Parfois je ne me comprends pas.

Il y a des jours où le moral n’est pas au RDV,  les fameux « jours noirs » du deuil.

Et dans ces moments-là, parfois je retourne le couteau dans la plaie.

À regarder les profils des femmes enceintes de mon entourage, les photos de leur gros ventre qui pousse… À calculer si elles ont dépassé le stade auquel j’ai perdu S. ou non, à m’émerveiller et maudire leur insouciance. À détester leur bonheur.

Et parfois je me fais encore plus de mal. À regarder les photos que seule moi possède, une par semaine qui voient mon ventre s’arrondir. Les seules photos jamais prises où l’on voit mon ventre. Et les photos d’échographie qui restent dans mon téléphone. Une preuve que tout cela était bien réel.

Comme pour me rappeller que ce n’était pas un rêve, que j’ai bien été enceinte un jour.

À relire l’article de blog où je raconte la descente en enfer , comme pour m’approprier mon histoire, l’apaiser à force de la lire, la rendre plus supportable.

Et forcément après je me sens encore plus mal. Et ne comprends pas pourquoi parfois je ressens le besoin de m’infliger ça, sans jamais en parler à personne.

15 réflexions sur “Auto-destruction

  1. Il m arrive d avoir le meme genre de comportement. Alors que je n arrivais pas a avoir d enfant, je cherchais sur facebook qui de mes amis d enfance en avaient eu… pourquoi c est une bonne question…

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai relu l’article de ta descente en enfer (que j’avais été incapable de commenter à l’époque tellement ça m’avait tordu le bide). Je me faisais la réflexion que, en plus du deuil, tu dois faire face à un énorme stress post-traumatique parce que les conditions ont vraiment été violentes. Rien que dans la retranscription écrite que tu fais de ton état, c’est déjà l’horreur alors je n’ose pas imaginer « en vrai » comme ça a dû être épouvantable … Mais tout ce vécu explique sûrement un peu pourquoi tu t’infliges ça encore aujourd’hui.
    Bref, ça ne t’aide pas beaucoup j’en ai bien conscience. :/
    Je t’envoie toutes mes pensées pour ces jours noirs.

    J'aime

    1. Je crois que moi-même aurait été incapable de commenter cet article si je l’avais lu chez quelqu’un… On a l’impression d’être dans un film quand ça se passe, que ça ne peut pas être la réalité… Je crois que je l’ai avant tout écrit en exutoire à l’époque, et j’ai bien fait pour garder une trace – parfois ce blog est plus un journal intime qu’autre chose ! je crois que c’est encore le cas avec cet article, ça fait du bien d’en parler quelque part, même si personne ne peut y faire grand chose.
      Mais ça fait toujours du bien de voir tout le soutien que vous m’apportez ici ❤

      J'aime

  3. Bonjour,
    Cette « torture » que tu t’infliges, je la vis aussi. Je crois que c’est pour être sûre que nous n’avons pas « rêvé » (ou plutôt cauchemardé du coup). Notre cerveau cherche des preuves de nos enfants, de nos grossesses interrompues pour se dire que oui, c’est réel.
    Quand à chercher chez les autres, peut être voir que pour d’autres tout se passe bien, ça provoque de l’envie, de la colère, de la jalousie oui; mais peut être que ça « rassure » en un sens pour une prochaine fois, ça se passera autrement, plus « normalement » ( du moins autant que possible…).
    Et comme dit plus haut, un stress post-traumatique aussi fait revivre encore et encore…
    Je t’envoie plein de pensées positives pour ses jours « sans » et plein de douceurs à S. 💖

    Aimé par 1 personne

    1. Ca me rassure de voir que je ne suis pas seule à avoir ce comportement face au deuil de nos enfants… Oui j’ai aussi ce sentiment que c’est pour chercher une preuve de la réalité de ce passé, quand le quotidien a repris le dessus et ressemble un peu trop à notre vie d’avant…

      Merci pour tes mots ❤

      Aimé par 1 personne

  4. Un peu de hauts et beaucoup de très bas…un pied encore sur la rive de ce gros chagrin, et pourtant, le deuxième pied est déjà dans un nouveau process…
    Tout ça est encore si frais, et comme l’a rappelé Lucienne, c’était si choquant.
    Je me souviens très bien avoir hésité à m’abonnner à ton blog de peur de passer pour une voyeuriste…
    Amicales pensées, bien humides et bien froides, ici on est dans le Grand Est ma p’tite dame 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Tu décris bien l’ambiguïté de la situation : la vie qui continue, qui reprend ses droits, mais ce passé traumatique qui n’est pas si éloigné que ça malgré les mois qui passent. J’ai parfois tendance à l’oublier que c’est encore frais, car cette autre vie semble si lointaine.

      Merci pour ton mot, et salutations bien brumeuses de l’est du Grand est ^^

      Aimé par 1 personne

  5. Tu en parles ici, et ça fait un paquet de monde qui t’écoute… Mais si tu l’écris ( « sans jamais en parler à personne »), peut-être est ce parce que tu ressens le besoin de poser ton fardeau auprès de… qui? de ta famille? d’un pro de l’écoute?.. et pourquoi pas!; tout ce qui peut être un secours mérite d’être considéré, non?
    C’est bien trop récent pour être déjà dans l’acceptation et l’apaisement… et puis on n’oublie pas, on apprend à faire avec (ou plutôt sans…) un jour après l’autre… Si tu ressens le besoin de t’infliger ça, j’imagine que c’est un processus normal dont le but est d’aider à affronter la dure et triste réalité: un peu comme un « non mais pince-moi, je rêve! »
    Mille douces pensées

    Aimé par 1 personne

    1. C’est justement le besoin de l’évoquer qui m’a fit écrire cet article, après l’avoir eu de nombreuses fois en tête. Mais je n’ai jamais osé évoquer le sujet avec mon mari, ni avec ma psy (car en général j’ai d’autres sujets prioritaires que j’e veux évoquer avec elle celui-ci me semble anecdotique dans ces moments là). Mais peut-être qu’en parler ici amorcera la discussion dans d’autres espaces.
      C’est bien ça, « pince moi, je rêve »….

      Bises

      Aimé par 1 personne

  6. Je crois que ton cerveau te protège de tous ces souvenirs et tu as besoin de preuve de ce qui est arrivé , que votre fils a bien existé , c est sur que ça fait remuer le couteau dans la plaie mais ça fait partie de toi, ta vie, ton histoire…
    La vie est si cruelle et injuste qu’on espère n’avoir fait qu un horrible cauchemar …
    Tendres pensées pour vous deux, et j espère que la vie épargnera vos cœurs a l avenir et que vous puissiez vivre à nouveau avec votre ange qui veille sur vous ❤️
    J’ai relu ton récit, il est si poignant …

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai que de moi-même je n’arrive pas à repenser à ces événements posément. C’est toute suite une bouffée d’horreur. Alors qu’en relisant les événements, j’ai l’impression de les assimiler plus doucement (même si horreur, plus diffuse, est bien là).

      Merci pour tes mots et ton soutien ❤

      J'aime

  7. J ai relu tes articles de l époque qui m avait retourne le coeur ..j y pense souvent car je me dis que ça n arrive pas qu aux autres , surtout quand il n y a pas eu d explication , de raison , de pourquoi s est arrivé. …tu es si courageuse….

    Aimé par 1 personne

  8. Je pense que c’est normal après un tel traumatisme, qu’il y ait encore des jours très noirs…
    Pour ce qui est de regarder les profils des femmes enceintes, c’est un des mauvais côté des réseaux sociaux 😕
    Courage 💙

    Aimé par 1 personne

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s