Récit d’un voyage en enfer

Déjà 4 semaines se sont écoulées depuis la mort de notre fils. Je publierai probablement un autre article dans les prochains jours pour vous parler de toutes nos galères rencontrés pendant cette période, et de donner des nouvelles à proprement parler. Mais pour le moment je vais m’atteler au plus difficile, le récit de quand tout à basculé. (N.B. : veuillez m’excuser pour les fautes probables dans cet article, car je n’ai pas le courage de me relire pour corriger)

C’est le jeudi, nous partons pour notre voyage de noces, en Finlande. L’esprit léger car l’échographie rapide faite le vendredi précédent montre que tout va bien, Bidule bouge dans tous les sens et aucune anomalie n’est à noter; et cela fait depuis août dernier que nous n’avons pas eu de vacances ensemble, alors nous sommes heureux et avons hâte de faire ce voyage. Quelques jours plus tard, le jour de nos 13 ans nous avons même prévu de voir des aurores boréales en Laponie. Je me sens radieuse avec ce ventre qui commence à vraiment se voir. Premier soir, le pays est magnifique, il neige, nous rigolons de cette langue tellement bizarre quand on l’entend à la radio. Nous arrivons dans notre logement, un charmant petit chalet typique, puis allons manger en ville et faisons une petite balade dans un parc et sur des quais enneigés. C’est juste parfait.

Vendredi, nous prenons le temps de visiter la charmante petite ville où nous logeons, avant de nous enfoncer normalement plus loin dans le pays le lendemain matin. Nous nous baladons dans de belles rues typiques mais glissante (tout est verglacé), le long d’une rivière… nous sommes tellement heureux, d’être là tous les deux, en voyage de noces, avec un enfant à venir. Après toutes les galères endurées on souffle enfin, on savoure la vie tout simplement. En fin de journée j’hésite même à acheter un 1er vêtement repéré dans une boutique, mais bon c’est encore un geste qui fait trop peur, alors je me ravise. On fait encore un petit tour sur une colline avant de retourner à la voiture, je suis tout de même fatiguée, c’est très glissant, ce n’est pas super pour se déplacer, on discute d’ailleurs des risques de tomber quand…. je glisse et tombe sur les fesses…. Vu la douleur dans mes poignets et le peu de douleurs dans mes fesses, je sens que j’ai quasiment tout amorti dans mes bras. Mais nous sommes sonnés, nous le choc. Je n’ai pas de douleurs, ni de saignements, cela semble anodin. Mais je me culpabilise énormément d’avoir glissé, cela fait très peur. Tout à l’air d’aller bien, alors on décide de quand même faire la petite boucle pour voir la mer à seulement quelques kilomètres. On est toujours un peu sonné, mais devant ce beau paysage je prends la première photo et la dernière qui montre fièrement mon ventre.

On convient d’appeler mon gynécologue dès qu’on est rentré au chalet pour tout de même avoir son avis et ne pas prendre de risque. Il n’est pas dispo alors on appelle les urgences auxquelles il est rattaché. Le gynécologue de garde nous dit qu’effectivement cela ne semble pas inquiétant en l’absence de douleurs ou de saignements, mais que pour écarter tout doute concernant un éventuel hématome sur le placenta, il faudra par précaution aller faire une échographie. On finit donc par aller à l’hôpital de la ville  vers 18h, au final mi-urgence, mi-clinique. Là-bas, pour accéder aux urgences gynécologiques (qui se trouvent à Helsinki, à 1h de route), il faut soit avoir des signes très inquiétants (sang, contraction), ou avoir été envoyé par un médecin. Donc même s’il n’y a pas de gynécologue dans l’hôpital où nous sommes, nous n’avons d’autres choix que de d’abord passer par là. On se dit donc que c’est chiant, on va perdre notre soirée pour rien, mais bon, on préfère être rasuré. Après 2h d’attente, on s’impatiente, on nous prédit encore 2h d’attente, hors je n’ai pas envie de patienter encore 2h pour me dire qu’ils ne peuvent rien voir car ils ne peuvent par faire d’échographie, que si c’est le cas autant qu’ils nous envoient au plus vite à Helsinki (car il est déjà 20h je crois). On fait bien, car 5 min plus tard, une interne nous prend en consultation, avec une vieille machine à échographie.

L’examen commence. Tout semble bien aller, le placenta est normal, mon col est normal, pas de saignements. Rien à signaler. Mais pour le moment Bidule semble dormir. Alors il faut juste qu’on attende qu’il bouge et on pourra rentrer. Précision importante, vu la qualité de l’appareil, on ne peut pas voir si le cœur bat, et il n’y a pas de son sur cette machine. 15 min plus tard il ne bouge toujours pas. Cela fait longtemps que je n’ai pas mangé, cela peut expliquer cette inactivité, alors elle me cherche un jus de fruit bien sucré pour le réveiller. 5 min après il ne bouge pas. Elle nous laisse donc presque 1h, pour être cette fois sûr que la situation ait pu évoluer. A ce moment là, je commence à être un peu stressée tout de même. Je marche, bouge, mange du gâteau, lui parle…. tout pour qu’il se réveille. J’ai l’impression de le sentir un peu bouger, cela me rassure un peu. L’heure a donc passé, elle revient enfin pour refaire l’échographie. Mais là, il est toujours exactement dans la même position…. le malaise commence à enfler dans notre cœur. Elle nous explique que pour effectuer une nouvelle vérification, elle va prendre les clés du services de gynécologie (qui est ouvert qu’en journée), pour qu’on aille utiliser leur appareil et pour pouvoir écouter le cœur (je ne comprends toujours pas pourquoi cette solution n’a pas été envisagée plus tôt).

Nous traversons donc des couloirs déserts, nos sourires ont quittés nos lèvres depuis bien longtemps. Je ne comprends pas, cette chute était vraiment minime, mon cerveau essaye de bloquer toute pensée pour ne pas se rendre compte de ce qu’il se passe. Je m’installe dans le fauteuil, elle commence une nouvelle échographie, mais là nous voyons bien que le cœur ne bat pas et que l’électrocardiogramme reste obstinément plat…. Elle nous dit juste, le regard désolé  » I can’t find a heartbeat », mais on a déjà compris. Je me souviens entendre mon mari crier de douleur et s’énerver. Je suis tétanisée. Elle quitte la pièce pour appeler les urgences d’Helsinki. Mon mari appellera sa mère en cris et en sanglot. Je suis toujours tétanisée sur le fauteuil. L’interne revient, nous explique que nous ne pouvons pas avoir d’ambulance apparemment car « ce n’est plus une urgence », elle n’a pas envie de nous laisser rouler une heure, cela se lit sur son visage, elle a vraiment peur pour nous vu notre état. Mais quel autre choix avons nous ?

Il doit être 22h ou 23h à ce moment là. Nous prenons la route sous la neige et le verglas, en hypoglycémie certaine vu l’heure avancée, dans un état indescriptible. Un infime espoir stupide subsiste, je demande à mon mari (et cela doit probablement être la seule phrase que j’ai prononcé de tout le trajet) « tu crois qu’elle a pu louper quelque chose, qu’elle ne savait juste pas faire une échographie, qu’il y a encore un espoir ? » il me dit « je crois bien que non ».

Je suis un zombie, mon mari doit me guider, me prendre en charge, pour me guider jusqu’à l’hôpital. Je suis incapable de parler. On arrive donc aux urgences, on se présente (car l’hôpital précédent est censé les avoir appelé), on explique qu’ils n’ont pas trouver de battement de cœur. On est installé dans une chambre, et on commence par nous faire en 1er lieu un doppler – qui semble durer une éternité – mais toujours aucun battement de cœur. Difficilement nous devons alors aller dans une salle d’examen pour faire une échographie par une gynécologue, pour vérifier. Cette fois je suis incapable de regarder l’écran. Et le couperet tombe, cette phrase résonne encore et toujours parfaitement de ma tête « I’m sorry, the heart of the baby has stopped to beat ». Je ne me souviens plus de tout à ce moment là. Ai-je pleuré ? je ne suis pas sûr vu l’état de tétanie. Dans mes souvenir, j’ai les bras ballants et le regard hagard vers le plafond. Je me souviens avoir été saisie de tremblements très importants. je me souviens que mon mari parle avec elle pour dire qu’on veut rentrer au plus vite en France, pour traiter la situation dans notre pays et avec notre entourage à proximité. Mais cela ne semble pas trop plaire à la gynéco, et de toute manière la chef du service est appelée, pour faire une énième échographie et essayer de comprendre. Elle explique ce qu’elle voit (mais je ne comprend plus trop l’Anglais à ce stade émotionnel), nous dit rapidement que la chute n’est en aucun cas la cause de la mort. D’après ce qu’elle voit, il était déjà mort à ce moment là, depuis plusieurs heures voir jours. Elle me demande quand est-ce que je l’ai senti bouger pour la dernière fois. je répond que je ne sait plus, car j’avais l’impression de l’avoir senti avant alors qu’il était déjà mort, alors comment savoir ? je commençais à peine à le sentir vraiment….On nous redit que d’après eux c’est bien trop risqué de rentrer en France, même par le premier vol le lendemain matin, car on ne sait pas depuis combien de temps il est mort, et donc quand mon corps risquerait de s’en rendre compte et lancer le travail. Le risque d’hémorragie à ce stade de grossesse est bien trop élevé en cas de déclenchement spontané. on appelle tout de même le médecin français qu’on a eu au téléphone quelques heures plus tôt pour avoir son avis, et il nous tient le même discours. Alors nous devons organiser avec eux la suite des événements. On commence déjà à nous demander si on voudra le voir, si on veut une autopsie, etc…. tellement de chose qu’on est pas prêt à entendre car on a pas encore bien enregistré l’information dans notre cerveau, mais effectivement il faudra qu’on réfléchisse rapidement à tout ça, c’est pourquoi ils plantent les graines de ces réflexions dans notre esprit.

Nous retournons dans la chambre, le temps de faire une prise de sang et autres prélèvements, et le temps qu’ils puissent organiser la suite avec le service de gynécologie. On attendra au moins 1h. Pendant ce temps là, j’essaye de joindre mes parents, mais ils sont injoignables, idem pour mes sœurs. (il doit être minuit en France à ce moment). Mon mari arrive à joindre mon beau-frère pour prévenir ma sœur (qui dormait le portable éteint). Ma belle-mère va sonner chez mes parents et ma 2e sœur mais n’arrive pas à les joindre (on apprendra le lendemain qu’ils dormaient tous très profondément). On nous laisse deux choix, soit être admis directement (et donc attendre à l’hôpital 1 journée), soit revenir le lendemain pour 18h. On choisit la 2e option, car nous n’avons pas envie de rester à l’hôpital, et de plus il faut que nous cherchions toutes nos affaires au logement. Or je ne me sens pas de laisser mon mari tout seul pour rouler jusque là-bas et s’occuper de ça tout seul. On me donne un 1er comprimé et nous pouvons repartir. Il est 2h du matin.

Le trajet en voiture est horrible. La douleur est si forte, c’est une vraie tempête de neige, heureusement il n’y avait personne sur les routes et c’est bien un miracle que nous n’ayons pas eu d’accident vu comme mon mari roulait. Je me souviens d’ailleurs avoir espéré à ce moment là de faire un accident, pour ne plus sentir cette douleur atroce.

Nous avons un peu dormi, blotti l’un contre l’autre, d’épuisement. La journée du samedi a semblé durer une éternité. Mon cerveau, miraculeux, arrive à bloquer la pensée que j’ai un bébé mort dans le ventre, défense de survie pour ne par perdre la raison. Nous avons du gérer l’annulation du reste du voyage, prévenu notre entourage. On est dans un état second, incapable de se nourrir, en proie au désespoir. Le moment de quitter le logement pour aller à l’hôpital est très difficile, on a pas envie de devoir affronter ce qui va arriver et qui s’approche de plus en plus. Le trajet en voiture est toujours aussi difficile, j’ai presque envie de demander à mon mari de nous envoyer dans le décor pour ne pas vivre ça. Je ne sais pas ce qui m’a retenu, mais heureusement, car à mon avis la pensée devait aussi être présente chez lui, et il en fallait de peu pour passer à l’action.

Nous arrivons en avance, alors je reste à pleurer dans la voiture sur le parking, voyant au loin des femmes venant donner naissances, des familles venant visiter des nouveaux-nés, et pendant ce temps mon mari est au téléphone avec une psy spécialisé pour les cellules de crises, pour ne pas qu’il s’effondre.

Il est 18h, nous rentrons dans le service. On s’occupe bien de nous, on nous explique tout. Enfin presque. Quand je pose des questions sur comment ça va se passer, on m’explique jusqu’au moment où les premiers saignements apparaîtrons, mais on ne me répond pas sur ensuite. A mon avis pour ne pas nous faire paniquer, car la suite est forcément horrible. On me donne la 1e dose de médicament pour déclencher les contractions. On s’effondre à ce moment là, car ça y est, c’est le début de la fin. 2h après, les premières contractions arrivent. plutôt bon signe apparemment que je réagisse dès la 1e dose. Ma mère, qui a sauté dans le 1er vol pour nous rejoindre arrive vers minuit. Arrivée salvatrice, car à ce moment les douleurs sont intenses, et émotionnellement il faut que quelqu’un prenne le relais de mon mari. Ensuite avec anti-douleurs et électrodes la douleur sera à nouveau un peu plus supportable. Ma mère ira à son hôtel, et je m’endormirais (bien plus tard) entre chaque contraction.

Dimanche, la douleur reviendra au petit matin, puis on me donnera une nouvelle dose de médicament. La douleur deviendra à la limite du supportable, à deux doigts de la péridurale (mais ils veulent l’éviter car il faut aller en salle de naissance pour cela, or vu la situation, pour notre bien-être psychologique, on comprend qu’ils préfèrent éviter si possible, et moi aussi). A ce moment là, la sage-femme comprendra que c’est le moment.

Je vous épargnerai les détails traumatisants. Cela a été rapide, mais la douleur physique fut à la hauteur de la douleur psychique. même si on sait que c’est inévitable, on a pas envie de le laisser partir. Mon mari devra me traduire ce que la sage-femme dit, car je n’entends plus que sa voix. Après cela je friserai la folie pure à cause des sensations d’après mon mari, je me souviens avoir crié, hurlé de panique, pleuré, traumatisée par mon état à ce moment là, et ensuite à nouveau la tétanie. Environ 30 min après (je crois, la notion du temps est compliqué pour ce moment), nous pourrons le voir. moment très difficile, on ne regarde que quelques instants, difficile de faire autrement vu notre état émotionnel. On lui dit au revoir, en l’appelant par son prénom. Plus tard, on nous donnera une empreinte de son pied.

Le reste de la journée et du lendemain j’ai beaucoup dormi d’épuisement, mon mari a du gérer 1000 trucs administratifs et pour le rapatriement. On aura le droit de partir le lundi (car heureusement je n’ai aucune complication), et de reprendre l’avion le mardi.

Le mardi, pour nos 13 ans ensemble, nous prenons l’avions pour rentrer en France, en laissant notre fils derrière nous en Finlande, dans une douleur sans nom, sans comprendre comment tout a pu basculer en un instant, alors qu’une semaine avant notre petit S. allait très bien.

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Une semaine sans toi

 

8h30 – heure française – Déjà une semaine que l’on t’a arraché de moi.

Le temps semble avoir filé, alors que chaque jour dure une éternité depuis que tu n’es plus là au creux de moi. Un vide, que dis-je, un trou noir, a pris ta place dans mon cœur. Et la douleur qui en découle est insupportable.

Quitter ce pays en te laissant pour le moment derrière nous a été un vrai déchirement. Et ne pas savoir si l’on pourra te faire revenir en France n’en est plus que difficile. Parait que t’es un cas inédit, même l’Etat civil n’a pas pu se prononcer. Le procureur général de la République va devoir statuer. On va finir dans les livres de droits si ça se trouve. Et le plus dur est de ne même pas savoir ce qui ne leur convient pas dans notre cas….

Revenir vivre dans cet appartement où l’on s’imaginait la vie avec toi est un vrai déchirement. Tu vois mon amour, nous avions prévu de préparer ta chambre à notre retour de voyage, de commencer à faire des achats pour toi…. toutes ces choses tellement rêvées n’arriveront jamais. On nous demande de reprendre le court de notre vie comme si tu n’avais jamais existé, ces prochains mois remplis de rêves ne sont plus. Et l’on se rend compte de tout ce qui n’arrivera pas. Que va-t’on faire pendant l’été ? je devais être en congés maternité de juin à janvier prochain. Mais je n’aurais pas le droit de le prendre, malgré les conseils de la psy –  tu comprends tu es mort-né 4 jours trop tôt pour que j’y ai le droit… Et maintenant il n’y a que du vide. Je ne sais même pas si je prendrais des grandes vacances. De toute façon j’arriverai après la bataille, tous mes collègues les ont déjà posés sans se soucier de moi, puisque je ne devais même pas être là….

Et ton prénom… nous avions passé tellement de temps à en discuter. Nous ne voulions que le meilleur pour toi. On se mentait à nous même ces dernières semaines, en disant que nous n’étions pas encore fixé. Cela nous faisait peur de trancher entre 2 prénoms finaux aussi tôt, mais pourtant ce prénom s’était imposé avec évidence depuis quelques temps. Nous l’avons su dès que nous avons appris que ton cœur avait cessé de battre. Tout ça pour ça. Il est tellement magnifique, tout le monde dans notre entourage le trouve beau. Mais nous n’aurons jamais la chance de le prononcer dans ton quotidien. Pour nous rassurer, nous nous disons qu’heureusement nous avons choisi un prénom rare, pour ne pas avoir à l’entendre tout le temps autour de nous.

J’ai tellement peur d’oublier ton visage. Je m’en veux de ne pas avoir su te regarder plus longtemps. Il nous reste l’empreinte de ton petit pied, que nous chérirons à jamais. Je me souviendrais toujours de la sensation de tes petits coups qui apparaissaient de plus en plus souvent les dernières semaines. C’est d’ailleurs très dur d’avoir encore l’impression de te sentir au creux de moi, alors que je sais que tu n’es plus là. Foutu cerveau de merde.

Je n’ai aucune photo de toi dans mon ventre pour me consoler et garder un souvenir heureux de nous deux ensemble. Je comptais prendre les premières pendant notre voyage. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait seulement quelques heures avant d’apprendre que tu nous avais quitté. Photo que nous avons rapidement effacée, te sachant déjà mort sur cette image…

Alors il nous reste nos souvenirs des moments passés à caresser mon ventre, à te parler avec ton papa, ce moment où je t’ai fait écouté l’album de son groupe qui venait d’être terminé, et où tu as fait la java en réponse, les échographies chez le gynéco où l’on te voyait bouger, le son de ton cœur tellement beau la 1e fois qu’on l’a entendu, le moment où on n’a connu ton sexe et où tout a pris réalité.

Nous aurions tout donné pour toi, si on nous avait laissé cette chance. On t’aimait déjà tellement. C’est tellement difficile et inconcevable de perdre son fils avant d’avoir eu la chance même de le connaitre. On prend mesure de la place que tu avais pris dans notre vie et nos cœurs par l’immensité de ton absence.

Je ne sais pas comment on peut se remettre de la perte de son enfant, si on s’en remet jamais réellement. Jamais je ne pourrais t’oublier mon petit S., je t’aime tellement mon amour …

C’est fini

Tout s’est fini hier matin, vers 9h30-10h. On est rentré à l’Hôpital la veille à 18h. J’ai rapidement réagit au médicament (dès la 1ere dose, au bout de 2h). Soit environ 12h de contractions. Pas vraiment de saignements, seuls 2-3 spotting en début de matinée. Ça a enlevé un peu de difficulté. Et puis les douleurs se sont intensifiées, devenir insupportable vers 9h, malgré les injections d’anti-douleurs et les électrodes, à deux doigts de la péridurale. Mais c’est là que l’infirmière a compris que c’était le moment.

On peut essayer de trouver d’autres termes mais je trouve ça stupide. J’ai bien du accoucher de mon bébé mort.

L’horreur à l’état pur. Je revis sans cesse ces instants, toutes les sensations épouvantesques dès que je ferme les yeux ou que je pense à quelque chose de lié. Je ne sais pas comment on va réussir à surmonter ce traumatisme.

On a réussi à lui dire au revoir. C’était difficile mais la bonne décision, cela nous faisait peur, mais c’était tout de même un soulagement. Il était beau notre fils. Je ne l’oublierai jamais…

Ma mère nous a rejoint en urgence samedi soir. Ça nous a fait énormément fait de bien de voir un visage connu.

L’équipe et la prise en charge sont vraiment bien. Ca facilite les choses. Mon mari a un lit comme moi, et les memes droits. Il y a une cuisine où on peut se servir en boissons et nourriture à tout moment. Idéal vu les circonstances de pouvoir grignoter au fur et à mesure. On nous donne aussi de vrais repas vegetariens. On a eu les mêmes infirmières tout le weekend. C’était aussi rassurant. On voit que notre cas les touche particulièrement, que même pour eux c’est particulièrement difficile comme situation.

Mais le plus compliqué dans cette situation c’est de devoir gérer les à cotés, comme l’annulation du reste du voyage, voir avec les assureurs pour la prise en charge du retour et des nuits à l’hôtel qu’on devra passer avant de rentrer. Mais aussi, que faire du bébé. Même pour eux c’est une situation inédite avec des étrangers, et pour ne pas aider la loi est différente entre les lois françaises et finlandaises diffèrent sur ce sujet. Alors ils ne savent pas comment ça fonctionne. L’ambassade nous aide un peu. Pleins de formalités à voir et remplir. De décisions difficiles à prendre…

Heureusement qu’on parle couramment anglais, et de même pour les infirmières, sinon je n’ose pas imaginer comment tout ca se passerait.

On doit quitter l’hôpital aujourd’hui, à l’heure qu’on veut plus ou moins une fois que les détails seront reglés. Ensuite d’après eux on doit attendre mardi ou mercredi pour pouvoir prendre l’avion sans risque pour moi.


Je fais appel à celles qui sont passées par des moments aussi difficile.

Deja une question me taraude, doit-on si on en a la possibilité, inscrire le bébé dans le livret de famille. Je sais que c’est une décision personnelle, mais à celles qui l’auraient fait, n’est ce pas trop difficile de voir cette inscription ? Ou pensez vous toujours que c’était le bon choix même après ?

 

Et ensuite si vous avez quoique ce soit comme conseils, ressources, associations, pour nous aider à surmonter cela, et réussir a nous reconstruire par la suite, n’hesitez pas à me les transmettre. Je ne lirais probablement pas ca tout de suite, mais ça me fera du bien d’y avoir accès en temps voulu.

Vous pouvez m’écrire en commentaire ou par mail : nirnaethenpma@gmail.com

 

Merci à toutes pour vos mots de soutien

Et le pire reste à venir…

Il va être 4h du matin. On rentre des urgences. On est en Finlande pour la 2e nuit de notre « lune de miel » (ouais on est pas allé en Nouvelle Zélande).

Hier cela faisait 19SG. Il y a pile 1 semaine nous avons vu son cœur battre, pour vérifier que tout allait bien avant de partir.

Mais ce soir le coeur de Bidule ne bat plus…

Et le notre s’est arrêté par la même occasion.

Mais le pire reste à venir. On doit rester en Finlande, pour finir tout ça. J’ai eu un 1er comprimé pour dilater mon col .Et demain 18h je dois y retourner pour prendre le 2e, pour que Bidule puisse s’en aller. En espérant que cela ne dure pas de long jours….

 

Je n’ai pas la force de vous raconter tout ce qui nous a mené à cette soirée. Il semblerait qu’il était malade, qu’on aurait probablement rien pu faire. Même s’il est trop tôt pour savoir exactement. On espère en savoir plus un jour.

C’était un garçon, il avait un prénom…

4ème année d’infertilité en images

L’an dernier, pour me donner un coup de boost au moral, j’avais fait un bilan photos des mes 3 premières années d’infertilité, garantie sans PMA, et je m’étais rendu compte que notre vie avait bien été remplie, que nous avions vécu tellement de choses positives ! Alors j’ai eu envie de refaire la même chose cette année (techniquement d’octobre à octobre). Une année de voyage (Suède en hiver, Prague avec des amis, Lyon, les gorges du Verdon (et détour à Cannes et Grasse)); on a brassé notre propre bière, l’ouverture de mon blog littéraire, une manchette en tatouage, une rencontre avec le dessinateur John Howe, une carte postale reçu de la main de Robin Hobb,…et bien évidement, le mariage !

Et en bonus le début de cette 5e année, qui, comme vous le savez, a démarré bien différemment des autres.

 

 

 

Et le début de cette 5e année d’infertilité a été marquée par un gros changement…. un petit cœur qui bat ❤

(Écho de datation à 7sg, j’en suis aujourd’hui à 17sg !)

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Bilan 2018 (+point Bidule)

Préambule : J’ai attendu un peu avant d’écrire cet article, pour ne pas porter la poisse. Il semblerait bien qu’un nouveau chapitre s’ouvre pour nous, mais j’y reviendrai à la fin de cet article, pour que celles qui n’ont pas la force/pas envie d’entendre parler de femme enceinte puisse éviter cette partie plus facilement. Je ne sais pas ce que deviendra ce blog dans les prochains mois. Clairement pas un blog PB/parentalité, car ce n’était pas le but quand je l’ai ouvert. Je pense vous faire part des nouvelles importantes (en espérant qu’elles ne soient que bonnes 🍀) de temps en temps pour celles que ça intéressera. Et pour celles qui ne suivront plus ce compte, et bien je vous comprends totalement, et vous souhaite que le futur soit plus clair. Pour ma part je continuerai à vous lire et suivre vos aventures et périples.

 

Le Bilan :

Cette année 2018 est, je pense, l’année la plus émotive que j’aurai vécu jusqu’à présent. J’ai eu l’impression de vivre à la fois les pires et les meilleurs moments de ma vie quand je repense aux mois écoulés. Et comme quoi une année peut commencer très mal mais pourtant finir très bien. Rien n’est jamais écrit d’avance.

En janvier 2018, nous étions pleins d’espoir. Après 3 ans d’essais, plusieurs reports, nous allions enfin commencer les FIVs (après 4 IACs infructueuses).

Début février je vivais une bouffée d’air enchantée dans un Stockholm enneigé, avant de me lancer dans cette FIV1. Qui fût la 1e claque de l’année. Mauvaise réponse à la stimulation (1 ovocyte pour des doses de 450 UI de gonal F). Elle fût transformée en IAC sans trop y croire, mais comme on s’y attendait, le miracle n’eut pas lieu.

En parallèle de la PMA , je préparais mon mariage (beaucoup de stress, de problèmes avec l’organisation et les prestataires).

En mai, petite parenthèse à Prague avec une bande d’amis, pour déstresser avant le mariage (et la FIV 1bis). Une très belle expérience !

Fin mai, malaise au travail et passage aux urgences, diagnostiqué comme infection urinaire ce sera en fait une colique néphrétique, rien de très marrant à vivre, mais heureusement ça passera vite.

Début juin je me mariais. Beaucoup de larmes de joie, d’émotions, de tendresse, d’amour, entourés d’une grande partie de la famille et de tous nos amis. Et ce fut un mariage à notre image : une cérémonie laïque dans la forêt, un repas végétarien, un thème nature… Que tous nos invités semblent avoir apprécié et dépassés leurs a priori pour ces « manquements à la tradition » d’après les retours qu’on a eu. Malgré les couacs, cette journée a été magique, et nous avons réussi à en profiter, et finir la soirée des étoiles pleins les yeux. Je n’aurai pu espérer mieux.

Et la semaine d’après commençait le nouveau traitement pour la FIV 1 BIS. Stimulation un peu longue, 450 UI de Fertistartkit, mais ça finit par pousser. Une ponction de programmée ! Enfin ! Et une belle récolte de 14 ovocytes. Résultats inespérés. Mais le pire était à venir. 2 jours plus tard le téléphone sonna. On pensait avoir des embryons et un transfert le lendemain. Au final on se prit un 35 tonnes dans la gueule. Échec total de fécondation, normalement avec 50% en FIV classique et 50% en ICSi. Rien ne peut préparer à un résultat pareil. 2 semaines plus tard, quand le compte rendu arriva, on apprit qu’en fait sur les 14 ovocytes, seuls trois étaient matures, et donc juste en FIV classique (il en fallait +de 6 pour qu’ils appliquent le 50/50). Cette nouvelle n’est pas plus rassurante. Nous sommes pour la première fois devant l’abysse, cette possibilité que pour nous il ne soit jamais possible d’avoir d’enfants. Car ce problème de maturité+stimulation difficile+échec de fécondation, et bien ce n’est pas très bon signe concernant la qualité de mes ovocytes. C’est même très inquitéant. Sachant que je n’ai à ce moment là même pas encore 27 ans. L’été fût très difficile. Encaisser de telles nouvelles aussi. Réfléchir à la suite en cas d’échec à la prochaine tentative, suis-je prête à accepter le don d’ovocytes ? Entamer le parcours de l’adoption ? Un seul espoir subsiste : que la FIV ICSI fonctionne. On essaye de se raccrocher à cela, sans trop y croire.

Octobre : FIV 1 ter, en ICSI. Nouveau protocole : 300UI de menopur, et double déclenchement (ovitrelle + decapetyl). On arrive à 10 ovocytes ponctionnés. 2 jours après le téléphone sonne : c’est un miracle, 8 ovocytes matures, 7 fécondés, 6 embryons à J2, (5 à  J3). On pleure de joie, avec l’impression d’avoir gagné la guerre (alors qu’on a seulement gagné une bataille). On me laisse le choix entre un transfert d’un J3 ou J5. Je décide d’un transfert à J3, je ne veux pas tenter d’attendre J5 par peur qu’aucun embryon survive. J’ai besoin d’avoir un transfert certain pour mon bien-être psychologique, me^me si on me dit que le chance de réussite est plus grand avec un J5. Mais vu nos antécédents ils acceptent. En parallèle les 4 autres embryons sont poussés à J5 et deux survivants pourront être vitrifiés.

Le 28/10, je commençais à couver un petit J3, et le 12/11, j’apprenais que ce transfert était positif ! On a du revérifier plusieurs fois la prise de sang, et faire un test bâton pour y croire, que c’était bien nous, que le labo ne c’était pas trompé de personne. On était totalement incrédules !

Le 12/12 on entendait son cœur battre pour la première fois, et on voyait cette forme qui ressemblait déjà dans les contours à un petit être humain.

… Jusqu’ici tout va bien …

Avec l’année qu’on a eu, je ne pensais vraiment pas pouvoir la finir avec un bouquet final pareil. Comme quoi on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Et on peut toujours avoir de bonnes surprises dans ce parcours ! Même si notre parcours a été semé d’embûches, je mesure la chance incroyable que le 1er transfert qui a pu enfin être fait ait été positif.

J’ai réalisé il y a quelques temps que ce test positif a été à moins d’une semaine près, 4 ans jour pour jour après les règles survenues à la fin de mon C1, le 1er parmi d’innombrables cycles d’échecs. Comme si le temps avait été suspendu pendant 4 années. Le hasard du timing est parfois bizarre.

Je vous souhaite à toutes la meilleure année possible qui soit.

Et n’oubliez pas, l’échec n’est pas la norme.





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Florilège de RALCs

On m’avait prévenu, les RALCs ne s’arrêtent jamais, même une fois qu’on est dans le train. La palme revient d’ailleurs à ma mère, tant en nombre qu’en envie de foutre une baffe (ouais je suis d’humeur bagarreuse 😂).

Petit point de detail, on a rapidement annoncé la bonne nouvelle à la famille proche, car ils savaient de toute manière qu’on venait de faire une FIV et attendaient le résultat. Sont donc au courant mes parents, mes soeur, et les parents de mon mari. Ça a des pour et des contres, même bsi par moment on a regretté qu’ils soient déjà au courant (on en revient à ma mère 😂)

Je crois que la RALC récurrente qui me révolte le plus est celle-ci. Après des années à se coltiner des  » et vous c’est pour quand ? », une fois enceinte on a le droit à « et c’était voulu ? » ou sa jumelle « c’était prévu ? ». Donc comme toujours les gens posent des questions intimes qui ne les regardent pas. Le pire c’est que dans beaucoup des cas, c’est quelqu’un appartenant au corps médical ! Genre l’infirmière qui te fait une prise de sang, la pharmacienne… Et en tant que Pmette en reconversion je dois me retenir de ne pas répondre « oui conasse j’ai du passer par la PMA, alors c’était plus que prévu ».

On a aussi eu le droit à une RALC classique en l’annonçant hier au père de mon mari, et par défaut à sa compagne. Son père ne savait pas pour la PMA, alors en même tant que l’annonce on a fait un coming-out FIV. Et sa compagne qui nous sort « ah mais j’ai des amis c’est aussi quand ils s’y attendaient le moins, qu’ils avaient arrêté les protocoles, qu’elle est tombée enceinte »…. Euh ouais mais nous c’est pas un bébé couette miracle, on vient de te dire qu’on a du faire une FIV pour en arriver là donc je vois pas trop l’intérêt de cette remarque qui de toute façon est toujours malvenue…

Et Ma mère…

Lui expliquer quelque chose revient à parler à un mur. Elle est en roue libre totale depuis l’annonce… Genre on dirait que c’était le but de sa vie d’avoir des petits-enfants (pas nouveau, elle est déjà insupportable à ne faire que parler de mon neveu en continu et à tout le monde, genre les annecdotes sur des trucs qu’il dit ou fait dont personne n’a rien à faire, elle arrive même à souler ma sœur – la mère – c’est pour dire 😑)

Je lui ai annoncé dès qu’on a su que la prise de sang était positive (je lui ai d’ailleurs dit ça mot pour mot, car je commence seulement maintenant à réussir à dire que je suis enceinte). En lui expliquant bien que c’était tôt alors fallait pas s’emballer, le risque que ça se passe mal était quand memê très élevé. On l’a voit 5 jours après – elle parle à mon mari de ma date d’accouchement qu’elle a déjà calculé pour voir quand poser congés… Mais WHAT ???? Après ce repas je l’ai recadré en lui disant qu’elle avait qu’à partir en live dans son coin, mais de ne pas nous entrainer avec…

J’ai essayé de lui expliquer qu’après la PMA, on a du mal à se projeter, qu’on sait que les risques que ça se passe mal sont un peu plus élevés, qu’on connait beaucoup d’histoires où ça s’est mal passé. Bref qu’une accroche ne garanti pas un enfant dans les bras 9 mois après.

Malgré ça elle n’a pas compris. Elle a continué a essayer de me demander si je connaissais ma date présumée d’accouchement. J’ai fini par l’envoyer balader en lui disant non, même quand je l’ai connue, car faut qu’elle me foutte la paix avec ses putains de congés à poser sérieux… Comme si on se projetait aussi loin.

Ah oui et elle ne comprend pas que j’attends l’echo T1 avant de l’annoncer à la grand-mère… Elle a pas arreté de dire que c’était nul de pas le faire à noël, que de toute façon à force les gens le soupçonnait. Et il y a quelques jours,  » tu comptes lui annoncer quand ? Quand t’auras accouché ? Lol  » …. Euh ok … Genre j’abuse de vouloir attendre les 3 mois ? Mais elle a craqué ????

Elle me racontes aussi toutes les histoires de grossesse récente qu’elle connait, alors que concrètement on s’en fout totalement…

Dès que je fais une remarque sur des trucs que je n’arrive pas à faire (on fait un déni pour choisir la maternité entre autre car on trouve ça tellement tôt, on ne parle pas de la pièce-future chambre, etc) Elle se marre en disant « t’arrive pas à te rendre compte que t’es enceinte » … Mais rien à voir ! On se protège, on a du mal à se projeter car on a peur que ça se passe mal, mais non on est bien conscient de ce qu’il nous arrive (même si on a encore l’impression de rêver certes). Bref j’ai vraiment du mal à supporter, qu’elle ne comprenne pas qu’on ait besoin de se protéger, que non tout ne va pas forcément bien se passer. Ce n’est pas parce qu’elle a eu 3 grossesses faciles que c’est un cas général… Je dois probablement oublier des RALCs de sa part vu que c’est un flot continu, mais vous avez compris le personnage…

Une journée bien ambiguë (attentat et 1e échographie)

Je ne pensais pas du tout que cette article prendrait cette tournure aujourd’hui, mais malgré de bonnes nouvelles, j’ai le cœur bien lourd aujourd’hui en tant que Strasbourgeoise…. Je ne sais pas trop par quoi commencer.

Il y a eu la soirée de hier, totalement irréelle et angoissante. C’est une chose déjà très forte les attaques dans les autres villes, mais quand cela touche notre lieu de vie, la saveur est particulièrement étrange.

Seulement quelques minutes après les événements, l’info apparaissait sur les réseaux sociaux des Strasbourgeois, comme quoi il y aurait eu des coups de feu au centre et des blessés. Quelques minutes après, une connaissance confirmait qu’elle avait entendu des coup de feu, et qu’il y avait une personne ensanglanté en bas de son immeuble…

On ne sait pas encore ce qui se passe, on transmet l’info à tous nos amis, on se rassure que personne n’était sur place. Et on attend d’en savoir plus. Il faudra environ 30 min pour que l’info remonte au niveau national et soit confirmée officiellement par la Police, sans avoir de bilan au début, ni de détails.

Une amie est confinée dans un bar au centre, pas si loin du lieu, même si elle n’a pas assisté à l’attaque. Elle pourra quitter les lieux vers minuit.

Strasbourg est à la fois une grande et petite ville. La vie nocturne est plutôt concentrée dans le centre et quartiers adjacents, si bien que c’est un lieu de passage très fréquenté, aussi bien par les touristes que les habitants. On connait donc quasiment tous plusieurs personnes qui ont été confinés, voir qui sont passés par là quelques minutes avant le drame. La « grand rue » est une des rue les plus fréquentées car remplie de bars et restaurants. Que la fameuse « rue des grandes arcades » est un lieu de passage central, aussi bien pour traverser le centre que pour se rendre dans beaucoup de bars et restaurants. C’est une rue que j’emprunte quotidiennement pour aller au travail… Alors c’est un vrai choc de voir des images de ces lieux aux infos, de voir des blessés dans ces endroits que nous fréquentons si souvent. D’entendre qu’il y a eu 2 blessés dans un bar que je fréquente régulièrement et où j’étais encore la semaine dernière avec des amis.

Il est vrai qu’aux infos on vous parle des contrôles de sécurité pour accéder au centre en cette période de marché de Noël. Je peux vous dire que ces contrôle sont une grosse blague, plutôt censés faire illusion. Ils ne commencent qu’à 11h du matin (donc vous pouvez ramener ce que vous voulez au centre avant), les contrôles des sacs sont très sommaires (en gros faut juste l’ouvrir et ils regardent vite fait) mais aucune vérification des poches ou sous les manteaux. Et la plus grosse blague, en semaine vous pouvez prendre le tram à l’extérieur du périmètre et descendre à l’arrêt « grand rue » sans vous faire contrôler (cet arrêt n’est fermé que le weekend). Donc en fait vous pouvez faire rentrer ce que vous voulez. On en parlait encore la semaine dernière que c’était une blague ce dispositif, et qu’il semblait juste dissuasif…

Un peu plus tard dans la soirée, on entend parler de confinement dans d’autres quartiers, dont le nôtre… et on comprend bien même si ce n’est pas dit, que le suspect s’est échappé dans cette direction. Alors on essaye de glaner des infos, on apprend qu’heureusement les opérations se déroulent loin de chez nous. Ce n’est pas diffusé officiellement, mais en connaissant des gens plus près du lieu, on apprend que le RAID mène une opération là-bas. Des collègues de mon mari sont confinés dans un bar pas trop loin (et le seront jusqu’à 3h du matin !). Heureusement mon mari n’est pas allés boire un verre avec eux, après avoir hésité en fin d’aprem. L’angoisse que ça aurait été !

Il faut savoir que le Neudorf c’est un des plus important quartiers résidentiels de la ville, pas trop loin du centre mais sans en avoir les loyers, plutôt calme, bien desservis par les transports en commun, avec tout ce qu’il faut à proximité. Et donc qu’une bonne moitié de nos amis et connaissances habitent ce quartier, dont certain très près des lieux.

On apprendra ensuite que l’opération n’a rien donné, mais le confinement durera encore plusieurs heures. Avec le bruit des hélicoptères survolant la ville toute la nuit. Vers minuit et demi j’essayerais d’aller dormir, comprenant qu’il n’y aura probablement pas d’autres avancées pour le moment. Mais le sommeil tardera à venir et sera très léger.

La ville se lève avec une sensation bien étrange, la vie doit reprendre malgré ces événement tragique. Pourtant les gens ne se sentent pas très en sécurité, ne sachant pas si le tueur est toujours dans le quartier ou non…. Il faudra du temps pour se remettre de ces événements.

Alors ce matin, même s’il semblerait qu’aucune de mes connaissances ne soit parmi les victimes (bien qu’on ne connaisse pas la liste), je pense très fort aux victimes et à leur famille.


 

Au milieu de tout cela, le 12 décembre c’est aussi  le jour de notre 1e échographie à 7 SG, pour rencontrer, si tout va bien, « le Bidule » comme nous l’avons surnommé. Dans cette ambiance bizarre, en croisant des bouchons monstres à cause des contrôles à la frontières allemandes, et croisant de nombreuses voitures des force de l’ordre, nous arrivons au cabinet du gynéco. Ambiance surréaliste aussi mais d’un autre genre, se retrouver au milieu de nombreuses femmes enceintes, souvent avec leurs premiers enfants présent pour assister au spectacle. 20 min de retard (ça va encore), et c’est notre tour. On remplit notre dossier avec toutes les dates et infos de la PMA, et au bout de 10 longues minutes on passe en salle d’écho. Même pas besoin d’enlever le bas, je suis choquée, j’étais prête au strip-tease.

Le temps que le gynéco prépare le tout, mon mari et moi nous tenons très fort la main, les dés sont jetés, l’angoisse est à son apogée… le gel miraculeux… et là un embryon apparaît ! Zoom, pas de doute, on commence même à bien deviner la tête. Et là il met le son magique, celui qui nous fait craquer, fondre en larmes et nous rassure tellement…. un petit cœur qui bat bien fort ❤

Bidule est bien dans la place, ce n’était pas qu’une illusion.

Jusqu’ici tout va bien….

 

PS : bon, côté symptôme je ne suis pas épargnée, même s’il y a bien pire que mon cas. Même si j’ai « juste » des nausées, j’ai mal au bide plus ou moins en continu, je fais de l’hypoglycémie toutes les 3h donc j’apprend à manger fractionner (mais même ça marche pas tout le temps). J’ai déjà perdu 3kg (bon j’ai des bonnes réserves, alors c’est pas très grave ^^)  Et surtout depuis une semaine je fais de l’hypotension. En gros dès que je suis debout plus de 5-10min je suis proche du malaise (malaise que j’ai d’ailleurs eu au début de ses problèmes, dans le tram la semaine dernière, tout est devenue noir pendant 5 min, c’était bien flippant…). Je suis donc en arrêt maladie pour une bonne semaine, avec ordre de repos, et bas de contention à mettre dès que je les recevrais. En espérant que ça résolve le problème. Mais le plus important dans tout ça, c’est que ce n’est pas grave pour Bidule, et ça c’est le plus important !

FIV1 ter – 2e dosage

Je vous ai laissé il y a deux semaines, après une 1e prise de sang bien positive, pour notre plus grande surprise et bonheur.

Mon centre PMA étant bizarre, ils ne demandaient pas de 2e prise de sang. J’ai donc appelé mon gynéco pour prendre RDV pour la 1e écho, et au passage essayer de quémander subtilement une ordonnance. Mais la secrétaire m’a dit que non ce n’était pas nécessaire. Et vu que de nature je ne suis pas très insistante, j’ai accepté cette reponse. Et mon mari, pour une fois zen, m’a dit « faisons confiance aux médecins s’ils ont tous le même avis ».

Bon c’est bien beau comme résolution, ça tient un certain temps. Mais l’écho n’est que le 12 décembre ! (Encore 2 semaines et demi 😱)

Les symptômes ont joué à la fluctuation la semaine dernière, me faisant un peu peur, et ces dernières nuits ont été remplies de cauchemars (entre fausse couche, écho anormal ou pas d’embryon à l’écho, autant vous dire que mon inconscient me fait des misères la nuit).

Alors ce matin j’ai craqué, je me suis dit que je ne tiendrai pas encore 2 semaines et demi sans savoir si ça évoluait bien !

Je suis donc allée faire une prise de sang ce midi, sans ordonnance. D’ailleurs je suis tombée sur une secrétaire qui se rapellait qu’on avait fait les IACs avec ce labo, et elle était du coup toute contente et compréhensive sur mon stress.

47 399 Ui

Parfait d’après le timing, et la calculette de FIV.fr 😃

Ouf, si tout va bien on va un peu souffler jusqu’au 12 !!! (Bon je prévois de me faire pipi dessus de stress les jours précédents).

 

Un grand merci à vous toutes pour vos nombreux messages remplis d’amour 😘😘😘

FIV1 TER – Le chat de Schrödinger

15 jours exactement que le transfert a eu lieu. Soit le moment fatidique de la prise de sang. Malgré la tentation de faire un test de pharmacie avant (ce weekend), j’ai, nous avons résisté.

Car je ne le sentais pas. Et faire le test aurait validé que ça avait foiré. Je me suis dit, s’il y a une accroche, vu ma sensibilité utérine je vais forcément avoir des saignements le jour de l’accroche. Mais aucun saignement.

Il y a une semaine, j’ai commencé à avoir des douleurs, comme d’habitude une semaine avant la date prévu de mes règles. Ces deux éléments combinés m’ont fait perdre espoir (alors que j’en avais plein la 1ère semaine). Et aujourd’hui les douleurs sont plus intenses, annonciatrices de règles a venir.

Seul élément un peu différent : mes seins ont tellement gonflés qu’on dirait des pastèques. Je vous jure tout le monde a capté ça, tout le monde mate (genre même les collègues femmes). Mais bon c’est la progestérone quoi.

Alors non pas question de faire de test précoce. Tant que je ne le fais pas, je suis à la fois enceinte et pas enceinte. Tant que je n’ai pas de résultats, je peux vivre dans le déni de l’échec à venir.

Les résultats étaient dans ma boite mail à 15h, le stress d’attendre 18h d’être avec l’amoureux pour les regarder ensemble et pouvoir se soutenir. J’ai failli vomir de stress sur le chemin du retour…

On ouvre… C’est les résultats de ma TSH, il faut ouvrir le 2e mail.

Je lis d’abord <1Ui.

Je bug… C’est la colonne « résultats antécédents ».

Je relis …

862 Ui

….

On a un putain de taux, et il semble parfait pour le moment ! On a verifié plusieurs fois qu’on lisait bien !

Demain je devrais appeler le Centre pma pour savoir si je dois faire une 2e contrôle (ça me rassurerait !). Et les douleurs, même si j’ai entendu beaucoup de personnes qui en avaient, ça me rassure pas des masses.

On ne réalise pas ce qui se passe… Cette soirée est irréelle….