je t’attends, je t’attends tout le temps
Sans me décourager pourtant
Comme quelqu’un qui n’a plus personne
S’endort près de son téléphone
Et sourit quand on le réveille
Mais ce n’était que le soleil

L’autre jour, j’ai vu quelqu’un qui te ressemble
Et la rue était comme une photo qui tremble.
Si c’est toi qui passe le jour où je me promène
Si c’est vraiment toi, je vois déjà la scène
Moi je te regarde
Et tu me regardes.

Je voulais te dire que je t’attends
Et tant pis si je perds mon temps.
Je t’attends, je t’attends tout le temps
Ce soir, demain, n’importe quand
Comme quelqu’un qui n’a plus personne
S’endort près de son téléphone
Et qui te cherche à son réveil
Tout seul au soleil, j’attends
Je voulais te dire que je t’attends
Si tu savais comme je t’attends !
Je t’attends, je t’attends tout l’temps
Quand seras-tu là ? Je t’attends
Si tu savais comme je t’attends !
Je t’attends, je t’attends tout l’temps
Je voulais te dire que je t’attends

Erreur de diagnostique

Je vous ai donc laissé sur mes pérégrinations de la semaine dernière aux urgences, mais surtout avec tout de même quelques doutes concernant le diagnostique. Parce que bon la cystite je veux bien , mais si je n’ai aucun soucis pour uriner (ni douleurs, ni envies fréquentes) et que je bois minimum 2,5L par jour, j’étais tout de même sceptique. Mais je me disais « allez ça va mieux, il faut essayer de réussir à leur faire confiance tout de même, vu que je vais mieux ».

J’attendais donc avec impatience les résultats de l’analyse urinaire rouge fluo, et je les ai enfin reçu hier. Résultat sans appel :

Absence d’infection urinaire

Du coup je lis tout de même plus en détail le reste des analyses. Et là quelques lignes attirent mon regard :

Présence de cristaux. Présence de quelques cristaux d’oxylate de calcium.

Je suis pas médecin, mais je crois que c’est pas top. « Namoureux, j’ai pas d’infection, comme c’est étonnant. Par contre y a marqué que j’ai des cristaux, tu crois que c’est mauvais ? »

Hum pas la meilleure chose à dire à un homme hyper angoissé et stressé par un rien XD Il veut que j’aille chez le médecin le plus rapidement possible, mais bon la mienne ne bosse pas le vendredi cette année pour cause de formation, et jamais le samedi. Donc il veut que j’aille chez son médecin, il ne veut pas que j’attende lundi.

Ca me branche pas, je décide donc de tenter de joindre mon médecin même si son cabinet est déjà fermé depuis 2h. Par miracle elle répond de chez elle (j’entends ses gamins derrière).

Je lui explique la situation, lui lis le compte rendu d’analyses, elle me dit que j’ai donc du avoir des coliques néphrétiques, et donc que j’aurai uriné/éliminé les cristaux c’est pour ça que je vais mieux. Qu’il faudrait faire une écho voir un uro-scan pour vérifier que tout est éliminé. Je précise que j’ai fait une écho aux urgences mais que y’avait absolument rien de visible. Elle me dit que bon y’a écho et écho, et que souvent y’en a qui les réalisent juste mal donc on voit rien (c’est marrant c’est pas la 1er que j’entend ça, on m’avait notamment dit que mon écho de la thyroïde avait été réalisé avec le cul d’ailleurs ^^).

Pas d’urgence tant que je n’ai pas mal ou de fièvre. Que je passe à l’occaz pour qu’on fasse le bilan, et qu’on voit pour faire un uro-scan, pour s’assurer qu’il ne reste pas de cristaux et éviter les récidives. Elle m’a aussi conseillé de souvent changer souvent d’eau et éviter les eaux trop minéralisées (type Vittel, hépar).

Vu que je me marie dans une semaine (et 1 jour), je pense que je vais aller la voir dès lundi ou mardi pour en discuter plus amplement. Je ne voudrais pas avoir une récidive le jour J !


 

Mais voilà, une fois de plus ma confiance envers les médecins baisses (et est quasiment inexistante à ce stade entre ça, ça, ça, ça et ça et j’en oublis probablement;  heureusement que j’ai ma super médecin traitant d’amour en qui j’ai confiance). Une fois de plus ils ont agis sur « le plus probable » sans prendre le temps d’écouter vraiment mes symptômes.

Au final une scène qui s’est déroulé quand j’étais aux urgence résume bien la situation. Pendant que l’interne m’ausculte, le médecin en chef passe la tête par la porte, demande vite fait ce qu’elle est entrain de faire, voit passer mon recueil d’urine, et résume « y a du sang dans les urines ? bah c’est une cystite ça ». Sans rien savoir du reste.

En regardant les symptômes de la colique néphrétique, je coche toutes les cases… Si on avait écouté mes symptômes au lieu de s’arrêter sur le sang, et bien ils auraient réussi facilement à ne pas se planter.

Mais voilà, je suis une meuf, jeune, et donc douillette ? donc c’est forcément une cystite.

Que j’indique lors de ma prise en charge une douleur de 8/10 pendant les crises ça les inquiète pas vu que ça commence à s’espacer quand je suis là-bas. Et puis bon les calculs et les coliques c’est à prédominance masculine de toute façon. D’ailleurs on a du me demander 15 fois si j’avais pas juste mes règles…

On ne m’a pas écouté, et on ne m’a pas prise au sérieux sur l’intensité de mes douleurs. Et j’ai la sale impression que ça a eu beaucoup avoir avec le fait que je sois une femme…

 


Vous savez qui avait le bon diagnostique ? Les pompiers qui m’ont prise en charge au boulot, et qui en écoutant mes symptômes et voyant ma douleur m’ont dit que c’était probablement une colique néphrétique….