Dernière ligne droite

Voilà, je viens de terminer une grosse suite de RDV qui annoncent que nous sommes dans la dernière ligne droite.

Lundi dernier c’était le RDV du 9ème mois / pré-admission à la maternité, mercredi RDV avec l’anesthésiste, et jeudi dernier RDV avec mon gynéco.

Pour un peu pimenter ce dernier mois, j’ai le droit à un peu d’insuline rapide pour le repas du soir depuis la semaine dernière. En effet, mon diabète a décidé de se déregler pour la fin, je ne fais pas partie des chanceuses chez qui il y a une accalmie. Ca ne m’avait pas manqué les piqures, mais bon c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas ! puis un stylo prérempli c’est la version pour débutant ! (et ça fait étonnamment moins mal que de prendre ces glycémies. Enfin ça ne fait même pas du tout mal). 5 unités d’insuline semblent suffire pour stabiliser la situation, c’est déjà ça.

Pour ce dernier mois, au programme : un monitoring par semaine. Pas de déclenchement car mon diabète était bien geré et que par régime jusqu’à maintenant. Le bébé est dans la moyenne (estimé à environ 3,5kg à terme), et niveau liquide amniotique on est bon. Heureusement que j’ai choisi la maternité publique, car dans celle de mon gynéco, j’aurais été déclenchée à 39SA à cause du diabète. Mon gynéco m’a juste dit « si jamais votre diabète part totalement en cacahuète, demandez un déclenchement car ça n’a pas de sens de devoir mettre de l’insuline à outrance à ce stade, mieux vaut faire sortir le bébé », mais heureusement la petite dose d’insuline suffit pour le moment. Par contre avec la maternité j’ai négocié un RDV à 40SA (pour ne pas attendre le jour du terme), pour faire le point si le bébé n’était pas encore sorti de lui-même. Car même si je ne voudrais pas être déclenchée (j’ai peur que ça me rappelle trop de souvenir de mon 1er accouchement), je ne veux absolument pas dépasser le terme (le risque de mort in utero augmente après dépassement du terme, alors je ne veux pas prendre ce risque !!!)

Physiquement ça va, je ne m’en sors pas trop mal. Je n’ai pas l’impression d’être une baleine échouée. Je dors juste très mal car j’ai mal un peu partout dans mon lit, et parait que je ronfle (mais c’est pas mon problème ça ^^).

Il y a un moment où les angoisses que ça se passe mal ont été supplantées par la panique de ne rien avoir pour le bébé. Ce qui m’a permis d’enfin oser me projeter et faire des achats. Mais j’ai du prendre sur moi et faire un peu ces préparatifs toute seule, ce qui a été dur par moment, jusqu’à ce que je me fasse une raison. Car avec la crise sanitaire, les travaux de la maison ont trainé en longueur (puis quand on a acheté, on ne s’attendait pas à ce que je sois enceinte juste après, et donc qu’on aurait plus de travaux à faire dans un timing serré, sans que je puisse aider, et avec beaucoup moins d’aide que prévu). Bref, depuis novembre mon mari passe son temps libre à faire des travaux, donc il a eu du mal à trouver du temps pour participer aux préparatifs, et surtout il est passé à 1 doigt du burn out. Il est très impliqué dans tout ce qui est RDV et ateliers de préparation à la naissance, mais de ce qui est recherches pour savoir quoi acheter… Beaucoup de pressions sur mes épaules à faire beaucoup de choix seule. Je dois bien avouer que le stress de cette grossesse et du contexte autour a un peu mis à mal notre couple par moment. (Je reviendrai là dessus plus tard, quand je pourrais faire un « bilan » de cette grossesse arc-en-ciel). Et je sais que l’arrivée du bébé ne facilitera pas les choses. Ca me fait un peu peur je dois bien avouer.

Toujours est-il que ce weekend, à 37SA, les travaux minimum ont enfin été fini. Mon mari va pouvoir avoir un mini-répit (on croise les doigts pour que le bébé nous laisse 1 ou 2 semaines). On a tout ce qu’il faut, il faut juste qu’on déménage le bordel de la chambre du bébé dans le bureau pour pouvoir monter les 2-3 meubles ce weekend (et on rénovera la chambre cet été, pendant les vacances, on aura pas pu le faire avant. Mais je vous rassure, elle est très bien, de base on ne comptait pas la refaire si c’était resté une chambre d’ami. De toute façon, pour le moment ce sera lit de cododo dans notre chambre). Donc on croise les doigts pour que le bébé ne pointe pas le bout de son nez cette semaine, histoire que tout soit prêt quand il arrivera.

Sur ce je vous laisse, il faut que je finalise la dernière chose importante que je repousse depuis ce weekend : faire ma valise pour la maternité…

Et à partir du weekend prochain, quand tout sera ok dans la maison, je commencerais à tester les techniques pour faire sortir le bébé, pour ne pas arriver à 40 SA ^^

2 ans

Il y a 2 ans, je vivais la pire épreuve de ma vie.

Il y a 2 ans, j’accouchais de mon fils sans vie.

Il y a 2 ans, au lieu de porter et donner la vie, je portais et délivrais la mort.

Cette blessure particulière reste gravée dans ma chair, et c’est une grosse étape que je vais devoir affronter. Accepter qu’un accouchement puisse être un événement heureux. Les flash-backs de cet événement traumatisant sont nombreux quand on aborde le sujet. Pas plus aujourd’hui qu’un autre jour. Une partie du deuil que j’avais enfermé à double-tour dans un coin sombre de ma tête et que je ne voulais affronter. Mais forcément à presque 7 mois de grossesse, difficile de ne pas accepter la confrontation.

Difficile de décrire comment je vis cette journée cette année. Certes déjà mieux que l’an dernier, 1er anniversaire et jour où j’apprenais que mon centre PMA fermait et que mon TEC était annulé. Mais c’est tellement ambivalent de vivre cette journée en étant enceinte. Il y’a les grosses angoisses irrationnelles que quelque chose se passe mal aujourd’hui pour la grossesse en cours. La culpabilité de faire ressentir cette tristesse à cette vie qui grandit. La culpabilité de ne pas penser que à S. aujourd’hui. La difficulté de réussir à faire une place à ces deux enfants en ce jour. Avec un petit arc-en-ciel qui fait une grosse java depuis cette nuit, pour bien rappeler qu’il est là et qu’il est en pleine forme.

Il y a aussi la culpabilité de ne pas être allé sur la tombe de S. depuis des mois à cause de la grossesse (1h de route, dans la forêt dans un endroit un peu escarpé donc un peu risqué de s’y rendre enceinte). Alors que j’aurai besoin de me recueillir auprès de lui, aujourd’hui encore plus qu’un autre jour. J’ai beau ne pas être croyante et être terre à terre, si malgré tout il reste une part de lui quelque part, j’espère qu’il ne m’en veut pas, et qu’il sait qu’on ne l’oublie pas, qu’on ne le remplace pas, et qu’on viendra le voir avec son petit-frère dès que possible.

Il y’a 2 ans, je rencontrais fugacement mon fils pour la première et dernière fois. J’osais à peine le regarder, je me souviens avoir été étonné parce qu’il avait déjà tous les traits de visage d’un bébé normal mais juste en plus petit. Quelques minutes seulement pour le voir, ce n’est rien à l’échelle d’une vie, et c’est difficile de ne plus se souvenir de ses traits. (En Finlande, ils ne prenaient pas de photo, nous avons juste l’empreinte d’un de ses pieds. C’est déjà ça.)

2 ans déjà…

Aujourd’hui encore plus que tout autre jour, je pense fort à toi S., si tu savais comme je t’aime et comme tu me manques affreusement ❤

6 mois – 28SA+5

Le temps commence a passer légèrement plus vite quand tu te rend compte que tu entames le 3ème et dernier trimestre de grossesse. Nos angoisses habituelles sont un peu moins présentes, mais maintenant s’ajoutent de nouvelles : que l’accouchement ce n’est plus dans si longtemps que ça. Forcément rien n’est prêt, on a commencé 0 préparatif, puisque la projection vers un avenir heureux est toujours complexe.

Le syndrome post-traumatique de mon 1er accouchement commence à remonter à la surface étant donné que le sujet est de plus en plus présent. On a commencé les séances de préparation à la naissance samedi dernier, j’espère que cela aidera à m’apaiser. Je fais ces séances dans un centre périnatal près de notre nouveau chez nous, ils ont pleins d’ateliers (même si tout est en individuel à cause du Covid), alors je vais essayer d’en faire un maximum, et notamment de l’hypnose comme me l’a conseillé la sage-femme (pour aider avec le SSPT).

Sinon globalement ça va. J’ai parfois des gros coups de blues à cause de l’isolement (télétravail depuis août, + couvre-feu + précaution à cause du covid = une vie un peu trop isolée). Je suis très fatiguée (les insomnies depuis de longues semaines), essoufflée comme pas possible dès que je monte 3 marches, les classiques remontées acides… bref rien de spécial !

Côté diabète gestationnel, il s’est un peu aggravé il y a 1 mois et demi, j’ai du cette fois commencer réellement à faire attention à mon alimentation (et pas « juste manger équilibré » comme au début). Mais ça a suffit à rééquilibrer les choses donc c’est bien, pour le moment pas besoin d’insuline. Parfois c’est un peu éreintant de devoir se restreindre sur la nourriture, surtout quand on a des envies. Et ça implique de vraiment beaucoup cuisiner pour chaque repas (si on veut manger de bonnes choses), ce qui est parfois usant le soir en semaine. Le côté positif, c’est sur la prise de poids. Pour le moment je suis à +0kg (j’ai donc juste repris les 4kg perdus avec les vomissements des débuts, ce qui est très raisonnable).

Et sinon aujourd’hui nous avions le RDV du 7ème mois avec le gynéco. Tout va toujours bien du côté du bébé. Le diabète n’a pas d’impact sur lui donc c’est rassurant. Ma tension est toujours bonne. J’ai appris qu’en plus des maladies auto-immunes, le diabète était aussi un facteur de risque pour la pré-éclampsie, donc ça me fait un peu peur de cumuler. Mais je suis suivie de près, et pour le moment tout les indicateurs sont très bon.

Par contre, en côtoyant sur internet d’autres personnes atteintes de diabète gestationnel, j’ai constaté que très souvent l’accouchement était déclenché avant le terme (même si ça dépend vraiment de la maternité/du gynéco). J’en ai donc profité pour poser la question à notre gynéco, et j’ai bien fait. (Car dans ma tête le bébé arrive le jour de la DPA, pas avant, c’est pas possible, c’est trop tôt sinon, j’ai encore 3 mois pour me préparer… LOL). Effectivement, même en cas de diabète maitrisé et sans insuline, pour lui c’est max 40SA, on peut envisager 39SA, ça dépendra de nos souhaits, c’est ouvert à la discussion si la situation est stable. Si d’ici là ça se dégrade (bébé trop gros, besoin d’insuline), alors en général on déclenche à 38SA. On verra vers quoi on se profile lors de la T3 (le 18/03), avec une confirmation/ajustement au RDV suivant (mi avril). Mais je suis contente d’avoir ces infos, même si ça me stresse, ça va me permettre de me faire à l’idée que l’accouchement sera plutôt début mai et non mi-mai (et oui, je sais bien que même sans déclenchement le bébé peut arriver avant la DPA, mais mon cerveau avait choisi de nier cela^^). Voilà voilà, va falloir qu’on se bouge un peu les fesses niveau préparation, car je sens que le temps va filer à une allure folle.

L’écho T2

On y est déjà, ça me parait fou. Le temps me semble avancer lentement et vite à la fois. C’est l’étape qu’on ne pensait jamais atteindre. Et je dois bien avouer que c’est très étrange de l’avoir dépassé, c’est pour nous désormais l’inconnu. J’en suis donc à 22SA+4 aujourd’hui, ça y est on a dépassé la moitié…

Tout d’abord l’écho T2 s’est bien déroulée, toutes les mesures sont dans les normes, c’est pour le moment plutôt un petit bébé d’après le gynécologue (moi ça me va si on pense à l’accouchement, puis bon j’étais un petit bébé à la naissance, ça m’empêche pas de maintenant faire 1m76 ^^). On était angoissé par cette écho, par la peur de découvrir une malformation ou un problème de croissance, car forcément quand tu as vécu un deuil périnatal, tu as beaucoup lu les histoires d’autres parents et donc tu sais que pour beaucoup c’est à cette écho que tout a basculé… Mais c’était tout de même une angoisse moindre que pour les échographies précédentes maintenant que je le sens bien bouger.

Je ne l’avais pas encore mentionné, mais mon endocrinologue m’a détecté un léger diabète gestationnel depuis déjà 2 mois. Pour le moment rien de grave, certains aliments que je commence à cerner et devoir éviter. Pour le moment c’est surtout la malbouffe, que j’évite de base en étant enceinte pour ne pas prendre trop de poids, type pizza, burger, etc. D’autres aliments comme le riz, et je pense tout ce qui est courges (c’est con vu la saison) me font exploser la glycémie. Par contre la raclette ça passe étonnamment ! Et la brioche le matin aussi, tant mieux c’est le seul truc que j’arrive à manger. Donc je n’ai pour le moment pas de vraies restrictions alimentaires si ça reste en l’état, juste faire attention à manger équilibré, ce que je fais déjà, et j’ai le droit de tester des aliments pour voir comment mon corps réagit. Mais je ne suis pas à l’abris que la situation se dégrade dans les prochaines semaines avec l’avancée de la grossesse, donc je dois continuer à surveiller mes glycémies 3 jours /semaine. – Vous comprendrez que ça me rassure d’autant plus que pour le moment ce soit « un petit bébé », car ça montre que pour le moment le diabète n’a pas d’impact sur son poids, ce qui est plutôt bon signe.

Sinon j’ai ENFIN arrêté de vomir depuis 2 semaines !!! J’ai « juste » des brulures d’estomac maintenant, c’est une bonne amélioration XD

Et sinon le passage du cap de la T2 signifie aussi qu’il va bien falloir arrêter de faire l’autruche et commencer à se renseigner sur la suite des événements, genre la maternité, les cours de préparation à l’accouchement, les inscriptions en crèche ou autre… Bref ça fait peur de devoir accepter de se projeter ! Heureusement pour la maternité, ici dans le Bas-Rhin on n’est pas pressé comme en région parisienne.

Pour le choix de la maternité, je m’étais déjà renseignée pour S., et on avait une préférence pour l’hôpital public, notamment car le taux d’épisiotomie y est très faible (4% contre une moyenne nationale aux alentours de 20%), c’est donc un bon indicateur sur le respect du consentement des patientes et de la bientraitance. Toutefois j’hésitais un peu cette fois car l’avantage de la clinique privé, c’est que mon gynéco y est rattaché, donc potentiellement c’est lui qui peut être présent lors de l’accouchement. Vu notre histoire, avec quelqu’un déjà bien au fait de notre situation, ça pourrait être rassurant. J’ai donc réactualisé mes recherches pour trancher. Vu la crise sanitaire, un argument m’a aidé à faire mon choix. Dans la clinique privé, le port du masque est demandé même pendant le travail (sauf si vraiment on ne le supporte pas), alors que dans l’hôpital public, on peut l’enlever quand le travail commence. J’ai en même temps vu que cet hôpital s’était engagé dans la prévention des violences gynécologiques et obstétricales. Ca a donc fini de me convaincre. Je vais donc les contacter rapidement pour savoir les modalités d’inscription et autre.

Savourer les petits bonheurs

Je crois que jusqu’à présent je n’ai parlé ici principalement que des difficultés de cette grossesse arc-en-ciel, mais là je me suis dit que ce serait bien aussi de partager un peu les bons moments.

Je pensais que cette semaine serait une des plus difficiles de cette grossesse (puisqu’on est dans la semaine du terme où S. est mort), mais à mon plus grand étonnement, je ne suis pas plus angoissée que d’habitude, et surtout j’ai eu ma dose de petits bonheurs, qui m’aident à apaiser cette période compliquée.

Jusqu’à ce jour nous n’avions pas connaissance du sexe de ce bébé à venir. Le gynéco ne nous avait pas demandé encore si on voulait savoir, on en a déduit qu’il ne voyait rien, et avec le stress des écho, c’est pas comme si on pensait à demander (pour S., Il l’avait déjà vu à la T1!) ! Au final je crois que le gynéco lui même était à chaque fois concentré pour vérifier que ce bébé allait bien, qu’il n’y pensait pas non plus ! Nous commencions à être vraiment curieux, on avait besoin de savoir pour nous aider à nous projeter. (Même si nous n’avions réellement aucune préférence, nous arrivons à nous visualiser avec les deux.) Alors vendredi, une fois que nous savions que tout allait bien, nous avons demandé s’il arrivait à voir. Il a bougé la sonde, et là on a eu le droit à une exhibition totale, le gynéco n’a pas eu besoin de nous le dire : c’est un petit garçon !

Et je crois que suite à cette annonce, pour la première fois de cette grossesse, je peux dire que je me suis sentie heureuse, j’ai pu savourer pleinement ce moment de bonheur !

Et deux jours plus tard un nouveau moment spécial, que nous n’avions pas eu la chance de connaître avec S. J’avais remarqué que les « petites bulles » que je ressentais commençais à se transformer en véritables petits coups. Et bien dans un moment de java, il a donné un beau coup, et mon mari a pu le sentir contre sa main 🥰 ça l’a fait pleurer comme une madeleine tellement il était heureux ! C’est ultra tôt j’ai l’impression, mais comme je l’ai déjà dit, j’ai l’impression que ce petit fait tout pour nous montrer qu’il est bien là !

Voilà, j’espère que ces moments heureux vont prendre de plus en plus le pas sur les angoisses. En tout cas ça fait un bien fou !

Deux salles, deux ambiances

J’en avais parlé au mois d’août au moment où elle me l’avait annoncé, ma grande sœur est aussi enceinte en ce moment, avec environ 2 mois d’avance sur mois Si au début, malgré ma grossesse, je l’ai totalement ignorée pour rester dans ma bulle (j’ai toujours du mal à voir des femmes enceintes et parler facilement de grossesse), avec les semaines les contacts se sont un peu renoués.

Et je me rend compte que nous sommes vraiment sur deux planètes différentes. Déjà quand je la voyais poster une photo d’elle sur facebook, enceinte de 4 mois, entrain de faire de la pole dance et de la sorte de voltige avec des rubans (je sais plus le nom de ce truc), j’ai eu une mini-crise cardiaque.

Elle a aussi commencé les travaux pour la chambre à même pas 4 mois de grossesse, récupéré ses affaires de grossesse alors qu’elle ne devait être enceinte que de quelques semaines, etc… J’admire d’avoir autant confiance en la vie !

En ce moment c’est sur la nourriture que j’hallucine un peu. Perso je fais attention à tout ce qui est œuf cru, épices et plantes déconseillées, etc… Je suis à la lettre et me renseigne avant de manger quelque chose dont je ne suis pas sûr que c’est inoffensif. Mais alors elle… elle bouffe tout et n’importe quoi j’ai l’impression, comme les œufs à la coque « car c’est des œufs ultra frais du matin de ses poules » par exemple. Pour noël, elle m’a proposé de faire un cocktail sans alcool avec pleins d’épices, je crois que les 3/4 étaient déconseillées pendant la grossesse… Pendant sa première grossesse, je me souviens qu’elle buvait du cidre de temps en temps, car « c’était très peu alcoolisé » (bon ça elle ne fait pas cette fois, y’a de l’amélioration). Ca m’étonnerait pas d’apprendre qu’elle mange de la charcuterie et de la viande saignante XD

Et le problème c’est que mes parents sont habitués à son comportement, donc ils ont tendance à chaque fois de proposer ou préparer des trucs qu’on est pas censé manger. Bref j’ai l’impression que tout le monde s’en fout… Sauf que moi, ben je veux quand même éviter de prendre des risques inutiles, on est déjà assez angoissé au naturel, pas besoin d’en rajouter. Je sens que je vais devoir demander en avance la liste des ingrédients du repas de noël, sinon y’a des trucs que je ne pourrais pas manger…

Ca me fera toujours halluciner les personnes qui vivent leur grossesse de manière aussi insouciante, j’ai l’impression qu’ils jouent la santé de leur bébé à la loterie… On dirait qu’ils se sentent intouchables ! Bien-sûr on a la déformation due à la PMA, mais quand même…

4 mois – 17 SG

Ca y est, nous sommes officiellement rentrés dans le cinquième mois ce samedi. On arrive dans la période que nous redoutons le plus, le terme auquel S. nous a quitté. Même si cette grossesse est bien différente de la 1ère, je suis à la fois terrifiée d’arriver à cette date, mais en même temps j’ai hâte de la dépasser. S. est mort au courant de la dix-neuvième semaine de grossesse. Nous avions eu un RDV à 18SG+1, où tout allait pour le mieux. Nous avons appris que son cœur avait cessé de battre depuis quelques jours à 19SG+1. Nous atteindrons donc ce terme pile pour noël, en plein déménagement pour rajouter plein de stress.

Notre adorable gynéco nous a planifié une écho intermédiaire ce vendredi (seulement 2 semaines après la dernière), car il ne voulait pas qu’on attende janvier et la T2, il savait bien que c’était trop long, surtout vu la période ! Dans ma tête d’ailleurs cette écho T2 est un peu « l’objectif » à atteindre, un cap à passer, car la dernière fois nous avions donc du l’annuler. Même si j’ai aussi extrêmement peur qu’on découvre une anomalie à ce moment là.

Pourtant j’ai l’impression que ce petit arc-en-ciel essaye de me rassurer sur sa présence. Entre les nausées et vomissements qui m’ont forcé à prendre conscience que j’étais enceinte quand j’étais un peu dans le dénis (d’ailleurs, les nausées sont toujours là, MAIS je ne vomis plus qu’une fois par semaine, youhou – le prochain qui me dis « nan mais au 2nd trimestre tu verras, c’est la lune de miel », je le défonce… les gens refusent d’entendre que non ce n’est pas forcément le cas, et que non je suis déjà au 2nd trimestre et je ne me marre toujours pas ! bref petite disgression face aux RALC que je me prends). Je disais donc que petit arc-en-ciel montre sa présence. Et j’ai donc eu la surprise de sentir son 1er coup à seulement 14SG (3 mois et 1 semaine) ! Je n’osais pas y croire, je me disais que je me faisais des films, sauf que les jours suivants, ça arrive de nouveau (ça m’a un peu rassuré avant l’écho). Je n’ose pas trop y croire, ça me parait tôt (j’ai commencé à sentir S. à environ 16-17SG), je me dis que je surinterprète, j’ai perdu la confiance en mes sensations et mon corps avec la grossesse précédente (culpabilité de ne pas avoir su que S. était mort, d’avoir cru continuer à le sentir alors que c’était déjà trop tard). On arrive donc à l’écho il y’a 2 semaines, il va bien et bouge dans tous les sens, et là à un moment je le vois donner 3 coups de pied à la suite et je les ressens – plus aucun doute !

Depuis je le sens de plus en plus fréquemment, maintenant tous les jours, et il fait parfois une belle java. Mais plutôt le soir, ce qui me donne bien évidement des crises d’angoisses quand je ne le sens pas bouger de la matinée alors que j’ai mangé des choses sucrées. Ou quand certains jours il est plutôt calme alors que la vieille c’était la fête. Il va falloir que j’apprenne à maitriser cette peur, même si elle est normale vu notre histoire.

Le quotidien reste encore compliqué, car qui dit angoisses dit insomnies – avec 3-4h de sommeil par nuit seulement, je suis loin d’être rayonnante. J’ai eu un arrêt de 2 semaines pour me reposer un peu, et là c’était 2semaines de boulot avant les vacances de noël vendredi soir. J’espère que le sommeil reviendra une fois cette période stressante passée.

Nous commençons à y croire un peu, à parler des mois prochains (même si on ne parle pas encore de « après »), forcément avec mon ventre qui ne peut plus être nié, et ce petit être qui bouge en moi. Une sensation douce-amère : on arrive à éprouver un peu d’allégresse par moment, mais elle nous terrifie car nous avons peur de chuter à nouveau. On s’est forcé un peu à évoquer les prénoms après la dernière écho, ça nous a fait du bien malgré la peur. Je me suis aussi enfin décidé à commander des t-shirts de grossesses, une grosse étape pour moi.

On avance donc petit à petit, naviguant entre les angoisses et les espoirs, en espérant de tout notre cœur que tout se passe bien. Nous espérons aussi qu’une fois franchis le cap des 19 semaines, cela devienne un peu plus facile à vivre au quotidien, même si les peurs ne nous quitterons certainement pas avant d’avoir un enfant qui va bien dans nos bras.

Quelques nouvelles du 4ème mois


J’aimerais vous dire que c’est un long fleuve tranquille cette grossesse, mais on est loin du compte. J’ai toujours su que la grossesse suivante serait difficile, mais le savoir est une chose, le vivre en est une autre.

Naïvement, lors de mon dernier RDV psy, le lendemain de l’écho T1, j’étais très optimiste, et j’ai dit que pour le moment je n’avais pas besoin de nouveau RDV, que j’avais des angoisses mais que j’avais les outils pour les gérer, bref que je n’avais plus grand chose à dire. Et qu’il fallait que j’arrête de prendre des RDVs le lendemain des échographies « au cas où ça se passe mal », effort que ma psy a félicité. Sauf que j’aurais du me rendre compte que les RDV ce n’était pas après les échos que j’en avais besoin, mais justement à distance de ces échographies.

Si ce n’était que psychologiquement que c’était difficile, peut-être que ça passerait. Même s’il faut gérer les insomnies et la fatigue qui s’accumule. Mais à cela ajoutez en plus que je fais partie des « chanceuses » qui continuent de vomir passé le 3ème mois, avec un mal d’estomac quasi continu. En général c’est des phases. Pendant environ 3 jours je ne peux presque rien manger, puis pendant 4-5 jours ça va à nouveau mieux. Et au moment où j’espère que les nausées se sont fait la malle, je vomis à nouveau au réveil. C’est éreintant.

Je perds pieds depuis une semaine, enfouie sous une montagne d’angoisses et de pensées morbides. Entre les flashback de mon accouchement, de l’annonce de la mort de S., la persuasion que ce bébé arc-en-ciel n’est peut-être plus vivant… bref vous voyez le topo. Je pensais que passer la T1 me rassurerait un peu, mais j’ai surtout l’impression d’avoir enclenché un compte à rebours jusqu’aux 19SG, terme auquel on a appris la mort de S., avec cette certitude infondée que l’histoire va se répéter. On en est à 14SG et demi.

Je suis une éponge à angoisses, je crois d’ailleurs que je vais me tenir éloignée des articles de la blogosphère PMA et des comptes insta sur le deuil périnatal, car chaque histoire qui tourne mal que je lis nourris mon imaginaire, et après je suis persuadée que cela va m’arriver. Je commence à avoir du mal à sortir seule de chez moi, avec cette sourde impression que quelque chose de négatif va m’arriver, et comme mon mari est aussi stressé quand je suis seule, il alimente cette angoisse et la fait gonfler. Parfois je lutte et sors seule (pour la pharmacie, pour un RDV), parfois je n’ai pas la force et il devient mon chauffeur attitré.

Je sais que le manque de sommeil (je dois dormir 3-4h par nuit) n’aide vraiment pas pour gérer mes émotions. Heureusement, ma psy ce matin a pu me proposer un RDV demain grâce à une annulation. Je vais probablement lui demander un arrêt maladie, le temps de reprendre mon souffle. Mercredi la semaine prochaine on a notre RDV gynéco, alors j’espère que cela m’apaisera aussi un peu à nouveau.

Voilà, j’avais besoin de poser mes mots quelques parts, alors comme toujours je le fais ici, même si je sais qu’il n’y a pas grand chose à dire en retour.

L’écho T1

Une bonne chose de faite. Après de nombreuses crises d’angoisses sur le trajet vers le gynécologue et dans la salle d’attente, nous avons pu voir notre petit arc-en-ciel. Le gynéco a mis au moins 40sec à mettre les battements du cœur, commençant par prendre quelques mesures, j’ai failli l’agresser verbalement XD

Tout va bien, les mesures sont bonnes, la clarté nucale aussi. Il bouge bien, on a vu ses 2 jambes, ses bras et une petite main, son cerveau…. etc. Toujours aussi fascinant les détails que l’on voit déjà à ce stade.

On a beaucoup pleuré en sortant, de soulagement. C’est vraiment ce sentiment doux-amer : on n’est pas heureux, on est juste soulagé. Car on ne peut plus être rassurés sur le long terme forcément.

Prochain RDV dans 4 semaines, le gynéco nous fera de nouveau passer à une heure où il y’a peu de monde, pour que mon mari puisse venir, de sa propre proposition (apparemment c’est une directive du cabinet que les accompagnants soient refusés, donc faut un peu se cacher des collègues, mais lui comprend tout à fait qu’on ait besoin d’être présents à 2).

Alors on va essayer de profiter de ce cours laps de temps où l’on arrive à être rassuré après un RDV, et on va continuer d’avancer comme toujours, un jour après l’autre.

PS : merci à toutes celles qui m’ont envoyé des messages pour ce RDV, ça m’a fait chaud au cœur que vous pensiez à nous ❤

Confinement round 2 + edit

C’est seulement le début, mais je sens déjà que ce confinement sera beaucoup plus dur psychologiquement.

Déjà car j’ai l’impression d’être en confinement depuis septembre avec le télétravail, l’alitement d’un mois, le peu d’interactions sociales… Et ce confinement intervient pile quand je prévoyais de revoir un peu des gens, les grosses frayeurs étant derrière (il semblerait, on touche du bois) et la nausée un peu mieux contrôlée avec le primperan. Sauf que tout a fini par être annulé par la force des choses. Difficile psychologiquement l’absence de relations humaines sur le long terme.

On a la chance d’être devenu propriétaire ce jeudi 29/10, dernière vente avant le confinement. Mais propriétaires d’une maison dans laquelle on prévoyait 2 mois de travaux pour la rendre habitable, avec l’aide de notre famille et nos amis…. Vous voyez le soucis avec le confinement ? On est même pas sûr de réussir à y aller le weekend pour faire les travaux (mais on va tenter, pas le choix), et on va être que 2 (enfin 1 et demi, vu le nombre de trucs que je ne peux pas faire et la fatigue) alors qu’on pensait être au moins 6 chaque weekend, que du matériel devait nous être prêté, et certains trucs on ne sait pas les faire nous même. Bref c’est la merde, on va faire un maximum de ce qu’on peut faire à 2, espérer que fin décembre on puisse avoir de l’aide pour déménager pour ne pas devoir payer une entreprise, et que le confinement dure le moins longtemps possible pour faire un maximum de travaux avant d’y habiter (même si ça semble inévitable qu’on va vivre dans les travaux, ce qu’on voulait à tout prix éviter).

Puis il y’ a eu ma plus grande crainte du confinement qui s’est réalisé ce matin avec l’appel du cabinet de mon gynéco : l’écho T1 de mercredi devra se faire sans mon mari…. Quand tu as découvert la mort de ton fils lors d’une échographie, c’est des moments que tu ne voudrais pas avoir à vivre seule… Je ne sais pas comment on va faire. Autant moi que lui qui m’attendra tout seul en-dehors du cabinet, en espérant qu’on puisse au moins faire un appel visio. Cette perspective est terrifiante…

EDIT : après un mail larmoyant envoyé par mon mari, on a été rappelé 10min après. Notre RDV a été décalé à une heure avec moins de passage, pour que mon mari puisse venir 🙏 (la secrétaire a directement demandé l’avis à notre gynéco)