Ce que je ne vous ai jamais dit sur le deuil périnatal

Il y a beaucoup de choses que j’ai gardé pour moi, même si au fil des mois je me suis suivant exprimé ici. Certaines choses ont d’ailleurs pu transparaître. Le temps du choc est désormais bien derrière, alors je ressens le courage de vous parler de tout cela, de me mettre à nue. Pour celles qui passeraient par ici car elles traversent la même épreuves, qui se reconnaîtrons peut-être dans ces mots. Et pour les autres qui auront le courage de le lire, de comprendre un peu mieux ce qu’on traverse par moment.

Je vais surtout vous raconter mon vécu dans les semaines qui ont suivies la perte de S. C’est une sorte de retour en arrière sur pleins de petits événements, difficultés, passages, etc… de cette période-là. D’aspects divers dont on ne parle par forcément en général. Ce sera un peu décousu.


 

Une fois rentrée de l’hôpital, j’ai été incapable de prendre une douche pendant plus d’une semaine. C’était uniquement en mode « toilette de chat » pour ne pas risquer d’infection gynécologique. C’était une torture de me changer, de me déshabiller, et je n’ai mis que des joggings et t-shirts informes (ceux de mon mari enfait) pendant plus d’un mois.

Puis quand j’ai réussi à prendre une douche, j’étais incapable de toucher mon ventre. Il m’a encore fallut plusieurs jours voir semaine pour y arriver, dans les larmes à chaque fois. J’ai aussi eu beaucoup de mal avec ma poitrine. J’avais pris 2 tailles avec la grossesse, ma poitrine était extrêmement lourde et dense (j’étais passée au 100F…). Tout cela a disparut en une journée, c’était très difficile à accepter. De plus, mon corps a gardé des traces de cette grossesse : mon ventre est moins ferme, ma poitrine plus tombante … encore plus difficile à accepter quand on subit ces changements alors qu’on aura même pas d’enfant vivant.

 

Si entre le moment où j’ai appris la mort de S. et l’accouchement j’ai très peu mangé (le strict nécessaire pour ne pas m’évanouir), une fois l’accouchement passé, à ma propre surprise j’ai mangé l’intégralité de tout ce que m’apportait à l’hôpital. J’étais affamée – je pense que mon corps était à bout et avait besoin de forces (et étonnamment la nourriture d’hôpital en Finlande était bonne) – d’ailleurs je culpabilisais d’avoir envie de manger, mais c’était une sensation vraiment physiologique.

 

Pendant plus d’un mois, j’étais incapable de quitter mon mari. On faisait des crises d’angoisses quand on était pas ensemble dans le même lieu. (On pouvait être dans une pièce différente tout de même). Par la suite les crises d’angoisses ont continué. C’était le sentiment d’imminence d’une catastrophe. Dès que j’étais dans la rue par exemple, je me disais qu’une voiture allait me renverser, que j’allais chuter à vélo, etc… Si mon mari n’était pas là pile à l’heure je me disais qu’il s’était passé quelque chose. J’étais convaincu qu’on allait diagnostiquer une maladie horrible à l’un de nous deux et qu’un de nous allait mourir, etc… Vous imaginez le genre. Ça s’est calmé depuis, mais je suis tout de même beaucoup plus angoissée qu’auparavant, car cette impression que rien ne se passe jamais bien ne s’arrête jamais dans notre vie, et la vie ne cesse de nous en donner des confirmations régulières.

 

Au début on était incapable d’être seuls, de nous occuper de nous même, alors on a demandé à nos familles de venir. Ma belle-mère a passé une semaine chez nous, à tout faire (sinon je crois qu’on aurait pas mangé). Puis nos parents et nos frères et sœurs se sont relayés encore les deux semaines suivantes pour qu’on ne soit jamais seuls un jour entier (je précise qu’ils habitent tous à environ 1h15 de chez nous). Ensuite ça s’est espacé. Au bout d’un mois environ par contre ça a été le contraire, on a eu besoin de retrouver notre intimité, d’être « seuls à 2 » et au contraire on a passé beaucoup moins de temps avec la famille. On leur a donc demandé de nous laisser plus d’espace. Mais ils nous appelaient très régulièrement.

 

Actuellement j’ai toujours beaucoup de mal d’assister à des événements avec beaucoup de monde, des fêtes, des grands repas. Je les fuis, je ne fête aucun anniversaire si ce n’est pas en groupe très restreint. Le mariage de ma sœur en août va d’ailleurs être une épreuve à laquelle je ne peux échapper (je suis témoin…). Nous fuyons aussi les enfants. J’ai revu mon neveu de 7 ans pour la 1e fois il y’a moins d’un mois, car c’est la 1e fois que je m’en sentais capable.

 

La sexualité après la mort d’un enfant in-utero –  on parle étrangement très peu. Pourtant, on peut bien imaginer que ça va être complexe. Entre notre propre rapport au corps et celui de notre mari… Quand on arrive même pas à se regarder soi-même nue dans le miroir, vous imaginez qu’on a pas envie que notre mari nous regarde, de voir sa tristesse face à ce corps à nouveau changé. On ne supporte pas tous les deux de toucher ce ventre. Ensuite il faut accepter d’avoir du désir et de prendre du plaisir, ce n’est déjà pas simple. A cela s’ajoute les pensées plus sombres, surtout avant la « première » fois d’après la mort. Où l’on se dit « la dernière chose qui est passé par mon vagin, c’est mon fils mort ». Où l’on repense aux dernières fois si tendres, quand tout allait bien. Forcément on a plein de flash-back de ces moments, difficile de se concentrer sur l’instant présent. Je ne me souviens plus exactement combien de temps on a mis pour se retrouver. Je dirais environ 1 mois. On en parlait ensemble du fait qu’on appréhendait. Même si ça s’est fait très naturellement au final.

Le paradoxe c’est que parfois le corps a envie (notamment avec la baisse de la progestérone – ma libido et les sensations étaient au plus bas pendant la grossesse à cause de celle-ci qui était haute, alors quand les taux sont redevenus normaux, mon corps était au taquet) mais notre esprit ne veut pas, et il faut l’écouter. Au final on va aussi rechercher des choses différentes dans ces rapports, plus de douceur, de connexion, de tendresse, que de la jouissance.

On a mis de long mois pour retrouver une sexualité épanouissante (qui l’est d’ailleurs plus qu’avant, car la PMA avait déjà bien  tout bousillé), et on ne va pas se mentir il a fallut y travailler activement pour réussir à la réinventer (article protégé publié  à ce sujet en décembre, pour celles qui ne l’avaient pas lu, vous pouvez me demander le mot de passe par mail, comme toujours). Cette reconnexion est aussi passée aussi par une phase de plaisirs solitaires, pour réussir à se réapproprier et ré-apprivoiser son corps.

 

 

On passe aux côtés les plus sombres (et je finirais sur une touche plus « positive).

 

Les pensées suicidaires – j’imagine que tout parent endeuillé en a. Quand on apprend que son enfant est mort et qu’on va devoir accoucher, c’est un miracle en soit de ne pas se foutre en l’air quand on est tout seul pour affronter cette horreur. Ces pensées s’estompent dans le temps. Au début, face à la douleur, elles sont omniprésentes. On veut cesser d’avoir mal, on se rend compte que cette douleur ne cessera jamais vraiment, or on ne veut pas supporter autant de douleur toute sa vie. On s’en sent incapable. Je crois que pendant les premières semaines, la seule chose qui m’a fait tenir, c’était de ne pas vouloir infliger ça à mon mari – et vice-versa. Si l’un de nous avait verbalisé l’idée d’un suicide commun pour contourner la problématique… Mais l’instinct de survie probablement nous a empêché de donner l’idée à voix haute.

Ces pensées s’estompent dans le temps, s’espacent, mais ce serait vous mentir de dire que les jours noirs je n’en ai pas. Car c’est usant de vivre ces épreuves. Même si je vous rassure, avoir ces idées ne veut pas du tout dire qu’on est prêt de passer à l’acte. C’est juste une fulgurance dans l’esprit qui dit « ce serait tellement plus facile »; puis on se rappelle qu’on a toujours l’espoir de bonheurs à venir et on se raccroche à la perspective de jours plus heureux pour avancer malgré la douleur. Et en parallèle on arrive à vivre des vrais moment de bonheurs, il y a des jours où on arrive à être pleinement heureux.

 

Quand on lit des blogs ou des comptes insta qui parlent de deuil périnatal, je lis tellement souvent « la rencontre a été un  moment magique, je garde un très beau souvenir de mon accouchement malgré le contexte, les moments passés avec mon bébé dans mes bras reste un de mes plus beaux souvenirs malgré tout ». Je lis ça tellement souvent que j’ai l’impression d’être un OVNI. Pourtant je ne pense pas être la seule qui n’a PAS DU TOUT VÉCU CA. Tant mieux pour toutes ces personne, mais qu’on soit clair, mon accouchement c’est le pire moment de toute ma vie, même pire que l’annonce de la mort. C’est un traumatisme horrible qui m’a hanté des jours et des nuits. Cela fait très peu de temps que quand j’y pense je ne suis plus totalement plongée dans le trauma. Et non, quand j’ai « rencontré » mon fils mort c’était horriblement dur. On a été incapable de le prendre dans nos bras, au début on l’a regardé seulement furtivement. Puis quelques minutes après on a réussi à le regarder un peu plus (mais ça n’a pas duré très longtemps tellement c’était dur). J’ai juste réussi à poser ma main sur la couverture qui l’entourait pour lui dire au revoir et l’appeler par son prénom pour une unique fois. Alors oui maintenant avec le recul, je me dis que j’aurais du le prendre dans mes bras, le regarder plus longtemps, pour que son image précise s’efface moins rapidement de ma mémoire. Mais bon, on a fait du mieux qu’on pouvait dans cette situation, on était incapable de plus, alors les regrets cela ne sert à rien. Ce n’était pas un moment « doux » à vivre, pas pour nous, et ces images ont aussi été très longtemps traumatiques.

 

J’aborde maintenant la partie probablement la plus difficile à oser partager, car la culpabilité n’est pas très loin quand on a ces pensées. Idem, les gens ne partagent que le positifs j’ai l’impression, alors celles qui ressentent des choses moins « avouables » gardent cela pour elles. Je lis souvent « Malgré la peine d’avoir perdu mon enfant, je ne regrette rien, et si je devais recommencer en sachant la fin, et bien je le ferais quand même pour ces précieux moments vécut avec lui« . Et bien non, je ne vis pas les choses comme cela. J’aime mon fils de tout mon cœur, il me manque à en crever et je ne pense pas me remettre un jour totalement de cette perte. MAIS sachant le dénouement, si c’était à refaire, et bien non je ne le referai pas. Oui, j’aurai préféré que cette grossesse n’ait jamais eu lieu. Ces quelques mois dans mon ventre ne valent pas la peine immense qui en découle maintenant à l’infini. Voilà, c’est extrêmement difficile d’écrire ça, mais je suis persuadée que d’autres personnes le vivent aussi comme cela. Et ce n’est pas grave, ce n’est pas une trahison, et de toute façon on ne refera pas le passé, alors notre enfant sera de toute les manière à jamais dans notre cœur. On a le droit de penser cela, c’est humain face à la peine qui nous accable, cela ne veut pas dire pour autant que l’on aime pas notre enfant, bien au contraire.

 

 

Je finirai par un partage plus positif. Il y a aussi des choses qui m’ont fait du bien, des pistes qui peuvent aider celles qui traversent cette épreuve depuis peu. Je les ai probablement un peu évoqué au fil de l’eau.

 

Le sport a été une vraie bouée de sauvetage – à la maison d’abord, car il me permettait d’évacuer ma peine, en général je craquais et pleurais des torrents, puis continuait ma séance de vélo elliptique (tout en pleurant), et ça me faisait un bien fou. Puis on s’est acheté un punching-ball, pour évacuer notre colère. C’est génial de pouvoir taper sur quelque chose, ça fait un bien fou, et ça aide à décolérer. Je l’utilise encore maintenant les jours où ça ne va pas. C’est un petit investissement qui en vaut vraiment la peine, je vous recommande à toutes, même celles « juste » en PMA, d’y avoir recours.

J’ai aussi eu un grand besoin de nature, de choses simples pour me sentir vivante. Marcher sous la pluie. Sentir le vent sur mon visage. Ecouter les oiseaux. Regarder les papillons. Admirer un lac ou la mer. Passer des heures blottis l’un contre l’autre avec mon mari. Marcher en forêt main dans la main. Prendre de grandes inspirations d’air frais. Vivre une vie plus lente.

 

Voir un psy, en couple et seule. C’est absolument nécessaire je pense. Ne rester pas seule chez vous, ne garder pas tout ça. Bien-sûr c’est vraiment très bien de ne pas faire un tabou de cet enfant, de parler de vos émotions à votre entourage. Mais il y ‘a certaines choses que vous n’oserez pas aborder, ou vous en aurez marre de lire leur pitié, leur tristesse. Nous avons été voir la psychologue qui est dans notre centre PMA/maternité, dès qu’on est revenu en France (donc 3 jours après), qui connaissait bien le deuil périnatal. Elle nous a parlé de plusieurs associations, elle organisait des groupes de paroles ; elle nous a aussi mis en contact avec d’autres personnes de l’hôpital pour nous aider dans nos démarches qui était compliquées (sage-femme qui nous a aidé pour l’Etat-Civil et nous a décroché une aide financière pour en partie financer les 1000€ pour rapatrier l’urne; mise en lien avec une ostéopathe pour « remettre mon corps en ordre »). Elle a donc été d’une aide précieuse sur plusieurs aspects.

Nous avions donc des sessions de 1h en couple, 1x/semaine pendant 2 mois. Et c’était vraiment une bonne chose, car ça nous aidait à exprimer notre ressenti, à dire toutes nos émotions à l’autre avec une personne extérieur pour nous aider. A parler aussi de nos peurs vis à vis de notre couple (mon mari était terrifié que le deuil nous sépare, il avait peur de me perdre aussi). Bref consulter en couple nous a fait beaucoup de bien pour garder la communication, comprendre l’autre, mais savoir qu’on avait un moment spécifique pour parler de ça ensemble.

On est aussi allé tous les deux consulter de notre côté les psychiatres qu’on avait déjà vu quand ça n’allait pas en PMA. Au début j’y allais 1x/semaine, et ça ne me semblait pas assez. Au bout de 6 mois j’ai espacé à 1x toutes les 2 semaines. Récemment c’est plutôt 1x/mois, sauf avec la reprise de la PMA où son soutient était plus que nécessaire vu comme j’étais angoissée. Avec le Covid-19, je ne l’ai malheureusement plus vu depuis mars (et ça me pèse par moment).

 

Plus globalement, j’aurais deux comptes intagram à vous conseiller. Le premier est un compte qui m’a beaucoup aidé ces derniers mois.

Le compte instagram à découvrir absolument, que vous même ou un proche soyez endeuillé par la perte d’un enfant, ou tout simplement que vous vouliez un peu mieux comprendre ce que ces parents vivent : @a_nos_etoiles

Et celui d’une illustratrice qui fait énormément pour le travail de mémoire des parents endeuillés : @korriganne.illustration

 

 

Voilà, un article bien long, par forcément évident à lire je m’en doute bien – mais cela me tenais à cœur de partager toutes ces petites choses dont il est difficile de parler autrement.

La tempête dans ma tête

Je vous avais promis un article un peu plus positif qui devait venir après celui , c’est enfin chose faite. J’ai juste mis un peu de temps à finaliser ce brouillon. Car c’est un peu la tempête dans ma tête en ce moment. Je suis partagée entre pleins d’émotions, certaines positives, d’autres moins. J’essaye de ne pas me laisser submerger. Mais c’est un peu plus compliqué que d’ordinaire vu la situation actuelle, et qui plus est je n’ai pas eu de séances avec ma psy depuis mars – ça n’aide pas (elle est à côté de mon boulot, or je suis en télétravail, je n’arrive donc pas à y aller vu ses horaires. Et la consultation par téléphone on a essayé une fois au début du confinement, mais ce n’est pas pour moi).

Pourquoi est-ce la tempête dans ma tête ? Car beaucoup trop de choses s’y bousculent en même temps. D’un côté il y a la longueur du parcours PMA, encore plus allongé en cette période, et ce TEC que l’on attend avec impatience. Puis il y a nos autres projets d’avenir, dans lequel forcément l’infertilité est aussi imbriquée.

Notre gros projet à court terme est celui d’acheter une maison, et de par la même occasion s’éloigner de la grande ville (même si on y travaillera toujours). On attend la signature du CDI de mon homme avant la fin du mois, et ensuite c’est parti pour les recherches – mais bon le marché est tendu dans le coin, alors ça risque de prendre de longs mois entre trouver la bonne maison et ne pas se la faire « piquer » par d’autres acheteurs.

Forcément ce projet nécessite de se projeter dans l’avenir, sur ce qu’on imagine pour notre vie dans les prochaines années. Pour réussir à trouver le bon compromis entre notre budget, nos envies pour la maison ainsi qu’une localisation la plus idéale possible. Concrètement, on est obligé de faire des compromis, le plus dur est de décider lequel.  On essaye d’être positif et de choisir la maison qui correspondra le mieux au cadre de vie de nos potentiels enfants tant espéré, donc un village paisible et vert avec d’autres jeunes, une école digne de ce nom, une maison avec un jardin et 2 chambres d’enfants à minima. Car la version idéale et rêvée de notre avenir on la connait : une grande maison, pleins d’enfants qui jouent, une vie simple faite de nature, de ballades en forêts, de transmissions, de câlins et d’amour.

Cela implique donc de se forcer à rêver, à croire en cet avenir qui potentiellement pourrait ne jamais advenir. Avec cette peur de ne jamais avoir d’enfants, de voir une grande maison avec pleins de pièces vides nous rappeler leur absence, ne pas réussir à s’intégrer à la vie locale parmi toutes ces familles.

Pour le moment on regarde déjà un peu les annonces, et cela retourne déjà le couteau dans la plaie, entre cet avenir incertain, et se rappeler que S. ne grandira jamais dans cette potentielle maison familiale. Mais en même temps il y’a l’excitation de s’installer dans notre cocon, dans une nouvelle vie qui nous correspondra probablement mieux. C’est beaucoup d’émotions ambivalentes à gérer pour mon esprit.

Tout cela me fait envisager l’avenir différemment.

La mort de S. a clairement changé la donne sur pleins d’aspects de ma vie. On s’est toujours vu en mode famille nombreuse, 3 ou 4 enfants. Malgré la PMA et l’infertilité, je ne voudrais pas renoncer à cela dans la mesure du possible. Cependant, avec le deuil périnatal, il y a la peur de revivre une épreuve similaire, la fatigue de mon corps vis à vis des traitements et du parcours. Dans l’optique où nous aurions la chance d’avoir un enfant biologique, je ne me vois pas ensuite enchaîner les FIV encore pour agrandir la famille. Peut-être, mais vraiment peut-être, pour un 2ème enfant, mais pour un 3ème non.

Alors depuis la mort de S. j’envisage plus concrètement l’adoption quoiqu’il advienne : que l’on arrive à avoir un enfant biologique ou non. Cette réflexion commence à prendre une place plus importante dans ma tête car j’en ai marre d’être tributaire des médecins pour espérer avoir un enfant. En ce moment, avec ce J5 qui n’attend que d’être transféré, j’ai l’impression qu’on prend une partie de moi en otage. C’est une partie de nous, mais on nous y bloque l’accès… sensation bien étrange.

Puis il y a aussi la réflexion du temps qui passe, d’où est la limite avec l’acharnement. Je pense que tout le monde a une jauge de choses qu’il peut encaisser. Le deuil a considérablement fait monter cette jauge très près de notre limite. Donc en cas d’échecs, je ne me vois pas aller jusqu’à 4 FIV. Je ne me vois pas passer encore 10 ans dans ce parcours, finir par avoir recours au don d’ovocyte après 4 FIV ratés. Il y a un moment où je dirais stop et je voudrai construire ma vie d »après. Comme je le disais, j’ai besoin de vivre, tout simplement.

Avec cette prospection de maison, je me rend compte que je ne pourrais pas habiter une telle maison tout en finissant par abandonner un projet de parentalité. Je veux élever une famille, qu’importe le lien de sang avec ces futurs enfants. Alors je commence tout doucement à me renseigner concrètement sur les démarches. Je ne veux pas attendre la fin du parcours PMA pour m’y mettre, car je connais bien les délais extrêmement longs. Bien évidement je suis consciente que c’est un peu plus « facile » d’adopter quand on a pas d’enfant biologique, mais plus difficile d’adopter pour agrandir encore la famille. Mais pour le moment ce n’est pas vraiment une question qui se pose. On verra cela en tant voulu, si par miracle la PMA fonctionne.

Nous envisageons l’adoption en France ou dans le pays dont est originaire le père de mon mari. Mon mari peut d’ailleurs demander la nationalité de ce pays depuis peu car les règles ont changé récemment (avant il fallait vivre au minimum 2 ans sur place), et c’est quelque chose qui lui tient à cœur. On espère que cela facilitera un peu les choses.

Chaque chose en son temps, je ne veux pas (et ne peux pas) mener tout de front, mais je pense commencer les démarches pour l’agrément une fois que nous aurons notre maison, qu’importe où nous en serons au niveau de la PMA à ce moment là. Bien évidement j’en suis au tout début de ma réflexion sur le sujet, alors tout cela va évoluer dans ma tête avec le temps et en me renseignant concrètement sur le sujet et les démarches. Ça fait beaucoup dans mon esprit, mais c’est la 1ère fois que je commence concrètement à envisager l’adoption comme une réalité, comme notre future parentalité. C’est un long cheminement qui commence.

Neige

Même si je n’ai pas l’âme ou de vrai talent de poète, quelques vers inspirés par les flocons qui tombent sans cesse derrière ma fenêtre cet après-midi.

 

Neige

J’ai toujours adoré

Cette lueur douce et feutrée ;

Réminiscence des hivers d’antan,

D’éclats de rire, d’un amour naissant.

 

Mais cette année le cœur n’y est pas

Car elle me rappelle sans cesse ton trépas

Tel un oiseau de mauvaise augure,

Elle me réserve quelque chose j’en suis sûr.

 

Il y a un an c’est elle qui te disait au revoir

Emportant avec elle tous nos espoirs.

La grande faucheuse tout de blanc vêtue

Jetait sur toi son dévolu,

Emportant avec elle par erreur

L’entièreté de nos cœurs .

 

On avait beau être au pays du père-noël,

Il n’y a bien que les neiges qui sont éternelles.

 

 

Interlude livresque

Plusieurs articles me trottent dans la tête ces derniers temps – mais pas forcément joyeux ou positifs, alors j’essaye de me concentrer sur le « mieux », et vous propose en 1er une petite pause littérature.

Dans les prochains temps attendez-vous à un article spécial tatouage après plusieurs demandes (qui sera en privé car je mettrais des photos à l’appui) ; un nouvel article sur la libido ; un article en mode « cherchons la positivité dans nos vies » ; probablement un article sur ma mère et les (non) grands-mères face à la PMA et le deuil ; et peut être un ou deux articles misanthropes si je n’arrive pas à me les sortir de la tête autrement qu’en les écrivant ici ^^

Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé littérature ici, à l’occasion j’avais mis un extrait de Désorientale de Négar Djavadi dans l’article ici, un livre qui parle de choc culturel mais aussi en filligrane de PMA et plus particulièrement dans le cadre d’un couple homosexuel.

Je vous ai aussi parlé de cette BD magnifique L’adoption de Zidrou et Monin (un tome 2 est d’ailleurs sorti, même si je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire), qui touchera toute PMette, même celles qui ne se projettent pas dans l’adoption.

Aujourd’hui je vais vous parler d’un auteur que j’admire particulièrement, pour moi l’auteur français actuel le plus talentueux, Alain Damasio. Pour ceux qui ne le connaitrait pas, cet auteur écrit peu, mais on comprend vite à la lecture pourquoi il met tellement de temps à sortir un livre. Il joue et réinvente la langue, lui donne un nouveau sens, une nouvelle forme, un mouvement dans l’espace. Quand en cours de français ou de littérature votre prof essayait de vous faire croire que l’auteur avait choisi ce mot exact et cette tournure de phrase pour dire ceci ou cela implicitement, vous rigoliez un peu comme moi ? Avec cet auteur, il n’y a aucun doute que c’est le cas.

C’est un auteur engagé, il qualifie d’ailleurs la littérature comme un territoire de « langagement ». Il écrit de l’anticipation, S-F et fantasy. Toutefois même si vous n’êtes pas spécialement amateurs de littérature de l’imaginaire, je vous recommande tout de même la lecture de cet auteur. J’ai eu l’occasion de le rencontrer 2 fois en 2019 (pour la sortie du livre et lors d’une conférence sur la littérature et notre futur), et à chaque fois c’est un bonheur, même si je me suis sentie toute petite face à son éloquence et sa culture (alors qu’il est très abordable et sympathique).

Il a publié 3 romans ainsi qu’un recueil de nouvelles (et d’autres nouvelles un peu à droite à gauche) :

  • La Zone du Dehors (1999)
  • La Horde du Contrevent (2003) – c’est d’ailleurs avec ce livre que j’ai publié ma 1e chronique sur mon blog littéraire, dont je vous ai mis le lien.
  • Aucun souvenir assez solide (2012, nouvelles)
  • Les Furtifs (2019) – dont je vais vous parler aujourd’hui.

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Outre le fait que Les Furtifs est indéniablement un chef d’œuvre, je choisis de vous en parler ici pour un des thèmes qu’il aborde : le deuil lié à la perte d’un enfant.

Dans un futur proche (où les multinationales ont pris le pouvoir, le « naming » est devenue une chose commune, les grandes villes sont rachetées et privatisées, et la vie privée est quasiment inexistante), ce roman raconte l’histoire d’un couple confronté à la disparition et la mort probable de leur petite fille de 4 ans. Le couple s’est déchiré car ils n’affrontaient pas cet événement de la même manière. Sahar la mère voulant réellement faire le deuil pour avancer dans sa vie, alors que son mari Lorca refuse d’accepter la mort de sa fille et vit dans le passé et les souvenirs. Lorca intègre alors le Récif, une unité militaire secrète qui étudie et essaye de capturer des animaux spéciaux : les furtifs – il est persuadé que leur fille les a rejoint. Ces animaux sont dotés de capacités extraordinaires, permettant de se fondre totalement dans le décor et d’éviter le regard. Car si on arrive à vraiment en voir un, il se céramise instantanément et meurt. Pour le moment, on n’a jamais réussi à en capturer un vivant.

Il y a des passages qui vous prennent aux tripes (même si vous n’avez pas vécu de deuil), et m’ont fait fondre en larme, par des mots simples mais amené au moment parfait (je pense notamment à la comptine sur le Paparapluie pour ceux qui l’ont lu). Mais aussi des moments d’actions qui vous tiendront en haleine, et des moments plus doux.

Bien-sûr ce livre aborde d’autres thèmes avec notamment une forte critique de notre société et du risque de dérives de nos technologies actuelles. Même s’il apporte aussi un message d’espoir aux travers des gens, qui ont la force en eux de lutter et de refuser le diktat des grands groupes.

Mais je l’ai lu avant tout comme un vrai questionnement sur le processus de deuil, les épreuves et étapes qu’on traverse, la vie qui reprend son chemin, la quête d’un sens à tout ça même quand il n’y en a pas.

Si on s’éloigne des thèmes abordés et qu’on prend un peu de recul, le plus remarquable dans ce livre reste la forme : les jeux avec la langue, chaque personne qui a sa propre voix dans ce roman choral (dans le choix des mots, des structures, des sons…), c’est bluffant. C’est un livre qui se lit lentement pour pouvoir digérer les multiples couches qu’il renferme. Mais cette lecture en vaut vraiment la peine.

Alors, vous connaissez déjà cet auteur ? vous avez envie de le découvrir ?

Raviver la douleur

On a encaissé la nouvelle. On entre dans une nouvelle phase. Déjà je dors mieux qu’avant ce TEC, fini les cauchemars (je me réveille encore tôt, mais c’est déjà mieux).

On laisse derrière nous les angoisses de ce TEC qui ont ravivé les flashback et le traumatisme de la perte de S.

Mais l’échec de ce TEC ravivé d’autres sentiments, et notamment la douleur et le manque de S. Mais aussi le manque lié au ventre vide.

Car cette période de couvade m’a rappelé forcément la grossesse, le bien-être et la félicité que je ressentais, l’apaisement aussi (malgré le stress) et cette sensation si particulière de savoir que la vie grandit en soi. Le manque de ce bonheur imparfait est intense ces derniers jours, car la couvade en était juste un petit aperçu (même si une prochaine grossesse serait emplie de stress et d’angoisse, ayant perdu toute innocence, je ne revivrai jamais cet état là).

Et forcément, cela ravive le manque de S., Je pense tout le temps à lui, à ce bébé que je devrais tenir dans mes bras.

De plus, l’espoir que ce TEC fonctionne était intense car il aurait pu apaiser des peines à venir, plus légèrement si je portais la vie à nouveau, comme la naissance prochaine du fils de mon collègue, les mariages de cet été, le fait de ne pas passer un nouvel anniversaire et une nouvelle année sans un enfant vivant, et puis surtout l’épreuve la plus dur à venir, l’anniversaire des 1 an de sa mort, dans moins d’un mois…

J’aurais préféré affronter ce moment en portant l’espoir. Mais ce ne sera pas le cas. Alors comme toujours, on vivra ça comme on pourra.

Et forcément semaine dernière, c’est le moment que nos amis ont décidé de nous prendre le chou. Le lendemain du résultat, une amie publié une photo d’une de leur connaissance de fac, enceinte. Mon mari leur dit d’être sympa et d’éviter ce genre de photo. Elle s’excuse, mais un autre dit , et que c’est pas de leur faute si en plus le timing est mauvais, faut pas qu’on les fasse culpabiliser »faut quand même pas en faire un tabou ». Mon mari s’est énervé et a quitté le groupe (bon il est parti au quart de tour étant hypersensible et très affecté par l’échec). Moi j’ai gentillement attendu le lendemain, à froid, pour répondre à cet ami que justement c’était notre deuil qui devait pas être tabou. Qu’on était conscient que les gens ne se rendent pas toujours compte, donc qu’il fallait expliquer ce dont on a, besoin et qu’on savait mieux que lui ce qu’on ressentait, que pour eux c’était annondin, ils en parlaient 5min et passaient à autre chose, alors que nous ça nous pourrissaient pendant des heures. Donc que c’était normal de vouloir éviter de souffrir, qu’on espérait au moins que nos proches acceptent de nous protéger. Qu’ils étaient libres d’en tenir compte, mais que fallait pas s’étonner si on finissait par s’éloigner si ce n’était pas le cas, car on a besoin de se protéger.

Pas sûr qu’il est compris/qu’il soit d’accord, mais il m’a répondu que bien-sûr il voulait être bienveillants avec nous.

Un autre pote a aussi réagit avec mon mari, ne comprenant pas notre réaction, et que si d’autres gens du groupe avaient des enfants prochainement, que nous devrions nous en éloigner et probablement ne pas les voir pour se protéger. Ils ne comprennent pas. Heureusement pour le moment un seul couple a un enfant, mais on a jamais été très proche et ils habitent plus loin que le reste du groupe. Mais bon, dans les autres couples, avec les mariages qui arrivent, ça ne tardera pas. On essaye d’être bienveillants, d’expliquer ce qu’on ressent. Mais les gens n’arrivent pas à comprendre, pour eux la vie continue, ils voient ça comme de la jalousie ou où je ne sais quoi. Alors qu’on veut juste souffrir le moins possible.

Je suis un peu déçue, car jusqu’à présent ces amis avaient été très bienveillants, et ils nous ont beaucoup aidé au moment de la perte de S. Forcément ça arrive dans une période difficile, alors ça entame un peu plus notre moral.

Mais voilà, mon plan d’action pour les prochains temps :

– se réinscrire pour le TEC demain (si mon mari valide ce soir)

– retourner à la salle de sport (j’y ai pas mis les pieds depuis la canicule… En juillet donc…) + Manger mieux. Car en plus d’avoir perdu du muscle, j’ai mangé n’importe quoi ces derniers mois, en utilisant la bouffe comme antidépresseurs 😬 du coup j’ai repris les 5kg que j’avais durement perdu.

– un nouveau tatouage en mars.

– continuer de prendre soin de notre couple et de notre libido (qui a repris un bon coup dans la tronche pendant le TEC)

Puis c’est déjà pas mal comme plan jusqu’au prochain TEC, pour se remettre d’aplomb.

FIV1(ter) TEC1 – suite et fin

Je n’ai pas eu très envie d’aller sur la blogosphère pendant ce TEC, j’avais besoin de prendre du recul. Je ne vous fait pas patienter, on vient de recevoir le résultat, et c’est négatif…

Un coup dur. J’avais envie d’y croire, que la chance pouvait tourner. Que notre vie pouvait à nouveau s’illuminer. Mais non ce ne sera pas pour cette fois.

 

Le retour en PMA a été compliqué. Autant le traitement était light, donc pour mon corps ça allait. Et je n’ai eu qu’un rdv de contrôle. Mais psychologiquement ça a été très dur. Je n’arrêtais pas de faire des crises d’angoisse. Et après le transfert, j’ai demandé un arrêt à ma psy : impossible de sortir de chez moi seule, crises de panique assurée.

Voilà, c’était très difficile, mais on a réussi à reprendre le chemin de la PMA.

On a encore un embryon J5 pour un prochain TEC. On va rapidement se réinscrire. On en a marre de ce temps qui passe, de l’attente, du ventre vide. On espère un nouveau TEC dans deux mois si ça se passe bien… Après il faudra repartir en FIV, et ça je ne suis pas sûr d’être prête.

Je suis infiniment triste, même si je n’y croyais pas trop. Comme dit, j’avais envie de rêver et d’y croire. Mais la douleur paraît légère par rapport au deuil.

C’est surtout la peur de la suite, la peur qu’en fait nos embryons soient de mauvaise qualité, qu’on arrive plus jamais à ce que je sois enceinte. Et ça rien ne pourra me l’enlever pour le moment.

FIV 1(ter) TEC 1 – journal de bord n°1

Ça fait une semaine que j’ai commencé le traitement, alors je me suis dit que ce serait pas mal de faire un point.

Passée la crise d’angoisse du début du traitement, ça s’est bien calmé. C’est surtout le RDV ostéopathe ce lundi qui m’a grandement aidée. Depuis je suis moins angoissée (beaucoup plus léger et supportable), et je dors mieux (je me réveille qu’1 ou 2 fois apr nuit, et je ne ressens pas d’angoisse pendant ces périodes de réveil. C’est de nouveau mon réveil qui me tire du sommeil le matin, ça faisait longtemps). Ce n’est pas parfait et les angoissés sont toujours là en toile de fond, mais c’est le jour et la nuit par rapport à avant.

Pendant ce RDV, l’ostéopathe m’a fait des manipulation pour préparer le TEC, mais aussi de l’ethiopathie qu’elle fait en parallèle – un truc sur les émotions. Cette partie c’est un truc auquel je ne crois pas du tout, ça ressemble plus à du chamanisme/charlatanisme pour moi que de la médecine. Genre elle te pose des cailloux avec des dessins sur le ventre, elle fait des gestes (pour chasser les émotions), pose des questions sur ce qu’elle pense ressentir chez te faire parler. Bref étant une personne terre à terre, ben ça me fait bien marrer voir ça m’énerve quand ma séance de manipulation devient ça, je me dis que je paye pour rien.

C’est la 2e fois qu’elle me fait une séance comme ça. Ben malgré mes réticences et ma non-croyance, je ne peux que constater le changement entre avant et après la séance. Je ne l’explique pas vraiment, et je n’y crois toujours pas. Mais les résultats là sont là et c’est l’essentiel ! Espérons que ces angoisses calmées tiennent le plus longtemps possible.

J’ai rigolé intérieurement quand elle m’a dit qu’il fallait que j’accepte de ne pas tout contrôler et qu’il fallait lâcher prise, je me suis dit que ça plairait à Kae Browneyes 😄

Et sinon j’en oublirai presque que je suis de retour en PMA, tellement c’est light (et appréciable du coup !) le traitement pour le TEC. Juste des patchs à changer tous les deux jours, ça n’impacte pas vraiment le planning. Et je n’ai que le 1er contrôle dans 1 semaine.

Bon je constate quand même quelques effets secondaires des hormones sur mon humeur : je m’énerve très facilement. Mais tout de même ça n’a rien avoir avec les effets secondaires liés aux doses de cheval des 3 stimulations que j’ai déjà eu ! Et c’est tant mieux, cela rend ce retour en PMA plus facile.

Je pense que la partie compliquée s’annonce avec les contrôles : j’appréhende les échographies et de devoir me déssapper devant un médecin depuis l’accouchement. Alors qu’avant en routarde de la PMA limite j’étais à poil avant qu’on me le demande 🤣 C’est probablement des restes traumatiques, ça  me rappelle des souvenirs de quand ça allait bien puis de l’hôpital quand ça a chaviré à l’horreur et les RDV qui en ont suivi par la suite. Puis ensuite il y aura le stress du transfert.

Mais j’ai encore une semaine de calme avant cela, alors je vais essayer d’en profiter un maximum.

Essayer de ne pas perdre pieds

Voilà, on y est.

J’ai eu mes règles hier soir et commencé le traitement pour le TEC dans la foulée (2patch de videllot à changer toutes les 48h). Rdv de contrôle dans 2 semaines.

Je les sentais arriver (j’avais calculé au 10/01, on est donc raccord), des spottings annonciateurs depuis quelques jours.

Alors hier j’étais angoissée comme jamais, j’ai fait une crise d’angoisse une fois de plus, en arrivant chez ma psy (je crois que je me suis contenue jusqu’à ce moment de la journée où je pouvais lâcher les vannes).

3 semaines depuis notre dernier rdv, qui était pile avant l’appel du centre PMA. Autant dire que je l’attendais avec impatience, surtout vis à vis des angoisses… Et bien c’est une des 1e fois où j’ai trouvé des limites, où je suis ressortie plus énervée qu’autre chose. Car au final elle a détournée la conversation (bon ok je comprends, c’était pour sortir de l’angoisse), mais elle m’a fait parler de trucs dont j’avais l’impression de les avoir vu et revu. Elle m’a dit qu’il fallait se rapeller pourquoi on voulait un enfant, comment on imaginait notre vie si c’était le cas. Alors sur le coup elle m’a prise au dépourvu, et j’ai galéré à répondre, car effectivement, j’essaye de ne pas penser à ça, de ne pas penser à cette vie rêvée, pour ne pas ressasser le vide. Et c’est ça qui m’a énervé en sortant, après coup, en fait elle m’a fait penser, et je ne sais pas comment elle n’a pas pu le voir, à tout ce que je ne pourrais jamais vivre avec S. … Voilà… super pour aller mieux… donc je suis sortie encore plus triste et sans vraiment avoir pu parler de comment faire passer ces angoisses – car au fond j’ai l’impression que y’a pas de solution à part les affronter. Elle m’a dit de rationaliser dans ces moment là, mais ces angoisses sont tellement légitimes que personne ne peut nous rassurer… J’avais aussi besoin de parler de comment gérer la période entre le transfert et le résultat, mais pareil, je n’ai pas pu en parler.

Je la revois à nouveau dans 3 semaines (son planning était blindé). Plus ou moins au moment du transfert. J’espère que cette séance là sera plus utile… Mais surtout que je la verrais avant le transfert, sinon ça va être chaud. Mais bon c’est pas moi qui vait décider de la date où il tombera !

Et en attendant je vais devoir me démerder comme je peux pour vivre cette période.

J’ai pris rdv chez l’ostéopathe lundi, pour préparer ce TEC, et j’espère que ça m’aidera à être un peu plus zen.

J’ai passée une nuit blanche à cause de ce début des hostilités, j’étais juste angoissée, je ne pensais pas vraiment a quelque chose, mais cette angoisse ne me quittait pas. La journée au boulot va être longue.

Je me suis posée la question, pourquoi autant d’angoisse ? Est ce trop tôt pour retourner en PMA ? Je ne pense pas, car je ne voudrais pas annuler. On en a parlé hier avec mon mari, il l’a dit que s’il fallait on pouvait même attendre une année encore, si j’avais besoin de ce temps pour réussir à gérer, mais je n’ai pas envie d’annuler. J’ai envie d’y aller. Et comme dit, je ne pense pas que le temps appaiserait ces angoisses – la seule solution que j’y vois est de les affronter (et les subir).

Alors on va se battre, contre vent et marée. On dirait que j’ai encore de l’énergie en réserve, je ne sais pas trop d’où je la sors. Il y a des moments où je me dis que tout aurait été plus simple si on avait fait une sortie de route en Finlande sous le choc de l’émotion. On aurait pas eu à traverser toute cette douleur. Mais notre instinct de survie a pris le dessus à ce moment-là. Peut-être que si j’ai survécu à tout ça, et bien justement c’est pour vivre : on a pas autant souffert pour abandonner maintenant. Mais putain, qu’est ce que c’est dur.

À l’aube de 2020

Hello,

En cette fin d’année, je choisi non pas de vous faire un bilan de l’année qui vient de s’écouler (pour des raisons évidentes, même si on a tout de même réussi à vivre des moments plus doux depuis mars), mais je choisi de parler du futur, des projets pour l’année à venir, et de ce que j’en attends.

Bien évidemment il y aura le retour en PMA en janvier avec le TEC. On a 2J5 au congélo, donc potentiellement une 2e chance si ce TEC n’était pas concluant. 🍀🍀🍀

Ensuite, je vous ai déjà parlé plusieurs fois de mon blog littéraire que je tiens depuis 1 an et demi avec une amie – pour 2020 nous inaugurons notre 1er partenariat avec une maison d’édition ! On est très fières, cela nous donne l’impression qu’on ne fait pas tout ce boulot pour rien 😀 (je ne mets pas le lien ici, car cet autre blog n’est pas très anonyme, et vu que ce blog est mieux référencé, les gens tomberaient sur ce pan de ma vie qui ne les regarde pas forcément- mais si ça vous intéresse, n’hésitez pas à me demander l’adresse !).

On s’est fait un cadeau pour Noël en s’achetant une PS4 – je suis vraiment une noob côté jeux vidéo, n’en ayant jamais vraiment eu plus jeune. Alors cette année je vais m’améliorer de ce côté là ! (Puis si jamais je devais être en arrêt pour raison de TEC positif ou pour dépression j’aurai de quoi m’occuper 😬)

J’ai aussi commencé à suivre le challenge de Boma. En commençant par le côté cuisine : des empanadas maison (on réitère l’expérience pour la soirée de Nouvel an), mais aussi des pâtes maison. Voilà le résultat pour notre repas de Noël : raviolis farcies aux morilles et potimarron avec beurre infusé à la sauge. C’était une tuerie 😋 on recommencera l’expérience ! (On travaillera juste un peu la présentation ^^)

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Et toujours pour ce challenge, je commence les petites réparations de l’appartement qui traînent depuis des lustres. Dans cet optique, j’ai acheté de quoi réparer l’interruption cassé dans notre chambre.

– Et on continue le travail pour restaurer la libido dans le couple (pour le moment, on tient le coup, on a jamais été aussi épanouis depuis de longs mois voir années… !). On prend soin de nous deux.

Je n’espère pas de voyage pour cette année, car cela sera le cas seulement si TECs négatifs. Donc j’espère rester bien au chaud en Alsace toute l’année !

 

On va aussi pour notre première fois assister à un spectacle humoristique en janvier (c’est mon cadeau de Noël 😁) avec le spectacle de Jérôme Commandeur. J’ai hâte !

En juillet prochain, si tout se passe bien, l’homme devrait signer son CDI – on commencera alors à chercher une maison pour devenir propriétaires et surtout s’éloigner un peu de la grande ville ! On a besoin de nature, d’espace, et on a eu un coup de cœur pour une petite ville qui respecte tous nos critères (même si ce sera difficile de trouver exactement à cet endroit, mais on est pas pressé non plus !).

 

Voilà, c’est déjà pas mal comme expectatives pour cette nouvelle année ! Quoiqu’il arrive je me dis que de toute façon cette année ne peut que être meilleure que 2019 (enfin je ne mets pas DNLP au défi niveau horreur, qu’on soit clair…). Alors je ferme avec soulagement le chapitre 2019 et accueille avec positivité 2020. Puisse l’avenir être radieux ☀️

Et vous, que prévoyez vous pour 2020 ?