Compte rendu de tentative de FIV

C’est quand on se dit justement qu’on a pas forcément envie de connaitre tous les détails pour le moment, qu’on finit par les recevoir par la poste.

Je vous confirme, je n’avais pas envie de les recevoir après lecture.

Mais pas du tout pour les raisons que je pensais. Mais plutôt pour l’incompréhension qu’ils ont occasionné. Et la colère qui s’en est suivi.

Lors du fameux appel du biologiste pour annoncer la mauvaise nouvelle, il m’avait dit que le recueil de sperme n’était pas top, ce qui pouvait expliquer cet échec.

Résultat : 4 millions /ml, avec 41% de mobilité. Sachant que mon mari est en général à 5 ml, ou les mauvais jours à 3ml, concrètement ce n’est vraiment pas le pire recueil qu’il ait eu.  Cela explique qu’ils ne soient pas passés en tout ICSI, car en vrai ces résultats étaient corrects et cohérents avec notre historique.

Donc déjà, pourquoi nous avoir dit cette phrase ? pour nous « rassurer » ? nous donner une fausse « explication » de cet échec ? on va mettre ça sur le compte de la maladresse…

 

Mais voici la partie qui, paradoxalement est une bonne nouvelle en soit mais m’a fait sortir de mes gonds.

13 ovocytes mis en fécondation. 13 ovocytes matures.

Pourquoi n’ont ils pas respecté la consigne 50%classique/50% ICSI ???

Notre gynéco nous avait bien dit, pour une 1ère FIV avec un sperme limite, on fait 50/50 pour être sûr et voir ce qui fonctionne. SAUF si moins de 5/6 ovocytes, dans quel cas on tente la FIV classique pour une 1e tentative.

J’étais donc persuadée que le nombre d’ovocytes matures est ce qui avait occasionné ce changement de protocole. 5/6 matures, c’était cohérent avec la dernière écho de contrôle.

Mais non. Et ce changement a fait foirer à 100% notre tentative, alors que potentiellement, en faisant de l’ICSI sur la moitié, on aurait peut-être eu des embryons…

Perdre 3/4mois pour savoir si l’ICSI fonctionne ou pas. Savoir si c’est « juste » un problème de spermatozoïdes un peu moches ou si le problème est plus grave, et qu’il faut approfondir les examens pour avoir encore une chance d’un enfant de nous deux.

Et vu le nombre d’ovocytes et le recueil pas si horrible que ça, la voie « problème plus grave » ne me semble plus si improbable.

J’aurais préféré savoir tout de suite. Savoir si je dois envisager d’autres voies, d’autres médecins, d’autres examens.

Ou au contraire ne pas avoir eu à vivre ces moments horribles si la partie ICSI avait fonctionnée.

J’ai l’impression d’avoir une guillotine au-dessus de moi jusqu’à la prochaine tentative.

Comment aborder la prochaine stimulation sereinement avec ce doute énorme, cette probabilité que l’ICSI pourrait ne pas fonctionner, et que ce serait une 3e fois des traitements très lourd pour un échec final cuisant? Alors qu’ils auraient pu m’épargner ça en ayant une réponse déjà maintenant s’ils s’en étaient tenus à ce putain de protocole inscrit noir sur blanc dans notre dossier ?

Leurs explications ne changeront rien aux faits malheureusement, même si je vais les contacter pour savoir pourquoi.

Et essayer de trouver une façon d’encaisser ça, pour vivre au mieux ces prochains mois d’incertitudes.

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Attendre encore, toujours…

L’homme a enfin décroché le téléphone et réussi à joindre le centre PMA jeudi dernier (à chaque fois il appelait après la fermeture les jours précédents).

Je n’en avais pas la force, alors je lui ai délégué cette tâche. J’ai assez donné de ma personne ce dernier mois alors je n’ai plus envie de faire quoique ce soit. Même pas envie de chercher des réponses. Je suis blasée. Et je sais que de toute façon aucune réponse ne me fera aller mieux.

Comme attendu, notre dossier doit passer en réunion de staff’, puis on doit attendre la lettre pour nous dire si on a le droit de continuer. Normalement oui, ils devraient valider le fait qu’on passe en ICSI. La même qu’en février quoi. Notre dossier passe ce jeudi, mais on peut déjà appeler jeudi soir pour avoir des nouvelles et potentiellement se réinscrire tout de suite sans attendre la lettre (j’ai bien fait de faire appeler l’homme, moi on ne m’avait pas proposé ça). Le plus probable niveau timing pour une nouvelle tentative c’est vers octobre. On verra comment ça se profile.

D’après la secrétaire, ce n’était pas utile de prendre RDV avec le biologiste, pour elle il fallait vraiment qu’on attende le passage de notre dossier au staff pour qu’ils puissent nous apporter des réponses suite à ça.

Je ne sais donc toujours pas combien il y avait d’ovocytes matures, ni pourquoi ils ont juste fait une FIV classique et pas une 50% classique /50% ICSI. Mais les deux sont probablement liés, et au fond à part me mettre plus mal avec un nombre d’ovocytes matures pourris, pour le moment cette réponse n’est pas urgente.

Par contre j’ai fait des recherches de mon côté sur le problème de non-fécondation. Parce qu’au fond c’est ça qui m’importe le plus. Et qu’on me dise juste « la FIV ICSI devrait résoudre le problème », ben c’est pas une réponse. Je me suis donc plongée dans les revue médicales.

Il en ressort qu’en soit, en refaisant une tentative de FIV classique suite à un échec de fécondation, à la 2e tentative ça a beaucoup de chance de fonctionner (je n’ai plus les chiffres en tête, mais c’était très haut). Souvent c’est un problème ponctuel de maturation d’ovocytes ou de qualité du sperme le jour J. Mais en général les centres passent direct en ICSI pour ne pas prendre de risques. Et après deux FIVs foirées, de toute façon jamais je ne tenterais une seconde fois en risquant le même échec.

La 1ere explication possible, c’est donc les gens qui n’ont juste pas eu de chance avec un échec de fécondation car probablement un problème ponctuel.

La 2ème explication : problèmes du côté des spermatozoïdes, l’ICSI est donc censée résoudre ce problème dans la plupart des cas.

La 3ème explication : problème d’ovules. Et là malheureusement l’ICSI n’y change rien. Différents problèmes sont possibles, mais en général c’est vraiment mauvais signe et ça se finit en DO ou rien pour la plupart des cas. Et comme vous vous en doutez, la seule façon de le savoir, c’est de tenter l’ICSI.

Bref, il faut espérer que ce soit « juste » un problème de spermatozoïdes. En soit les résultats de mon mari pointent dans cette direction. Mais on est jamais à l’abris de cumuler les problèmes, donc on ne peut pas écarter le problème d’ovocytes. Seule la suite du parcours nous le dira.


Il y a des conversations qu’il faudrait qu’on ait, mais je ne peux m’y résoudre et les élude.

Plus ça se passe mal, plus la possibilité des solutions alternatives s’entrouvre. Mais je me dis que tant qu’on a pas tout essayé, je ne veux pas l’ouvrir et regarder ce qu’il y a. Mais par intermittence certaines bribes atteignent mon cerveau et me font me questionner.

Le jour des mauvais résultats, mon mari a évoqué l’adoption. Mais je lui ai dit que de toute façon pour le moment on avait rien à perdre à tout donner en PMA, car nous ne remplissons pas les critères du droit à l’adoption pour le moment.

On a beau être ensemble depuis 12 ans, au yeux de la loi nous sommes mariés depuis 1 mois et quelques et je vais seulement avoir 27 ans à l’automne. Donc encore au moins un an à attendre pour commencer les démarches si jamais. Je trouve ça d’ailleurs très injuste. On devrait pouvoir faire valoir la longévité de notre couple avant mariage. C’est pas comme si on ne pouvait pas prouver qu’on vit ensemble depuis 9 ans. La loi est injuste pour les infertiles jeunes qui ont pris leur temps pour se marier.

Et quand je vois les difficultés des démarches et l’attente, je ne sais pas si je suis capable de me lancer dedans un jour. Je ne sais pas non plus si je serais de taille à affronter les problèmes que l’abandon a pu occasionner pour ces enfants. On va pas se mentir, cela me fait surtout peur depuis que mon collègue qui a un enfant adopté, a un jour appris la nouvelle qu’une fille adoptée par des amis à lui (au même moment que son fils, amitié à l’origine de cet aspect commun de leur vie), s’est suicidée. Et de voir ensuite que le taux de suicide chez les enfants adoptés est bien plus haut que pour le reste de la population. Tout cela me fait extrêmement peur maintenant.

Il y a aussi la question du don de gamète qui aurait besoin d’être discutée en couple. Cette question me trotte dans la tête, car on se sait jamais. Avec l’échec de fécondation, la possibilité de cette voie a augmentée, même si c’est probablement trop tôt pour y réfléchir vraiment.

Au début de notre parcours, avant même l’entrée officielle en PMA, mon homme avait dit que de son côté, le don de sperme était totalement impensable. De mon côté je faisais ma maligne en disant que si c’était la seule possibilité pour lui offrir un enfant de sa chair, je serai OK avec le don d’ovule, sûr et certain.

Maintenant que cette question me revient dans la tête, c’est moins certains. Je me pose des questions sur comment je le vivrais (serais-je capable d’aimer cet enfant, aurais-je l’impression qu’il est le mien ?). Comment assumer ce choix auprès des autres ? N’est-ce pas aller trop loin au nom du désir d’enfant ? si mon corps n’est pas capable de porter la vie, ne faut-il pas juste l’accepter au bout d’un moment ? mais en même temps suis-je prête à renoncer à un enfant de notre couple, avec les gamètes de mon mari, et qui grandira en moi, qu’on verra évoluer sur les échographies ?

Je ne sais pas…. J’espère sincèrement que la question ne se posera pas vraiment. Et je ne connais pas la vision de mon mari sur la question du DO, car je n’ai pas envie d’avoir cette conversation. Comme si en parler à voix haute risquait de valider la probabilité que la question se pose vraiment.


 

Je pense que cela se ressent en lisant ces lignes, niveau moral ce n’est pas top. Je crois que je me suis cachée derrière ma muraille pour ne pas aller trop mal, mais depuis la semaine dernière je commence à m’autoriser à aller mal. J’ai besoin de vacances (plus qu’une semaine à tenir heureusement). Je suis fatiguée. Et à fleur de peau, comme une envie de pleurer sans raison. Ce weekend j’ai d’ailleurs craqué pour un rien. Et enfin réussi à laisser libre cours à ma peine.

Cette impression que mes ovocytes ont été « jetés à la poubelle » suite à cet échec a eu des répercussions surprenantes sur mon psychisme. J’ai oublié que j’allais avoir mes règles. Une impression dans ma tête qu’elles ne pouvaient pas arriver, comme si on m’avait volé ma féminité, ma fertilité inexistante. J’ai d’ailleurs oublié de racheter des serviettes hygiéniques. Heureusement que j’ai ma cup et que j’en avais encore quelques unes en rab (vu mes règles hémorragiques, je suis obligée de combiner cup+serviettes pour éviter les fuites).

Car en soit cet échec nous a appris une chose, c’est que sans fécondation naturelle, il n’y aura jamais de « bébé couette miracle »; et que toutes ces années d’essais, toutes ces IACS, étaient vaines. Et qu’on a mis 4 ans 1/2 pour l’apprendre. Je crois qu’il y a un deuil à faire de ce côté là.

Ce grand vide dans la poitrine est revenu à la charge après cet échec. Il me suit en permanence, même pendant les moments qui devraient être heureux. Contrairement à d’habitude, j’ai des idées pour aider à le combler. Mais il faut encore réussir à les exécuter. J’ai envie d’écrire ces idées de livres qui me trottent dans la tête, mais que je ne mène pas à bout, voir ne commence même pas. Ma dernière idée j’ai fait la prise de note préliminaire et me suis arrêtée au bout de deux jours. Mais cette fois, sur une autre idée, j’ai réussi à me lancer. Au travail, pendant ma pause déjeuner (de toute façon je n’ai pas le cœur à me mêler aux collègues, j’ai besoin d’être au calme, seule, le midi). Ce weekend je n’ai pas réussi à prendre mon stylo, mais j’ai décollé de netflix pour lire, et c’était déjà une grosse victoire en période de mal-être. Je compte bien continuer l’écriture cette semaine.

Je dois avouer que même la blogosphère est difficile en ce moment pour moi. Beaucoup de stimulations à la même période que moi, alors j’ai pu voir toutes ces nouvelles de fécondations réussies, d’embryons à transférer, voir même de TG positifs. Je n’arrivais pas à me réjouir. Je me disais juste « pourquoi y a que chez moi que c’est autant la merde ». Ca m’a beaucoup rappelé cette 3e IAC où on était plusieurs à en faire au même moment, et je suis la seule pour qui ça n’a pas marché. Cette impression de voir ce quai se remplir et se vider, en étant toujours là pour accueillir les nouvelles têtes et dire au revoir aux autres, en tenant la main aux autres qui comme moi sont là depuis bien trop longtemps à observer cette danse qui nous laisse de côté. Je n’ai plus les mots non plus pour réconforter les aussi poisseuses que moi. Vous êtes toujours là pour me soutenir, alors que moi je n’arrive plus à apporter de soutien, à trouver les bons mots, même si je compatis. J’aimerai réussir à le faire, mais je n’arrive plus pour le moment, et ça m’attriste, je culpabilise.


Au final, cette pause forcée de PMA pendant quelques mois n’est peut-être pas plus mal. Même si je n’ose pas me l’avouer vraiment, il est probable que je n’aurai pas été de taille si j’avais déjà du recommencer un protocole en août. Même si c’est difficile d’attendre encore. Il faut du temps pour panser ses blessures.

J’espère que ces vacances dans une semaine réussiront à effacer la fatigue accumulée ces derniers mois et adoucir un peu mon quotidien pour me remettre de tout ça.

Je ne sais pas quand je publierai de prochain article, peut-être bientôt, peut-être dans longtemps.

Alors en attendant je vous embrasse toutes bien fort ❤

Tomber, se relever et repartir au combat

J’ai du mal à me remettre de cette FIV abandonnée, je n’en reviens pas de cumuler autant de problèmes et de poisse. J’ai d’ailleurs longuement hésité à vraiment faire cette IAC5. Je me disais à quoi bon, c’est voué à l’échec si l’on en croit l’unique article que j’ai trouvé au sujet des FIVs transformées en IAC. Et j’ai peur de souffrir pour rien, car même si je n’y crois pas, l’espoir est tout de même différent que sur un cycle naturel. Mais on a quand même tenté le coup jeudi, pour se dire qu’on faisait quelque chose au lieu de juste attendre. 1,7 millions de spermatozoïdes. Je ne sais même plus si c’est bon ou mauvais au regard des autres IACs.

Parfois je me dis que j’aurais dû commencer les essais plus tôt, car je ne sais pas combien de temps durera ce parcours. Puis je me souviens que je n’avais que 23 ans au début des essais, et ça me mine encore plus le moral.

Car même si je me raccroche à l’espoir que mes ovaires se sont réveillés avec du gonal F 300 au bout de 10jours, je vois bien qu’en général ça pue du cul de mal répondre à la stimulation. Je sais déjà que mon AMH est pourrie alors que je n’ai que 26ans, alors tout ça cumulé, ça me fait très très peur pour la suite. On va pas se mentir, ce résultat était prévisible, et que mes peurs se réalisent m’angoisse encore plus. Ne pas savoir quand aura lieu la FIV1 BIS n’aide pas non plus.


La veille de l’IAC j’ai craqué comme ça ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps. J’avais besoin de réconfort, d’être rassuré, mais mon homme au lieu de ça n’a fait que m’enfoncer la tête sous l’eau avec des raleries et remarques à la con.

Du coup j’ai tout lâché, je lui ai dit que je ne pouvais pas aller mal car il fallait que je le gère lui, et que moi si j’allais mal y’avait personne pour m’aider. Il m’a dit qu’il était un grand garçon, qu’il avait se gérer. Croyez-moi non, il ne sait absolument pas gérer les mauvaises nouvelles, sa réaction le soir de l’annonce de l’abandon de la FIV « je vois pas quoi faire à part me pendre »… réaction très normal bien sûr.

Il m’a dit que j’étais hypocrite que je faisais semblant d’aller bien et que ce n’était pas bien si on ne pouvait pas tout se dire dans notre couple. Pourtant ce n’est pas de l’hypocrisie croyez-moi, c’est juste qu’avec les années de dépressions passées, et surtout la réussite pour s’en sortir, et bien j’ai affuté mes armes pour encaisser les mauvais pas, et ma résistance est bien plus grande.

Mais elle a des limites.

Il voulait que je me laisse aller à la douleur, il a été servi. Et croyez moi, ses paroles ont défoncé toutes les barrières qu’il me restait. Au lieu de me dire qu’il y avait de l’espoir et des solutions, il me disait qu’il fallait de toute façon s’attendre au pire, que fallait que j’arrête de croire au miracle et au pays des bisounours. A croire qu’il voulait que je craque pour être sûr que ça m’atteignait. Alors que j’essayais juste de ne pas sombrer…

Toutes mes peurs ont éclaté à la surface. J’ai du pleurer une bonne demi-heure. Que dis-je pleurer, crier de douleur serait plus approprié. Je me suis laissée emporter par un flot de douleur pur.

Il a été totalement désemparé, il n’avait pas imaginé un instant ce qui se cachait derrière la digue…

Il m’a laissé brisée, amorphe toute la soirée…

Je vous avoue que j’ai du mal à remonter à la surface depuis. Une fois que les peurs ont été lâchées, il est difficile de revenir en arrière.

Je vous dirais que comme toujours, je vais me relever et avancer, pour continuer ce combat. Cependant l’horizon s’assombrit avec le temps et les obstacles qui s’amoncèlent, et je ne peux rien faire contre ça….

1 an de blog

Il y a 1 an (et un jour), je franchissais enfin un cap après avoir passé des mois sur la blogosphère en mode sous-marin, et ouvrais enfin mon blog.

Il y a 1 an, je subissais l’échec de la 1e IAC (faite en ambulatoire chez mon ancien gynéco), je m’apprêtais à aller à mon 1er RDV au centre PMA. Il nous aura donc fallu une année entière pour enfin commencer les FIVs.

Il y a un an, j’étais au fond du gouffre et je passais 3 semaines en arrêt maladie pour me remettre un peu sur pieds. Entretemps j’ai bien remonté la pente, acquis de nouvelles armes pour affronter la PMA, vécu de bons et de mauvais moments. Oh je vous avoue que ces derniers temps c’est à nouveau difficile, avec l’enchainement des problèmes de début d’année, la FIV qui approche, le stress de l’organisation du mariage, et surtout l’annonce de la double maladie auto-immune. J’ai du mal à accepter que tout cela puisse arriver à une seule et même personne. Parfois je frise la crise d’angoisse, heureusement j’ai la capacité de friser mon cerveau pour arrêter cela et faire le vide dans ma tête. Mais l’angoisse en bruit de fond ne disparait pas. Il est vrai j’ai songé à me mettre en arrêt la semaine dernière, mais je me suis dit que mon état risquerait d’empirer pendant la FIV, que je ne pouvais pas être en arrêt 2 mois, donc il fallait que je prenne sur moi, que j’étais forte et pouvais le faire. J’ai repris contact pour un RDV avec ma psy, seulement lundi 12/02 mais c’est déjà ça.

 

Mais surtout, il y a un an, j’ai trouvé une place dans une communauté qui m’a soutenue, qui m’a aidé à surmonter toutes les épreuves endurées, pour la PMA comme pour le quotidien. Ce blog a été salvateur, c’est la meilleure décision que j’ai prise en 2017. Vous avez su me donner des réponses à mes questionnements, me rassurer quand je stressais, me réconforter dans les mauvais moments, me faire rire aussi. Il n’y a aucune comparaison entre mon année 2016 et 2017, entre l’avant et l’après blog. J’ai vécu des choses bien plus difficiles en 2017, mais grâce à cet espace de parole, et grâce à VOUS surtout, ça a été moins difficile à surmonter, vous m’avez aidé à me relever plus vite à chaque fois

Alors merci mille fois à vous toutes ❤ ❤ ❤

Les poissards

2018, année de la truite.

Un de ces moments où tu te demandes pourquoi t’essayes encore de faire des trucs.

Un de ces moments où tu ne t’y attendais pas et boum tu te couches avec une grosse boule dans la poitrine, tu te réveilles plusieurs fois dans la nuit trempée de sueur sans comprendre vraiment pourquoi, et tu te réveilles avec toujours la même boule au cœur, encore plus intense que la veille, avec la seule envie de rester en PLS au fonds de ton lit et d’attendre que ta vie passe en mode accéléré jusqu’à une période plus faste. Mais non, tu dois te lever pour aller à ton boulot pourri. Alors tu te lèves bien malgré toi, tu prends ton vélo, tu arrives au travail et dégaines ton clavier pour soulager un peu ton cœur sur wordpress.


J’ai toujours été une grande poissarde (ça ne m’a même pas étonné de finir en PMA, je me doutais qu’une truc du genre arriverai). Je suis la nana, qui quand elle finit à 17h il commence toujours à pleuvoir à 17h01, et que quand elle change ces horaires à 17h30, la pluie attend désormais 17h31 pour débuter. Et s’arrête quand je suis devant le pallier de l’immeuble. Quand j’étais livreuse pendant mes études, il commençait à pleuvoir quand je tournais au coin de la rue et arrivais au local de livraison pour débuter ma soirée. Mes collègues ont commencé aussi à remarquer ce curieux phénomène. Mes collègues actuel l’ont aussi remarqué.

Depuis quelques semaines (vers octobre-novembre je crois), et après une année de thérapie, je disais au revoir au séances programmés avec ma psy (en sachant que je la reverrai surement tout de même au moment de la FIV), car je n’avais plus grand chose à raconter ou à décortiquer.

Les fêtes de fin d’années se sont bien mieux passées que les deux précédentes. Le cœur était moins lourd, malgré les cousins encore jeune de mon homme ou de mes neveux. Il y a eu un petit pincement au cœur bien-sûr, mais je me disais plutôt « j’ai vraiment hâte de vivre ça avec mes enfants » que « Est-ce qu’un jour je le vivrai ? ».

Je pense que ce sont la somme de toutes ces petites blessures, qui accumulées ont commencées à s’infecter, et à exploser hier…

La naissance de la fille de L., l’annonce de la grossesse de V. et sa femme. Et puis, je crois qu’il ne faut pas se mentir, mais dans la blogosphère, ces dernières semaines ont pu être éprouvantes pour celles qui sont toujours sur le quai. Je suis un peu sado-maso, je lis tous vos articles, mais aussi je me réjouis sincèrement des belles annonces de réussites et de naissances, car ça me rappelle que c’est possible malgré le parcours et les échecs endurés par vous toutes, et à quelle point j’ai envie de vivre cela. Et ça me rend heureuse pour elles de voir des copines de galères pour qui la roue tourne enfin (Je ne dis pas ça pour me donner bonne conscience, je le pense vraiment).

Mais à cela se rajoute 3 constatations :

  • Les naissances de ces dernières semaines coïncident avec celles qui ont eu de la réussite au moment où nos IACs se soldaient par des échecs.
  • Je crois que de celles qui sont arrivées au même moment que moi sur la blogosphère, je suis la seule qui reste le ventre vide. Niveau statistique, ça fait un peu peur. Mais en même temps ça fait des mois que nous n’avons rien pu tenter…
  • Si ça continue à ce rythme, on va s’approcher des 1 an sans aucune tentative de PMA, forcément le temps semble long et cette situation indéfinie…

Et puis à côté de cela, tous les petits problèmes du quotidien qui s’accumulent : une « promotion » qui n’a pas eu lieu, le traiteur pour le mariage qui annule, la voiture qui rend l’âme fin octobre, 2 mois sans voitures à galérer et ne pas en trouver d’autres, une voiture qui écrase le vélo stationné de mon homme, qui se retrouve donc sans aucun moyen de transport pour aller au boulot la semaine dernière.

Et puis, la goutte d’eau hier soir : la nouvelle voiture, achetée samedi, tombe en panne…. Alors qu’on a exprès mis un peu plus d’argent pour en avoir une fiable, qu’on s’est renseigné sur le modèle, que le carnet d’entretien était impeccable… Et qui plus est, le garage où on l’a acheté est à 100km. Et la voiture de démarre plus maintenant. On ne sait pas si on a juste la poisse (probable) ou s’ils nous ont arnaqué. On sait juste qu’on a de nouveau plus de voiture, et beaucoup de sous en moins. Qu’on a pas les moyens de payer des réparations de notre poche car on a un mariage a payé, et que la voiture était au maximum de notre budget. On ne sait pas comment on va se sortir de cette histoire.

Et pour couronner le tout, on vient de se rendre compte, que par erreur le vendeur a gardé notre exemplaire du « bon de commande », donc on a aucune preuve sur le prix, la garantie et l’état à l’achat, qu’il faut absolument qu’on le récupère avant diagnostique pour pas nous faire entuber s’ils venaient à ne pas être très honnête sur le SAV… (oui on se dit qu’on est très TRES cons, mais forcément c’est le papier dont on remarque l’absence que si on a un problème…).


Une année qui commence comme ça, et avec la poisse qui s’enchaine, j’ai du mal à me dire que le reste va bien se passer, que la FIV pourra bien se passer, que le mariage va bien se passer sans accroc. J’en ai marre d’enchainer les problèmes.

 

Dimanche RALC – le pire dimanche de l’année

Le weekend avait pourtant bien commencé, après-midi tatouage (plus qu’une séance et mon bras est fini 🙂 ), achat du sapin que j’ai réussi à transporter sur le porte bagage de mon vélo, achat de nouvelles décorations pour le sapin.

Dimanche midi, nous étions invité à une raclette avec un groupe d’amis du collègue/lycée que l’on voit toujours 3/4 fois dans l’année.  Je précise que ce groupe n’est pas du tout au courant de nos soucis. Et ce midi, le groupe était au complet, même le couple qui a déménagé à 2h de route était là.

Le couple qui d’ailleurs s’est marié il y a un an et demi, dont tu redoutes l’annonce qui ne saurait tarder.

Ah ben elle a plus tardé, c’était hier cette annonce. Je me disais bien que c’était louche qu’ils aient insisté pour qu’on arrive à trouver une date où ils seraient aussi là. Ils font pas trop d’effort en temps normal.

Direct, dès qu’on s’est installé pour l’apéro. Bonne ambiance. Je vois la tête de mon homme se décomposer. Et là, on part pour la 1e salve de RALC, avec en tête « oh ça va tu vas pas te vanter juste parce que t’as enfin trouvé comment ça marche ». (Car le mec en question se vantait d’avoir fait tout le boulot…).

Ca parle ensuite mariage (le notre, et celui à venir du 2e couple mais en 2019), la meuf enceinte nous dit qu’elle ne sait pas si elle pourra venir vu que la date d’accouchement est prévu début juin (comme notre mariage), mais que si avec un peu de chance elle accouche un peu avant elle pourra peut-être venir. Je rigole un peu jaune, lui dit clairement qu’à mon avis même si c’est le cas et qu’elle a accouché 2 semaines avant, elle sera probablement pas en état. Mais ils continue à rigolo sur comment s’organiser avec le bébé pour venir (nan mais juste venez pas quoi….). Ensuite, on switche sur le mariage de l’autre couple, RALC en or de la meuf enceinte « ah ben si ça se troue d’ici là ça sera toi qui pourra pas venir/pas boire » je marmonne un truc « ah ben quand même d’ici là ».

Echec et mat, fin du round 1, l’homme craque en entendant cette phrase et se lève pour partir (on est à l’apéro). Je vais le voir devant la porte d’entrée car il est près à partir comme ça, sans rien dire aux gens. Je discute un peu avec lui, du coup les autres viennent et il dit qu’il se sent mal qui a probablement la gastro et qu’il préfère rentrer.

Je me retrouve donc plantée là (parce que c’est dur de simuler une gastro à deux exactement au même moment…)

Ca revient souvent sur la grossesse, de ce qu’elle ne peut pas manger, que c’est elle qui conduit pendant un an (vu qu’elle peut pas boire) du coup le pacte c’est que lui doit conduire l’année d’après. Bref moment très agréable…

Puis je ne sais plus exactement ce qui est dit, mais l’autre nana (celle qui va se marier), qui dit « nan mais faut pas non plus trop insister, on sait jamais, on a un couple d’amis, on les charriait tout le temps pour savoir quand ils s’y mettraient, et un jour la femme a répondu en sanglot que ça faisait 3 ans qu’ils s’y mettaient… »

Moment d’hésitation, qu’est ce que je fais, je balance nous aussi ça fait 3 ans ?

La meuf enceinte renchérit « oui c’est vrai on sait jamais, quand ça fait très longtemps que le couple est ensemble et qu’ils n’ont pas d’enfant y a toujours un risque »

J’évite son regard, je ne sais pas si elle perçoit mon malsaise, je ne pipe pas mot. Je décide de ne rien dire, car l’homme n’est pas là, je ne sais pas s’il serait d’accord que j’en parle, et je ne veux pas balancer ça et fondre en larme au milieu du repas.

Un des mecs rajoute  » comme ça le fout mal quand on t’annonce ça quand même en pleine soirée ».

Voilà, pas de doute, après cette remarque je ne peux rien dire.

A un autre moment en parlant de chat, elle nous dit que c’est chiant, qu’elle n’est pas immunisé conte la toxoplasmose alors qu’elle a côtoyé des chats depuis toujours, je suis étonnée, je dis « ah c’est bizarre, moi aussi mais je suis immunisée « . « Ah bon tu sais que t’es immunisée ?  » …. Je fais une petite diversion sur la chiantise de ne pas être immunisée, mais elle a trouvé ça bien bien louche que j’ai cette info sachant qu’à part pour la grossesse/désir de grossesse, c’est pas la prise de sang que l’on fait vraiment….

Passé ces moments, plus de RALC trop horribles, mais j’ai qu’une hâte, rentrer chez moi à la fin du repas qui s’éternise.

BONUS POINT : petit détail qui a son importance tout de même dans le malaise approfondis de cette annonce et pour la suite, car oui il n’est que 16h30 à ce moment, mon dimanche n’est pas fini :/ : le futur papa, V., c’est mon ex. Mon tout 1er copain avec qui j’étais quand j’avais 12-13ans, pendant un peu plus d’un an. C’était aussi un très bon ami à mon homme au collège et lycée, c’est d’ailleurs par lui que nous nous sommes rencontré.Si l’on était pas resté amis, je ne serais probablement pas avec l’Homme aujourd’hui.

Alors oui, déjà assister au mariage de son 1er copain il y a un an et demi, c’est un peu étrange. même si à l’époque j’avais répondu à l’homme « ben non c’est pas bizarre, c’était y a tellement longtemps, on était des gamins, ça compte pas » pour éviter des problèmes conjugaux ^^ Oui même si on s’est éloigné avec le temps (et ses copines et mon homme qui n’appréciaient pas qu’on soient trop amis), même si je n’ai aucun sentiment pour lui et  que sa calvitie ne peut plus être cachée, ça a quand même étrange.

Alors vous imaginez l’annonce qu’ils vont être parent, ça fait tout bizarre. Même si à aucun moment je me suis dit « ça pourrait être moi ». Non, car si je n’étais pas avec l’Hmme, clairement je ne serais pas avec V. Et j’aurais peut-être aussi des problèmes de fertilité vu que les causes sont un peu floues chez nous.

Pourtant, quelle fut ma surprise en rentrant que l’homme soit extrêmement désagréable (il ne m’a même pas demandé comment c’était passé le repas), me fasse limite la gueule parce que j’avais réussi à rester (j’avais difficilement le choix). et que ça le rendais mal parce que c’est mon ex qui va être papa. J’ai essayé de lui dire, qu’un ex de quand on a 11ans ça compte pas vraiment (ce à quoi il m’a rétorqué « t’avais 14 ans quand on s’est mis ensemble, je dois en conclure la même chose? »), et que comme dit, même si je n’étais pas avec lui, dans aucune configuration je serais avec V. actuellement.

Il m’a dit qu’au moment où j’avais la perche tendu j’aurai du raconter nos problèmes comme ça ça aurait été fait, qu’il préférerait que je fasse ça quand il est pas là…. euh ouais enfin c’est pas facile pour moi non plus ! Et qu’il ne voulait plus voir ces gens, car on a plus rien en commun, etc…. bref c’était totalement incompréhensible sa réaction, il a réussi à ressortir pleins de soucis et à me faire pleurer, alors que jusque là j’avais plutôt bien réussi à encaisser la journée. Toujours cette impression que quand il va mal, il essaye de m’enfoncer plus profond que lui… je ne comprend pas trop ça…

On a arrêter de se parler pendant 1h, et il a enfin réussi à de nouveau être normal et pas me prendre le choux pour tout et n’importe quoi… Pendant ce temps-là j’ai décoré le sapin, pour penser à autre chose… tu parles d’un super moment en famille la décoration du sapin….

Super dimanche quoi….. allez J-4 avant des petites vacances. Bonne semaines à toutes (et à tous ?)

 

The Good, The Bad and The Ugly

Un titre de film pour résumer la semaine dernière et surtout cette semaine

Du bon, du mauvais, des sentiments pas toujours très beaux. Ca s’équilibre plus ou moins, ce qui fait que mon cerveau ne sait plus si je dois être heureuse ou triste (je dois pleurer de joie peut-être ^^).

On va commencer par le positif : trouver ma robe de mariée du 1er coup; réussir à avoir l’horaire voulue pour la cérémonie civile (c’était pas gagné dans notre mairie, ce sont eux qui attribuent les horaires). On a retrouvé un traiteur (après que le 1er ait du abandonner le projet suite à des soucis de son côté). Le mariage avance, et c’est du positif.

Le chéri a eu un CDI dans son travail actuel, qui lui permet de se libérer un jour dans la semaine pour développer sa boite. C’est cool, on gagne un peu en tranquillité d’esprit même si c’est pas le boulot de ses rêves. Au moins il y a une certaine liberté.

Et sinon, notre voiture a rendu l’âme. Donc c’est un peu problématique, faut qu’on en retrouve une rapidement, c’est un peu galère dans cette période pré-noël et pour faire les courses, aller voir notre famille, etc…

Et puis, les points noirs, l’avalanche de naissance en 7 jour. Bon ok j’exagère, 3 naissances. Mais ça fait beaucoup pour mon petit cœur d’infertile.

  • La 1e annonce la semaine dernière : le meilleur ami de mon homme qui devient tonton. Oui c’est éloigné de nous en soit, mais il en a beaucoup parlé, et surtout, cette petite fille a le nom qui est n°1 sur notre liste…. Du coup c’est surtout ça qui a été un peu compliqué (surtout que c’est pas un prénom super fréquent).
  • La 2e annonce, la plus difficile, j’y reviendrai plus bas, mon amie L. qui a accouché d’une petite fille. J’ai reçu le message d’annonce lundi matin en arrivant au boulot, pour bien commencer la semaine.
  • La 3e annonce, lundi soir (2 dans la même journée, sérieux ?????) une amie très proche qui est devenue tata (pour la 3e fois). Forcément deux dans la même journée c’est un peu dur quand même.

Ca pleut des bébés sauf pour moi (nous) en fait…

Revenons à la 2e annonce. En prévision de cette naissance, nous avions décidé du cadeau à faire avec mon autre amie A. Pour m’éviter des souffrances inutiles, j’ai passé commande (une sortie de bain trop choupi avec une capuche avec des oreilles de lapin) via le fameux site de commande le plus usité du monde.

Sauf que rien ne se passe jamais comme prévu, ce site a en ce moment environ 1 semaine de délais rien que pour préparer les commandes, et donc je n’aurais pas du tout ce colis a bon moment. Bon allez, direction les magasins pour en trouver un.

Je me suis tapée 4 magasins, au bord des larmes à la fin, et je n’ai même pas trouvé le foutu cadeau. Plus jamais je remet les pieds dans un magasins de vêtements pour enfant si ce n’est pas pour le mien. Plus jamais….

Et ensuite pour pouvoir visiter mon amie à la maternité (ouais je suis sado-maso), j’ai du prendre une aprem’ de congé pour me faire torturer. En même temps c’était ça et je pouvais y aller avec A., ou alors j’y allais toute seule. Et je ne me sentais pas du tout du tout de taille à affronter ce moment toute seule.

Finalement la visite s’est passée moins horriblement que je pensais. Bien-sûr j’ai badé un peu en continue du lever au coucher hier, mais la visite en elle-même a été plus supportable que prévue.

Ce qui me fait un peu peur. Ai-je perd toute sensibilité en me faisant une carapace ? suis-je devenu psychopathe ? Avant j’avais envie de chialer dès que je devais passer un moment avec un enfant (connu ou inconnu, c’était tout aussi horrible en famille que dans une salle d’attente par exemple). Mais depuis quelque temps, même si je ressens un pincement au cœur, je ne dois plus trop me retenir de pleurer.

On va pas se mentir, le fait que L. ne m’ait pas mis la petite dans les bras a grandement aidé. Aucune RALC n’a été dite. Elle a d’ailleurs eu la gentillesse de ne pas envoyer de photo de la petite par SMS alors qu’elle en a envoyé une à A.

Et puis on va pas se mentir, sa gueule de déterreé à cause de nuits blanches depuis 4 jours, la petite qui pleure dès qu’on la pose, les difficultés et douleurs liées à l’allaitement…. et ben en fait sur le moment ça m’a pas vraiment donné méga envie d’être à sa place XD. Bon après quand je l’ai vu parler à la petite quand elle était réveillée c’était déjà plus touchant. Mais heureusement pour moi, elle a quasiment dormi tout le temps de la visite (on est resté 2h…. je sais pas comment j’aurais fait si ça c’était mal passé).

 

Voilà, mon humeur du moment, entre blues et contentement, cela varie suivant le moment de la journée et du jour de la semaine. Je crois qu’au final le plus dur ce n’est même pas les naissances, mais la période de Noël, comme beaucoup d’entre nous…

 

Après le refus de mon homme de passer Noël juste à deux, j’ai pris le contre-pied : vivre Noël à fond. Cette année je m’autorise une plus grande déco de l’appartement, un pyjama sur le thème de Noël, un renouvellement des décos pour le sapin (même si le sapin géant dont je rêve attendra encore), films de Noël le dimanche matin sous un plaid en buvant du thé de Noël, calendrier de l’avent maison, célébration de la St Nicolas (en Alsace on fait un repas avec du chocolat chaud au lait d’amande, des manalas (brioches en formes de bonhomme) et des mandarines )

Du coup mon cœur balance aussi, entre la joie de ne plus me réfréner, de ne plus attendre l’enfant pour vivre ce dont j’ai envie. Mais à coté la tristesse tout de même de ne pas partager ça. Pour moi Noël est très lié à des moments joyeux en famille dans mon enfance (sachant qu’après les relations se sont dégradées avec ma famille). Et ça me fait mal de ne plus pouvoir vivre des moment comme cela en le transmettant, sachant que mon homme n’y met pas du sien, il n’a pas du tout l’esprit de Noël, même s’il pense que ça changera le jour où on aura un enfant (comment enfoncer le couteau dans la plaie).

Mais ainsi va la vie, je vais continuer à me réapproprier cette fête petit à petit, ce weekend ce sera atelier bredalas petits gâteaux avec l’homme.

Qu’importe ce que l’avenir nous réserve, nous arriverons à être heureux, j’en suis persuadée.

 

Il y a 3 ans…

Il y a 3 ans aujourd’hui j’entrais dans mon entreprise pour un CDD de 18 mois, en fuyant avec joie la plus mauvaise expérience professionnelle de ma vie (une agence immobilière avec des patrons horribles qui faisaient pleurer les employés (dont moi), et envoyant tout le monde en burn out ou démission).

Il y a 3 ans je terminais mes sessions chez le psy, avec l’impression d’être bien mieux dans ma peau, et plus sereine pour accueillir un enfant. 8 mois plus tôt j’avais enfin eu la force et la détermination de franchir le seuil d’un psy pour vaincre mes démons et me sortir de cette dépression vieille de 13 ans.

Il y a 3 ans nous avions pris la décision depuis l’été d’enfin se lancer dans cette aventure, même si on attendait que je trouve un emploi un peu plus long pour ne pas être dans une situation catastrophique à l’arrivée de notre futur enfant.

Il y a 3 ans j’étais allée faire un bilan pré-grossesse chez mon médecin traitant, faisait quelques rappel de vaccin, mon groupe sanguin, et tout allait bien, je découvrais que j’étais même immunisée contre la toxoplasmose. elle me prescrivait de la B9 en prévision, ça me faisait tout bizarre à la pharmacie quand elle demandait si j’étais enceinte ou si c’était pour un projet de grossesse.

A cause de problèmes d’inflammations urinaires j’avais passé mon été chez l’urologue, et attendu que cela s’améliore pour arrêter la pilule. Il y a 3 ans jour pour jour un gynéco me donnait le feu vert concernant ce problème. Le soir même j’arrêtais la pilule, avec une grosse bouffée d’adrénaline (« ça y est, on le fait vraiment, on sera bientôt parents »).

Il y a 3 ans j’achetais le livre de la grossesse édition 2014, car je pensais être enceinte rapidement, je me demandais comment je cacherais ça à nouvel an vis à vis de l’alcool. Je disais en blaguant à mon homme qui trouvait ça prématuré d’acheter ce livre, que c’était pour me rassurer et m’informer sur les étapes de la grossesse, et que dans le pire des cas y’avait une partie sur l’infertilité donc le livre serait utile (j’ai rouvert ce livre 1 seule fois environ après 6 mois d’essai, pour cette partie infertilité. Je crois que ce soir je vais le jeter, je ne pourrais jamais utiliser le livre « 2014 », je rachèterais celui de la bonne année)

Il y a 3 ans on se demandait qu’elle serait la réaction de nos proches à cette futur grossesse à cause de notre jeune âge (23 ans et 24 ans 1/2). Je cachais ma boite de B9 pour pas que nos connaissances travaillant en milieu hospitalier la voit et sache qu’on allait avoir un enfant avant les 3 mois.

Il y a 3 ans je pensais que notre enfant assisterait à la soutenance de thèse de son père, et je trouvais ça tellement génial. On se demandait comment on combinerait l’arrivée d’un enfant avec la fin de thèse, mais on se disait que c’était faisable, et on ne voulait plus attendre de toute façon.

Il y a 3 ans j’avais un retard de règle de 2 semaines après l’arrêt de ma pilule, ma doc m’a dit que j’étais peut-être déjà enceinte, j’ai fait ma première prise de sang négative. C’est juste mon cycle qui mettait du temps à se synchroniser après 2 ans de pilule sans règle.

Il y a 3 ans j’avais peur d’être une C1 car ça aurait été trop rapide, et je devais me faire tatouer (le moment où jamais avant d’être enceinte).

Il y a 3 ans je ne buvais plus une goutte d’alcool dès que mon ovulation était passée, car j’étais persuadée d’être enceinte à chaque cycle. J’avais pleins de symptômes. C’était juste le retour de ces symptômes pré menstruels que la pilule efface…


 

Il y a 3 ans, toutes les conditions étaient réunies : j’allais bien psychiquement, j’avais un travail sur la durée, idem pour mon homme, mes problèmes urinaires étaient bénins et finis, la sensation d’être prêt rejoignait enfin le désir ardent d’être parents, notre couple s’était remis durablement de la crise traversée deux ans auparavant, nous avions une certitude, celle de passer le reste de notre vie ensemble et de fonder enfin notre famille.

Il y a 3 ans j’étais naïve et insouciante.

Il y a 3 ans nous pensions être parents dans l’année 2015.

Elle

« Elle », est-ce qu’on en aurait pas toute une dans notre entourage ?

Cette fille qui a la vie dont on rêverait, qui a toujours ce qu’elle veut dès qu’elle le veut, même quand c’est des choses qu’elle ne voulait pas spécialement au départ ?

Elle c’est une fille avec qui j’étais à la fac en 1e année. Au détour d’une conversation devant une salle de TD on a sympathisé. Nous avions beaucoup de points commun, notamment sur nos relations familiales. On avait pas mal de cours en commun, on a révisé tous nos partiels du 2nd semestre de 1ere années ensemble. Elle devait souvent partir tôt ca elle avait un boulot à 1h. Je la connaissais à peine, j’ai commencé à lui passer tous les cours qu’elle loupait car je les prenait sur ordi, donc c’était facile. En 2e année on a essayé de prendre un maximum de cours ensemble, car c’était plus sympa, mais aussi pour que je puisse lui filer des cours. Je me préparais des super fiches de révisions et lui donnais toutes comme ça, sans qu’elle demande. Elle s’est acheté un scooter mais n’en avait jamais fait, je lui ai appris. Elle a déménagé, je l’ai aidé à faire ses cartons puis à tout installer au nouvel appart. Elle a changé d’objectif professionnel et s’est décidé à suivre le parcours pour être prof, parce que c’était le plus facile dans notre domaine. Mais elle n’aimait même pas vraiment ça et n’avait jamais suivi les stages du début de licence.

En 3e année, j’ai suivi une autre option, je n’avais presque plus de cours en commun, et petit à petit mes amies m’ont éjectés du groupe, faisaient tout sans moi et sans me prévenir, n’étaient jamais disponibles quand j’essayais de les voir. Et elle c’était la pire du groupe.

Mais comme une bonne poire je n’ai pas compris à ce moment là. Je croyais toujours qu’on était autant amies. Et puis en master, elle trouvait toujours une autre excuse quand je lui proposais de se voir. Un jour j’en ai eu marre, je lui ai demandé si elle avait un problème avec moi, elle a nié, puis avec mon insistance a dit qu’elle trouvait que je ne la contactait que pour demander des services (elle a gardé deux fois mon chat quelques jours, et m’a accueilli 2 nuits pendant la courte période de rupture avec mon homme, mais à refuser plus d’une dizaine de fois de me voir dans la dernière année). En soit je ne voyais pas trop le mal, car je ne trouvais pas ça abusif (et purée je lui avais rendu tellement de services par le passé en plus !), mais je me suis excusée, je lui ai dit que je ne m’en étais as rendu compte et que j’en étais désolé, mais qu’en même temps moi je la considérais toujours comme une très bonne amie donc ce n’était pas des choses abusifs à demander, mais que vu qu’ elle me considérait comme une ancienne amie forcément c’était différent. Malgré tout cela, si un jour elle voulait des nouvelles, on pourrait se voir car je n’avais rien contre elle.

Elle ne m’a plus jamais reparlé (et moi non plu du coup). Ca a été un coup dur dans ma vie, je la considérait comme une de mes plus proches amies avant cela.

Mais grâce à Facebook, on continue à suivre malsainement la vie de ces personnes dont on s’est éloigné. Elle a donc réussi son CAPES avec brio (alors qu’elle n’aimait pas être prof), dans une superbe école là où elle voulait. A cette époque j’arrêtais mon master car avec une prof c’était du harcèlement moral et je n’ai pas tenu. A eu rapidement sa titularisation et son poste rêvé alors que je me farcis un boulot que je n’aime pas.

Et puis il y a 2 ans est apparu sur mon mur Facebook l’annonce de sa 1e grossesse (elle qui ne voulait pas spécialement d’enfants à l’époque où on était amies, et qui n’était pas sûr de rester avec son copain quand je la connaissais car il était trop irresponsable). Cela faisait 8 mois que nous essayions en vain de faire un enfant. Cette annonce m’a marqué au fer rouge, je me souviens encore exactement du moment où je l’ai appris. Nous faisions un restaurant en amoureux, dans un resto à l’écart de la ville au bord de l’eau un jour caniculaire. Ma meilleure amie (que j’ai connu au moment du master) m’a envoyé un sms bizarre concernant cette fille, je suis donc allée sur Facebook et y ai vu la nouvelle. Cela m’a gâché le reste de la soirée.

Puis j’ai eu le droit de suivre les plaintes de grossesses, puis l’annonce de naissance, les photos. et pourtant malgré la douleur que tout cela engendrais, je n’ai jamais eu le courage de bloquer ses publications.

En octobre dernier elle annonçait sa 2e grossesse. Sa 1ere fille n’avait même pas encore un an. S’en sont suivi tous les publis sur l’acceptation du 2e par le 1er enfant, l’achat de leur maison (alors que nous galérions à boucler les fin de mois quand mon homme n’a pas trouvé de contrat à la fin de son doctorat).

Aujourd’hui elle a annoncé la naissance de sa 2e fille.

Elle aura eu le temps de faire deux enfants en 18 mois, 2 enfants dans ses bras en ayant débuté les essais après moi….. Aujourd’hui cela fait 2 ans et 8 mois que j’ai arrêté la pilule et je me dis que la vie est tellement injuste….

La loi de Murphy

« Anything that can go wrong, will go wrong »

Une phrase pour résumer ma vie. Tout ce que je touche, tout ce que j’entreprend, tout ce que je désire, finit par échouer, par se consumer.

J’attends le twist façon Hollywood dans ma vie, mais il ne vient pas car nous ne sommes pas dans un film, ou pas dans la bonne catégorie. C’est plutôt le film dramatique qui commence bien, mais où tout se détériore au fur et à mesure. On est plutôt dans  Alabama Monroe que dans Bridget Jones (et l’ironie dans le choix de mes films, c’est que dans les deux cas les héroïnes tombent enceintes facilement et sans le vouloir). Les drames s’enchainent et la fin est insupportable.

Alors comment avancer ? Comment subir les traitements en  étant persuadée que de toute façon vu que tout tourne au pire dans ma vie, nous ferons partie du pourcentage qui ressortent le ventre vide de la PMA ?

Ou alors vu que DNLP aime me torturer, que si par miracle je suis enceinte je perdrais cet enfant à un moment ou à un autre ?

Je ne vois pas d’issue heureuse à cette histoire. Et le pire c’est que je ne suis même pas en phase dépressive….

Je n’ai pas beaucoup de buts précis dans ma vie, je ne suis pas une fille passionnée par tout. Mais une de ces rares choses est d’avoir un enfant. Une de ces rares choses qui pourraient me rendre vraiment heureuse. Alors pourquoi y aurais-je le droit ? Si toutes les choses qui pourraient me rendre heureuses ont échouées, pourquoi la plus importantes de toutes n’échoueraient pas ?

Je suis en PMA parce que bien sûr je veux tout tenter, je ne veux pas me dire que j’ai pu passer à côté. Mais en même temps j’ai l’impression de faire cela pour avoir la conscience tranquille, tout en étant déjà persuadée de l’issue fatale. J’ai envie d’expédier tout ça au plus vite, pour pouvoir ensuite me reconstruire sur d’autres bases.

 

Avant les essais, quand on me demandait de m’imaginer dans 10 ans, je m’imaginais en train de me promener avec mon homme, 2 enfants marchant à nos côtés et une poussettes. Aujourd’hui je vois le néant. Je n’arrives plus à me projeter. Je ne me dis pas que dans 10 ans nous serons parents….

 

Nous ne nous sommes toujours pas décidés pour l’IAC 5, dont les piqures devraient commencer demain si jamais on la lance de suite. Car on y croit plus du tout à ces IACs. Mais en même temps j’ai toujours la peur de ne pas avoir tout tenté (donc faire les 6 IACs), de passer à côté d’une grossesse plausible avant de partir en FIV.

On ne sait pas quoi faire. Alors pour l’instant on ne fait rien.

L’annonce de trop qui m’a fait craqué ce matin. Je croyais être épargnée par les annonces d’enfants dans mon service, vu que à part mon collègue de 28 ans (qui ne veut pas d’enfants pour le moment), les autres ont entre 45 et 60 ans. Mais je n’avais pas anticipé l’annonce de naissance du petit-fils. On a eu le droit à la discussion sur les noms, l’accouchement, les autres naissances à venir dans l’entourage. J’ai réussi de justesse à échapper à la photo. Ca m’a fait l’effet d’un coup de poignard, venant finir de déchirer mon armure…