Ce que je ne vous ai jamais dit sur le deuil périnatal

Il y a beaucoup de choses que j’ai gardé pour moi, même si au fil des mois je me suis suivant exprimé ici. Certaines choses ont d’ailleurs pu transparaître. Le temps du choc est désormais bien derrière, alors je ressens le courage de vous parler de tout cela, de me mettre à nue. Pour celles qui passeraient par ici car elles traversent la même épreuves, qui se reconnaîtrons peut-être dans ces mots. Et pour les autres qui auront le courage de le lire, de comprendre un peu mieux ce qu’on traverse par moment.

Je vais surtout vous raconter mon vécu dans les semaines qui ont suivies la perte de S. C’est une sorte de retour en arrière sur pleins de petits événements, difficultés, passages, etc… de cette période-là. D’aspects divers dont on ne parle par forcément en général. Ce sera un peu décousu.


 

Une fois rentrée de l’hôpital, j’ai été incapable de prendre une douche pendant plus d’une semaine. C’était uniquement en mode « toilette de chat » pour ne pas risquer d’infection gynécologique. C’était une torture de me changer, de me déshabiller, et je n’ai mis que des joggings et t-shirts informes (ceux de mon mari enfait) pendant plus d’un mois.

Puis quand j’ai réussi à prendre une douche, j’étais incapable de toucher mon ventre. Il m’a encore fallut plusieurs jours voir semaine pour y arriver, dans les larmes à chaque fois. J’ai aussi eu beaucoup de mal avec ma poitrine. J’avais pris 2 tailles avec la grossesse, ma poitrine était extrêmement lourde et dense (j’étais passée au 100F…). Tout cela a disparut en une journée, c’était très difficile à accepter. De plus, mon corps a gardé des traces de cette grossesse : mon ventre est moins ferme, ma poitrine plus tombante … encore plus difficile à accepter quand on subit ces changements alors qu’on aura même pas d’enfant vivant.

 

Si entre le moment où j’ai appris la mort de S. et l’accouchement j’ai très peu mangé (le strict nécessaire pour ne pas m’évanouir), une fois l’accouchement passé, à ma propre surprise j’ai mangé l’intégralité de tout ce que m’apportait à l’hôpital. J’étais affamée – je pense que mon corps était à bout et avait besoin de forces (et étonnamment la nourriture d’hôpital en Finlande était bonne) – d’ailleurs je culpabilisais d’avoir envie de manger, mais c’était une sensation vraiment physiologique.

 

Pendant plus d’un mois, j’étais incapable de quitter mon mari. On faisait des crises d’angoisses quand on était pas ensemble dans le même lieu. (On pouvait être dans une pièce différente tout de même). Par la suite les crises d’angoisses ont continué. C’était le sentiment d’imminence d’une catastrophe. Dès que j’étais dans la rue par exemple, je me disais qu’une voiture allait me renverser, que j’allais chuter à vélo, etc… Si mon mari n’était pas là pile à l’heure je me disais qu’il s’était passé quelque chose. J’étais convaincu qu’on allait diagnostiquer une maladie horrible à l’un de nous deux et qu’un de nous allait mourir, etc… Vous imaginez le genre. Ça s’est calmé depuis, mais je suis tout de même beaucoup plus angoissée qu’auparavant, car cette impression que rien ne se passe jamais bien ne s’arrête jamais dans notre vie, et la vie ne cesse de nous en donner des confirmations régulières.

 

Au début on était incapable d’être seuls, de nous occuper de nous même, alors on a demandé à nos familles de venir. Ma belle-mère a passé une semaine chez nous, à tout faire (sinon je crois qu’on aurait pas mangé). Puis nos parents et nos frères et sœurs se sont relayés encore les deux semaines suivantes pour qu’on ne soit jamais seuls un jour entier (je précise qu’ils habitent tous à environ 1h15 de chez nous). Ensuite ça s’est espacé. Au bout d’un mois environ par contre ça a été le contraire, on a eu besoin de retrouver notre intimité, d’être « seuls à 2 » et au contraire on a passé beaucoup moins de temps avec la famille. On leur a donc demandé de nous laisser plus d’espace. Mais ils nous appelaient très régulièrement.

 

Actuellement j’ai toujours beaucoup de mal d’assister à des événements avec beaucoup de monde, des fêtes, des grands repas. Je les fuis, je ne fête aucun anniversaire si ce n’est pas en groupe très restreint. Le mariage de ma sœur en août va d’ailleurs être une épreuve à laquelle je ne peux échapper (je suis témoin…). Nous fuyons aussi les enfants. J’ai revu mon neveu de 7 ans pour la 1e fois il y’a moins d’un mois, car c’est la 1e fois que je m’en sentais capable.

 

La sexualité après la mort d’un enfant in-utero –  on parle étrangement très peu. Pourtant, on peut bien imaginer que ça va être complexe. Entre notre propre rapport au corps et celui de notre mari… Quand on arrive même pas à se regarder soi-même nue dans le miroir, vous imaginez qu’on a pas envie que notre mari nous regarde, de voir sa tristesse face à ce corps à nouveau changé. On ne supporte pas tous les deux de toucher ce ventre. Ensuite il faut accepter d’avoir du désir et de prendre du plaisir, ce n’est déjà pas simple. A cela s’ajoute les pensées plus sombres, surtout avant la « première » fois d’après la mort. Où l’on se dit « la dernière chose qui est passé par mon vagin, c’est mon fils mort ». Où l’on repense aux dernières fois si tendres, quand tout allait bien. Forcément on a plein de flash-back de ces moments, difficile de se concentrer sur l’instant présent. Je ne me souviens plus exactement combien de temps on a mis pour se retrouver. Je dirais environ 1 mois. On en parlait ensemble du fait qu’on appréhendait. Même si ça s’est fait très naturellement au final.

Le paradoxe c’est que parfois le corps a envie (notamment avec la baisse de la progestérone – ma libido et les sensations étaient au plus bas pendant la grossesse à cause de celle-ci qui était haute, alors quand les taux sont redevenus normaux, mon corps était au taquet) mais notre esprit ne veut pas, et il faut l’écouter. Au final on va aussi rechercher des choses différentes dans ces rapports, plus de douceur, de connexion, de tendresse, que de la jouissance.

On a mis de long mois pour retrouver une sexualité épanouissante (qui l’est d’ailleurs plus qu’avant, car la PMA avait déjà bien  tout bousillé), et on ne va pas se mentir il a fallut y travailler activement pour réussir à la réinventer (article protégé publié  à ce sujet en décembre, pour celles qui ne l’avaient pas lu, vous pouvez me demander le mot de passe par mail, comme toujours). Cette reconnexion est aussi passée aussi par une phase de plaisirs solitaires, pour réussir à se réapproprier et ré-apprivoiser son corps.

 

 

On passe aux côtés les plus sombres (et je finirais sur une touche plus « positive).

 

Les pensées suicidaires – j’imagine que tout parent endeuillé en a. Quand on apprend que son enfant est mort et qu’on va devoir accoucher, c’est un miracle en soit de ne pas se foutre en l’air quand on est tout seul pour affronter cette horreur. Ces pensées s’estompent dans le temps. Au début, face à la douleur, elles sont omniprésentes. On veut cesser d’avoir mal, on se rend compte que cette douleur ne cessera jamais vraiment, or on ne veut pas supporter autant de douleur toute sa vie. On s’en sent incapable. Je crois que pendant les premières semaines, la seule chose qui m’a fait tenir, c’était de ne pas vouloir infliger ça à mon mari – et vice-versa. Si l’un de nous avait verbalisé l’idée d’un suicide commun pour contourner la problématique… Mais l’instinct de survie probablement nous a empêché de donner l’idée à voix haute.

Ces pensées s’estompent dans le temps, s’espacent, mais ce serait vous mentir de dire que les jours noirs je n’en ai pas. Car c’est usant de vivre ces épreuves. Même si je vous rassure, avoir ces idées ne veut pas du tout dire qu’on est prêt de passer à l’acte. C’est juste une fulgurance dans l’esprit qui dit « ce serait tellement plus facile »; puis on se rappelle qu’on a toujours l’espoir de bonheurs à venir et on se raccroche à la perspective de jours plus heureux pour avancer malgré la douleur. Et en parallèle on arrive à vivre des vrais moment de bonheurs, il y a des jours où on arrive à être pleinement heureux.

 

Quand on lit des blogs ou des comptes insta qui parlent de deuil périnatal, je lis tellement souvent « la rencontre a été un  moment magique, je garde un très beau souvenir de mon accouchement malgré le contexte, les moments passés avec mon bébé dans mes bras reste un de mes plus beaux souvenirs malgré tout ». Je lis ça tellement souvent que j’ai l’impression d’être un OVNI. Pourtant je ne pense pas être la seule qui n’a PAS DU TOUT VÉCU CA. Tant mieux pour toutes ces personne, mais qu’on soit clair, mon accouchement c’est le pire moment de toute ma vie, même pire que l’annonce de la mort. C’est un traumatisme horrible qui m’a hanté des jours et des nuits. Cela fait très peu de temps que quand j’y pense je ne suis plus totalement plongée dans le trauma. Et non, quand j’ai « rencontré » mon fils mort c’était horriblement dur. On a été incapable de le prendre dans nos bras, au début on l’a regardé seulement furtivement. Puis quelques minutes après on a réussi à le regarder un peu plus (mais ça n’a pas duré très longtemps tellement c’était dur). J’ai juste réussi à poser ma main sur la couverture qui l’entourait pour lui dire au revoir et l’appeler par son prénom pour une unique fois. Alors oui maintenant avec le recul, je me dis que j’aurais du le prendre dans mes bras, le regarder plus longtemps, pour que son image précise s’efface moins rapidement de ma mémoire. Mais bon, on a fait du mieux qu’on pouvait dans cette situation, on était incapable de plus, alors les regrets cela ne sert à rien. Ce n’était pas un moment « doux » à vivre, pas pour nous, et ces images ont aussi été très longtemps traumatiques.

 

J’aborde maintenant la partie probablement la plus difficile à oser partager, car la culpabilité n’est pas très loin quand on a ces pensées. Idem, les gens ne partagent que le positifs j’ai l’impression, alors celles qui ressentent des choses moins « avouables » gardent cela pour elles. Je lis souvent « Malgré la peine d’avoir perdu mon enfant, je ne regrette rien, et si je devais recommencer en sachant la fin, et bien je le ferais quand même pour ces précieux moments vécut avec lui« . Et bien non, je ne vis pas les choses comme cela. J’aime mon fils de tout mon cœur, il me manque à en crever et je ne pense pas me remettre un jour totalement de cette perte. MAIS sachant le dénouement, si c’était à refaire, et bien non je ne le referai pas. Oui, j’aurai préféré que cette grossesse n’ait jamais eu lieu. Ces quelques mois dans mon ventre ne valent pas la peine immense qui en découle maintenant à l’infini. Voilà, c’est extrêmement difficile d’écrire ça, mais je suis persuadée que d’autres personnes le vivent aussi comme cela. Et ce n’est pas grave, ce n’est pas une trahison, et de toute façon on ne refera pas le passé, alors notre enfant sera de toute les manière à jamais dans notre cœur. On a le droit de penser cela, c’est humain face à la peine qui nous accable, cela ne veut pas dire pour autant que l’on aime pas notre enfant, bien au contraire.

 

 

Je finirai par un partage plus positif. Il y a aussi des choses qui m’ont fait du bien, des pistes qui peuvent aider celles qui traversent cette épreuve depuis peu. Je les ai probablement un peu évoqué au fil de l’eau.

 

Le sport a été une vraie bouée de sauvetage – à la maison d’abord, car il me permettait d’évacuer ma peine, en général je craquais et pleurais des torrents, puis continuait ma séance de vélo elliptique (tout en pleurant), et ça me faisait un bien fou. Puis on s’est acheté un punching-ball, pour évacuer notre colère. C’est génial de pouvoir taper sur quelque chose, ça fait un bien fou, et ça aide à décolérer. Je l’utilise encore maintenant les jours où ça ne va pas. C’est un petit investissement qui en vaut vraiment la peine, je vous recommande à toutes, même celles « juste » en PMA, d’y avoir recours.

J’ai aussi eu un grand besoin de nature, de choses simples pour me sentir vivante. Marcher sous la pluie. Sentir le vent sur mon visage. Ecouter les oiseaux. Regarder les papillons. Admirer un lac ou la mer. Passer des heures blottis l’un contre l’autre avec mon mari. Marcher en forêt main dans la main. Prendre de grandes inspirations d’air frais. Vivre une vie plus lente.

 

Voir un psy, en couple et seule. C’est absolument nécessaire je pense. Ne rester pas seule chez vous, ne garder pas tout ça. Bien-sûr c’est vraiment très bien de ne pas faire un tabou de cet enfant, de parler de vos émotions à votre entourage. Mais il y ‘a certaines choses que vous n’oserez pas aborder, ou vous en aurez marre de lire leur pitié, leur tristesse. Nous avons été voir la psychologue qui est dans notre centre PMA/maternité, dès qu’on est revenu en France (donc 3 jours après), qui connaissait bien le deuil périnatal. Elle nous a parlé de plusieurs associations, elle organisait des groupes de paroles ; elle nous a aussi mis en contact avec d’autres personnes de l’hôpital pour nous aider dans nos démarches qui était compliquées (sage-femme qui nous a aidé pour l’Etat-Civil et nous a décroché une aide financière pour en partie financer les 1000€ pour rapatrier l’urne; mise en lien avec une ostéopathe pour « remettre mon corps en ordre »). Elle a donc été d’une aide précieuse sur plusieurs aspects.

Nous avions donc des sessions de 1h en couple, 1x/semaine pendant 2 mois. Et c’était vraiment une bonne chose, car ça nous aidait à exprimer notre ressenti, à dire toutes nos émotions à l’autre avec une personne extérieur pour nous aider. A parler aussi de nos peurs vis à vis de notre couple (mon mari était terrifié que le deuil nous sépare, il avait peur de me perdre aussi). Bref consulter en couple nous a fait beaucoup de bien pour garder la communication, comprendre l’autre, mais savoir qu’on avait un moment spécifique pour parler de ça ensemble.

On est aussi allé tous les deux consulter de notre côté les psychiatres qu’on avait déjà vu quand ça n’allait pas en PMA. Au début j’y allais 1x/semaine, et ça ne me semblait pas assez. Au bout de 6 mois j’ai espacé à 1x toutes les 2 semaines. Récemment c’est plutôt 1x/mois, sauf avec la reprise de la PMA où son soutient était plus que nécessaire vu comme j’étais angoissée. Avec le Covid-19, je ne l’ai malheureusement plus vu depuis mars (et ça me pèse par moment).

 

Plus globalement, j’aurais deux comptes intagram à vous conseiller. Le premier est un compte qui m’a beaucoup aidé ces derniers mois.

Le compte instagram à découvrir absolument, que vous même ou un proche soyez endeuillé par la perte d’un enfant, ou tout simplement que vous vouliez un peu mieux comprendre ce que ces parents vivent : @a_nos_etoiles

Et celui d’une illustratrice qui fait énormément pour le travail de mémoire des parents endeuillés : @korriganne.illustration

 

 

Voilà, un article bien long, par forcément évident à lire je m’en doute bien – mais cela me tenais à cœur de partager toutes ces petites choses dont il est difficile de parler autrement.

Neige

Même si je n’ai pas l’âme ou de vrai talent de poète, quelques vers inspirés par les flocons qui tombent sans cesse derrière ma fenêtre cet après-midi.

 

Neige

J’ai toujours adoré

Cette lueur douce et feutrée ;

Réminiscence des hivers d’antan,

D’éclats de rire, d’un amour naissant.

 

Mais cette année le cœur n’y est pas

Car elle me rappelle sans cesse ton trépas

Tel un oiseau de mauvaise augure,

Elle me réserve quelque chose j’en suis sûr.

 

Il y a un an c’est elle qui te disait au revoir

Emportant avec elle tous nos espoirs.

La grande faucheuse tout de blanc vêtue

Jetait sur toi son dévolu,

Emportant avec elle par erreur

L’entièreté de nos cœurs .

 

On avait beau être au pays du père-noël,

Il n’y a bien que les neiges qui sont éternelles.

 

 

Raviver la douleur

On a encaissé la nouvelle. On entre dans une nouvelle phase. Déjà je dors mieux qu’avant ce TEC, fini les cauchemars (je me réveille encore tôt, mais c’est déjà mieux).

On laisse derrière nous les angoisses de ce TEC qui ont ravivé les flashback et le traumatisme de la perte de S.

Mais l’échec de ce TEC ravivé d’autres sentiments, et notamment la douleur et le manque de S. Mais aussi le manque lié au ventre vide.

Car cette période de couvade m’a rappelé forcément la grossesse, le bien-être et la félicité que je ressentais, l’apaisement aussi (malgré le stress) et cette sensation si particulière de savoir que la vie grandit en soi. Le manque de ce bonheur imparfait est intense ces derniers jours, car la couvade en était juste un petit aperçu (même si une prochaine grossesse serait emplie de stress et d’angoisse, ayant perdu toute innocence, je ne revivrai jamais cet état là).

Et forcément, cela ravive le manque de S., Je pense tout le temps à lui, à ce bébé que je devrais tenir dans mes bras.

De plus, l’espoir que ce TEC fonctionne était intense car il aurait pu apaiser des peines à venir, plus légèrement si je portais la vie à nouveau, comme la naissance prochaine du fils de mon collègue, les mariages de cet été, le fait de ne pas passer un nouvel anniversaire et une nouvelle année sans un enfant vivant, et puis surtout l’épreuve la plus dur à venir, l’anniversaire des 1 an de sa mort, dans moins d’un mois…

J’aurais préféré affronter ce moment en portant l’espoir. Mais ce ne sera pas le cas. Alors comme toujours, on vivra ça comme on pourra.

Et forcément semaine dernière, c’est le moment que nos amis ont décidé de nous prendre le chou. Le lendemain du résultat, une amie publié une photo d’une de leur connaissance de fac, enceinte. Mon mari leur dit d’être sympa et d’éviter ce genre de photo. Elle s’excuse, mais un autre dit , et que c’est pas de leur faute si en plus le timing est mauvais, faut pas qu’on les fasse culpabiliser »faut quand même pas en faire un tabou ». Mon mari s’est énervé et a quitté le groupe (bon il est parti au quart de tour étant hypersensible et très affecté par l’échec). Moi j’ai gentillement attendu le lendemain, à froid, pour répondre à cet ami que justement c’était notre deuil qui devait pas être tabou. Qu’on était conscient que les gens ne se rendent pas toujours compte, donc qu’il fallait expliquer ce dont on a, besoin et qu’on savait mieux que lui ce qu’on ressentait, que pour eux c’était annondin, ils en parlaient 5min et passaient à autre chose, alors que nous ça nous pourrissaient pendant des heures. Donc que c’était normal de vouloir éviter de souffrir, qu’on espérait au moins que nos proches acceptent de nous protéger. Qu’ils étaient libres d’en tenir compte, mais que fallait pas s’étonner si on finissait par s’éloigner si ce n’était pas le cas, car on a besoin de se protéger.

Pas sûr qu’il est compris/qu’il soit d’accord, mais il m’a répondu que bien-sûr il voulait être bienveillants avec nous.

Un autre pote a aussi réagit avec mon mari, ne comprenant pas notre réaction, et que si d’autres gens du groupe avaient des enfants prochainement, que nous devrions nous en éloigner et probablement ne pas les voir pour se protéger. Ils ne comprennent pas. Heureusement pour le moment un seul couple a un enfant, mais on a jamais été très proche et ils habitent plus loin que le reste du groupe. Mais bon, dans les autres couples, avec les mariages qui arrivent, ça ne tardera pas. On essaye d’être bienveillants, d’expliquer ce qu’on ressent. Mais les gens n’arrivent pas à comprendre, pour eux la vie continue, ils voient ça comme de la jalousie ou où je ne sais quoi. Alors qu’on veut juste souffrir le moins possible.

Je suis un peu déçue, car jusqu’à présent ces amis avaient été très bienveillants, et ils nous ont beaucoup aidé au moment de la perte de S. Forcément ça arrive dans une période difficile, alors ça entame un peu plus notre moral.

Mais voilà, mon plan d’action pour les prochains temps :

– se réinscrire pour le TEC demain (si mon mari valide ce soir)

– retourner à la salle de sport (j’y ai pas mis les pieds depuis la canicule… En juillet donc…) + Manger mieux. Car en plus d’avoir perdu du muscle, j’ai mangé n’importe quoi ces derniers mois, en utilisant la bouffe comme antidépresseurs 😬 du coup j’ai repris les 5kg que j’avais durement perdu.

– un nouveau tatouage en mars.

– continuer de prendre soin de notre couple et de notre libido (qui a repris un bon coup dans la tronche pendant le TEC)

Puis c’est déjà pas mal comme plan jusqu’au prochain TEC, pour se remettre d’aplomb.

12 décembre 2019

Il y a un an…

Nous n’avions pas beaucoup dormi, sonnés par l’horreur qui saisissait Strasbourg, espérant ne pas reconnaître le nom d’un proche dans les victimes, et avec un terroriste en fuite, vu pour la dernière fois de notre côté de la ville.

Il y a un an le stress montait.

Il y a un an nous entendions pour la 1ère fois le plus beau son du monde…

Il y a un an, nous avions la preuve avec image à l’appui que la vie grandissait en moi.

Il y a un an on était fou d’espoirs, sur un nuage de rêve (et d’angoisses).

Et aujourd’hui… Un abîme à la place de notre cœur de parents…

Vie de merde…

Cette écho aurait eu lieu un autre jour, je n’aurai pas retenu la date, et ce serait plus facile. Mais avec un tel événement survenu la veille, je pourrais difficilement l’oublier…

Allez ça ira mieux demain. Ah puis je crois que mes règles sont enfin arrivées (ça aide pas pour le moral). C’est déjà ça… Si on pouvait avoir l’appel pour programmer le TEC maintenant..

Attente et impatience

Encore et toujours, attendre. Avoir l’impression de passer à côté de sa vie en se focalisant sur une fuite en avant, sur ce qui pourrait advenir grâce à la PMA.

J’attends ce foutu appel, pour programmer le traitement du TEC. On m’a dit le 14 novembre qu’on m’appelait en décembre/janvier, de ne pas espérer de transfert avant janvier voir fevrier (tellement ils ont trop de patientes).

Une patiente… Ça porte tellement le nom en PMA. J’espère vraiment avoir l’appel encore en décembre, avant Noël, pour faciliter un peu le passage des fêtes de fin d’année.

Puis je patiente pour mes règles. Rapelez vous, j’ai du prendre la pilule en octobre pour passer une hystéroscopie. Je l’ai arrêtée le 12/11. Et depuis j’attends les règles (les dernières, sous pilule, étaient le 31/10).

Je sais que la pilule perturbe le cycle, alors je ne sais pas vraiment où j’en suis. J’ai eu des saignements la semaine dernière, cru qu’elles arrivaient mais non. Depuis hier des douleurs, mais pas encore de saignements.

Alors j’espère qu’elles arrivent vite (d’où cet article que j’espère déclancheur), car forcément mon cerveau déraille avec des règles qui tardent (même si quand j’ai initialement arrêté la pilule, elles avaient mis 2mois à revenir…). Je n’ai pas envie de me faire du mal à commencer à espérer l’impossible, sachant que rationnellement elles vont finir par arriver, tout ça c’est juste la pilule qui a tout détraqué.

Puis faudrait pas que je reçoive l’appel pour le TEC avant, car ne sachant pas où j’en suis dans mon cycle, et bien ce serait problématique pour programmer le TEC !

Donc j’espère que mes règles arrivent rapidement, et que l’appel suive juste après. Ce serait parfait.

J’aimerais tellement que le début du TEC soit programmé en janvier. Je n’en peux plus d’attendre.

Je me rend compte à l’instant en regardant le calendrier qu’on est le 10, que ça fait exactement 9mois que S. est mort-né. On en peut plus d’être entravés par les délais de la PMA pour avancer dans notre désir de parentalité, et pouvoir avoir de nouveau un peu d’espoir.

 

Allez, je retourne attendre…. Je sais, ce n’est pas sain, mais rien ne me fais envie pour combler le temps et vivre ma vie pleinement au lieu de juste espérer que ces semaines passent au plus vite.

Des bises

Analyse des cauchemars

J’ai eu l’occasion hier soir de discuter de mes fameux cauchemars avec ma psy. Bon pour l’interprétation pure et dure on a eu plus ou moins la même, à la différence que pour les scènes où je m’enguelais avec tout le monde, j’avais l’impression que c’était moi qui m’en prenais à tout le monde, alors qu’elle voyait ça comme « tout le monde vient me chercher des noises sans raisons, m’agresser donc je me défends comme je peux ».  

S’il fallait décrypter le rêve dans la forêt, pas besoin d’aller chercher bien loin. On a la peur que tout bascule à un moment où l’on ne s’y attend pas, la peur de perdre un nouvel enfant (dodo l’enfant do pour faire référence à la mort), et en lien la peur de retourner en PMA ;  et le chemin de forêt qui apparaît dans le rêve ressemble beaucoup à l’endroit où est enterré S.

Forcément avec toutes ces significations imbriquées, pas étonnant que j’ai des frissons dès que je repense ou évoque ce cauchemar.

 

Ensuite on a discuté s’il fallait continuer ou non de noter les cauchemars. Pour elle se n’est pas nécessaire. Noter ses rêves permets effectivement de voir parfois bien plus rapidement où se situent nos angoisses. Là on a vu. Et d’après elle rien que le fait d’avoir parler de ces cauchemars, et notamment le plus horrible dans la forêt qui semble reçurent, pourrait permettre de ne plus le faire car on en a débriefé. On verra bien.

Pour moi, ces rêves me donnent l’impression, surtout vis a vis de la colère, que j’intériorise tellement cette rage, que le fait que je pète un câble dans mes rêves montre peut-être que j’en ai beaucoup trop en moi et que c’est tendancieux, que je vais craquer dans la vraie vie. Ça m’a fait un peu peur de voir que j’insultais tout le monde à haute voix. Alors que même si j’ai l’impression de détester tous les gens que je croise en ce moment, je sais que cette colère vers des personnes en particulier n’est pas justifiée, donc je garde ça dans ma tête.

Alors que ma psy n’en a pas eu du tout la même vision. Pour elle, les rêves (et cauchemars) sont des soupapes, qui justement permettent à notre cerveau de gérer certains événements traumatiques en les refaisant jusqu’à ce qu’ils soient digéré, qu’on s’en souvienne ou non, ils ont cet effet dans les deux cas. Cette soupape peut aussi permettre à ma colère de sortir la nuit, pour que justement la journée soit supportable. Donc pas de peur à avoir, je ne tourne pas psychopathe, je ne vais pas me mettre à insulter tout le monde dans la rue. Ce que fait mon cerveau est très sain.

En parallèle je lui ai demandé quoi faire pour gérer cette colère : faire de la boxe, taper dans des trucs (des objets hein, pas des humains 😬). Ça fait un bien fou pour extérioriser une colère générale  face à la vie. Ça tombe bien on avait acheté un punching-ball peu de temps après la mort de S. , qui nous a souvent bien aidé.  Je vais le ressortir.

Quid de quand cette période de cauchemars disparaîtra ? On ne peut pas savoir… En tout cas elle m’a prescrit des somnifères à ma demande, pour pouvoir souffler une nuit de temps en temps (car là j’accumule trop de fatigue avec ces mauvaises nuits. J’ai essayé les trucs à bases de plantes mais aucun effet). Le but n’est clairement pas d’en prendre en continue, il ne faudrait pas que je développe une peur d’aller me coucher. Mais en prendre occasionnellement pour avoir une ou deux bonnes nuits sans rêves par semaine.

J’en ai pris un cette nuit, et le réveil était bien plus agréable ce matin !

Cauchemars

Depuis quelques semaines je dors très mal, car je fais de nombreux cauchemars.

Je ne m’en souviens pas en détail le lendemain, mais je sais que mes nuits sont agitées, que c’était de mauvais rêves qui ont hachurés ma nuit. Parfois je me réveille trempée de sueur, sans avoir aucun souvenir.

J’en ai parlé à ma psy lors de notre dernière séance, et elle m’a conseillé d’essayer de noter ces cauchemars quand je me réveille, car souvent l’on s’en souvient juste à ce moment là, même si on les oublie par la suite. Comme cela on pourrait un peu mieux cerner à propos de quoi exactement sont ces différentes angoisses (même si on se doute bien que c’est lié à la perte de S.)

Je l’ai fait une nuit, j’en ai noté 3/3, et je pense que c’était une mauvaise idée. Car du coup je me suis focalisée sur ces cauchemars pour les écrire, je m’en souviens donc toujours, j’ai eu encore plus de mal à me rendormir car je pensais à ces cauchemars une fois réveillée – et ça m’a crée des angoisses supplémentaires, car maintenant j’ai peur d’aller dormir et d’en faire. Car forcément ce n’était pas fun….

Alors bienvenue dans mon inconscient :

  • Le 1er cauchemar m’a vraiment traumatisée. Ca me donne des frissons dès que j’y pense, même là pour l’écrire. J’ai eu du mal à en parler à mon mari tellement il m’a mise mal à l’aise, et j’ai pleuré plusieurs fois dans la journée en y repensant . Et pour celui-là, mon mari m’a réveillé car je gémissais/criais dans mon sommeil.

Comme beaucoup de rêves, le début est absurde. je suis dans une clairière avec des collègues et on ramasse des noisettes par terre (???). Puis ensuite on part, on marche sur un chemin de forêt. Je crois que je suis toujours entourée de collègue et/ou famille. Il fait nuit et très sombre. Et dans un tournant, de derrière un buisson sur le côté du chemin, une voix enfantine commence à chanter « Dodo, l’enfant do ». Je hurle de panique, crie à la personne à côté de moi  » oh non ça recommence, je sais ce que c’est, vite il faut fuir » et je commence à courir en entrainant la personne à côté de moi. C’est à ce moment là que mon mari m’a réveillé. J’ai eu la sale impression que c’est un cauchemar récurent, même si je ne m’en souviens pas. (du coup j’ai peur de le refaire maintenant…).

 

  • Le 2e montre des angoisses que je ne me soupçonnais pas/refoulais. Mélange absurde de la femme enceinte de mon collègue, des peurs que mon couple s’effrite à cause du deuil (c’est ça que je refoule un peu je pense), et de ma famille qui manque parfois de compréhension.

Je suis dans la maison de mes parents, avec mon mari mais aussi mon collègue et sa femme enceinte. Car en fait sa femme est enceinte de mon mari, qui m’a trompée avec elle. Et du coup on est entrain de se mettre d’accord de comment on fera pour l’enfant après la naissance. Puis elle se plaint de trucs de grossesse, alors je pète un câble, l’insulte de tous les noms car elle ose se plaindre alors que mon enfant est mort et que je suis forcée de vivre dans cette situation de merde avec mon mari qui arrive à faire des enfants à d’autres et qui m’a trompée avec elle. Je monte dans ma chambre et là ma grande sœur me rejoint, elle est aussi enceinte dans mon rêve, me dit que j’abuse de parler comme ça, et là je l’insulte aussi, et lui dis que de toute façon ils me font tous chier et que son gosse je veux pas le voir, j’en ai rien à foutre.

Voilà, je crois que je me suis réveillée à ce moment là. Vous voyez mon état d’esprit par rapport aux femmes enceintes, il semblerait que mon inconscient ait envie de toutes les insulter XD

  • Le 3e et dernier n’était pas vraiment un cauchemar, mais un mauvais rêve. En gros je suis au restaurant, et là je vois qu’une de mes potes, qui est enceinte (elle l’est en vrai), est dans le restaurant, alors je me cache pour ne pas qu’elle me voit, car je ne veux absolument pas lui parler ou voir son gros ventre. Et ensuite à table je suis avec ma famille, et je crois que ma mère me casse les couilles car je suis végétarienne et donc « je ne mangerais pas correctement, pas de protéines puisque pas de viande, je suis forcément carencée », alors je m’énerve et lui dis ses 4 vérités (la partie « carencée » doit venir dune discussion avec un collègue qui m’a soulé y’a pas longtemps ^^).

Voilà encore des femmes enceinte et ma famille pour ce dernier rêve. Mon inconscient est monomaniaque.

 

Bref, une seule nuit m’a suffit pour me montrer qu’effectivement j’ai pleins d’angoisses (et de colère). On débriefera avec ma psy la semaine prochaine, même si j’ai pas trop de mal à les interpréter. Mais clairement je n’ai pas envie de faire ça toutes les nuits, sauf si je veux écrire un recueil de nouvelles horrifiques  !

Traumatisme, flashback et angoisses

Je ne sais pas si tout deuil est un traumatisme. Probablement que non (je n’ai pas été traumatisée par la deuil de ma grand-mère par exemple), même si beaucoup le sont. Mais je suppose que toute perte violente et/ou soudaine l’est, et que la perte d’un enfant l’est forcément.

Et ce(s) traumatismes) laisse(nt) des traces dans le quotidien même quand la vie a repris son cours.

Cela s’est rappelé à moi dernièrement la veille de notre départ à Budapest. J’étais mal toute la journée, j’avais envie de pleurer sans raison. J’ai mis quelque temps à comprendre que c’était le traumatisme d’avoir perdu S. pendant un voyage. Et le déplacement en avion n’aide pas, car cela rappelle l’état douloureux dans lequel on était pour le vol retour. Je pense que je vais mettre longtemps à passer ce traumatisme des voyages – même si on ne va pas le laisser nous empêcher de voyager. Je suppose que plus on l’affronte, plus il s’apaise. C’était déjà plus facile à vivre que les vacances cet été.

Puis il y a le reste, qui s’insinue plus sournoisement dans le quotidien.

Des mots qui déclenchent une sensation de mal-être. Dès que quelqu’un évoque les mots deuil, mort, enfant, fils, nouveau-né, mort-né, fausse-couche, grossesse, accouchement, parents, mère, père, hôpital, Finlande, lune de miel, voyage de noces, toutes ces pubs pour jeunes parents à la TV ou à la radio, etc …

Mais aussi les discussions ou images qui provoquent des flashbacks, bien plus difficiles à gérer.

Comme une scène d’accouchement dans un film.

Comme une collègue qui parle de prise en charge à l’hôpital. Elle parle du manque d’empathie du personnel, et t’as envie de lui dire que le jour où ton cas a réussi à faire pleurer plusieurs infirmières c’était pas un victoire…

Comme ce jour où tu as des vertiges ou envie de vomir qui te rappelle un moment très difficile pendant la période des contractions…

Ou parfois simplement dans le lit quand ton esprit divague et que tu n’arrives pas à dormir.

Je me demande comment je vivrai les 1ères neiges cette année…. ça a été la tempête à partir du moment où l’on a appris la mort de S. et le moment où j’ai accouché. Alors ce sera difficile de ne pas y penser.

D’ailleurs l’hôpital c’est un gros soucis. Je ne sais pas comment je vais vivre le retour en PMA, car j’ai vraiment du mal avec cet environnement depuis. Et on ne parle même pas de devoir faire des échographies… Parfois je me dis heureusement que je n’ai pas accouché dans l’hôpital où je suis suivie en PMA, sinon je ne suis même pas sûr que j’aurai réussi à y retourner.

Puis il y a les angoisses quand tu essayes de te projeter dans une nouvelle grossesse (et que ton cerveau oublie qu’on en est loin car tu es infertile) , où tu te dis que tu seras incapable de sortir de chez toi, que tu ne te vois pas autrement que passer 9 mois à la maison, et que tu te tapes une crise d’angoisse quand ta psy te dit que pour ton bien elle ne te laissera pas t’enfermer chez toi, elle te forcera à sortir.

Pour les angoisses, je travaille dessus, même si certaines sont difficiles à s’en défaire, et que le processus sera long pour que je réussisse à nouveau à faire confiance à la vie. Malheureusement pour les flashbacks il n’y a pas grand chose à faire, à part espérer qu’avec le temps cela diminuera et s’apaisera.

Parfois certaines angoisses s’apaisent (je n’ai plus la peur irrationnelle de mourir d’un accident de la route à chaque coin de rue comme au début), mais d’autres les remplacent. Alors on continue ce long combat, pour rester debout et avancer, face à cette tempête qui diminue petit à petit en intensité, même si parfois il y a encore des rafales qui nous déstabilisent.

13 juin

Le retour des dates difficiles… Je sentais une amélioration ces dernières semaines, de gros progrès niveau moral et bien-être au quotidien. J’ai passé le cap de ne plus me dire tous les jours « ça serait plus facile de ne plus vivre », à me dire qu’il y avait une vie possible après la perte de mon fils, à réapprécier un peu le quotidien, à faire de petits projets (fêter nos noces de coton, se décider de partir en voyage pour les vacances en août, même si ça nous fait un peu peur car ça va rappeller des souvenirs le combo avion-voyage).

Mais voilà, depuis ce weekend je replonge dans la douleur et la tristesse. Car ce soir j’aurai dû être en congé maternité…

Ritournelle omniprésente dans ma tête, aujourd’hui plus encore, cela ne veut pas sortir. Et ça brûle de douleur.

Cela devait être mon dernier jour, je ne devais plus remettre les pieds au travail avant au moins fin janvier… Mais non je serai bien présente ces longs mois.

Dans 6 semaines j’aurais dû accoucher. J’avais perdu le compte, je m’étais forcée à ne plus calculer « à combien de semaines j’aurais dû être ». Mais voilà, avec cette date je le sais très exactement.

Et vu la douleur que ça provoque, je n’ose même pas imaginer ce que ça va être le jour de la DPA…. Mon mari et moi avons pris congé, on sait d’avance qu’on aura pas la tête à travailler ce jour-là. Reste à savoir comment on occupera cette journée (si vous avez des conseils, je suis preneuse).