Ce que je ne vous ai jamais dit sur le deuil périnatal

Il y a beaucoup de choses que j’ai gardé pour moi, même si au fil des mois je me suis suivant exprimé ici. Certaines choses ont d’ailleurs pu transparaître. Le temps du choc est désormais bien derrière, alors je ressens le courage de vous parler de tout cela, de me mettre à nue. Pour celles qui passeraient par ici car elles traversent la même épreuves, qui se reconnaîtrons peut-être dans ces mots. Et pour les autres qui auront le courage de le lire, de comprendre un peu mieux ce qu’on traverse par moment.

Je vais surtout vous raconter mon vécu dans les semaines qui ont suivies la perte de S. C’est une sorte de retour en arrière sur pleins de petits événements, difficultés, passages, etc… de cette période-là. D’aspects divers dont on ne parle par forcément en général. Ce sera un peu décousu.


 

Une fois rentrée de l’hôpital, j’ai été incapable de prendre une douche pendant plus d’une semaine. C’était uniquement en mode « toilette de chat » pour ne pas risquer d’infection gynécologique. C’était une torture de me changer, de me déshabiller, et je n’ai mis que des joggings et t-shirts informes (ceux de mon mari enfait) pendant plus d’un mois.

Puis quand j’ai réussi à prendre une douche, j’étais incapable de toucher mon ventre. Il m’a encore fallut plusieurs jours voir semaine pour y arriver, dans les larmes à chaque fois. J’ai aussi eu beaucoup de mal avec ma poitrine. J’avais pris 2 tailles avec la grossesse, ma poitrine était extrêmement lourde et dense (j’étais passée au 100F…). Tout cela a disparut en une journée, c’était très difficile à accepter. De plus, mon corps a gardé des traces de cette grossesse : mon ventre est moins ferme, ma poitrine plus tombante … encore plus difficile à accepter quand on subit ces changements alors qu’on aura même pas d’enfant vivant.

 

Si entre le moment où j’ai appris la mort de S. et l’accouchement j’ai très peu mangé (le strict nécessaire pour ne pas m’évanouir), une fois l’accouchement passé, à ma propre surprise j’ai mangé l’intégralité de tout ce que m’apportait à l’hôpital. J’étais affamée – je pense que mon corps était à bout et avait besoin de forces (et étonnamment la nourriture d’hôpital en Finlande était bonne) – d’ailleurs je culpabilisais d’avoir envie de manger, mais c’était une sensation vraiment physiologique.

 

Pendant plus d’un mois, j’étais incapable de quitter mon mari. On faisait des crises d’angoisses quand on était pas ensemble dans le même lieu. (On pouvait être dans une pièce différente tout de même). Par la suite les crises d’angoisses ont continué. C’était le sentiment d’imminence d’une catastrophe. Dès que j’étais dans la rue par exemple, je me disais qu’une voiture allait me renverser, que j’allais chuter à vélo, etc… Si mon mari n’était pas là pile à l’heure je me disais qu’il s’était passé quelque chose. J’étais convaincu qu’on allait diagnostiquer une maladie horrible à l’un de nous deux et qu’un de nous allait mourir, etc… Vous imaginez le genre. Ça s’est calmé depuis, mais je suis tout de même beaucoup plus angoissée qu’auparavant, car cette impression que rien ne se passe jamais bien ne s’arrête jamais dans notre vie, et la vie ne cesse de nous en donner des confirmations régulières.

 

Au début on était incapable d’être seuls, de nous occuper de nous même, alors on a demandé à nos familles de venir. Ma belle-mère a passé une semaine chez nous, à tout faire (sinon je crois qu’on aurait pas mangé). Puis nos parents et nos frères et sœurs se sont relayés encore les deux semaines suivantes pour qu’on ne soit jamais seuls un jour entier (je précise qu’ils habitent tous à environ 1h15 de chez nous). Ensuite ça s’est espacé. Au bout d’un mois environ par contre ça a été le contraire, on a eu besoin de retrouver notre intimité, d’être « seuls à 2 » et au contraire on a passé beaucoup moins de temps avec la famille. On leur a donc demandé de nous laisser plus d’espace. Mais ils nous appelaient très régulièrement.

 

Actuellement j’ai toujours beaucoup de mal d’assister à des événements avec beaucoup de monde, des fêtes, des grands repas. Je les fuis, je ne fête aucun anniversaire si ce n’est pas en groupe très restreint. Le mariage de ma sœur en août va d’ailleurs être une épreuve à laquelle je ne peux échapper (je suis témoin…). Nous fuyons aussi les enfants. J’ai revu mon neveu de 7 ans pour la 1e fois il y’a moins d’un mois, car c’est la 1e fois que je m’en sentais capable.

 

La sexualité après la mort d’un enfant in-utero –  on parle étrangement très peu. Pourtant, on peut bien imaginer que ça va être complexe. Entre notre propre rapport au corps et celui de notre mari… Quand on arrive même pas à se regarder soi-même nue dans le miroir, vous imaginez qu’on a pas envie que notre mari nous regarde, de voir sa tristesse face à ce corps à nouveau changé. On ne supporte pas tous les deux de toucher ce ventre. Ensuite il faut accepter d’avoir du désir et de prendre du plaisir, ce n’est déjà pas simple. A cela s’ajoute les pensées plus sombres, surtout avant la « première » fois d’après la mort. Où l’on se dit « la dernière chose qui est passé par mon vagin, c’est mon fils mort ». Où l’on repense aux dernières fois si tendres, quand tout allait bien. Forcément on a plein de flash-back de ces moments, difficile de se concentrer sur l’instant présent. Je ne me souviens plus exactement combien de temps on a mis pour se retrouver. Je dirais environ 1 mois. On en parlait ensemble du fait qu’on appréhendait. Même si ça s’est fait très naturellement au final.

Le paradoxe c’est que parfois le corps a envie (notamment avec la baisse de la progestérone – ma libido et les sensations étaient au plus bas pendant la grossesse à cause de celle-ci qui était haute, alors quand les taux sont redevenus normaux, mon corps était au taquet) mais notre esprit ne veut pas, et il faut l’écouter. Au final on va aussi rechercher des choses différentes dans ces rapports, plus de douceur, de connexion, de tendresse, que de la jouissance.

On a mis de long mois pour retrouver une sexualité épanouissante (qui l’est d’ailleurs plus qu’avant, car la PMA avait déjà bien  tout bousillé), et on ne va pas se mentir il a fallut y travailler activement pour réussir à la réinventer (article protégé publié  à ce sujet en décembre, pour celles qui ne l’avaient pas lu, vous pouvez me demander le mot de passe par mail, comme toujours). Cette reconnexion est aussi passée aussi par une phase de plaisirs solitaires, pour réussir à se réapproprier et ré-apprivoiser son corps.

 

 

On passe aux côtés les plus sombres (et je finirais sur une touche plus « positive).

 

Les pensées suicidaires – j’imagine que tout parent endeuillé en a. Quand on apprend que son enfant est mort et qu’on va devoir accoucher, c’est un miracle en soit de ne pas se foutre en l’air quand on est tout seul pour affronter cette horreur. Ces pensées s’estompent dans le temps. Au début, face à la douleur, elles sont omniprésentes. On veut cesser d’avoir mal, on se rend compte que cette douleur ne cessera jamais vraiment, or on ne veut pas supporter autant de douleur toute sa vie. On s’en sent incapable. Je crois que pendant les premières semaines, la seule chose qui m’a fait tenir, c’était de ne pas vouloir infliger ça à mon mari – et vice-versa. Si l’un de nous avait verbalisé l’idée d’un suicide commun pour contourner la problématique… Mais l’instinct de survie probablement nous a empêché de donner l’idée à voix haute.

Ces pensées s’estompent dans le temps, s’espacent, mais ce serait vous mentir de dire que les jours noirs je n’en ai pas. Car c’est usant de vivre ces épreuves. Même si je vous rassure, avoir ces idées ne veut pas du tout dire qu’on est prêt de passer à l’acte. C’est juste une fulgurance dans l’esprit qui dit « ce serait tellement plus facile »; puis on se rappelle qu’on a toujours l’espoir de bonheurs à venir et on se raccroche à la perspective de jours plus heureux pour avancer malgré la douleur. Et en parallèle on arrive à vivre des vrais moment de bonheurs, il y a des jours où on arrive à être pleinement heureux.

 

Quand on lit des blogs ou des comptes insta qui parlent de deuil périnatal, je lis tellement souvent « la rencontre a été un  moment magique, je garde un très beau souvenir de mon accouchement malgré le contexte, les moments passés avec mon bébé dans mes bras reste un de mes plus beaux souvenirs malgré tout ». Je lis ça tellement souvent que j’ai l’impression d’être un OVNI. Pourtant je ne pense pas être la seule qui n’a PAS DU TOUT VÉCU CA. Tant mieux pour toutes ces personne, mais qu’on soit clair, mon accouchement c’est le pire moment de toute ma vie, même pire que l’annonce de la mort. C’est un traumatisme horrible qui m’a hanté des jours et des nuits. Cela fait très peu de temps que quand j’y pense je ne suis plus totalement plongée dans le trauma. Et non, quand j’ai « rencontré » mon fils mort c’était horriblement dur. On a été incapable de le prendre dans nos bras, au début on l’a regardé seulement furtivement. Puis quelques minutes après on a réussi à le regarder un peu plus (mais ça n’a pas duré très longtemps tellement c’était dur). J’ai juste réussi à poser ma main sur la couverture qui l’entourait pour lui dire au revoir et l’appeler par son prénom pour une unique fois. Alors oui maintenant avec le recul, je me dis que j’aurais du le prendre dans mes bras, le regarder plus longtemps, pour que son image précise s’efface moins rapidement de ma mémoire. Mais bon, on a fait du mieux qu’on pouvait dans cette situation, on était incapable de plus, alors les regrets cela ne sert à rien. Ce n’était pas un moment « doux » à vivre, pas pour nous, et ces images ont aussi été très longtemps traumatiques.

 

J’aborde maintenant la partie probablement la plus difficile à oser partager, car la culpabilité n’est pas très loin quand on a ces pensées. Idem, les gens ne partagent que le positifs j’ai l’impression, alors celles qui ressentent des choses moins « avouables » gardent cela pour elles. Je lis souvent « Malgré la peine d’avoir perdu mon enfant, je ne regrette rien, et si je devais recommencer en sachant la fin, et bien je le ferais quand même pour ces précieux moments vécut avec lui« . Et bien non, je ne vis pas les choses comme cela. J’aime mon fils de tout mon cœur, il me manque à en crever et je ne pense pas me remettre un jour totalement de cette perte. MAIS sachant le dénouement, si c’était à refaire, et bien non je ne le referai pas. Oui, j’aurai préféré que cette grossesse n’ait jamais eu lieu. Ces quelques mois dans mon ventre ne valent pas la peine immense qui en découle maintenant à l’infini. Voilà, c’est extrêmement difficile d’écrire ça, mais je suis persuadée que d’autres personnes le vivent aussi comme cela. Et ce n’est pas grave, ce n’est pas une trahison, et de toute façon on ne refera pas le passé, alors notre enfant sera de toute les manière à jamais dans notre cœur. On a le droit de penser cela, c’est humain face à la peine qui nous accable, cela ne veut pas dire pour autant que l’on aime pas notre enfant, bien au contraire.

 

 

Je finirai par un partage plus positif. Il y a aussi des choses qui m’ont fait du bien, des pistes qui peuvent aider celles qui traversent cette épreuve depuis peu. Je les ai probablement un peu évoqué au fil de l’eau.

 

Le sport a été une vraie bouée de sauvetage – à la maison d’abord, car il me permettait d’évacuer ma peine, en général je craquais et pleurais des torrents, puis continuait ma séance de vélo elliptique (tout en pleurant), et ça me faisait un bien fou. Puis on s’est acheté un punching-ball, pour évacuer notre colère. C’est génial de pouvoir taper sur quelque chose, ça fait un bien fou, et ça aide à décolérer. Je l’utilise encore maintenant les jours où ça ne va pas. C’est un petit investissement qui en vaut vraiment la peine, je vous recommande à toutes, même celles « juste » en PMA, d’y avoir recours.

J’ai aussi eu un grand besoin de nature, de choses simples pour me sentir vivante. Marcher sous la pluie. Sentir le vent sur mon visage. Ecouter les oiseaux. Regarder les papillons. Admirer un lac ou la mer. Passer des heures blottis l’un contre l’autre avec mon mari. Marcher en forêt main dans la main. Prendre de grandes inspirations d’air frais. Vivre une vie plus lente.

 

Voir un psy, en couple et seule. C’est absolument nécessaire je pense. Ne rester pas seule chez vous, ne garder pas tout ça. Bien-sûr c’est vraiment très bien de ne pas faire un tabou de cet enfant, de parler de vos émotions à votre entourage. Mais il y ‘a certaines choses que vous n’oserez pas aborder, ou vous en aurez marre de lire leur pitié, leur tristesse. Nous avons été voir la psychologue qui est dans notre centre PMA/maternité, dès qu’on est revenu en France (donc 3 jours après), qui connaissait bien le deuil périnatal. Elle nous a parlé de plusieurs associations, elle organisait des groupes de paroles ; elle nous a aussi mis en contact avec d’autres personnes de l’hôpital pour nous aider dans nos démarches qui était compliquées (sage-femme qui nous a aidé pour l’Etat-Civil et nous a décroché une aide financière pour en partie financer les 1000€ pour rapatrier l’urne; mise en lien avec une ostéopathe pour « remettre mon corps en ordre »). Elle a donc été d’une aide précieuse sur plusieurs aspects.

Nous avions donc des sessions de 1h en couple, 1x/semaine pendant 2 mois. Et c’était vraiment une bonne chose, car ça nous aidait à exprimer notre ressenti, à dire toutes nos émotions à l’autre avec une personne extérieur pour nous aider. A parler aussi de nos peurs vis à vis de notre couple (mon mari était terrifié que le deuil nous sépare, il avait peur de me perdre aussi). Bref consulter en couple nous a fait beaucoup de bien pour garder la communication, comprendre l’autre, mais savoir qu’on avait un moment spécifique pour parler de ça ensemble.

On est aussi allé tous les deux consulter de notre côté les psychiatres qu’on avait déjà vu quand ça n’allait pas en PMA. Au début j’y allais 1x/semaine, et ça ne me semblait pas assez. Au bout de 6 mois j’ai espacé à 1x toutes les 2 semaines. Récemment c’est plutôt 1x/mois, sauf avec la reprise de la PMA où son soutient était plus que nécessaire vu comme j’étais angoissée. Avec le Covid-19, je ne l’ai malheureusement plus vu depuis mars (et ça me pèse par moment).

 

Plus globalement, j’aurais deux comptes intagram à vous conseiller. Le premier est un compte qui m’a beaucoup aidé ces derniers mois.

Le compte instagram à découvrir absolument, que vous même ou un proche soyez endeuillé par la perte d’un enfant, ou tout simplement que vous vouliez un peu mieux comprendre ce que ces parents vivent : @a_nos_etoiles

Et celui d’une illustratrice qui fait énormément pour le travail de mémoire des parents endeuillés : @korriganne.illustration

 

 

Voilà, un article bien long, par forcément évident à lire je m’en doute bien – mais cela me tenais à cœur de partager toutes ces petites choses dont il est difficile de parler autrement.

Besoin de conseils pour les vacances

Dans la lignée de mon article précèdent, je fais appel à vous pour m’aider à trouver mon lieu de vacances.

On aimerait partir en France, dans un coin très nature, très vert (forêts, montagne) pour pouvoir faire de belles ballades, dans un coin pas trop bondés de gens (car on est associal en vacances ^^). Et je suis fan de l’eau en général (on pourrait même dire que j’ai un problème avec ça tellement ça m’attire XD), donc on cherche un coin avec des lacs et/ou de belles rivières pas trop difficilement accessible.

Vous avez des idées d’endroit, où vous seriez déjà allées et qui vous aurait beaucoup plus ? (avec des idées un peu plus précise que juste « les Alpes » ou « l’Ardèche » par exemple, car c’est vaste XD ).

J’espère que vous allez m’inspirer 😀

C’est déjà juillet

Voilà, le mois de juillet est arrivé. Mes règles avec. L’appel du centre PMA par contre non… C’est donc mort pour un TEC ce mois. J’espère vraiment qu’ils nous appellent prochainement (ça me stresse tellement, de cette possibilité qu’ils estiment que je suis à risque et ne me préviennent pas). Habituellement le centre ferme en août. Aucune info pour savoir si c’est aussi le cas cette année.

Mais désormais un TEC avant septembre est peu probable, ça nous déprime profondément…

C’était juste un petit article en passant, pour vous tenir au courant.

Allez, on va essayer de se programmer quelques jour de vacances ailleurs, maintenant qu’on a la certitude de ne pas avoir de RDV pendant nos congés.

La fin d’une amitié

Avec le temps, forcément on s’éloigne de certaines personnes, des amitiés se font et se défont quand les chemins de nos vies divergent trop. Parfois de manière douce, parfois de manière violente. La phrase qui a provoqué la fin de cette amitié, je pense qu’on ne peut même pas la qualifier juste de RALC.

J’en ai rien à faire que ton fils soit mort.

Par le mec qui a tout de même été l’un des témoins de mon mari à notre mariage.

 

Cette phrase n’a pas été prononcé sous le coup de la colère, rien dans le déroulement de la conversation qu’ils ont eu ne peut la justifier (mais y’a t’il vraiment un contexte qui justifierait une telle phrase ?). Au passage avant cela, il a dit des horreurs sur plus ou moins toutes les personnes de notre groupe d’amis. Mon mari lui a demander de s’excuser, il a refusé. Ils sont sorti « s’expliquer », puis mon mari est parti en lui disant de ne plus jamais lui adresser la parole. Et un peu après le gars a envoyé un message à un autre pote en commun, qu’il savait que mon mari avait rejoint « Tu pourras lui dire que je ne lui en veux pas qu’il se soit énervé, on est pote ». Le gars ne voit pas le problème.

Mon mari s’en veut d’en être venu aux mains, même si personnellement je trouve qu’il l’a bien mérité (puis ça a pas été très violent je vous rassure). Je n’étais pas avec eux, j’ai eu la joie d’entendre cette histoire ce matin au petit dej’ .

On est profondément blessé par cette phrase et toutes les autres horreurs qu’il a dit sur tout le monde. Un mec qui se sent mal dans sa vie je suppose, mais qui au lieu d’en parler, ou de nous dire qu’il préfère s’éloigner du groupe car on n’a plus grand chose en commun, arrive à en venir à haïr ses « potes ». Et qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Un gars qui de base critique beaucoup les gens, mais qui ferait bien se regarder dans un miroir une fois….

 

La tempête dans ma tête

Je vous avais promis un article un peu plus positif qui devait venir après celui , c’est enfin chose faite. J’ai juste mis un peu de temps à finaliser ce brouillon. Car c’est un peu la tempête dans ma tête en ce moment. Je suis partagée entre pleins d’émotions, certaines positives, d’autres moins. J’essaye de ne pas me laisser submerger. Mais c’est un peu plus compliqué que d’ordinaire vu la situation actuelle, et qui plus est je n’ai pas eu de séances avec ma psy depuis mars – ça n’aide pas (elle est à côté de mon boulot, or je suis en télétravail, je n’arrive donc pas à y aller vu ses horaires. Et la consultation par téléphone on a essayé une fois au début du confinement, mais ce n’est pas pour moi).

Pourquoi est-ce la tempête dans ma tête ? Car beaucoup trop de choses s’y bousculent en même temps. D’un côté il y a la longueur du parcours PMA, encore plus allongé en cette période, et ce TEC que l’on attend avec impatience. Puis il y a nos autres projets d’avenir, dans lequel forcément l’infertilité est aussi imbriquée.

Notre gros projet à court terme est celui d’acheter une maison, et de par la même occasion s’éloigner de la grande ville (même si on y travaillera toujours). On attend la signature du CDI de mon homme avant la fin du mois, et ensuite c’est parti pour les recherches – mais bon le marché est tendu dans le coin, alors ça risque de prendre de longs mois entre trouver la bonne maison et ne pas se la faire « piquer » par d’autres acheteurs.

Forcément ce projet nécessite de se projeter dans l’avenir, sur ce qu’on imagine pour notre vie dans les prochaines années. Pour réussir à trouver le bon compromis entre notre budget, nos envies pour la maison ainsi qu’une localisation la plus idéale possible. Concrètement, on est obligé de faire des compromis, le plus dur est de décider lequel.  On essaye d’être positif et de choisir la maison qui correspondra le mieux au cadre de vie de nos potentiels enfants tant espéré, donc un village paisible et vert avec d’autres jeunes, une école digne de ce nom, une maison avec un jardin et 2 chambres d’enfants à minima. Car la version idéale et rêvée de notre avenir on la connait : une grande maison, pleins d’enfants qui jouent, une vie simple faite de nature, de ballades en forêts, de transmissions, de câlins et d’amour.

Cela implique donc de se forcer à rêver, à croire en cet avenir qui potentiellement pourrait ne jamais advenir. Avec cette peur de ne jamais avoir d’enfants, de voir une grande maison avec pleins de pièces vides nous rappeler leur absence, ne pas réussir à s’intégrer à la vie locale parmi toutes ces familles.

Pour le moment on regarde déjà un peu les annonces, et cela retourne déjà le couteau dans la plaie, entre cet avenir incertain, et se rappeler que S. ne grandira jamais dans cette potentielle maison familiale. Mais en même temps il y’a l’excitation de s’installer dans notre cocon, dans une nouvelle vie qui nous correspondra probablement mieux. C’est beaucoup d’émotions ambivalentes à gérer pour mon esprit.

Tout cela me fait envisager l’avenir différemment.

La mort de S. a clairement changé la donne sur pleins d’aspects de ma vie. On s’est toujours vu en mode famille nombreuse, 3 ou 4 enfants. Malgré la PMA et l’infertilité, je ne voudrais pas renoncer à cela dans la mesure du possible. Cependant, avec le deuil périnatal, il y a la peur de revivre une épreuve similaire, la fatigue de mon corps vis à vis des traitements et du parcours. Dans l’optique où nous aurions la chance d’avoir un enfant biologique, je ne me vois pas ensuite enchaîner les FIV encore pour agrandir la famille. Peut-être, mais vraiment peut-être, pour un 2ème enfant, mais pour un 3ème non.

Alors depuis la mort de S. j’envisage plus concrètement l’adoption quoiqu’il advienne : que l’on arrive à avoir un enfant biologique ou non. Cette réflexion commence à prendre une place plus importante dans ma tête car j’en ai marre d’être tributaire des médecins pour espérer avoir un enfant. En ce moment, avec ce J5 qui n’attend que d’être transféré, j’ai l’impression qu’on prend une partie de moi en otage. C’est une partie de nous, mais on nous y bloque l’accès… sensation bien étrange.

Puis il y a aussi la réflexion du temps qui passe, d’où est la limite avec l’acharnement. Je pense que tout le monde a une jauge de choses qu’il peut encaisser. Le deuil a considérablement fait monter cette jauge très près de notre limite. Donc en cas d’échecs, je ne me vois pas aller jusqu’à 4 FIV. Je ne me vois pas passer encore 10 ans dans ce parcours, finir par avoir recours au don d’ovocyte après 4 FIV ratés. Il y a un moment où je dirais stop et je voudrai construire ma vie d »après. Comme je le disais, j’ai besoin de vivre, tout simplement.

Avec cette prospection de maison, je me rend compte que je ne pourrais pas habiter une telle maison tout en finissant par abandonner un projet de parentalité. Je veux élever une famille, qu’importe le lien de sang avec ces futurs enfants. Alors je commence tout doucement à me renseigner concrètement sur les démarches. Je ne veux pas attendre la fin du parcours PMA pour m’y mettre, car je connais bien les délais extrêmement longs. Bien évidement je suis consciente que c’est un peu plus « facile » d’adopter quand on a pas d’enfant biologique, mais plus difficile d’adopter pour agrandir encore la famille. Mais pour le moment ce n’est pas vraiment une question qui se pose. On verra cela en tant voulu, si par miracle la PMA fonctionne.

Nous envisageons l’adoption en France ou dans le pays dont est originaire le père de mon mari. Mon mari peut d’ailleurs demander la nationalité de ce pays depuis peu car les règles ont changé récemment (avant il fallait vivre au minimum 2 ans sur place), et c’est quelque chose qui lui tient à cœur. On espère que cela facilitera un peu les choses.

Chaque chose en son temps, je ne veux pas (et ne peux pas) mener tout de front, mais je pense commencer les démarches pour l’agrément une fois que nous aurons notre maison, qu’importe où nous en serons au niveau de la PMA à ce moment là. Bien évidement j’en suis au tout début de ma réflexion sur le sujet, alors tout cela va évoluer dans ma tête avec le temps et en me renseignant concrètement sur le sujet et les démarches. Ça fait beaucoup dans mon esprit, mais c’est la 1ère fois que je commence concrètement à envisager l’adoption comme une réalité, comme notre future parentalité. C’est un long cheminement qui commence.

Blog ou journal intime

Parfois j’ai l’impression de plus prendre ce blog pour un journal intime, où je déverse mes pensées, mes réflexions, souvent un peu brut. Et je me dis que les personnes qui me lisent ne doivent pas toujours savoir quoi répondre, car il n’y a pas grand chose à dire.

Mais justement c’est un journal intime magique, y’a des personnes qui me répondent 😂

Parfois je me souviens que des gens d’un peu partout peuvent me lire, alors je passe certains articles en privé, pour juste dire tout ce qui me passe par la tête sans filtre, en me dévoilant un peu plus.

Parfois il y a des articles que je n’ose pas publier, car ils sont trop négatifs, qu’ils pourraient faire peur. Or je n’aime pas être trop négative, je préférais insuffler de la bonne humeur sur la blogosphère avec des défis pour se changer les idées. Je me dis souvent que c’est dommage qu’on ne lance plus trop de projets du genre ces derniers temps.

En  tout cas un grand merci à celles qui continuent à avoir envie de lire tout le blabla qui sort de ma tête, et encore plus particulièrement à celles qui trouvent des mots alors que parfois même moi je ne saurais pas quoi me répondre 💙

Article protégé

Hello, je viens de publier un article protégé sur « le visage de la résilience », sur l’impact du vécu sur le physique des gens.

Même mot de passe que pour l’article tatouage, c’est plus simple. Si vous ne l’avez pas encore, un petit mail sur nirnaethenpma@gmail.com ou laissez votre adresse en commentaire 😉

Article Tatouage

Hello,

Comme promis depuis longtemps, je publie ce jour en privé un article tatouage.

En privé car forcément je compte encore garder l’anonymat, alors si je montre mes tatouages en public, les gens me connaissant et qui pourraient passer par là me reconnaîtraient instantanément !

Vous pouvez me demandez le mot de passe en me laissant votre adresse mail ici en commentaire, ou en m’envoyant un petit message sur mon adresse : nirnaethenpma@gmail.com