La mauvaise blague continue

Voilà, j’ai eu les nouveaux créneaux pour prendre RDV….. le 12 novembre.

Aucune négociation possible, »y’a aucun autre créneau avant Madame, tout est complet ». En gros tu prends le RDV qu’on te donne et si ça te va pas, ben c’est la même chose, rien à foutre si ton RDV initial a été décalé en plein mois d’août. Je trouve ça abusé…

Bref on va aller chouiner chez la sage-femme qui nous avait reçu à notre retour en France après la mort de S., en espérant qu’elle arrive à nous négocier un RDV plus tôt en direct avec notre gynéco référente comme elle l’avait fait à l’époque.

Et sinon ben tant pis, on ne fera pas ce RDV, il n’était pas obligatoire, c’était de notre volonté. On préfèrerait débriefer une dernière fois avant de reprendre les essais, mais sincèrement maintenant qu’on est prêt, on ne peut pas attendre aussi longtemps. On a besoin de relancer les essais pour avancer…

De toute façon c’est l’immunologue qui va statuer sur le traitement à prendre s’il y a besoin, et lui on le voit bien en septembre.

 

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La mauvaise blague du jour – suite

On est enfin lundi matin, je peux donc appeler le secrétariat pour demander une nouvelle date pour ce foutu RDV qu’on m’a décalé.

Après 4 appels et 10 minutes d’attente, je parviens à avoir une secrétaire.

Ils n’ont pas encore les nouvelles dates pour les créneaux à venir. Faut donc que je rappelle fin de semaine, avec un peu de chance ils devraient les avoir. Je lui demande si elle sait approximativement pour des RDVs à quelle période ce sera  – « aucune idée ».

Super…. je reste donc dans l’incertitude et le doute.

Par contre mon RDV décalé en août lui est-bien supprimé….

 


Ah et sinon on a traduit la suite des analyses d’autopsie que nous avons reçues – analyses de prélèvements et autres trucs glamour. D’ailleurs au passage merci à Lucienne pour le tips du logiciel OCR 😉

Tout est normal, confirmation qu’il n’y avait pas d’infection ; également les analyses supplémentaires sur le placenta sont toutes normales. Cela ne change donc rien, on reste sans explication.

L’annonce tant redoutée

Décidément, hier fût bien une journée de merde.

Ca commençait mal à cause de la date forcément, pleins d’annonces de décès atour de mes collègues ; et donc forcément ça parle de mort, d’enterrement, et en bonus des phrases à la con mais qui pour moi sont difficile à entendre type  » parfois on meurt plus vite qu’on nait »; « oui ça lui a pas pris 9 mois » (c’était pour parler d’un cancer, entre l’annonce et le décès, mais bon vous voyez bien là où ça peut me faire mal….).

En parallèle de tout ça, j’étais angoissé depuis quelques jours, car l’amie que j’évite m’a recontacté. Je l’évite car en janvier, elle nous avait dit qu’elle avait arrêté la pilule. Donc je savais qu’une annonce allait probablement arriver prochainement, car faut pas rêver, je pense que je resterai la seule infertile de tout mon cercle de connaissance…

Le pire c’est qu’en janvier, quand elle nous a dit ça, je me suis dit « ouf, j’ai échappé à une grossesse de plus pendant la PMA » HAHAHA ma vie est une blague je me suis ensuite dit, elle intervient après la perte de mon fils, ce qui est encore pire ! Comme si DNLP se demandait « mais qu’est ce que je peux lui réserver d’encore pire pour la faire souffrir? » –  Ca me fait penser, étrangement vu que je suis habituée à avoir la poisse et autres, je m’étais dit pendant la PMA « nan mais tu arriveras à tomber enceinte, mais tu vas perdre le bébé. Car sinon ce serait trop facile. Et après tu n’arriveras plus jamais à en avoir » . Vous imaginez que c’est fun quand une partie de ce dont vous avez pensé se concrétise… Bon la suite dans ma tête c’est qu’ensuite mon mari meurt dans pas longtemps d’un cancer/accident de la route, que je choppe une maladie grave et que tous les gens que j’aime meurent jeunes et que je finisse seule etc… OUAIS je suis optimiste avec ma vie ! Bon je vous rassure, j’arrive aussi à reprendre le dessus et me dire que non, ça va bien se passer, enfin j’espère.

Bref une fois de plus je diverge, revenons à nos moutons.

Il y a déjà 3 semaines environs elle m’avait envoyé un sms pour prendre de mes nouvelles, mais je n’avais pas répondu. J’ai attendu, attendu, puis dépassé la limite pour répondre sans que ce soit trop bizarre. Mercredi dernier, elle me revoit un message sur Messenger pour savoir si je vais bien.

Je me triture l’esprit, je sais qu’il faut que je lui réponde. Alors dimanche je lui dit juste les convenances, « ça va mieux, blablabla et toi comment tu vas »; elle me répond des banalités « contente d’être en vacances, on est bien dans la nouvelle maison ». Bref, je ne répond plus, je suis toujours aussi stressé, car il faut que j’aille droit au but, il faut que j’arrive à lui dire ce que j’ai sur le cœur. Alors hier soir je me lance pour me soulager, pour en finir avec ce poids. Je lui explique que je n’ai pas osé prendre de nouvelle car j’appréhendais une annonce de grossesse, car je ne suis pas assez forte pour gérer ça, que je serais incapable de la voir en présentiel car trop difficile pour mois les femmes enceintes et les bébés. Et que du coup le jour où ça arrive je préfère une annonce par message, pour pouvoir encaisser ça dans mon coin. Que malheureusement le jour où ça arrivera on ne se verra peut-être pas pendant un long moment, même si même temps, pour eux je leur espère que ça ne tarde pas trop paradoxalement.

Elle me répond qu’effectivement c’eétait ça hantise de se dire que si ça leur arrive, comment annoncer ça sans trop nous blesser, car elle se doute que ça doit être très difficile pour nous.

Ce message me laisse plein d’espoir, il semblerait qu’elle dise qu’elle ne soit pas encore enceinte ? que je vais encore pouvoir la voir ?

Mais non, quelques minutes plus tard elle me dit « je n’ai pas envie de te mentir et me triture l’esprit depuis des semaines…. mais du coup tu ne vas pas vouloir me voir de si tôt… »

En guise de félicitation j’ai du lui répondre un « tant mieux pour vous ». Et je lui ai dit qu’on garderait contact par message alors, le temps que j’arrive à gérer ça. Elle était soulagée, car elle avait peur que je veuille couper totalement les ponts.

Mais ce matin je me dis que c’est probablement illusoire, est-ce qu’un jour je serai prête à voir un bébé qui aura été conçu le mois après la mort de S. ? (c’est prévu pour janvier, j’ai quand même demandé au lieu de me triturer l’esprit) Un bébé avec un âge si proche ? j’espère 2 choses : que ce ne soit pas un garçon, et qu’il/elle naisse bien en 2020 – pas la même année que S. . Sans ces conditions je vois mal comment reprendre un vrai contact avec elle un jour sans morfler…

Voilà voilà, prends toi ça dans la face. Même si on s’y attendait, ça fait extrêmement mal. Et j’étais en colère. Face à ma vie merdique, pourquoi j’en chie tout le temps ? pourquoi je cumule tout ? infertilité, PMA, perte de mon bébé….. quand est-ce que ça va s’arrêté ? et en plus je dois m’éloigner d’amis que j’apprécie beaucoup pour ne pas souffrir plus…

Alors qu’elle attend patiemment le moment où elle veut un enfant, se marie, construit sa maison, arrête la pilule, et hop 4 mois après elle est en cloque. Et on peut prédire que pour elle tout va bien se passer forcément.

C’est tellement injuste…

Et forcément j’apprend ça alors que mon mari potasse un entretien hyper important pour mercredi, alors je ne pouvais pas lui en parler hier soir, je savais que ça l’affecterait beaucoup trop sinon. Alors j’ai caché mes larmes sous l’eau de la douche, puis j’ai pris un somnifère pour me coucher et dormir sans trop cogiter…

 

4 mois

Aujourd’hui cela fait 4 mois que débutait ce cauchemar éveillé.

On a parcourut un chemin immense depuis, beaucoup plus rapidement que je ne l’aurais pensé. Peut-être parce qu’on est habitué à vivre des choses difficiles, probablement car on a su demander de l’aide immédiatement. Mais il ne faut pas se méprendre, même si on arrive à aller de l’avant, c’est encore souvent difficile, la tristesse et la douleur ne sont jamais très lointaines. Mais on arrive tout de même à vivre malgré tout. Et on s’aime plus que jamais.

 

C’est fou comme le temps s’est immobilisé, comme il passe si lentement alors que par le passé il filait à une vitesse folle et je ne le voyais plus passer. Car on vit l’instant présent au lieu de toujours regarder en avant.

Et cela n’a pas commencer avec la mort de S., mais bien dès le jour où nous avons appris qu’il s’était accroché –  4 mois auparavant, le 12/11….

Tellement de choses se sont passées pendant ces 4 mois où je savais consciemment qu’il était dans mon ventre (car bon les 15 jours entre le transfert et la prise de sang, ce n’est pas vraiment pareil). Je me remémore tous les événements qui se sont passés, les soirées et les moments entre amis et en famille…. Je me souviens de tous ces moments.

Alors que d’habitude je suis incapable de savoir exactement ce que j’ai fait pendant un laps de temps pareil. Nous savourions l’instant présent, chose magique que nous avions oubliée depuis si longtemps –  parfois je me demande même si cela m’était déjà arrivé ?

Puis nous avons appris la mort de S. et ce ralentis du temps est devenu différent. J’ai l’impression que ces événements se sont produits il y a une éternité. Nous avons parcourut tellement de chemin depuis ce 8 mars. Pourtant la route est encore longue, et se dire que ce qui nous a semblé être une éternité, n’étaient que 4 petits mois, à l’échelle d’une vie cela fait peur pour tous les jours qu’ils nous reste à vivre sans lui.

Je ne retiens plus tous ces moments passés entre amis – il y en a eu beaucoup ces derniers temps, depuis que nous avons retrouvé une vie sociale – mais seulement avec les amis très proches, qui connaissent vraiment notre histoire, et avec qui on se sent en sécurité, avec qui on peut passer de bons moments et se changer les idées. Bien évidemment, il y  a encore toujours des moments quand on est avec eux où l’on se met en retrait, où l’on a un coup de moins bien, mais dans l’ensemble on arrive tout de même à profiter.

Avec la famille c’est différent, autant dans les 1ères semaines leur présence a été salvatrice, autant maintenant leur présence est dure -cela nous rappelle sans cesse que la famille n’est pas au complet. Et puis souvent ils manquent de tact, ne comprennent pas que c’est dur de voir mon neveu, ils parlent des enfants et grossesses dans leurs entourages, insistent pour nous voir (ma mère me fait limite du chantage affectif…), etc.… alors on les voit peu pour se protéger. On a essayé il y a 2-3 semaines de faire un repas de famille pour l’anniversaire de ma mère, mais comme on pouvait s’y attendre c’était une erreur, justement pour ce que je viens de citer. C’était un test, on sait maintenant qu’il nous faudra beaucoup de temps pour réussir à vivre ces repas sereinement. Alors on a décidé qu’on n’en ferait plus avant qu’on le sente vraiment, qu’il fallait qu’on se protège, et tant pis s’ils ne comprennent pas.

Dans cette optique, on a aussi décidé de ne pas aller à un mariage d’amis fin août. On ne le sent pas, potentiellement trop d’enfants, des vieilles connaissances qui risquent de poser des questions maladroites, etc… bref même si ça nous attriste de ne pas célébrer ce moment avec ces amis, il faut qu’on se protège avant tout. On souffre déjà assez comme ça. Il faut qu’on leur annonce, cela me fait peur, j’espère qu’ils comprendront.

 

Pourtant, malgré ça je sens aussi un gros changement dans ma tête depuis le RDV immuno de la semaine dernière. On a vraiment passé un cap, finit toutes les investigations que l’on devait faire. Il y a un avant et un après. Je pense à nouveau constamment à S., encore plus que les semaines précédentes où mon esprit me laissait un peu de répit ; mais aussi au désir d’enfant tout simplement. Cette envie viscérale d’être parent qui reprend le dessus, même si notre deuil est loin d’être accompli. Alors je sais déjà que si nous sommes sur la même longueur d’onde avec mon mari (cela sera probablement le cas), que même si ça fait peur, on enclenchera le retour en PMA après les RDVs de septembre, quand tous les feux seront au vert.

Rdv immuno

Mardi soir, soirée extrêmement difficile : je dois me replonger dans mes dossiers, pour faire le tri et regrouper tous les papiers importants – vis à vis de ma santé, de la PMA et de la grossesse…. Forcément je retombe sur le dossier d’admission à la maternité, les photos d’échographies, l’empreinte de son pied… moments extrêmement difficiles.

Mercredi, après une nuit courte et agitée, je suis arrivée à l’hôpital ultra en avance car je n’avais rien compris d’où se trouvait le service. J’avais un peu étudié le plan, mais j’ai bien fait de venir tôt, car ce n’était pas là. J’avais pris ma matinée pour ne pas être stréssée. Mon mari par contre travaillait, donc j’ai fait l’éclaireuse pour lui indiquer où c’était exactement, qu’il puisse venir au dernier moment pour ne pas avoir trop d’heures à rattraper.

J’y avais déjà été il y a plusieurs années – en 2010 j’apprendrai – alors j’ai reconnu l’entrée, puis j’ai demandé mon chemin à l’accueil vu l’immensité de l’endroit – cet hôpital tient plus du hall d’aéroport que du centre de soin !!!

Le professeur a 30 min de retard, il nous dit qu’on peut prendre un café en cherchant la patiente précédente.

Bref c’est notre tour, enfin d’abord moi toute seule, mon mari ne peut pas venir de suite (d’ailleurs le mari précédent s’est énervé à cause de ça). C’est une consultation « grossesse » je vous rappelle (ouaip très très drôle comme appellation…) Donc effectivement ça a tendance à concerner le couple.

Et vous vous en doutez, vu le type de consultation, la femme avant moi est enceinte, les deux après aussi. Ca fait bien bien mal vous imaginez. Je ne peux pas m’empêcher de leur en vouloir, comme toujours. Une part de moi déteste toutes les personnes pour qui ça se passe bien. Je sais c’est con, je sais c’est horrible, mais on ne maitrise pas son inconscient (puis je me rends compte de tout alors ma cause ne doit pas être perdue). Puis à chaque fois on se dit « pourquoi c’est toujours moi qui en chie et pas les autres un peu aussi ». Mais faut se rendre à l’évidence, je suis « les autres » pour tout le monde. Je n’ai personne d’infertile dans mon entourage, personne qui a vécu un deuil périnatal. Alors forcément niveau statistiques, les probas pour que ça tombe sur ma gueule était bien élevées…

Mais vous savez le pire dans tout ça pour ma culpabilité face à ces pensées sombres ? c’est que si ces meufs se retrouvent dans cette consultation, c’est que soit elles ont aussi une maladie auto-immune pas très sympa qui impacte la grossesse; soit elles ont vécu la même chose que moi ; voir les deux. D’ailleurs celle avant moi est venue avec son mari, et sa fille ainée qui devait avoir 8 ans. Vu l’écart entre les deux grossesses, forcément on peut présumer que y’a des trucs probablement pas cool qui se sont passés entretemps. Et vu l’énervement de son mari quand il a appris qu’il ne pouvait pas venir de suite, ça confirme cette piste…. Donc le plus probable c’est juste qu’elles sont plus loin que moi dans le processus, dans la partie où ça va de nouveau mieux. Mais voilà ce matin là, je suis la seule qui est encore dans la tempête dans cette salle d’attente, et c’est dur, alors je déteste la terre entière.

Bref je me recentre sur le sujet.

Hasard total, c’est le même médecin qui m’a reçu il y a 9 ans (alors vous êtes prof d’anglais maintenant  ? Non pas du tout 😅). Très sympa, très drôle, il met à l’aise. Heureusement car je n’en mène pas large, il faut expliquer à la fois des évènements douloureux et mes 4000 soucis de santés et mon dossier médical de 5cm d’épaisseur. Je lui raconte donc mon parcours depuis la dernière consultation (je fais l’impasse sur mes années d’errance médicale sinon on y serait encore), lui parle de mes symptômes, des spécialistes vus, des examens effectués. Il me demande pourquoi je viens dans le cadre d’une « consultation grossesse » – bim l’effet glacial instantané. C’est toujours horrible de raconter cela. Les gens ne sont jamais prêt à se prendre cette histoire en pleine face. Bim une 2e couche quand il me demande pourquoi on était en Finlande – voyage de noces – ah ouais c’est dur… ouaip….

Mais ce que j’ai apprécié c’était son empathie, le choix des bons mots, de cette justesse qui reconnait la douleur mais ne tombe pas dans la pitié. Car c’est horrible d’inspirer la pitié aux gens, c’est dur de la voir une énième fois sur leur visage.

On est pas juste un dossier, il prend mesure de ce que cette épreuve représente pour nous. Et épluche vraiment notre dossier. Après m’avoir auscultée, mon mari peut me rejoindre.

Alors en résumé :

  • Effectivement cela ne peut pas être Goujerot-Sjögren vu les résultats d’analyses. Mais cela ne nie pas que j’ai un syndrome auto-immun, vu mes anticorps et mes symptômes divers et varié. C’est juste qu’il n’est pas rattaché à une maladie précise ou connue (je vous l’avais dit, je la sentais venir cette réponse). Par contre il m’a donné le feu vert pour commencer le Plaquenil (pour mes douleurs articulaires) dès à présent. Je vous avoue qu’on est passé très vite sur cette partie, car ce n’était pas le point principale de cette consultation.
  • Pour lui, la mort de S. n’est pas liée à ces problèmes. Toutefois, il pondère les résultats de l’autopsie : sur certains points, les analyses effectuées ne sont pas très claires (quelles analyses ont été faites sur le placenta; étude du cœur), or ce sont des points importants pour les problèmes causés par certaines maladies auto-immunes. Cependant : cette piste n’est pas privilégiée car je n’ai pas les fameux anti-SSA qui attaquent le cœur du bébé (et normalement même si le problème se développe à cette période de la grossesse il est vrai, cela n’est pas encore léthal à ce stade). Pour le placenta, on ne sait donc pas s’ils ont vérifié qu’il n’y avait pas de caillots à l’intérieur. Bref ce médecin est plus nuancé, plus franc aussi par rapport à la réalité des faits et des doutes.
  • Pour lui, ce serait donc tout de même la faute à pas de chance. C’est moche à entendre, c’est dur de ne pas avoir de réponse, mais en même temps je n’aurais pas été prête à ce qu’on me dise que c’était lié à ces soucis et que rien n’avait été fait pour éviter ce drame.
  • Pour la suite des événements : pour une prochaine grossesse, vu notre passif, il pense prescrire de l’aspirine (pour éviter les problèmes placentaires); et aussi suivi rapproché dans ce service (une consultation par mois à partir de 6-8 SG). C’est un suivi qu’ils mettent en place pour toutes les patientes qui ont vécu la perte de leur bébé pendant la grossesse sans explication claire (et qui ont des soucis auto-immuns). Parait que cet effet « cocooning » fait ses preuves, les patientes sont moins stressées et donc les grossesses se passent mieux.
  • Vu la complexité de notre dossier, il veut tout de même l’amener à leur prochaine réunion de service, pour voir si ses confrères ont le même avis que lui ou non. Il ne voudrait pas se tromper ou passer à côté de quelque chose. Cette partie là m’a aussi beaucoup rassurée, et cela prouve l’importance qu’il accorde au dossier.
  • Cette réunion est en septembre, et donc on le revoit le 25/09 pour débriefer de tout cela. Et comme ça si on a d’autres questions d’ici là, on pourra les poser.

 

C’était un RDV difficile, je n’ai pas appris grand chose en soit, mais cela m’a grandement rassuré pour la suite, quand on retournera en PMA et si par miracle je réussie à de nouveau être enceinte… C’est un peu plus facile d’envisager de reprendre les essais dans quelques mois dans ce contexte-là.

 

Une journée bien ambiguë (attentat et 1e échographie)

Je ne pensais pas du tout que cette article prendrait cette tournure aujourd’hui, mais malgré de bonnes nouvelles, j’ai le cœur bien lourd aujourd’hui en tant que Strasbourgeoise…. Je ne sais pas trop par quoi commencer.

Il y a eu la soirée de hier, totalement irréelle et angoissante. C’est une chose déjà très forte les attaques dans les autres villes, mais quand cela touche notre lieu de vie, la saveur est particulièrement étrange.

Seulement quelques minutes après les événements, l’info apparaissait sur les réseaux sociaux des Strasbourgeois, comme quoi il y aurait eu des coups de feu au centre et des blessés. Quelques minutes après, une connaissance confirmait qu’elle avait entendu des coup de feu, et qu’il y avait une personne ensanglanté en bas de son immeuble…

On ne sait pas encore ce qui se passe, on transmet l’info à tous nos amis, on se rassure que personne n’était sur place. Et on attend d’en savoir plus. Il faudra environ 30 min pour que l’info remonte au niveau national et soit confirmée officiellement par la Police, sans avoir de bilan au début, ni de détails.

Une amie est confinée dans un bar au centre, pas si loin du lieu, même si elle n’a pas assisté à l’attaque. Elle pourra quitter les lieux vers minuit.

Strasbourg est à la fois une grande et petite ville. La vie nocturne est plutôt concentrée dans le centre et quartiers adjacents, si bien que c’est un lieu de passage très fréquenté, aussi bien par les touristes que les habitants. On connait donc quasiment tous plusieurs personnes qui ont été confinés, voir qui sont passés par là quelques minutes avant le drame. La « grand rue » est une des rue les plus fréquentées car remplie de bars et restaurants. Que la fameuse « rue des grandes arcades » est un lieu de passage central, aussi bien pour traverser le centre que pour se rendre dans beaucoup de bars et restaurants. C’est une rue que j’emprunte quotidiennement pour aller au travail… Alors c’est un vrai choc de voir des images de ces lieux aux infos, de voir des blessés dans ces endroits que nous fréquentons si souvent. D’entendre qu’il y a eu 2 blessés dans un bar que je fréquente régulièrement et où j’étais encore la semaine dernière avec des amis.

Il est vrai qu’aux infos on vous parle des contrôles de sécurité pour accéder au centre en cette période de marché de Noël. Je peux vous dire que ces contrôle sont une grosse blague, plutôt censés faire illusion. Ils ne commencent qu’à 11h du matin (donc vous pouvez ramener ce que vous voulez au centre avant), les contrôles des sacs sont très sommaires (en gros faut juste l’ouvrir et ils regardent vite fait) mais aucune vérification des poches ou sous les manteaux. Et la plus grosse blague, en semaine vous pouvez prendre le tram à l’extérieur du périmètre et descendre à l’arrêt « grand rue » sans vous faire contrôler (cet arrêt n’est fermé que le weekend). Donc en fait vous pouvez faire rentrer ce que vous voulez. On en parlait encore la semaine dernière que c’était une blague ce dispositif, et qu’il semblait juste dissuasif…

Un peu plus tard dans la soirée, on entend parler de confinement dans d’autres quartiers, dont le nôtre… et on comprend bien même si ce n’est pas dit, que le suspect s’est échappé dans cette direction. Alors on essaye de glaner des infos, on apprend qu’heureusement les opérations se déroulent loin de chez nous. Ce n’est pas diffusé officiellement, mais en connaissant des gens plus près du lieu, on apprend que le RAID mène une opération là-bas. Des collègues de mon mari sont confinés dans un bar pas trop loin (et le seront jusqu’à 3h du matin !). Heureusement mon mari n’est pas allés boire un verre avec eux, après avoir hésité en fin d’aprem. L’angoisse que ça aurait été !

Il faut savoir que le Neudorf c’est un des plus important quartiers résidentiels de la ville, pas trop loin du centre mais sans en avoir les loyers, plutôt calme, bien desservis par les transports en commun, avec tout ce qu’il faut à proximité. Et donc qu’une bonne moitié de nos amis et connaissances habitent ce quartier, dont certain très près des lieux.

On apprendra ensuite que l’opération n’a rien donné, mais le confinement durera encore plusieurs heures. Avec le bruit des hélicoptères survolant la ville toute la nuit. Vers minuit et demi j’essayerais d’aller dormir, comprenant qu’il n’y aura probablement pas d’autres avancées pour le moment. Mais le sommeil tardera à venir et sera très léger.

La ville se lève avec une sensation bien étrange, la vie doit reprendre malgré ces événement tragique. Pourtant les gens ne se sentent pas très en sécurité, ne sachant pas si le tueur est toujours dans le quartier ou non…. Il faudra du temps pour se remettre de ces événements.

Alors ce matin, même s’il semblerait qu’aucune de mes connaissances ne soit parmi les victimes (bien qu’on ne connaisse pas la liste), je pense très fort aux victimes et à leur famille.


 

Au milieu de tout cela, le 12 décembre c’est aussi  le jour de notre 1e échographie à 7 SG, pour rencontrer, si tout va bien, « le Bidule » comme nous l’avons surnommé. Dans cette ambiance bizarre, en croisant des bouchons monstres à cause des contrôles à la frontières allemandes, et croisant de nombreuses voitures des force de l’ordre, nous arrivons au cabinet du gynéco. Ambiance surréaliste aussi mais d’un autre genre, se retrouver au milieu de nombreuses femmes enceintes, souvent avec leurs premiers enfants présent pour assister au spectacle. 20 min de retard (ça va encore), et c’est notre tour. On remplit notre dossier avec toutes les dates et infos de la PMA, et au bout de 10 longues minutes on passe en salle d’écho. Même pas besoin d’enlever le bas, je suis choquée, j’étais prête au strip-tease.

Le temps que le gynéco prépare le tout, mon mari et moi nous tenons très fort la main, les dés sont jetés, l’angoisse est à son apogée… le gel miraculeux… et là un embryon apparaît ! Zoom, pas de doute, on commence même à bien deviner la tête. Et là il met le son magique, celui qui nous fait craquer, fondre en larmes et nous rassure tellement…. un petit cœur qui bat bien fort ❤

Bidule est bien dans la place, ce n’était pas qu’une illusion.

Jusqu’ici tout va bien….

 

PS : bon, côté symptôme je ne suis pas épargnée, même s’il y a bien pire que mon cas. Même si j’ai « juste » des nausées, j’ai mal au bide plus ou moins en continu, je fais de l’hypoglycémie toutes les 3h donc j’apprend à manger fractionner (mais même ça marche pas tout le temps). J’ai déjà perdu 3kg (bon j’ai des bonnes réserves, alors c’est pas très grave ^^)  Et surtout depuis une semaine je fais de l’hypotension. En gros dès que je suis debout plus de 5-10min je suis proche du malaise (malaise que j’ai d’ailleurs eu au début de ses problèmes, dans le tram la semaine dernière, tout est devenue noir pendant 5 min, c’était bien flippant…). Je suis donc en arrêt maladie pour une bonne semaine, avec ordre de repos, et bas de contention à mettre dès que je les recevrais. En espérant que ça résolve le problème. Mais le plus important dans tout ça, c’est que ce n’est pas grave pour Bidule, et ça c’est le plus important !

FIV1 ter – 2e dosage

Je vous ai laissé il y a deux semaines, après une 1e prise de sang bien positive, pour notre plus grande surprise et bonheur.

Mon centre PMA étant bizarre, ils ne demandaient pas de 2e prise de sang. J’ai donc appelé mon gynéco pour prendre RDV pour la 1e écho, et au passage essayer de quémander subtilement une ordonnance. Mais la secrétaire m’a dit que non ce n’était pas nécessaire. Et vu que de nature je ne suis pas très insistante, j’ai accepté cette reponse. Et mon mari, pour une fois zen, m’a dit « faisons confiance aux médecins s’ils ont tous le même avis ».

Bon c’est bien beau comme résolution, ça tient un certain temps. Mais l’écho n’est que le 12 décembre ! (Encore 2 semaines et demi 😱)

Les symptômes ont joué à la fluctuation la semaine dernière, me faisant un peu peur, et ces dernières nuits ont été remplies de cauchemars (entre fausse couche, écho anormal ou pas d’embryon à l’écho, autant vous dire que mon inconscient me fait des misères la nuit).

Alors ce matin j’ai craqué, je me suis dit que je ne tiendrai pas encore 2 semaines et demi sans savoir si ça évoluait bien !

Je suis donc allée faire une prise de sang ce midi, sans ordonnance. D’ailleurs je suis tombée sur une secrétaire qui se rapellait qu’on avait fait les IACs avec ce labo, et elle était du coup toute contente et compréhensive sur mon stress.

47 399 Ui

Parfait d’après le timing, et la calculette de FIV.fr 😃

Ouf, si tout va bien on va un peu souffler jusqu’au 12 !!! (Bon je prévois de me faire pipi dessus de stress les jours précédents).

 

Un grand merci à vous toutes pour vos nombreux messages remplis d’amour 😘😘😘

FIV1 TER – Le chat de Schrödinger

15 jours exactement que le transfert a eu lieu. Soit le moment fatidique de la prise de sang. Malgré la tentation de faire un test de pharmacie avant (ce weekend), j’ai, nous avons résisté.

Car je ne le sentais pas. Et faire le test aurait validé que ça avait foiré. Je me suis dit, s’il y a une accroche, vu ma sensibilité utérine je vais forcément avoir des saignements le jour de l’accroche. Mais aucun saignement.

Il y a une semaine, j’ai commencé à avoir des douleurs, comme d’habitude une semaine avant la date prévu de mes règles. Ces deux éléments combinés m’ont fait perdre espoir (alors que j’en avais plein la 1ère semaine). Et aujourd’hui les douleurs sont plus intenses, annonciatrices de règles a venir.

Seul élément un peu différent : mes seins ont tellement gonflés qu’on dirait des pastèques. Je vous jure tout le monde a capté ça, tout le monde mate (genre même les collègues femmes). Mais bon c’est la progestérone quoi.

Alors non pas question de faire de test précoce. Tant que je ne le fais pas, je suis à la fois enceinte et pas enceinte. Tant que je n’ai pas de résultats, je peux vivre dans le déni de l’échec à venir.

Les résultats étaient dans ma boite mail à 15h, le stress d’attendre 18h d’être avec l’amoureux pour les regarder ensemble et pouvoir se soutenir. J’ai failli vomir de stress sur le chemin du retour…

On ouvre… C’est les résultats de ma TSH, il faut ouvrir le 2e mail.

Je lis d’abord <1Ui.

Je bug… C’est la colonne « résultats antécédents ».

Je relis …

862 Ui

….

On a un putain de taux, et il semble parfait pour le moment ! On a verifié plusieurs fois qu’on lisait bien !

Demain je devrais appeler le Centre pma pour savoir si je dois faire une 2e contrôle (ça me rassurerait !). Et les douleurs, même si j’ai entendu beaucoup de personnes qui en avaient, ça me rassure pas des masses.

On ne réalise pas ce qui se passe… Cette soirée est irréelle….

FIV 1 TER – des blastos au congélo

Quelle poésie 😂

Appel du centre de ce matin : on a donc deux blastocystes qui ont pu être congelés (enfin vitrifiés). Une nouvelle rassurante, ça permettra d’attenuer un peu la tristesse si ce 1er transfert venait à échouer. Et apparemment on est plus ou moins dans la moyenne niveaux statistiques, ce qui est toujours rassurant.

Pour rappel petit historique depuis la ponction :

10 ovocytes prélevés > 8 micro-injectés > 7 embryons à J0 > 6 embryons à J2 (un anormal a été stoppé > 5 embryons à J3 (un s’est arrêté dans la nuit), transfert d’un >>>> résultats final : 2 blastocystes au congel + un embryon bien au chaud.

 

Le transfert s’est bien passé (juste ma vessie qui etait vide alors j’avais bu plein d’eau j’ai pas compris !)

Plus trop de tiraillements post-ponction aujourd’hui.

Mon homme me traite comme une poupée en porcelaine, c’est très drôle ! Limite il me force à rester sur le canapé 😂 de toute façon c’est le plan de se reposer cette semaine, pour reprendre des forces.

Bien évidemment ça fait seulement 2 jours que je couve, mais c’est déjà éprouvant psychologiquement, surtout que la prise de sang est prévue le 12/11 !!! Ça paraît être une éternité !!!

Comme nous toutes en cette phase je suppose, j’oscille entre espoir fou et pessimisme (même si l’espoir l’emporte). J’ai quand même fait genre 3 cauchemars différents cette nuit où à chaque fois j’apprenais que ça n’avait pas fonctionné. La déprime au réveil !

Alors que hier le père de mon mari lui a demandé au téléphone (au milieu d’une longue conversation sur pleins d’autres sujets) si j’étais enceinte. Forcément mon mari a vu ça comme une signe 😅 j’ai du le calmer toute la soirée 😂

Allez je vais tenter d’hiberner jusqu’aux résultats, peut-être que ça passera plus vite !

FIV1 TER – la ponction et plus si affinités

Je vous ai quitté à la veille du déclenchement, étant déjà stressée. Je dois avouer avoir été très stressée jusqu’à la ponction. A cause de cette histoire d’arrêt maladie, et aussi parce que je me persuadais qu’avec cette accélération en fin de stim’, n’ayant pas pu faire la piqûre d’orgalutran dans la minute, on allait avoir une ponction blanche #paranoïa. Mais j’ai tenu ma résolution pour cette FIV : arrêter d’écrire des articles à l’arrache sous le coup du stress pour que vous me rassuriez XD j’ai bien tenu, et au final c’est une bonne chose. Mais j’étais clairement plus stressé que pour ma 1ère ponction, c’est assez étrange. Je pense qu’une partie est dû à la mémoire du corps de la douleur. La dernière fois j’anticipais la douleur vu que je suis sensible de cette partie de mon corps ; mais cette fois je savais vraiment à quoi m’attendre. Autant dire que mes nuits ont été très courtes ces derniers jours.

On m’a donc appelé mardi pour me donner l’heure de la double piqûre de déclenchement, ainsi que l’heure de la ponction. Petite anecdote rigolote : la sage-femme, quand je lui dit que je ferai l’injection de décapétyl moi-même : « mais vous allez réussir à gérer la reconstitution du produit ??? » euh…. tu crois que je faisais comment pour le fertistart kit la dernière fois, et le ménopur cette fois ? XD je deviens pro des injections moi !

Jeudi, 7h20 on arrive au centre. On est les 1ers à passer je pense. C’est pas plus mal, ça évite de tourner en rond chez soi en ayant RDV tôt ! Ils ont d’ailleurs même un peu d’avance. En ce jeudi on est seulement 3 à passer il semblerait, alors c’est bien plus cool ! on est pas entassées dans les chambres.

Pour me détendre, je demande tout de suite à la sage-femme qui nous accueille (pour expliquer la suite des événements post-ponctions, ainsi que pour checker notre dossier) comment obtenir un arrêt maladie pour le lendemain. Réponse intransigeante : on a plus le droit d’en donner en anticipation. J’insiste en disant que ce n’est pas ma 1ère ponction, que je sais que je ne serais pas en état le lendemain. Elle me dit que si c’est le cas demain je peux revenir et le médecin m’en prescrira un, ou alors mon médecin traitant. Je ris jaune, au bord des larmes et lui dit que, de un mon médecin ne travailles pas, et que justement si je ne suis pas en état de travailler, je ne serai pas en état de retraverser toute la ville. Elle me dit alors qu’il faudra que je vois avec le médecin qui fait la ponction (LOL bien-sûr je vais y penser à ce moment-là), ou après quand un médecin vient me donner le compte-rendu. Mais que malheureusement, en sa qualité de sage-femme elle en a l’interdiction, et ne peut rien faire pour moi. Elle avait vraiment l’air désolé, mais bon, ça ne changeait rien pour moi….

Autant vous dire qu’une fois dans ma chambre, en attendant de passer au bloc (environ 1h d’attente, le temps que le xanax et un autre truc que je sais plus ce que c’est^^ fasse effet), j’étais au bord des larmes (y en a quelques unes qui se sont échaMpées). mon mari essaye de me rassurer, de me dire qu’il va appeler mon médecin pour voir s’il peut passer récupérer un arrêt, ou avoir un RDV dans l’aprem, mais cela ne me console pas, car je ne trouve pas ça normal, de devoir juste après une ponction aller encore chez son médecin.

Le temps passe, il me quitte pour aller faire sa part du job, et peu après on me cherche. L’équipe m’accueille, ils sont, comme la 1e fois, super sympas, essayent de me déstresser, font des petites blagues. En routarde de la PMA (bon ok c’est « que » ma 2e ponction ^^), je les préviens de ma maladie qui rend mes muqueuses hypersensibles, donc niveau douleur je douille un peu plus que la moyenne, qu’ils s’attendent à bien me shooter (ponction sous AG, mais sous « sédation légère », on est censés rester conscientes).

Ça commence, j’ai mal, ils augmentent la dose d’anesthésiant, j’ai encore mal, ils augmentent, j’ai encore mal — je me réveille dans le couloir XD assez bizarre, la dernière fois c’était juste flou, mais je ne m’étais pas endormie. Là pour le coup, je n’ai pas souffert bien longtemps et fait un bon dodo ! Mais je supporte bien l’anesthésiant et une fois éveillée, j’émerge quasi-instantanément. Je leur dit  » vous pouvez me mettre du tramadol tout de suite ? la dernière fois j’ai eu du doliprane et ça servait à rien ». On me met donc direct du tramadol 100, la douleur a à peine le temps de s’éveiller qu’elle se calme. (la dernière fois je pleurais de douleur le temps qu’ils testent le doliprane, puis une petite dose de tramadol, et enfin une forte dose). Bon ils ont hésité un moment à me donner de la morphine, mais je préférais un peu de tiraillements que d’en prendre ! Encore en salle de réveil, la médecin qui m’a fait la ponction vient me donner les résultats : 10 ovocytes ponctionnés. Et elle me dit qu’elle m’a aussi fait un arrêt pour le lendemain, qu’on me donnera à ma sortie ! Donc apparemment c’est au cas par cas, mais c’est eux qui décident en fonction de la sensibilité de patient. Elle a du se dire que vu mon hypersensibilité, forcément le lendemain j’aurais encore mal (bonne déduction). Un énorme poids s’est envolé tout à coup !

Petite anecdote, l’infirmère, à côté quand on m’annonce les résultats, devant mon insensibilité me dit « mais c’est très bien 10 ovocytes ! » je lui dit donc « oh je ne me réjouis pas trop vite, la dernière fois on nous en a annoncé 14, mais il y en avait que 3 matures. alors on va attendre avant de se réjouir » — « ah —- et ça s’est fini comment ?  » « échec de fécondation »…. On a vu à sa tête qu’elle a soudain compris mon absence de joie à cette annonce ^^

Après 1h en salle de réveil on me ramènera dans ma chambre, puis on attendra encore 2h…. ils nous ont un peu oublié, moi et ma partenaire de chambre (normalement on reste seulement 1h dans la chambre) Mon mari est allé chercher les infirmières au bout d’un moment. Mais bon pas grave, ça faisait pas mal de se reposer.

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Ma tête après la ponction, imaginez des yeux bien défoncés XD

Ce matin, était programmé l’appel pour nous informer de l’évolution de tout ça. « En fin de matinée ou début d’aprem ». Autant vous dire qu’on en menait pas large depuis hier, on craignait un nouvel échec comme l’autre fois, qui annoncerait un avenir plus sombre que prévu. J’avais d’ailleurs demandé à ce qu’ils appellent mon mari, pour ne pas avoir directement les nouvelles XD Pour vous dire la confiance !

Ce matin, 9h05, mon téléphone sonne… Je décroche, c’est la biologiste (je me fais un peu pipi dessus à ce moment là).

Sur 10 ovocytes, 8 ont pu être micro-injectés. Ils ont donné 7 embryons. Mais un se développe anormalement alors on l’arrête. On a donc 6 embryons. On peut faire un transfert demain ou mardi

Euh je rêve ou elle me demande de choisir là maintenant si je veux un J3 ou un J5 ? mais on a pas discuté de ça avec l’homme ! et la marmotte mon mari dort encore profondément ! Elle me dit que j’ai plus de chance de tomber enceinte avec un J5, mais bon on a pas eu de transfert la dernière fois. J’ajoute que la 1er première fois on a même pas eu de ponction.

Alors je choisis, par peur de ne pas avoir de transfert car on ne sais pas combien il en restera à J5, de faire un transfert demain. Pour être sûr d’avoir un transfert. Et, là on nous laisse pas le choix, les 5 autres sont laissés en culture jusqu’à mardi.

Sitôt raccroché, je vais réveiller la marmotte pour lui annoncer ça ! il en pleure de joie. Et oui, après tant de déboires, on a un peu de chance. Même si on ne sait pas combien d’embryons seront congelés au final, c’est la 1e fois depuis le début de notre parcours qu’on a une bonne nouvelle. Et c’est une étape énorme de franchi, car on commençait sérieusement à douter de mes ovocytes et de la possibilité que nos gamètes arrivent à se rencontrer. Ce n’est qu’une première étape de franchie, mais ça nous parait encore irréel et un peu magique, même si la suite n’est pas garanti d »être formidable, on le sait bien.

Quelque part à l’autre bout de la ville, pour la première fois nos deux gamètes se rencontrent et évoluent ensemble…