L’annonce tant redoutée

Décidément, hier fût bien une journée de merde.

Ca commençait mal à cause de la date forcément, pleins d’annonces de décès atour de mes collègues ; et donc forcément ça parle de mort, d’enterrement, et en bonus des phrases à la con mais qui pour moi sont difficile à entendre type  » parfois on meurt plus vite qu’on nait »; « oui ça lui a pas pris 9 mois » (c’était pour parler d’un cancer, entre l’annonce et le décès, mais bon vous voyez bien là où ça peut me faire mal….).

En parallèle de tout ça, j’étais angoissé depuis quelques jours, car l’amie que j’évite m’a recontacté. Je l’évite car en janvier, elle nous avait dit qu’elle avait arrêté la pilule. Donc je savais qu’une annonce allait probablement arriver prochainement, car faut pas rêver, je pense que je resterai la seule infertile de tout mon cercle de connaissance…

Le pire c’est qu’en janvier, quand elle nous a dit ça, je me suis dit « ouf, j’ai échappé à une grossesse de plus pendant la PMA » HAHAHA ma vie est une blague je me suis ensuite dit, elle intervient après la perte de mon fils, ce qui est encore pire ! Comme si DNLP se demandait « mais qu’est ce que je peux lui réserver d’encore pire pour la faire souffrir? » –  Ca me fait penser, étrangement vu que je suis habituée à avoir la poisse et autres, je m’étais dit pendant la PMA « nan mais tu arriveras à tomber enceinte, mais tu vas perdre le bébé. Car sinon ce serait trop facile. Et après tu n’arriveras plus jamais à en avoir » . Vous imaginez que c’est fun quand une partie de ce dont vous avez pensé se concrétise… Bon la suite dans ma tête c’est qu’ensuite mon mari meurt dans pas longtemps d’un cancer/accident de la route, que je choppe une maladie grave et que tous les gens que j’aime meurent jeunes et que je finisse seule etc… OUAIS je suis optimiste avec ma vie ! Bon je vous rassure, j’arrive aussi à reprendre le dessus et me dire que non, ça va bien se passer, enfin j’espère.

Bref une fois de plus je diverge, revenons à nos moutons.

Il y a déjà 3 semaines environs elle m’avait envoyé un sms pour prendre de mes nouvelles, mais je n’avais pas répondu. J’ai attendu, attendu, puis dépassé la limite pour répondre sans que ce soit trop bizarre. Mercredi dernier, elle me revoit un message sur Messenger pour savoir si je vais bien.

Je me triture l’esprit, je sais qu’il faut que je lui réponde. Alors dimanche je lui dit juste les convenances, « ça va mieux, blablabla et toi comment tu vas »; elle me répond des banalités « contente d’être en vacances, on est bien dans la nouvelle maison ». Bref, je ne répond plus, je suis toujours aussi stressé, car il faut que j’aille droit au but, il faut que j’arrive à lui dire ce que j’ai sur le cœur. Alors hier soir je me lance pour me soulager, pour en finir avec ce poids. Je lui explique que je n’ai pas osé prendre de nouvelle car j’appréhendais une annonce de grossesse, car je ne suis pas assez forte pour gérer ça, que je serais incapable de la voir en présentiel car trop difficile pour mois les femmes enceintes et les bébés. Et que du coup le jour où ça arrive je préfère une annonce par message, pour pouvoir encaisser ça dans mon coin. Que malheureusement le jour où ça arrivera on ne se verra peut-être pas pendant un long moment, même si même temps, pour eux je leur espère que ça ne tarde pas trop paradoxalement.

Elle me répond qu’effectivement c’eétait ça hantise de se dire que si ça leur arrive, comment annoncer ça sans trop nous blesser, car elle se doute que ça doit être très difficile pour nous.

Ce message me laisse plein d’espoir, il semblerait qu’elle dise qu’elle ne soit pas encore enceinte ? que je vais encore pouvoir la voir ?

Mais non, quelques minutes plus tard elle me dit « je n’ai pas envie de te mentir et me triture l’esprit depuis des semaines…. mais du coup tu ne vas pas vouloir me voir de si tôt… »

En guise de félicitation j’ai du lui répondre un « tant mieux pour vous ». Et je lui ai dit qu’on garderait contact par message alors, le temps que j’arrive à gérer ça. Elle était soulagée, car elle avait peur que je veuille couper totalement les ponts.

Mais ce matin je me dis que c’est probablement illusoire, est-ce qu’un jour je serai prête à voir un bébé qui aura été conçu le mois après la mort de S. ? (c’est prévu pour janvier, j’ai quand même demandé au lieu de me triturer l’esprit) Un bébé avec un âge si proche ? j’espère 2 choses : que ce ne soit pas un garçon, et qu’il/elle naisse bien en 2020 – pas la même année que S. . Sans ces conditions je vois mal comment reprendre un vrai contact avec elle un jour sans morfler…

Voilà voilà, prends toi ça dans la face. Même si on s’y attendait, ça fait extrêmement mal. Et j’étais en colère. Face à ma vie merdique, pourquoi j’en chie tout le temps ? pourquoi je cumule tout ? infertilité, PMA, perte de mon bébé….. quand est-ce que ça va s’arrêté ? et en plus je dois m’éloigner d’amis que j’apprécie beaucoup pour ne pas souffrir plus…

Alors qu’elle attend patiemment le moment où elle veut un enfant, se marie, construit sa maison, arrête la pilule, et hop 4 mois après elle est en cloque. Et on peut prédire que pour elle tout va bien se passer forcément.

C’est tellement injuste…

Et forcément j’apprend ça alors que mon mari potasse un entretien hyper important pour mercredi, alors je ne pouvais pas lui en parler hier soir, je savais que ça l’affecterait beaucoup trop sinon. Alors j’ai caché mes larmes sous l’eau de la douche, puis j’ai pris un somnifère pour me coucher et dormir sans trop cogiter…

 

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Soldes d’hiver : 2 pour le prix d’1

Mais de quoi donc parle Nirnaeth ? de deux articles le même jour ? (presque, mais vous attendrez demain pour le 2e), d’un double transfert pour la FIV à venir ? (non non, pas dans notre centre) de jumeaux surprises ? (nan mais vous avez fumé ? c’est l’année de la truite), d’un 2e cambriolage ? (ah non quand même pas*Nirnaeth touche du bois*).

Mais non, hier j’avais….. le…. RDV…..

Nan mais faut suivre un peu aussi ! c’est pas comme s’il se passait 40000 RDVs dans ma vie d’infertile en ce moment XD

Bon allez je vous aide encore, le RDV…. avec le spécialiste….. Ah oui toi près du radiateur… ! « Pour expliquer le traitement de la FIV ? »

Roh mais non, rendors toi ! ça c’est au prochain cours.

Avec le spécialiste en auto-immunité !! faut réviser vos leçons là !


Hier avait donc lieu le RDV avec le spécialiste en auto-immunité, attendu depuis le longs mois.

Après avoir fait 3 bureaux d’accueils  et m’être perdue dans les dédales de ce nouvel hôpital, je rencontrais cet éminent Professeur, retraité et consultant à ses heures perdues pour diagnostiquer les cas bizarres, qui n’avait étonnamment aucun retard, chose peu habituelle pour les RDV avec des médecins tant sollicités.

Je m’installe, lui donne la lettre rédigée par mon médecin traitant, puis me demande ce que j’ai. Je décris pleins de mes symptômes. Il demande plusieurs fois si c’est tout, je dis oui (je me rends compte en sortant du RDV que j’ai oublié d’autres symptômes chelous sous le coup du stress/émotion).

Puis il me pose des questions, auxquels je réponds par l’affirmatives ou la négative.

Ensuite il m’ausculte rapidement. « Ok vous pouvez vous rhabiller et vous installer, pour qu’on discute de tout ça ».

 » Alors vous avez déjà pour sûr une maladie auto-immune, la thyroïdite de Hashimoto, qui explique vos problèmes de thyroïde »

Bon rien de vraiment nouveau, si ce n’est qu’il met un nom dessus.

« Mais d’après certains de vos symptômes, vous en avez très certainement une e. Ce n’est pas rare, les deux maladies sont souvent associées. Vous avez le syndrome de Goujerot-Sjögren. Ce qui explique les douleurs articulaires que vous pouvez avoir, ainsi que la sécheresse oculaire et buccale. Cela explique aussi que vous ayez des anticorps anti-nucléaires au 1/640e. On pourrait faire une biopsie de la glande « jesaisplusquoi », mais ça ne sert à rien car il n’y a pas de traitement. je ne vais donc pas vous faire un examen invasif s’il ne sert à rien au final. Ce n’est pas une maladie grave en soit, un bilan annuel avec votre médecin traitant est suffisant. Il faudrait juste que vous voyez un ophtalmo rapidement, pour faire un test de larmes, pou voir si vous avez besoin de larmes artificielles. Car en cas de sècheresse oculaires, on peur avoir une infection de la cornée, c’est très douloureux et ça laisse des séquelles. Mais on peut le prévenir avec les larmes artificielles. Bon par contre pour l’asthme c’est pas lié, vous avez juste pas de chance »

Il me prescrit un prise de sang pour encore d’autre anticorps qui non pas été testé, pour vérifier que la rhinite chronique n’est pas due à une autre maladie auto-immune (LOL).

Je lui demande ensuite le lien avec l’infertilité, mais d’après lui aucun impact de cette maladie là.


Bon je garde à l’esprit que le cumul de maladie auto-immunitaire est fréquent, donc si par malheur la FIV1 (et la 2 ?) se passe mal, je pense que Matrice-Lab sera une bonne idée. Mais chaque chose en son temps, on en est pas encore là, je peux encore espéré que de ce côté tout se passe bien.

J’ai eu les réponses que je cherchais, j’ai enfin eu une explication pour ces foutus anticorps anti-antinucléaires. Alors oui ce diagnostique ne changera probablement pas ma vie (ni en mal, ni en bien vu que y a pas de traitement de fond pour les symptômes). Je sais que les douleurs articulaires liées à cette maladie ne sont pas graves pour les articulations (elles ne se détruisent pas à petit feu). Cela explique aussi ma toux chronique, et ma fatigue (que Hashimoto explique aussi). Au moins je suis apaisée par les réponses reçues, c’est déjà pas mal.

 

 

Dimanche RALC – le pire dimanche de l’année

Le weekend avait pourtant bien commencé, après-midi tatouage (plus qu’une séance et mon bras est fini 🙂 ), achat du sapin que j’ai réussi à transporter sur le porte bagage de mon vélo, achat de nouvelles décorations pour le sapin.

Dimanche midi, nous étions invité à une raclette avec un groupe d’amis du collègue/lycée que l’on voit toujours 3/4 fois dans l’année.  Je précise que ce groupe n’est pas du tout au courant de nos soucis. Et ce midi, le groupe était au complet, même le couple qui a déménagé à 2h de route était là.

Le couple qui d’ailleurs s’est marié il y a un an et demi, dont tu redoutes l’annonce qui ne saurait tarder.

Ah ben elle a plus tardé, c’était hier cette annonce. Je me disais bien que c’était louche qu’ils aient insisté pour qu’on arrive à trouver une date où ils seraient aussi là. Ils font pas trop d’effort en temps normal.

Direct, dès qu’on s’est installé pour l’apéro. Bonne ambiance. Je vois la tête de mon homme se décomposer. Et là, on part pour la 1e salve de RALC, avec en tête « oh ça va tu vas pas te vanter juste parce que t’as enfin trouvé comment ça marche ». (Car le mec en question se vantait d’avoir fait tout le boulot…).

Ca parle ensuite mariage (le notre, et celui à venir du 2e couple mais en 2019), la meuf enceinte nous dit qu’elle ne sait pas si elle pourra venir vu que la date d’accouchement est prévu début juin (comme notre mariage), mais que si avec un peu de chance elle accouche un peu avant elle pourra peut-être venir. Je rigole un peu jaune, lui dit clairement qu’à mon avis même si c’est le cas et qu’elle a accouché 2 semaines avant, elle sera probablement pas en état. Mais ils continue à rigolo sur comment s’organiser avec le bébé pour venir (nan mais juste venez pas quoi….). Ensuite, on switche sur le mariage de l’autre couple, RALC en or de la meuf enceinte « ah ben si ça se troue d’ici là ça sera toi qui pourra pas venir/pas boire » je marmonne un truc « ah ben quand même d’ici là ».

Echec et mat, fin du round 1, l’homme craque en entendant cette phrase et se lève pour partir (on est à l’apéro). Je vais le voir devant la porte d’entrée car il est près à partir comme ça, sans rien dire aux gens. Je discute un peu avec lui, du coup les autres viennent et il dit qu’il se sent mal qui a probablement la gastro et qu’il préfère rentrer.

Je me retrouve donc plantée là (parce que c’est dur de simuler une gastro à deux exactement au même moment…)

Ca revient souvent sur la grossesse, de ce qu’elle ne peut pas manger, que c’est elle qui conduit pendant un an (vu qu’elle peut pas boire) du coup le pacte c’est que lui doit conduire l’année d’après. Bref moment très agréable…

Puis je ne sais plus exactement ce qui est dit, mais l’autre nana (celle qui va se marier), qui dit « nan mais faut pas non plus trop insister, on sait jamais, on a un couple d’amis, on les charriait tout le temps pour savoir quand ils s’y mettraient, et un jour la femme a répondu en sanglot que ça faisait 3 ans qu’ils s’y mettaient… »

Moment d’hésitation, qu’est ce que je fais, je balance nous aussi ça fait 3 ans ?

La meuf enceinte renchérit « oui c’est vrai on sait jamais, quand ça fait très longtemps que le couple est ensemble et qu’ils n’ont pas d’enfant y a toujours un risque »

J’évite son regard, je ne sais pas si elle perçoit mon malsaise, je ne pipe pas mot. Je décide de ne rien dire, car l’homme n’est pas là, je ne sais pas s’il serait d’accord que j’en parle, et je ne veux pas balancer ça et fondre en larme au milieu du repas.

Un des mecs rajoute  » comme ça le fout mal quand on t’annonce ça quand même en pleine soirée ».

Voilà, pas de doute, après cette remarque je ne peux rien dire.

A un autre moment en parlant de chat, elle nous dit que c’est chiant, qu’elle n’est pas immunisé conte la toxoplasmose alors qu’elle a côtoyé des chats depuis toujours, je suis étonnée, je dis « ah c’est bizarre, moi aussi mais je suis immunisée « . « Ah bon tu sais que t’es immunisée ?  » …. Je fais une petite diversion sur la chiantise de ne pas être immunisée, mais elle a trouvé ça bien bien louche que j’ai cette info sachant qu’à part pour la grossesse/désir de grossesse, c’est pas la prise de sang que l’on fait vraiment….

Passé ces moments, plus de RALC trop horribles, mais j’ai qu’une hâte, rentrer chez moi à la fin du repas qui s’éternise.

BONUS POINT : petit détail qui a son importance tout de même dans le malaise approfondis de cette annonce et pour la suite, car oui il n’est que 16h30 à ce moment, mon dimanche n’est pas fini :/ : le futur papa, V., c’est mon ex. Mon tout 1er copain avec qui j’étais quand j’avais 12-13ans, pendant un peu plus d’un an. C’était aussi un très bon ami à mon homme au collège et lycée, c’est d’ailleurs par lui que nous nous sommes rencontré.Si l’on était pas resté amis, je ne serais probablement pas avec l’Homme aujourd’hui.

Alors oui, déjà assister au mariage de son 1er copain il y a un an et demi, c’est un peu étrange. même si à l’époque j’avais répondu à l’homme « ben non c’est pas bizarre, c’était y a tellement longtemps, on était des gamins, ça compte pas » pour éviter des problèmes conjugaux ^^ Oui même si on s’est éloigné avec le temps (et ses copines et mon homme qui n’appréciaient pas qu’on soient trop amis), même si je n’ai aucun sentiment pour lui et  que sa calvitie ne peut plus être cachée, ça a quand même étrange.

Alors vous imaginez l’annonce qu’ils vont être parent, ça fait tout bizarre. Même si à aucun moment je me suis dit « ça pourrait être moi ». Non, car si je n’étais pas avec l’Hmme, clairement je ne serais pas avec V. Et j’aurais peut-être aussi des problèmes de fertilité vu que les causes sont un peu floues chez nous.

Pourtant, quelle fut ma surprise en rentrant que l’homme soit extrêmement désagréable (il ne m’a même pas demandé comment c’était passé le repas), me fasse limite la gueule parce que j’avais réussi à rester (j’avais difficilement le choix). et que ça le rendais mal parce que c’est mon ex qui va être papa. J’ai essayé de lui dire, qu’un ex de quand on a 11ans ça compte pas vraiment (ce à quoi il m’a rétorqué « t’avais 14 ans quand on s’est mis ensemble, je dois en conclure la même chose? »), et que comme dit, même si je n’étais pas avec lui, dans aucune configuration je serais avec V. actuellement.

Il m’a dit qu’au moment où j’avais la perche tendu j’aurai du raconter nos problèmes comme ça ça aurait été fait, qu’il préférerait que je fasse ça quand il est pas là…. euh ouais enfin c’est pas facile pour moi non plus ! Et qu’il ne voulait plus voir ces gens, car on a plus rien en commun, etc…. bref c’était totalement incompréhensible sa réaction, il a réussi à ressortir pleins de soucis et à me faire pleurer, alors que jusque là j’avais plutôt bien réussi à encaisser la journée. Toujours cette impression que quand il va mal, il essaye de m’enfoncer plus profond que lui… je ne comprend pas trop ça…

On a arrêter de se parler pendant 1h, et il a enfin réussi à de nouveau être normal et pas me prendre le choux pour tout et n’importe quoi… Pendant ce temps-là j’ai décoré le sapin, pour penser à autre chose… tu parles d’un super moment en famille la décoration du sapin….

Super dimanche quoi….. allez J-4 avant des petites vacances. Bonne semaines à toutes (et à tous ?)

 

The Good, The Bad and The Ugly

Un titre de film pour résumer la semaine dernière et surtout cette semaine

Du bon, du mauvais, des sentiments pas toujours très beaux. Ca s’équilibre plus ou moins, ce qui fait que mon cerveau ne sait plus si je dois être heureuse ou triste (je dois pleurer de joie peut-être ^^).

On va commencer par le positif : trouver ma robe de mariée du 1er coup; réussir à avoir l’horaire voulue pour la cérémonie civile (c’était pas gagné dans notre mairie, ce sont eux qui attribuent les horaires). On a retrouvé un traiteur (après que le 1er ait du abandonner le projet suite à des soucis de son côté). Le mariage avance, et c’est du positif.

Le chéri a eu un CDI dans son travail actuel, qui lui permet de se libérer un jour dans la semaine pour développer sa boite. C’est cool, on gagne un peu en tranquillité d’esprit même si c’est pas le boulot de ses rêves. Au moins il y a une certaine liberté.

Et sinon, notre voiture a rendu l’âme. Donc c’est un peu problématique, faut qu’on en retrouve une rapidement, c’est un peu galère dans cette période pré-noël et pour faire les courses, aller voir notre famille, etc…

Et puis, les points noirs, l’avalanche de naissance en 7 jour. Bon ok j’exagère, 3 naissances. Mais ça fait beaucoup pour mon petit cœur d’infertile.

  • La 1e annonce la semaine dernière : le meilleur ami de mon homme qui devient tonton. Oui c’est éloigné de nous en soit, mais il en a beaucoup parlé, et surtout, cette petite fille a le nom qui est n°1 sur notre liste…. Du coup c’est surtout ça qui a été un peu compliqué (surtout que c’est pas un prénom super fréquent).
  • La 2e annonce, la plus difficile, j’y reviendrai plus bas, mon amie L. qui a accouché d’une petite fille. J’ai reçu le message d’annonce lundi matin en arrivant au boulot, pour bien commencer la semaine.
  • La 3e annonce, lundi soir (2 dans la même journée, sérieux ?????) une amie très proche qui est devenue tata (pour la 3e fois). Forcément deux dans la même journée c’est un peu dur quand même.

Ca pleut des bébés sauf pour moi (nous) en fait…

Revenons à la 2e annonce. En prévision de cette naissance, nous avions décidé du cadeau à faire avec mon autre amie A. Pour m’éviter des souffrances inutiles, j’ai passé commande (une sortie de bain trop choupi avec une capuche avec des oreilles de lapin) via le fameux site de commande le plus usité du monde.

Sauf que rien ne se passe jamais comme prévu, ce site a en ce moment environ 1 semaine de délais rien que pour préparer les commandes, et donc je n’aurais pas du tout ce colis a bon moment. Bon allez, direction les magasins pour en trouver un.

Je me suis tapée 4 magasins, au bord des larmes à la fin, et je n’ai même pas trouvé le foutu cadeau. Plus jamais je remet les pieds dans un magasins de vêtements pour enfant si ce n’est pas pour le mien. Plus jamais….

Et ensuite pour pouvoir visiter mon amie à la maternité (ouais je suis sado-maso), j’ai du prendre une aprem’ de congé pour me faire torturer. En même temps c’était ça et je pouvais y aller avec A., ou alors j’y allais toute seule. Et je ne me sentais pas du tout du tout de taille à affronter ce moment toute seule.

Finalement la visite s’est passée moins horriblement que je pensais. Bien-sûr j’ai badé un peu en continue du lever au coucher hier, mais la visite en elle-même a été plus supportable que prévue.

Ce qui me fait un peu peur. Ai-je perd toute sensibilité en me faisant une carapace ? suis-je devenu psychopathe ? Avant j’avais envie de chialer dès que je devais passer un moment avec un enfant (connu ou inconnu, c’était tout aussi horrible en famille que dans une salle d’attente par exemple). Mais depuis quelque temps, même si je ressens un pincement au cœur, je ne dois plus trop me retenir de pleurer.

On va pas se mentir, le fait que L. ne m’ait pas mis la petite dans les bras a grandement aidé. Aucune RALC n’a été dite. Elle a d’ailleurs eu la gentillesse de ne pas envoyer de photo de la petite par SMS alors qu’elle en a envoyé une à A.

Et puis on va pas se mentir, sa gueule de déterreé à cause de nuits blanches depuis 4 jours, la petite qui pleure dès qu’on la pose, les difficultés et douleurs liées à l’allaitement…. et ben en fait sur le moment ça m’a pas vraiment donné méga envie d’être à sa place XD. Bon après quand je l’ai vu parler à la petite quand elle était réveillée c’était déjà plus touchant. Mais heureusement pour moi, elle a quasiment dormi tout le temps de la visite (on est resté 2h…. je sais pas comment j’aurais fait si ça c’était mal passé).

 

Voilà, mon humeur du moment, entre blues et contentement, cela varie suivant le moment de la journée et du jour de la semaine. Je crois qu’au final le plus dur ce n’est même pas les naissances, mais la période de Noël, comme beaucoup d’entre nous…

 

Après le refus de mon homme de passer Noël juste à deux, j’ai pris le contre-pied : vivre Noël à fond. Cette année je m’autorise une plus grande déco de l’appartement, un pyjama sur le thème de Noël, un renouvellement des décos pour le sapin (même si le sapin géant dont je rêve attendra encore), films de Noël le dimanche matin sous un plaid en buvant du thé de Noël, calendrier de l’avent maison, célébration de la St Nicolas (en Alsace on fait un repas avec du chocolat chaud au lait d’amande, des manalas (brioches en formes de bonhomme) et des mandarines )

Du coup mon cœur balance aussi, entre la joie de ne plus me réfréner, de ne plus attendre l’enfant pour vivre ce dont j’ai envie. Mais à coté la tristesse tout de même de ne pas partager ça. Pour moi Noël est très lié à des moments joyeux en famille dans mon enfance (sachant qu’après les relations se sont dégradées avec ma famille). Et ça me fait mal de ne plus pouvoir vivre des moment comme cela en le transmettant, sachant que mon homme n’y met pas du sien, il n’a pas du tout l’esprit de Noël, même s’il pense que ça changera le jour où on aura un enfant (comment enfoncer le couteau dans la plaie).

Mais ainsi va la vie, je vais continuer à me réapproprier cette fête petit à petit, ce weekend ce sera atelier bredalas petits gâteaux avec l’homme.

Qu’importe ce que l’avenir nous réserve, nous arriverons à être heureux, j’en suis persuadée.

 

L’inconnue du match

A qui n’est ce jamais arrivé de lire les messages par dessus l’épaule de la personne à coté ou devant nous au cinéma, dans les transports en commun, une salle d’attente… Juste comme ça pace qu’on s’ennuie, que par réflexe on lit tout ce qui tombe sous nos yeux, parce que c’est rigolo de voir des tranches de vie, etc…

La plupart du temps on lit des choses anodines « passes chercher le pain » « Machin parle tout le temps à une nana sur Facebook » « quand est ce qu’on va boire un coup », etc…. Parfois on assiste à une rupture (par sms, génial).

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Hier tout à commencé comme cela. J’étais dans les gradins d’un match de l’Eurotournois de Handball, le 1er n’était pas très intéressant, du coup je regardais de temps à autre à droite à gauche. Une ado d’environ 14-15 ans devant moi devait aussi s’ennuyer fermement vu qu’elle était en continu sur Facebook Messenger. Un rapide coup d’œil à la conversation, je vois un « avec le temps ça ira mieux », je me dis qu’elle a du se faire larguer, forcément c’est pas la joie.

Le match continue, et pendant un temps mort, vu que je m’ennuie un peu, je zieute seulement d’un œil sa conversation machinalement. Sauf que mon œil est attiré par le mot TUMEUR ….

Je sais c’est pas cool de lire la vie privée des gens, mais en lisant ce mot je n’ai pas pu m’empêcher de lire la suite de son message.

Cette ado racontait donc à une amie que non ça n’allait pas s’arranger, car il y avait de très gros risques que sa tumeur repousse, car elle venait d’apprendre qu’en plus elle avait une mutation génétique, qu’elle était malade à vie et qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfant, ce qui était très dur à encaisser.

BIM dans ta gueule (ça m’apprendra à lire par dessus l’épaule…).

Vous n’imaginez pas la vague d’empathie qui m’a submergée en lisant ces mots. L’horreur de vivre et apprendre cela si jeune. Mais aussi la partie concernant les enfants. J’aurai eu envie de lui poser des questions, si les traitements l’avaient rendu stériles (ce qui serait honteux qu’on ait rien fait pour protéger sa fertilité alors que y a des solutions), ou si c’était à cause de sa maladie. J’aurai eu envie de lui parler de l’association BAMP pour qu’elle sache qu’il y avait peut-être des solutions qu’elle ne connaissait pas, et qu’il ne fallait pas forcément faire une croix dessus.

Je me suis demandé l’horreur que ce devait-être d’apprendre qu’on ne pourrait pas avoir d’enfant avant même d’avoir l’âge de se poser la question du désir d’enfants…

Je me suis rappelée une fois de plus que la vie était vraiment injuste, de faire vivre de telles choses à des personnes si jeunes…

 

Ce qui devait arriver arriva

Samedi soir, j’ai revu mes amies A. et L. J’appréhendais beaucoup cette soirée, car je ne les avais pas vues depuis au moins 2 mois je crois, et après nos conversations de début d’année (Une soirée entre amies presque comme les autres), j’avais le pressentiment que L. avait une annonce à nous faire.

J’avais vu juste…. elle est enceinte de 4 mois, et son ventre se voyait déjà pas mal.

C’est la 1e fois que je vis une annonce de grossesse dans mon entourage aussi proche depuis le début de nos essais…

J’ai un sentiment dégueulasse que je vous avoue à demi-mots… sachant qu’elle avait fait une fausse couche en C2 et que ça faisait quelques mois et toujours rien, je me disais que peut-être elle aurait aussi des soucis et que je vivrais pas ça toute seule….C’est tellement égoïste et dégueulasse de penser ça, alors qu’au final je ne souhaite à personne de vivre cela…

J’échappe par contre à la double annonce, A. dit qu’elle attend encore un peu, elle préfère régler des discussions d’achats de terrain et d’architecte pour être moins stressée quand elle arrêtera la pilule. Je gagne quelques mois de répit…

Je me suis pris une 2e claque cette soirée. Comme prévue la discussion a beaucoup tourné autour des grossesses et en est venue à une autre fille que toutes les deux connaissent et qui est enceinte de 5 mois. Et là A. qui la connait un peu mieux nous dit un truc du genre ça faisait 2 ans qu’ils essayaient, elle avait fait plusieurs fausses couches et elle se plaignait beaucoup que ça marchait pas, là elle était très soulagée d’être enfin enceinte. Et là A. a dit « enfin franchement ça va, 2 ans d’attente c’est rien du tout. La sœur de mon copain elle a attendu 15 ans, ça c’est long »

What ? comment peut-on décemment dire ça, surtout qu’elle sait que ça fait presque 3 ans que j’attends ? Je chiale pas assez pour montrer que c’est difficile ? et en plus la fille a fait plusieurs fausses couches, merde c’est pas rien  à vivre !

Bon, je suis passée en mode « éducation », et lui ai expliqué que si, 2 ans c’est déjà énorme,  c’est très dur à vivre psychologiquement qu’elle ne se rend pas compte, et que chaque cycle est un échec de plus, ça ne s’arrête pas. Que quand elle arrêtera la pilule, elle verra que si au bout de 6 mois elle n’est pas enceinte, déjà là elle trouvera ça long…. Là L. a renchéri, car même si elle n’aura pas attendu si longtemps au final, c’est pas non plus une C1.

 

Bref après tout ça elles m’ont demandé où ça en était pour nous, je leur ai un peu débriefé la situation actuelle.

Heureusement on a pas parlé que de ça toute la soirée, mais j’ai un goût bien amère dans la bouche.

Au final je l’ai tout de même mieux vécut que je m’y attendais, car j’avais pu m’y préparer psychologiquement, ce n’était pas une annonce surprise. C’est déjà ça.

Mais j’appréhende déjà la suite de nos rencontres….

Elle

« Elle », est-ce qu’on en aurait pas toute une dans notre entourage ?

Cette fille qui a la vie dont on rêverait, qui a toujours ce qu’elle veut dès qu’elle le veut, même quand c’est des choses qu’elle ne voulait pas spécialement au départ ?

Elle c’est une fille avec qui j’étais à la fac en 1e année. Au détour d’une conversation devant une salle de TD on a sympathisé. Nous avions beaucoup de points commun, notamment sur nos relations familiales. On avait pas mal de cours en commun, on a révisé tous nos partiels du 2nd semestre de 1ere années ensemble. Elle devait souvent partir tôt ca elle avait un boulot à 1h. Je la connaissais à peine, j’ai commencé à lui passer tous les cours qu’elle loupait car je les prenait sur ordi, donc c’était facile. En 2e année on a essayé de prendre un maximum de cours ensemble, car c’était plus sympa, mais aussi pour que je puisse lui filer des cours. Je me préparais des super fiches de révisions et lui donnais toutes comme ça, sans qu’elle demande. Elle s’est acheté un scooter mais n’en avait jamais fait, je lui ai appris. Elle a déménagé, je l’ai aidé à faire ses cartons puis à tout installer au nouvel appart. Elle a changé d’objectif professionnel et s’est décidé à suivre le parcours pour être prof, parce que c’était le plus facile dans notre domaine. Mais elle n’aimait même pas vraiment ça et n’avait jamais suivi les stages du début de licence.

En 3e année, j’ai suivi une autre option, je n’avais presque plus de cours en commun, et petit à petit mes amies m’ont éjectés du groupe, faisaient tout sans moi et sans me prévenir, n’étaient jamais disponibles quand j’essayais de les voir. Et elle c’était la pire du groupe.

Mais comme une bonne poire je n’ai pas compris à ce moment là. Je croyais toujours qu’on était autant amies. Et puis en master, elle trouvait toujours une autre excuse quand je lui proposais de se voir. Un jour j’en ai eu marre, je lui ai demandé si elle avait un problème avec moi, elle a nié, puis avec mon insistance a dit qu’elle trouvait que je ne la contactait que pour demander des services (elle a gardé deux fois mon chat quelques jours, et m’a accueilli 2 nuits pendant la courte période de rupture avec mon homme, mais à refuser plus d’une dizaine de fois de me voir dans la dernière année). En soit je ne voyais pas trop le mal, car je ne trouvais pas ça abusif (et purée je lui avais rendu tellement de services par le passé en plus !), mais je me suis excusée, je lui ai dit que je ne m’en étais as rendu compte et que j’en étais désolé, mais qu’en même temps moi je la considérais toujours comme une très bonne amie donc ce n’était pas des choses abusifs à demander, mais que vu qu’ elle me considérait comme une ancienne amie forcément c’était différent. Malgré tout cela, si un jour elle voulait des nouvelles, on pourrait se voir car je n’avais rien contre elle.

Elle ne m’a plus jamais reparlé (et moi non plu du coup). Ca a été un coup dur dans ma vie, je la considérait comme une de mes plus proches amies avant cela.

Mais grâce à Facebook, on continue à suivre malsainement la vie de ces personnes dont on s’est éloigné. Elle a donc réussi son CAPES avec brio (alors qu’elle n’aimait pas être prof), dans une superbe école là où elle voulait. A cette époque j’arrêtais mon master car avec une prof c’était du harcèlement moral et je n’ai pas tenu. A eu rapidement sa titularisation et son poste rêvé alors que je me farcis un boulot que je n’aime pas.

Et puis il y a 2 ans est apparu sur mon mur Facebook l’annonce de sa 1e grossesse (elle qui ne voulait pas spécialement d’enfants à l’époque où on était amies, et qui n’était pas sûr de rester avec son copain quand je la connaissais car il était trop irresponsable). Cela faisait 8 mois que nous essayions en vain de faire un enfant. Cette annonce m’a marqué au fer rouge, je me souviens encore exactement du moment où je l’ai appris. Nous faisions un restaurant en amoureux, dans un resto à l’écart de la ville au bord de l’eau un jour caniculaire. Ma meilleure amie (que j’ai connu au moment du master) m’a envoyé un sms bizarre concernant cette fille, je suis donc allée sur Facebook et y ai vu la nouvelle. Cela m’a gâché le reste de la soirée.

Puis j’ai eu le droit de suivre les plaintes de grossesses, puis l’annonce de naissance, les photos. et pourtant malgré la douleur que tout cela engendrais, je n’ai jamais eu le courage de bloquer ses publications.

En octobre dernier elle annonçait sa 2e grossesse. Sa 1ere fille n’avait même pas encore un an. S’en sont suivi tous les publis sur l’acceptation du 2e par le 1er enfant, l’achat de leur maison (alors que nous galérions à boucler les fin de mois quand mon homme n’a pas trouvé de contrat à la fin de son doctorat).

Aujourd’hui elle a annoncé la naissance de sa 2e fille.

Elle aura eu le temps de faire deux enfants en 18 mois, 2 enfants dans ses bras en ayant débuté les essais après moi….. Aujourd’hui cela fait 2 ans et 8 mois que j’ai arrêté la pilule et je me dis que la vie est tellement injuste….

La loi de Murphy

« Anything that can go wrong, will go wrong »

Une phrase pour résumer ma vie. Tout ce que je touche, tout ce que j’entreprend, tout ce que je désire, finit par échouer, par se consumer.

J’attends le twist façon Hollywood dans ma vie, mais il ne vient pas car nous ne sommes pas dans un film, ou pas dans la bonne catégorie. C’est plutôt le film dramatique qui commence bien, mais où tout se détériore au fur et à mesure. On est plutôt dans  Alabama Monroe que dans Bridget Jones (et l’ironie dans le choix de mes films, c’est que dans les deux cas les héroïnes tombent enceintes facilement et sans le vouloir). Les drames s’enchainent et la fin est insupportable.

Alors comment avancer ? Comment subir les traitements en  étant persuadée que de toute façon vu que tout tourne au pire dans ma vie, nous ferons partie du pourcentage qui ressortent le ventre vide de la PMA ?

Ou alors vu que DNLP aime me torturer, que si par miracle je suis enceinte je perdrais cet enfant à un moment ou à un autre ?

Je ne vois pas d’issue heureuse à cette histoire. Et le pire c’est que je ne suis même pas en phase dépressive….

Je n’ai pas beaucoup de buts précis dans ma vie, je ne suis pas une fille passionnée par tout. Mais une de ces rares choses est d’avoir un enfant. Une de ces rares choses qui pourraient me rendre vraiment heureuse. Alors pourquoi y aurais-je le droit ? Si toutes les choses qui pourraient me rendre heureuses ont échouées, pourquoi la plus importantes de toutes n’échoueraient pas ?

Je suis en PMA parce que bien sûr je veux tout tenter, je ne veux pas me dire que j’ai pu passer à côté. Mais en même temps j’ai l’impression de faire cela pour avoir la conscience tranquille, tout en étant déjà persuadée de l’issue fatale. J’ai envie d’expédier tout ça au plus vite, pour pouvoir ensuite me reconstruire sur d’autres bases.

 

Avant les essais, quand on me demandait de m’imaginer dans 10 ans, je m’imaginais en train de me promener avec mon homme, 2 enfants marchant à nos côtés et une poussettes. Aujourd’hui je vois le néant. Je n’arrives plus à me projeter. Je ne me dis pas que dans 10 ans nous serons parents….

 

Nous ne nous sommes toujours pas décidés pour l’IAC 5, dont les piqures devraient commencer demain si jamais on la lance de suite. Car on y croit plus du tout à ces IACs. Mais en même temps j’ai toujours la peur de ne pas avoir tout tenté (donc faire les 6 IACs), de passer à côté d’une grossesse plausible avant de partir en FIV.

On ne sait pas quoi faire. Alors pour l’instant on ne fait rien.

L’annonce de trop qui m’a fait craqué ce matin. Je croyais être épargnée par les annonces d’enfants dans mon service, vu que à part mon collègue de 28 ans (qui ne veut pas d’enfants pour le moment), les autres ont entre 45 et 60 ans. Mais je n’avais pas anticipé l’annonce de naissance du petit-fils. On a eu le droit à la discussion sur les noms, l’accouchement, les autres naissances à venir dans l’entourage. J’ai réussi de justesse à échapper à la photo. Ca m’a fait l’effet d’un coup de poignard, venant finir de déchirer mon armure…

 

Une soirée entre amies presque comme les autres

Ce soir, comme toujours, avec deux amies connues à la fac, nous nous retrouvons autour d »un repas au restaurant pour fêter l’anniversaire de l’une d’elle.

Avec les années, je suis la seule à être restée dans la ville de nos études, les deux autres habitant à 1h de cette ville à présent. Nous nous voyons moins souvent, mais nous nous retrouvons régulièrement. Je ne leur avais parlé qu’une seule fois de nos essais bébé, au bout d’un an et que ça commençait à tarder. Nous n’en avions pas reparlé depuis. Nous rigolions souvent car pour l’une d’elle, A., c’est son copain qui veut un enfant depuis plus d’un an, mais elle ne se sent pas prête. L.ne parle jamais de ça, je me doute que c’est dans ses projets proches vu son silence (le même que le mien sur ce sujet).

Mais aujourd’hui, c’était différent. A. nous a demandé si nous prenions toujours la pilule, car elle se demandait si cela avait des effets négatifs au début de l’arrêt. Bim plus moyen de se cacher. Elle nous dit qu’elle se sent enfin prête, et qu’elle compte arrêter la pilule prochainement. Nous avions déjà remarqué que son sentiment à ce sujet changeait, mais je ne pensais pas que ce serait aussi rapide.

Nous parlons donc ouvertement, L. nous explique alors qu’elle a arrêté la pilule en juillet, test positif en septembre, mais qu’elle a fait une fausse couche en octobre. Elle en parle librement, car elle s’est rendu compte que ça lui faisait beaucoup plus de bien que de le garder pour elle-même.

Je parle alors de notre entrée en parcours PMA, car je vois bien que c’est le moment, mais surtout qu’elles comprendront un peu mieux ce que je vis. C’est la première fois que j’ai réussi à en parler sans larme, à ne pas plomber totalement mon humeur.

Pas de phrases d’encouragements à la noix, pas ces banalités vides de sens. Juste de la compréhension et de l’écoute, sans jugement, sans pitié. Je me rends compte que c’est la première fois que j’ai cette réaction et ça m’a fait du bien, j’ai eu l’impression de pouvoir avoir une vrai discussion sur ce sujet pour la première fois.

A la fin de la soirée, la magie s’est brisée. A. nous a dit « ce serait vraiment chouette si on était toutes les 3 enceintes en même temps ». Certes oui, mais le plus probable est qu’elle tombe enceinte la 1ère au C1 alors que c’est la dernière à avoir voulu s’y mettre, et qu’elle accouchera alors que mon ventre sera toujours vide; parce que la vie est une pute, donc ça va se finir comme cela.

C’est la première fois que des amies proches sont en essai BB depuis nos débuts. Et cela me terrifie. Comme la plupart d’entre nous, j’abhorre les ventres ronds et les multiples annonces de grossesses (de gens qui ne se connaissait même pas encore quand on a débuté nos essais). Mais comment réagir face à des amies proches ? J’espère que L. n’aura qu’une fausse couche et qu’ensuite tout ira bien, car je ne veux pas qu’elle vive la même chose que moi. J’espère aussi que pour A. tout ira bien. Mais cela me fait un pincement au cœur de me dire que quand on essayait déjà, l’idée d’avoir un enfant était inimaginable pour elle, mais qu’elle en aura probablement un avant nous.

D’un côté je me dis que c’est mieux de savoir qu’elles sont en essai, ça permet de se préparer à une annonce future. Mais j’appréhende énormément ces moments-là, et ma réaction à venir…