Une semaine sans toi

 

8h30 – heure française – Déjà une semaine que l’on t’a arraché de moi.

Le temps semble avoir filé, alors que chaque jour dure une éternité depuis que tu n’es plus là au creux de moi. Un vide, que dis-je, un trou noir, a pris ta place dans mon cœur. Et la douleur qui en découle est insupportable.

Quitter ce pays en te laissant pour le moment derrière nous a été un vrai déchirement. Et ne pas savoir si l’on pourra te faire revenir en France n’en est plus que difficile. Parait que t’es un cas inédit, même l’Etat civil n’a pas pu se prononcer. Le procureur général de la République va devoir statuer. On va finir dans les livres de droits si ça se trouve. Et le plus dur est de ne même pas savoir ce qui ne leur convient pas dans notre cas….

Revenir vivre dans cet appartement où l’on s’imaginait la vie avec toi est un vrai déchirement. Tu vois mon amour, nous avions prévu de préparer ta chambre à notre retour de voyage, de commencer à faire des achats pour toi…. toutes ces choses tellement rêvées n’arriveront jamais. On nous demande de reprendre le court de notre vie comme si tu n’avais jamais existé, ces prochains mois remplis de rêves ne sont plus. Et l’on se rend compte de tout ce qui n’arrivera pas. Que va-t’on faire pendant l’été ? je devais être en congés maternité de juin à janvier prochain. Mais je n’aurais pas le droit de le prendre, malgré les conseils de la psy –  tu comprends tu es mort-né 4 jours trop tôt pour que j’y ai le droit… Et maintenant il n’y a que du vide. Je ne sais même pas si je prendrais des grandes vacances. De toute façon j’arriverai après la bataille, tous mes collègues les ont déjà posés sans se soucier de moi, puisque je ne devais même pas être là….

Et ton prénom… nous avions passé tellement de temps à en discuter. Nous ne voulions que le meilleur pour toi. On se mentait à nous même ces dernières semaines, en disant que nous n’étions pas encore fixé. Cela nous faisait peur de trancher entre 2 prénoms finaux aussi tôt, mais pourtant ce prénom s’était imposé avec évidence depuis quelques temps. Nous l’avons su dès que nous avons appris que ton cœur avait cessé de battre. Tout ça pour ça. Il est tellement magnifique, tout le monde dans notre entourage le trouve beau. Mais nous n’aurons jamais la chance de le prononcer dans ton quotidien. Pour nous rassurer, nous nous disons qu’heureusement nous avons choisi un prénom rare, pour ne pas avoir à l’entendre tout le temps autour de nous.

J’ai tellement peur d’oublier ton visage. Je m’en veux de ne pas avoir su te regarder plus longtemps. Il nous reste l’empreinte de ton petit pied, que nous chérirons à jamais. Je me souviendrais toujours de la sensation de tes petits coups qui apparaissaient de plus en plus souvent les dernières semaines. C’est d’ailleurs très dur d’avoir encore l’impression de te sentir au creux de moi, alors que je sais que tu n’es plus là. Foutu cerveau de merde.

Je n’ai aucune photo de toi dans mon ventre pour me consoler et garder un souvenir heureux de nous deux ensemble. Je comptais prendre les premières pendant notre voyage. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait seulement quelques heures avant d’apprendre que tu nous avais quitté. Photo que nous avons rapidement effacée, te sachant déjà mort sur cette image…

Alors il nous reste nos souvenirs des moments passés à caresser mon ventre, à te parler avec ton papa, ce moment où je t’ai fait écouté l’album de son groupe qui venait d’être terminé, et où tu as fait la java en réponse, les échographies chez le gynéco où l’on te voyait bouger, le son de ton cœur tellement beau la 1e fois qu’on l’a entendu, le moment où on n’a connu ton sexe et où tout a pris réalité.

Nous aurions tout donné pour toi, si on nous avait laissé cette chance. On t’aimait déjà tellement. C’est tellement difficile et inconcevable de perdre son fils avant d’avoir eu la chance même de le connaitre. On prend mesure de la place que tu avais pris dans notre vie et nos cœurs par l’immensité de ton absence.

Je ne sais pas comment on peut se remettre de la perte de son enfant, si on s’en remet jamais réellement. Jamais je ne pourrais t’oublier mon petit S., je t’aime tellement mon amour …

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C’est fini

Tout s’est fini hier matin, vers 9h30-10h. On est rentré à l’Hôpital la veille à 18h. J’ai rapidement réagit au médicament (dès la 1ere dose, au bout de 2h). Soit environ 12h de contractions. Pas vraiment de saignements, seuls 2-3 spotting en début de matinée. Ça a enlevé un peu de difficulté. Et puis les douleurs se sont intensifiées, devenir insupportable vers 9h, malgré les injections d’anti-douleurs et les électrodes, à deux doigts de la péridurale. Mais c’est là que l’infirmière a compris que c’était le moment.

On peut essayer de trouver d’autres termes mais je trouve ça stupide. J’ai bien du accoucher de mon bébé mort.

L’horreur à l’état pur. Je revis sans cesse ces instants, toutes les sensations épouvantesques dès que je ferme les yeux ou que je pense à quelque chose de lié. Je ne sais pas comment on va réussir à surmonter ce traumatisme.

On a réussi à lui dire au revoir. C’était difficile mais la bonne décision, cela nous faisait peur, mais c’était tout de même un soulagement. Il était beau notre fils. Je ne l’oublierai jamais…

Ma mère nous a rejoint en urgence samedi soir. Ça nous a fait énormément fait de bien de voir un visage connu.

L’équipe et la prise en charge sont vraiment bien. Ca facilite les choses. Mon mari a un lit comme moi, et les memes droits. Il y a une cuisine où on peut se servir en boissons et nourriture à tout moment. Idéal vu les circonstances de pouvoir grignoter au fur et à mesure. On nous donne aussi de vrais repas vegetariens. On a eu les mêmes infirmières tout le weekend. C’était aussi rassurant. On voit que notre cas les touche particulièrement, que même pour eux c’est particulièrement difficile comme situation.

Mais le plus compliqué dans cette situation c’est de devoir gérer les à cotés, comme l’annulation du reste du voyage, voir avec les assureurs pour la prise en charge du retour et des nuits à l’hôtel qu’on devra passer avant de rentrer. Mais aussi, que faire du bébé. Même pour eux c’est une situation inédite avec des étrangers, et pour ne pas aider la loi est différente entre les lois françaises et finlandaises diffèrent sur ce sujet. Alors ils ne savent pas comment ça fonctionne. L’ambassade nous aide un peu. Pleins de formalités à voir et remplir. De décisions difficiles à prendre…

Heureusement qu’on parle couramment anglais, et de même pour les infirmières, sinon je n’ose pas imaginer comment tout ca se passerait.

On doit quitter l’hôpital aujourd’hui, à l’heure qu’on veut plus ou moins une fois que les détails seront reglés. Ensuite d’après eux on doit attendre mardi ou mercredi pour pouvoir prendre l’avion sans risque pour moi.


Je fais appel à celles qui sont passées par des moments aussi difficile.

Deja une question me taraude, doit-on si on en a la possibilité, inscrire le bébé dans le livret de famille. Je sais que c’est une décision personnelle, mais à celles qui l’auraient fait, n’est ce pas trop difficile de voir cette inscription ? Ou pensez vous toujours que c’était le bon choix même après ?

 

Et ensuite si vous avez quoique ce soit comme conseils, ressources, associations, pour nous aider à surmonter cela, et réussir a nous reconstruire par la suite, n’hesitez pas à me les transmettre. Je ne lirais probablement pas ca tout de suite, mais ça me fera du bien d’y avoir accès en temps voulu.

Vous pouvez m’écrire en commentaire ou par mail : nirnaethenpma@gmail.com

 

Merci à toutes pour vos mots de soutien

Et le pire reste à venir…

Il va être 4h du matin. On rentre des urgences. On est en Finlande pour la 2e nuit de notre « lune de miel » (ouais on est pas allé en Nouvelle Zélande).

Hier cela faisait 19SG. Il y a pile 1 semaine nous avons vu son cœur battre, pour vérifier que tout allait bien avant de partir.

Mais ce soir le coeur de Bidule ne bat plus…

Et le notre s’est arrêté par la même occasion.

Mais le pire reste à venir. On doit rester en Finlande, pour finir tout ça. J’ai eu un 1er comprimé pour dilater mon col .Et demain 18h je dois y retourner pour prendre le 2e, pour que Bidule puisse s’en aller. En espérant que cela ne dure pas de long jours….

 

Je n’ai pas la force de vous raconter tout ce qui nous a mené à cette soirée. Il semblerait qu’il était malade, qu’on aurait probablement rien pu faire. Même s’il est trop tôt pour savoir exactement. On espère en savoir plus un jour.

C’était un garçon, il avait un prénom…