Tomber, se relever et repartir au combat

J’ai du mal à me remettre de cette FIV abandonnée, je n’en reviens pas de cumuler autant de problèmes et de poisse. J’ai d’ailleurs longuement hésité à vraiment faire cette IAC5. Je me disais à quoi bon, c’est voué à l’échec si l’on en croit l’unique article que j’ai trouvé au sujet des FIVs transformées en IAC. Et j’ai peur de souffrir pour rien, car même si je n’y crois pas, l’espoir est tout de même différent que sur un cycle naturel. Mais on a quand même tenté le coup jeudi, pour se dire qu’on faisait quelque chose au lieu de juste attendre. 1,7 millions de spermatozoïdes. Je ne sais même plus si c’est bon ou mauvais au regard des autres IACs.

Parfois je me dis que j’aurais dû commencer les essais plus tôt, car je ne sais pas combien de temps durera ce parcours. Puis je me souviens que je n’avais que 23 ans au début des essais, et ça me mine encore plus le moral.

Car même si je me raccroche à l’espoir que mes ovaires se sont réveillés avec du gonal F 300 au bout de 10jours, je vois bien qu’en général ça pue du cul de mal répondre à la stimulation. Je sais déjà que mon AMH est pourrie alors que je n’ai que 26ans, alors tout ça cumulé, ça me fait très très peur pour la suite. On va pas se mentir, ce résultat était prévisible, et que mes peurs se réalisent m’angoisse encore plus. Ne pas savoir quand aura lieu la FIV1 BIS n’aide pas non plus.


La veille de l’IAC j’ai craqué comme ça ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps. J’avais besoin de réconfort, d’être rassuré, mais mon homme au lieu de ça n’a fait que m’enfoncer la tête sous l’eau avec des raleries et remarques à la con.

Du coup j’ai tout lâché, je lui ai dit que je ne pouvais pas aller mal car il fallait que je le gère lui, et que moi si j’allais mal y’avait personne pour m’aider. Il m’a dit qu’il était un grand garçon, qu’il avait se gérer. Croyez-moi non, il ne sait absolument pas gérer les mauvaises nouvelles, sa réaction le soir de l’annonce de l’abandon de la FIV « je vois pas quoi faire à part me pendre »… réaction très normal bien sûr.

Il m’a dit que j’étais hypocrite que je faisais semblant d’aller bien et que ce n’était pas bien si on ne pouvait pas tout se dire dans notre couple. Pourtant ce n’est pas de l’hypocrisie croyez-moi, c’est juste qu’avec les années de dépressions passées, et surtout la réussite pour s’en sortir, et bien j’ai affuté mes armes pour encaisser les mauvais pas, et ma résistance est bien plus grande.

Mais elle a des limites.

Il voulait que je me laisse aller à la douleur, il a été servi. Et croyez moi, ses paroles ont défoncé toutes les barrières qu’il me restait. Au lieu de me dire qu’il y avait de l’espoir et des solutions, il me disait qu’il fallait de toute façon s’attendre au pire, que fallait que j’arrête de croire au miracle et au pays des bisounours. A croire qu’il voulait que je craque pour être sûr que ça m’atteignait. Alors que j’essayais juste de ne pas sombrer…

Toutes mes peurs ont éclaté à la surface. J’ai du pleurer une bonne demi-heure. Que dis-je pleurer, crier de douleur serait plus approprié. Je me suis laissée emporter par un flot de douleur pur.

Il a été totalement désemparé, il n’avait pas imaginé un instant ce qui se cachait derrière la digue…

Il m’a laissé brisée, amorphe toute la soirée…

Je vous avoue que j’ai du mal à remonter à la surface depuis. Une fois que les peurs ont été lâchées, il est difficile de revenir en arrière.

Je vous dirais que comme toujours, je vais me relever et avancer, pour continuer ce combat. Cependant l’horizon s’assombrit avec le temps et les obstacles qui s’amoncèlent, et je ne peux rien faire contre ça….

Quand tu as été assez stupide pour croire que tu arriverais à oublier la PMA pendant les vacances…

Nan mais en vrai c’est juste que vous me manquiez trop 😉

Bon j’aurais du me douter que c’était illusoire de croire que je ne penserai pas à la PMA pendant 3 semaines, surtout que je dois appeler pour prendre un paquet de RDV qui y sont lié (RDV avec le spécialiste du sang pris ce matin, ce sera le 29/08, et encore il aurait pu me prendre déjà jeudi si j’avais été dispo). Et demain pleins d’appels pour les autres RDV.

J’aurai du me douter que une journée qui commence par des appels pour la PMA, puis on passe devant le centre de PMA dans l’après-midi pour notre baignade de l’aprem…. y a comme un thème récurrent qui clignote en rouge là, non ?

Bref je me suis pris la tête avec M., parce que je vient de découvrir qu’il m’avait caché qu’il avait recommencer à fumer…. Il y a quelques semaines je lui avais clairement posé la question (car il fumait beaucoup aux soirées, et qu’il avait racheté des sucettes, ce qu’il avait fait pour moins fumer/arrêter précédemment) Il m’avait répondu que non, que c’était vraiment que occasionnellement en soirée (bon sur ce point on avait déjà discuté, il se sentait au dessus de tous les autres fumeurs genre « nan mais je peux fumer juste aux soirées, je me contrôle, je ne suis pas dépendant à nouveau, je gère »).

Je précise que ce n’était pas un gros fumeur. Il a fumé pendant 1ans et demi, environ 6 cigarettes/jour (ça a commencé quand on s’était séparé donc en 2012). Il a re-fumé un peu l’été dernier pendant sa dépression. Mais il a quasiment toujours continué à fumer en soirée, ou dès que quelqu’un a une cigarette électronique.

Alors oui je sais j’ai la vision moralisatrice de la meuf qui n’a jamais fumé et donc qui ne comprend pas trop. Certes, mais bon ça justifie pas de me mentir. Il a eu le culot de dire que c’était un mensonge par omission…. ben non justement vu que je lui avais demandé.

Et puis après il m’a dit que j’étais la méchante dans l’histoire, que je le culpabilisais, alors que lui il essayait juste de pas sombrer, mais que moi je rajoutais un problème sur les soucis qu’il a déjà.

Sauf que de mon point de vue, quand on a déjà de base des soucis de qualité de sperme à cause de problèmes de prostate, c’est le fait de fumer par dessus qui rajoute un problème…. Mais non c’est forcément moi la méchante (moi je voulais juste rester dans mon coin de temps de digérer l’info pour pas me prendre la tête, mais il a forcé la discussion…). Et je lui reproche surtout le mensonge mais il occulte cette partie.

J’avoue que je lui en veux. Je n’ai pas envie de le faire culpabiliser. Mais je trouve ça drôle qu’il culpabilise d’avoir des problèmes de spermes (auxquels il ne peut rien), mais pas de fumer (alors que sur ça il a une prise). Je sais ça parait peut-être trop simpliste comme vision de mon côté de non-fumeuse.

Mais surtout je lui en veux de ne pas vraiment faire d’effort. Notamment continuer à fumer en soirée, en sachant pertinemment comment ça allait finir. De ne rien faire des quelques choses sur lesquels il a une prise (boire 2L par jour d’eau, pas trop d’alcool, ne pas fumer), alors que moi je dois tout subir pour la PMA sans avoir le choix. J’avoue que je me pose des questions pour la FIV, est-ce que j’ai envie de subir tout ce lourd protocole alors qu’il nous rajoute des bâtons dans les roues ? Je ne veux pas rentrer dans le chantage, je ne veux pas dire « si t’arrêtes pas de fumer on fait pas de FIV », ce n’est pas mon ressenti même si c’est comme ça qu’il le percevra si je lui dit. Il croira que le seul problème c’est la clope.

Mais c’est juste que je n’ai pas envie de sacrifier mon corps pour quelqu’un qui est si souvent égoïste….

 

Si vous avez des conseils, des histoires de vécu, un point de vue de fumeur sur la question ^^, etc… je suis preneuse…

 

« Peut-être que tu devrais voir quelqu’un » partie 2 – quand on attend trop longtemps – flashback

Pourquoi ne pas attendre trop longtemps avant de consulter ?

Et bien mon homme a attendu trop longtemps, et la situation a été très compliquée à gérer ensuite. Petit flashback printemps/été 2016 chez Nirnaeth :

Mon homme refusait de consulter un psy quand il a appris que le problème majoritaire dans notre cas était la mauvaise qualité de son sperme. Il a commencé à sombrer, de plus en plus. J’étais impuissante face à cette tristesse mais aussi cette rage. Il a commencé à avoir des idées sombres. Oh il ne me l’a pas tout de suite dit, mais bon on ne me l’a fait pas à moi qui ai eu ces idées là il fut un temps. Il s’enfonçait toujours plus, mais refusait de voir un psy. Pour lui, juste parler n’allait rien changer à ses problèmes, donc c’était inutile. Pour lui, la seule solution pour aller mieux c’était qu’on ait enfin un enfant, mais que sinon il n’irait jamais mieux. Je ne compte même pas le nombre de fois où je lui ai demandé de consulter. Ce n’était pas des paroles génériques en l’air, il savait à quel point consulter un psy m’avait aidé dans le passé, il avait été témoin des bienfaits pourtant. Mais rien à faire.

C’est très dur à vivre quand la personne à qui on tient le plus nous parle de mettre fin à ses jours. On se sent impuissant. Dès que je partais, j’avais peur de ce qui pouvait se passer. Il y a un moment où j’ai du lui confisquer ses clés de voitures, car j’avais compris que c’était là son idée de passer à l’acte, conduire et se fracasser contre un mur. Il y a des jours où j’ai failli le faire interner de force tellement j’avais peur pour lui.

giphy

A ce moment là, il n’avait parlé à personne de nos problèmes, et refusait catégoriquement de « l’avouer » à des amis ou même la famille. Quand enfin j’ai réussi à lui en faire parler à une ou 2 personnes, le déblocage a un peu commencé. Au bout d’un moment il a enfin accepté de consulter.

Et depuis, malgré ses a-prioris et préjugés, il va mieux. Ce qui est assez drôle, c’est que le psy lui a ressorti beaucoup d’arguments que je lui disais. Dans ma bouche il refusait de les entendre, parait que je disais n’importe quoi. Mais quand son psy lui disait les mêmes propos c’était une révélation^^ comme quoi, rien que parler à une personne extérieure, étrangère, peut totalement changer la donne.

Il n’y va plus, même si je pense que de temps à autre une séance lui ferait encore du bien. Il a réussi à remonter la pente. Bon il gère toujours aussi mal l’annonce des nouvelles pas cool (il est borderline, donc y a pas de miracle). Mais il n’a plus d’idées suicidaires, et la vie quotidienne est revenue à la normale.


 

Oui la PMA et l’infertilité sont des épreuves, mais non, nous ne sommes pas obligés de les vivre au fond du gouffre.

giphy

Alors je pense que si vous vous posez juste la question « Est-ce-que ce serait bien de voir un psy », et bien allez-y et voyez par vous même. Ne pas attendre l’urgence. Evitez vous une descente aux enfers.

IAC 3 : AMH + 1e stimulation+ Jour J

Avec cette première stimulation, mon corps s’est un peu emballé niveau timing. Du coup tout est arrivé trop vite, c’est assez bizarre comme sensation (j’étais pas préparé psychologiquement à l’IAC, même si au but du compte ça fait moins de piqures), et en + que deux jours de câlins entre la fin des règles et le début d’abstinence pré-dépôt… Je suis en manque de relation charnelle !!!!

Donc petit résumé de ce début de cycle :

au total 6 injections de gonal F 37.5UI (ça va je m’en sors pas trop mal), 4 prises de sang, 1 piqure d’ovitrelle.

2 follicules, mais seulement 1 vraiment mature, le 2e ne devrait rien donner.

2e prise de sang pour l’AMH à J3, avec l’inhibine B pour vérifier les résultats : autant l’inhibine B est normale, l’AMH elle est encore pire, 1,01 ….. D’après le gynéco, ça ne veut pas vraiment dire que ma réserve ovarienne est très basse (vu que inhibine B normale), le plus gros risque est que en cas de IV je ne réponde pas très bien à la stimulation (ce qui confirme les infos que vous m’avez donné). Mais d’après lui il ne faut pas trop s’inquiéter car depuis 1an qu’il me suit, j’ai ovulé chaque cycle, avec toujours un beau follicule.

Et du coup, le gonal F a surtout accéléré les choses, j’ai 4 jours d’avance sur mes cycles naturels. Donc ovulation à J12. Je m’attendais à une IAC fin de semaine, ben au final elle a eu lieu ce midi —1.82 millions dans la préparation. Mais le nombre total est bien plus bas que les autres fois. Même si la mobilité+typique était plus correcte que certaines fois (on est repassé à 20%, après avoir atteint les 9% une fois). Je me dis qu' »à notre niveau on s’en fout du nombre total, le plus important c’est le nombre à inséminer. Mais bon mon homme ça le fait quand même bader un peu.

— Voilà voilà, début du psychotage qui ne va pas tarder (en général je tiens 1 semaine avant de me triturer l’esprit).

Et sinon on a dépassé un nouveau cap avec mon gynéco (bon je l’aurai vu 5 fois en 8jours), maintenant il me tutoie ^^


Et sinon mon RDV psy de ce lundi était assez bizarre. Je lui ait que je commençais enfin à accepter de devoir passer par la PMA. Et là elle m’a dit : mais est-ce qu’il faut vraiment accepter cela ? oui c’est totalement injuste, alors pourquoi devoir l’accepter ?…..

Elle m’a aussi demandé comment se déroulait la stimulation et la PMA dans les détails (d’habitude en fait on parle de totalement autre chose en fait), et elle m’a beaucoup plaint ^^ J’ai trouvé ça bizarre venant d’une psy en fait ! genre elle avait de la compassion ! mon ancien psy n’était pas du tout pareil, on aurait dit qu’il n’éprouvait aucun sentiment. Alors qu’elle ne les cache pas, et ne s’empêche pas de donné son avis. Surprenant quand on passe de l’un à l’autre, mais le feeling passe tellement mieux au final !

IAC2 (ou pas, enfin peut-être) : RDV de suivi de cycle, ras-le-bol et coup de blues

Beaucoup de choses se bousculent dans ma tête depuis vendredi soir. Je crois que cet article risque d’être un peu long, j’ai beaucoup de choses à dire.

Partie I : RDV gynéco

Je vais commencer par ce RDV de suivi de cycle chez mon gynéco vendredi. Bon déjà les saignements ont enfin cessé le vendredi, après 16 jours. Mais du coup ça a décalé mon cycle de 4 jours d’après l’écho de contrôle. Donc mon ovulation tombera pile-poil quand je serai en formation…. Le gynéco vérifiera encore lundi matin pour qu’on soit sûr, vu que c’est décalé mais bon vu comme ça s’annonce, c’est un cycle dans le vent. Et bon dans la lignée de mon article précédent, il n’a même pas daigné de s’intéresser à ces saignements de 16 jours. Alors perso je pense clairement que c’est cette piqûre pour déclencher l’ovulation (sur cycle sans stimulation) qui m’a totalement déréglé. Mais même si c’est ça, il aurait pu le dire. Mais non, rien, nada, aucune explication, ça ne lui importait pas. A ce stade, je crois que je n’ai plus aucune confiance en lui.

Puis on débriefe avec M. le compte-rendu de l’échographie de la prostate, avec la lettre de compte-rendu. Enfin débriefer est un grand mot, il a lu la lettre, entouré les mots qui l’intéresse puis a sorti son carnet d’ordonnance. Il oublie que le compte rendu, on ne reçoit pas de copie en tant que patient en général. Donc le gynéco lui prescrit un traitement de choc à base d’antibio, je ne comprends pas trop. En sortant, je vois que M. n’est pas trop bien, du coup je lui demande ce qui se passe, et en fait il a vu sur le compte-rendu que le mec de l’échographie ne lui avait pas tout dit. Il lui avait dit que c’était rongé à cause de l’ancienne infection. Mais sur le compte rendu la conclusion indique que l’échographie est compatible avec une infection un peu généralisé de la prostate et glandes séminales et tout et tout. Et il n’y a pas marqué « ancienne infection », mais bien infection, genre c’est encore en cours. Je ne comprends pas trop pourquoi il ne lui a pas dit ça…. mais bon je me dis qu’on demandera aussi l’avis au RDV PMA de lundi, quitte à voir si il peut consulter un spécialiste de la prostate, pour mieux comprendre tout ça, et éviter que ça s’aggrave. Mais MINCE pourquoi les spécialistes ne nous disent pas tout en face ??? on sait ça juste parce que M. a eu le bon sens de lire le compte-rendu à l’envers en même temps que le gynéco. Et vu qu’on a le RDV PMA, le gynéco nous a passé la lettre pour la photocopier et la mettre au dossier, donc on a pu la lire. Sinon on ne l’aurait même pas su….. Bref j’ai de moins en moins confiance dans les médecins.

Partie II : la prise de tête

En sortant on discute avec M. il est faché/triste à cause de cette nouvelle qui a été cachée, mais aussi in s’énerve parce que on va rater le moment de l’ovulation ce mois-ci. Je lui explique que bon, moi aussi ça me fait chier déjà, et ce n’est quand même pas de ma faute si j’ai une formation ! (qui en plus me fait déjà chier car je loupe un concours que je voulais passer en vue d’une reconversion, donc elle tombe vraiment mal mais pas moyen de la décaler.), et il ajoute qu’en plus au cycle d’après on sera probablement à l’étranger donc ça reporte à avril les IACS

Alors je lui précise que de toute façon, il y a une chance qu’au centre PMA ils nous déconseillent de faire ces IACs dans ses conditions. Et là c’est partie en n’importe quoi.

A base de reproche parce que je ne fais plus confiance au gynéco, que y a quelques mois il avait lui des doutes et que c’est moi qui avait voulu continué chez lui. (mais maintenant il lui fait confiance vu qu’il avait vu juste pour la prostatite) Alors oui, mais je lui rappelle qu’il a eu le dernier mot, que je lui avais dit que s’il voulait vraiment changer on pouvait car je veux qu’on soit tout les deux ok sur ce choix. Et qu’il a choisit de rester, pour qu’on puisse lancer les IACs plus rapidement. Mais ça il l’oublie, m’accuse de nous faire perdre notre temps, car ça va tout repousser. J’essaye de lui expliquer que non, vu que de toute façon on aurait attendu pour le RDV PMA dans tous les cas, donc non on ne perd pas de temps à cause de ça. Il me dit que je rêve, que si on fait les IACs en ambulatoire, au centre PMA ils nous prendront que pour la FIV mais pas les IACs, parce que ça ne se fait pas de piquer les patients à un Dr. J’essaye de lui expliquer que non, c’est fréquent les gens qui changent de Dr dans leur parcours. Mais il ne veut pas l’entendre. Et il s’énerve contre moi aussi en disant que je m’invente des problèmes suite à mes saignements, que le gynéco c’est son métier donc s’il dit que ce n’est pas inquiétant ça ne l’est pas. Je lui dit que non, ça arrive souvent de passer à côté, et que surtout j’ai besoin que ça soit vérifié. il me dit qu’on a déjà assez de problèmes, qu’en gros c’est lui qui a le monopole des soucis, des problèmes vu que ça a été prouvé, et que moi tant que y a rien en gros ben faut que j’arrête d’en parler parce que ça rend la situation plus difficile pour rien… SOUTIEN = 0. Je lui précise que j’en parlerai quand même au RDV de lundi, parce que je ne veux pas foncer tête baissée juste pour faire des IACs rapidement, et qu’ensuite on se rende compte qu’il y avait autre chose et qu’on ait gaspillé inutilement des tentatives.

C’est horrible, je n’ai aucun soutien de sa part, et il ne me prend pas au sérieux.

 

Partie III: j’ai rechuté

La plupart des gens infertiles commencent à consulter les psy quand les problèmes deviennent difficiles à accepter.

Pour moi c’est un peu différent. J’ai consulté le psy avant les essais BB. Car oui j’ai été dépressive pendant de très longues années (environ de mes 10 ans à mes 22ans…), et avant de commencer les essais, je voulais partir sur de bonnes bases, me sortir de cette situation. Être capable de me gérer moi pour me sentir capable d’être mère. J’ai réussi à m’en sortir à ce moment là, parce que pour la 1e fois j’en ai eu la force et la motivation.

Heureusement que je l’ai fait car sinon je n’aurais jamais réussi à supporter les épreuves par lesquelles nous sommes passés depuis. Quand j’ai fini le suivi psy, quelques mois plus tard nous avons lancé les essais. J’ai appris à gérer la tristesse, les mauvaises nouvelles, les mauvaises passes. Ça m’a souvent aidé à relativiser tout ce qui nous arrivait. Il y a eu des moments ou j’ai du vraiment me battre et m’accrocher pour rester à la surface, mais le souvenir du mal-être de ma dépression passée m’a aidé à me battre et ,e pas replonger.

Mais hier matin j’ai reconnu les signes. J’ai replongé. On dit souvent que la dépression on n’en guérit jamais, mais qu’on peut tout de même s’en sortir. C’est un peu comme l’alcoolisme, il faut faire attention et se battre pour ne pas replonger.

Mais là c’était trop pour moi. Je l’ai senti venir, mais c’est insidieux. Je sentais qu’il fallait que je retourne chez le psy car mes propres ressources ne suffisait plus. J’ai appelé 2 fois dans la semaine, mais je tombais sur le répondeur et ne laissait pas de message pour qu’elle me rappelle. Je pense aussi que c’est pour cela que j’ai lancé ce blog, je me sentais au bord de craquer.

C’est trop pour moi, trop de choses en même temps : le décès de l’arrière-grand-mère, le travail qui ne me plait pas, l’impression de passer tout mon temps libre en salle d’attente et  RDV médicaux, mon corps qui me lâche (en 1 mois je cumule grippe, sinusite infectieuse, angine, et maintenant bronchite; j’ai une rhinite chronique et de l’asthme et je viens de découvrir que vu que ce n’est pas allergique il n’y a pas vraiment de traitement efficace sur le long terme, donc médicaments quotidien à vie), ce cycle débile avec des saignements à rallonge, la peur que j’ai des soucis plus graves, la peur de passer plusieurs années encore en PMA, le je-m’en-foutisme de mon gynéco, l’incompréhension de ma mère, le manque de soutien de mon homme…

 

Bref j’ai rechuté, la dépression m’a rattrapée. je ne veux pas revivre ça.

Promis demain je laisse mes coordonnées au psy pour qu’elle me rappelle.

Je crois qu’il me faudra bien ça pour affronter demain une prise de sang, un RDV de suivi de cycle et un 1er RDV PMA…. je vous raconterais l’issue de cette folle journée.

Allez on garde la tête haute, c’est dimanche, il faut en profiter.