Les dates, toujours les dates (#deuil périnatal)

Depuis 2 jours je n’étais pas bien. Un sentiment de ras-le-bol, tout m’énerve. Cette foutue météo n’aide pas, je ne peux pas sortir me balader aussi souvent que je le voudrais. Mon mari est en vacances, mais au final j’ai toujours l’impression de me faire avoir et de ne pas avoir de temps pour moi, alors que je lui avais expressément dit que cette semaine j’avais besoin d’un peu de temps libre pour écrire des articles pour mon blog littéraire. On est dimanche matin et j’ai réussi à me dégager 1h dans la semaine… alors que lui a eu le temps de jouer à la console plusieurs fois entre autre.

Dans ce ras-le-bol, forcément l’allaitement est au centre. C’est un projet qui me tient à coeur mais punaise c’est parfois dur de se sentir entravée. Je n’ai pas eu plus de 2h seule depuis 3 mois, et c’était pour faire des courses/aller chez la sage-femme, super passe-temps. Alors on en discute, je vais sauter le pas, lui laisser le petit une aprem car j’ai besoin de souffler, et tirer mon lait. La culpabilité de la PMA et des années de galère, d’oser se dire « j’aime mon fils mais il faut que je passe du temps sans lui », alors qu’en soit c’est bien normal. Le changement de vie est forcément pas toujours évident pour tout nouveau parent, mais quand tu rajoutes en plus la pandémie qui fait que tu n’es quasiment plus sortie déjà depuis le début de la grossesse (et encore juste quelques fois l’été dernier, ça se compte sur les doigts de la main, car avant ça 1er confinement, soucis de santé, bla bla, vous connaissez la chanson). Puis le déménagement n’a pas aidé, je ne connais personne dans le coin. J’ai hâte de pouvoir commencer une activité sportive à la rentrée, pour avoir du temps pour moi et me socialiser à nouveau

Alors oui ce dimanche matin j’en ai marre de tout, de ne voir que mon mari, de ne pas sortir, de tout le temps m’occuper du petit, de l’allaiter, de cette maison, de ce foutu salon où je suis trop souvent. J’espérais sortir l’après-midi pour me baigner chez mes parents, mais non il fait moche. Je craque, je pleure. Il fait encore beau pour le moment, alors sur un coup de tête on décide de partir en ballade pour profiter des quelques rayons de soleil de fin de matinée. C’est fou, une fois dans la forêt, le ras-le-bol s’en va. Je suis contente d’être avec mon mari, aux anges de porter mon bébé en écharpe, j’apprécie la chance de vivre tout cela.

Et puis à un moment, je tilte. Mais quel jour sommes nous aujourd’hui ? Inconsciemment je connais la date, je sais que le lendemain c’est lundi 26. Mais quand je regarde mon téléphone pour confirmer la date, tout s’éclaire. Nous sommes le 25 juillet, la DPA de S., qui dans un monde idéal aurait fêté ses deux ans ce mois-ci…

Je serais toujours étonnée comme notre inconscient se rappelle de ces dates avant qu’on le fasse consciemment et joue sur notre moral.

Alors j’ai respiré un grand coup, pris H. dans mes bras et l’ai serré très fort contre moi, relativisant ce gros coup de mou.

Nous sommes lundi 26 et « étrangement » aujourd’hui je vais beaucoup mieux…

Quelques nouvelles des débuts

Certaines l’ont demandé, alors je vous donne quelques nouvelles de ces premiers semaines en tant que maman.

Petit à petit j’apprivoise cet être et le découvre. Les 3 premiers semaines étaient très facile : il mangeait seulement toutes les 3 heures, pleurait peu (pour manger ou faire caca), dormait facilement là où on le posait.

Bon à 3 semaines ça c’est un corsé. Niveau allaitement j’ai une hyperlactation + un réflexe d’éjection fort qui est apparu : donc ça sort en jet, il en met partout, avale trop d’air, a des maux de bide, régurgite… Bref un peu moins drôle et beaucoup de pleurs de douleurs qui brisent le cœur 💔 Pas toujours évident de gérer les pleurs seule la journée.

Un petit être bizarre qui déteste être changé et hurle à la mort, gigote dans tous les sens… Bref du sport !

Un petit être qui désormais n’aime pas être posé la journée, ne veut que les bras mais pourtant n’est pas fan de portage la plupart du temps. Et vu comme il est tonique, quand il veut pas, ça ne donne pas envie de le laisser dedans ! Mais qui a déjà compris la nuit, et sait qu’il faut dormir quand on va le coucher après la dernière tétée (bon c’est pas toujours tout facile, mais quand même). On va pas rêvé, il ne fait pas ses nuits à cet âge, mais il dort 3-4h d’affilée entre les tétées (alors que c’est 2h en journée entre 2), et nous laisse dormir jusque 8h-8h30 avant de ne plus vouloir dormir.

Un petit être fasciné par la nature, le chant des oiseaux, l’herbe…

Un petit être qui grandit bien , très bien, on est déjà passé au 3 mois, à ces 5 semaines lundi il faisait 56 cm et 4,9kg 😱 (RIP mes bras et mes douleurs articulaires, j’ose pas imaginer quand il sera encore plus grand).

Un petit être qui commence à bien nous voir, à nous faire quelques vrais sourires, à tenter d’attraper des trucs, et fait fondre nos cœurs de parents.

Un petit être qui a besoin de calme, et pour le moment a du mal avec les gens et les magasins. On limite donc les visites, car il nous met la misère le soir sinon. Même s’il faut bien l’habituer petit à petit, on fait doucement (et puis il est encore tout petit aussi).

Un petit être que j’aime de tout mon cœur, même si ce n’est pas toujours facile ❤️ c’est bien mieux le weekend quand le papa est là, pouvoir se relayer facilite bien les choses !

Et sinon niveau fatigue, ça dépend des jours (et des nuits surtout). J’ai retrouvé ma forme et eu envie de faire pleins de choses au bout de 3 semaines de post partum. Bon entre l’envie et réussir à les faire avec un petit bout, il y’a un fossé 😂

Pour mon corps, j’ai rapidement perdu tous mes kilos de grossesse, déjà en sortant de la maternité (seulement 5 de pris avec le régime du diabète gestationel), je suis à -3kg par rapport à avant . J’ai eu une déchirure pendant l’accouchement, c’était pas drôle les premiers temps pour aller aux Wcs, mais petit à petit c’est allé mieux. Bon par contre j’ai des hémorroïdes qui sont apparues après et sont encore là, un peu moins rigolo :/ en tout cas j’ai officiellement eu mon ordonnance pour commencer la rééducation du périnée aujourd’hui, j’ai hâte ! Ma libido est bien là, bon par contre avec la fatigue et le manque de temps c’est forcément pas la fête du slip 😂 j’ai osé sauté le pas la semaine dernière (j’angoissais d’avoir mal), mais au final ça s’est bien passé, même si niveau sensation, ben y’a pas grand chose avec le périnée non rééduqué 😬 (d’où ma hâte de la rééducation). Et grâce aux différents blogs j’avais d’ailleurs anticipé la question de la contraception à la maternité. Clairement après 7 ans d’essais et une FIV ICSI pour avoir un enfant, hors de question que je prenne la pilule, et puis j’ai bouffé assez d’hormones avec la PMA. On a donc demandé une ordonnance de préservatifs, comme ça ils nous ont pas soulé. Même si je pense qu’on fera juste attention, surtout que l’allaitement retarde normalement bien le retour de couche. Me font bien rire avec leur histoire de la fille de la boulangère qui a eu un miracle après un parcours PMA. On va pas nier l’existence que ça arrive, mais bon… Ça tiendrait du miracle, alors on accepte ce petit risque.

D’ailleurs en fin de grossesse, je vous disais que ça n’allait pas trop avec mon mari, mais au final ce devait être les hormones de grossesse, car ça va beaucoup mieux depuis l’accouchement ! J’en suis bien soulagée !

Voilà voilà, un peu tout ce qui m’est passé par la tête.

Je mesure chaque jour la chance qu’on a eu de réussir à passer de l’autre côté malgré les épreuves. Je pense fort à vous toutes qui vous battez encore, qui ont arreté de se battre et ont choisi d’autres chemins de vie, celles qui sont en attente d’un protocole ou d’un résultat, celles qui attendent la peur au ventre que leur miracle naisse en bonne santé, celles qui ont aussi la même chance que nous d’être devenu parent. Je vous embrasse fort ❤️❤️❤️

Le marathon de la naissance de H.

Comme promis, pour celles que ça intéressera, et pour garder un récit complet avant que certains détails ne disparaissent, je vais vous raconter ce marathon qu’a été la naissance de H. Si vous aimez les rebondissements, vous n’allez pas être déçues.

D’ailleurs c’est marrant, le début de l’histoire commence un peu comme pour Lucienne, même si ensuite ça diffère.

Dans la nuit du vendredi au samedi 1er mai : je me souviens que juste avant de me coucher je dis a mon mari : c’est bon ce sera un bébé de mai. Depuis quelques temps la blague c’est qu’il dit qu’il va naître pour la fête du travail. Depuis quelques jours je m’active à ranger un max de cartons dans la maison, pour que ce soit moins un chantier. Est ce un signe ? Ou juste l’approche de la DPA ?

1h10 : cela fait 1h que je dors quand je me réveille et je sais instantanément ce qui se passe : je me lève, inondation instantanée du parquet. J’appelle mon mari dans le couloir, il me demande si je suis sûr, oui aucun doute. Je connais la règle pour la poche des eaux : même si pas de contractions, il faut aller à la maternité. Je prends le temps d’aller à la douche (pas très utile car nouvelle inondation juste après), on finalise la valise, vérifie tout une dernière fois, un petit thé et on y va. Le trajet est plutôt tranquille, personne sur la route, pas de douleurs pour moi. On est relativement zen et on rigole à l’idée que le petit ait pile attendu la date qu’on lui demandait (la veille la voiture devait encore passer au garage), et encore plus drôle que ce soit effectivement le 1er mai.

On arrive à la maternité, nuit très calme, on est reçu directement pour un monitoring. Il s’avère que j’ai des contractions régulières (toutes les 4 min), ça m’aide à les reconnaître avec certitude. Il faut donc attendre qu’elles s’intensifient, que le travail démarre réellement. La suite du programme : un monitoring environ toutes les 8h, et prise d’antibiotique dès 12h après la perte. A 3h40 on est dans notre chambre. Malheureusement il n’y a plus de lit accompagnant pour mon mari, alors il dort sur le fauteuil pour cette première nuit.

10h : nouveau monitoring. Les contractions se sont espacées (4 en 30min), mais elles se sont intensifiées, donc ce n’est pas si mal. Pour le moment personne n’examine mon col, pour éviter les risques d’infection.

18h : une seule contraction pendant le monitoring. Je commence à déchanter, et me dire que ce petit ne viendra probablement plus dans la journée.

23h30 : plus aucune contraction. On discute avec la sage-femme, on attend le prochain monitoring pour voir ce que l’on veut faire : attendre encore (48hmax) ou déclancher demain.

On discute dans la nuit, vu comme c’est parti, je sens que ce n’est pas en attendant que les contractions vont revenir. Donc on décide que si c’est toujours le calme plat au prochain monitoring, qu’on déclanche.

2 mai :

6h : toujours aucune contraction. On programme donc le déclanchement pour 11h, par ballonet. Mon col est ramolli et à 1.

11h : pose du ballonet. La gynéco est épatée par mon calme et maîtrise de la douleur lors de la pause. Mais franchement, après le vécu PMA c’est pas grand chose. Suite des événements : soit le ballonet tombe tout seul car le col s’est assez ouvert, soit demain 11h on lance la suite. La suite : perfusion d’ocytocine, sauf si entre temps mon corps continue à provoquer assez de contractions de lui même.

17h : je perds un peu de sang alors par précaution on va en monito 1h plus tôt. Bon comme je m’en doutais, c’est normal, c’est à cause du ballonet (mais prévenir ça aurait été cool !). J’ai désormais de vraies contractions depuis quelques temps. Donc c’est plutôt rassurant. Bon par contre c’est bien bien douloureux le ballonet.

23h : juste avant d’aller nous coucher, lors de mon dernier pipi, je perds le ballonet…ouf mon corps semble enfin se motiver un peu !!! Le dodo ce n’est pas pour maintenant, on prends notre valise et direction la salle de naissance. Mon col est ouvert à 3 et s’est encore raccourci. On est positif. Les contractions ne sont pas encore assez rapprochées, alors on boosté ça avec de l’ocytocine. Une chose est certaine désormais : notre fils naîtra le 3 quoiqu’il arrive.

3 mai.

Régulièrement dans la nuit, on augmente la dose d’ocytocine, pour accélérer les contractions à la bonne fréquence. Au bout de quelques heures je demande la péridurale, car ça commence à être trop douloureux avec la perfusion. Vers 7h mon col est ouvert à 4, les contractions au top, on fait une pause dans l’ocytocine, pour voir si mon corps prend le relais (et pour reposer le bébé). Sauf que… Mon corps fait sa feignasse, les contractions se raréfient. 2e perf de lancée, idem on augmente les doses petit à petit en repartant de la dose la plus faible. Difficilement le col s’ouvre à 6. Après chaque augmentatio’ d’ocytocine, les contractions s’accélèrent 5 min, puis s’espacent de nouveau. Je commence à vraiment prendre peur de la césarienne.

Normalement c’est max 2 perf d’ocytocine. La 3e c’est vraiment si on est sur la fin du travail, et qu’il en faut juste encore un peu. Vu que mon col stagne à 6, petite séance d’acupuncture, on sait jamais : et là miracle, mon col s’ouvre tout doucement à nouveau. On est à 8, nouvelle pause dans l’ocytocine. Les contractions s’arrêtent presque. Je pète un câble, contre mon corps, un peu contre la sage femme aussi car elle arrête la perfusion et qu’on perd du temps (je suis à bout physiquement et mentalement quoi), que y’a presque plus d’ocytocine dans la perfusion donc que la césarienne est vraiment très proche.

Mais miracle, à 17h mon col est tout de même à 9 malgré le peu de contractions. On a donc le droit à la 3e perf d’ocytocine pour finaliser le job.

18h : mon col est à 10 et presque effacé. Mais nouveau rebondissement : le bébé n’est plus bien présenté, il est un peu en transverse, et ne peut passer le bassin pour le moment. Mais je ne peux pas bouger pour l’aider à tourner, car dès que je me met de côté, son cœur ralenti. Il ne supporte que la position assise/couché sur le dos. En fait depuis quelques heures déjà il change souvent de position, comme pour « chercher la sortie sans la trouver ». Pourquoi ? On ne saura pas si quelque chose le gênait ou non.

A partir de là c’est un compte à rebours : on a 3h à partir de la dilatation complète pour que bébé soit dehors.. A 21h, d’une façon ou d’une autre, il devra naître. Naïvement je croyais que le plus difficile était fait, qu’une fois dilatée c’était ok, vu qu’en général ça se passe rapidement à partir de là dans les récits d’accouchement que j’ai entendu. Mais non, il faut encore que le bébé s’engage dans le bassin, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

Tik tak

19h : échographie pour vérifier la position, et éventuellement tenter de le positionner correctement manuellement (si j’ai bien compris ça impliquait une main dans mon vagin😱) mais nouveau miracle : il est remis dans la bonne position. Il lui reste 2h pour descendre le bassin.

Tik tak

20h : toujours en bonne position, mais il n’a pas bougé. Il n’arrive pas à s’engager. La sage femme tente un truc : pendant une contraction, elle me demande de pousser pour voir comment il réagit. Verdict : il descend dans le bassin, même s’il remonte après, et son coeur tient le choc. Mais ce n’est pas encore ok pour tenter quelque chose, accoucher par voie basse à ce stade serait beaucoup trop long. On reste dans l’indécision.

Tik tak

Vers 20h45 : changement d’équipe. Je fais un mini malaise de fatigue (et je suis nourrie uniquement au jus de pomme depuis la veille au soir…), Mais plus le droit de boire à ce stade. Et là, probablement suite au debrief avec la gynéco de garde , on a le feu vert sans même un nouveau contrôle : on tente l’accouchement par voie basse !

Je ne sais pas où je trouve la force vu mon état de fatigue, mais je donne tout ce qu’il me reste et en seulement 3 contractions (et 10 poussées) il est dehors. La dernière poussée se fait sans contraction. D’après toute l’équipe c’était ultra rapide , d’autant plus vu qu’il n’était absolument pas engagé, elles s’attendaient à ce que ça prenne 30min.

21h07 : Il est là, enfin, mon petit H. Je n’en reviens pas quand on le pose sur moi 🥰 je me rendrais vraiment compte que c’est la réalité le lendemain matin !

Un vrai petit warrior, on en revient pas que son petit cœur est tenu autant le choc tout au long de ces heures interminables. Ça nous faisait vraiment peur !

Tout est bien qui finit bien, j’avais vraiment peur de la césarienne (complication pour l’allaitement, mais surtout rapport à notre histoire, qu’on le sépare de moi pendant une période, une peur de « l’arrachement »). Et je suis bien contente que l’équipe ait bien pris cela en compte et tout tenté pour nous permettre la voie basse sans pour autant prendre de risque.

Je devrai clairement faire un travail psy suite à cet accouchement, car j’ai détesté mon corps qui me faisait une nouvelle fois faux bond et refusait d’accoucher. J’ai craqué plusieurs fois psychologiquement pendant ce marathon. Mais l’essentiel est qu’actuellement je profite pleinement de ce petit bout, heureusement ça n’a pas provoqué de baby blues. J’ai d’ailleurs apprécié que la psy que nous avions consultée dans cet hôpital après le décès de S. vienne prendre de nos nouvelles le lendemain en apprenant que nous étions là, pour voir comment nous vivions les choses.

Une chose est sûr, je ne suis pas prête d’oublier ces 3 jours ! Ce petit bébé de sera fait attendre jusqu’au bout !!!

Terminus, tout le monde descend

Notre fils est né ce lundi 3 mai à 21h07, nous prenons nos marques mais sommes transis d’amour pour ce petit être tant attendu.

Forcément galériens un jour, galériens toujours, j’ai perdu les eaux le 1er mai à 1h10, donc jusqu’au moment de la naissance on en a bien chié, on a eu bien des frayeurs et des craquages. Mais tout est bien qui fini bien, je prendrais le temps de venir vous raconter notre marathon plus en détails.

Étonnamment c’est un petit blondinet, on savait que c’était une possibilité mais pas la plus probable entre la moitié latino de mon mari et moi même et mes cheveux bruns 😂

Notre rayon de soleil après les années de tempête, notre petit H. 🥰

Dernière ligne droite

Voilà, je viens de terminer une grosse suite de RDV qui annoncent que nous sommes dans la dernière ligne droite.

Lundi dernier c’était le RDV du 9ème mois / pré-admission à la maternité, mercredi RDV avec l’anesthésiste, et jeudi dernier RDV avec mon gynéco.

Pour un peu pimenter ce dernier mois, j’ai le droit à un peu d’insuline rapide pour le repas du soir depuis la semaine dernière. En effet, mon diabète a décidé de se déregler pour la fin, je ne fais pas partie des chanceuses chez qui il y a une accalmie. Ca ne m’avait pas manqué les piqures, mais bon c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas ! puis un stylo prérempli c’est la version pour débutant ! (et ça fait étonnamment moins mal que de prendre ces glycémies. Enfin ça ne fait même pas du tout mal). 5 unités d’insuline semblent suffire pour stabiliser la situation, c’est déjà ça.

Pour ce dernier mois, au programme : un monitoring par semaine. Pas de déclenchement car mon diabète était bien geré et que par régime jusqu’à maintenant. Le bébé est dans la moyenne (estimé à environ 3,5kg à terme), et niveau liquide amniotique on est bon. Heureusement que j’ai choisi la maternité publique, car dans celle de mon gynéco, j’aurais été déclenchée à 39SA à cause du diabète. Mon gynéco m’a juste dit « si jamais votre diabète part totalement en cacahuète, demandez un déclenchement car ça n’a pas de sens de devoir mettre de l’insuline à outrance à ce stade, mieux vaut faire sortir le bébé », mais heureusement la petite dose d’insuline suffit pour le moment. Par contre avec la maternité j’ai négocié un RDV à 40SA (pour ne pas attendre le jour du terme), pour faire le point si le bébé n’était pas encore sorti de lui-même. Car même si je ne voudrais pas être déclenchée (j’ai peur que ça me rappelle trop de souvenir de mon 1er accouchement), je ne veux absolument pas dépasser le terme (le risque de mort in utero augmente après dépassement du terme, alors je ne veux pas prendre ce risque !!!)

Physiquement ça va, je ne m’en sors pas trop mal. Je n’ai pas l’impression d’être une baleine échouée. Je dors juste très mal car j’ai mal un peu partout dans mon lit, et parait que je ronfle (mais c’est pas mon problème ça ^^).

Il y a un moment où les angoisses que ça se passe mal ont été supplantées par la panique de ne rien avoir pour le bébé. Ce qui m’a permis d’enfin oser me projeter et faire des achats. Mais j’ai du prendre sur moi et faire un peu ces préparatifs toute seule, ce qui a été dur par moment, jusqu’à ce que je me fasse une raison. Car avec la crise sanitaire, les travaux de la maison ont trainé en longueur (puis quand on a acheté, on ne s’attendait pas à ce que je sois enceinte juste après, et donc qu’on aurait plus de travaux à faire dans un timing serré, sans que je puisse aider, et avec beaucoup moins d’aide que prévu). Bref, depuis novembre mon mari passe son temps libre à faire des travaux, donc il a eu du mal à trouver du temps pour participer aux préparatifs, et surtout il est passé à 1 doigt du burn out. Il est très impliqué dans tout ce qui est RDV et ateliers de préparation à la naissance, mais de ce qui est recherches pour savoir quoi acheter… Beaucoup de pressions sur mes épaules à faire beaucoup de choix seule. Je dois bien avouer que le stress de cette grossesse et du contexte autour a un peu mis à mal notre couple par moment. (Je reviendrai là dessus plus tard, quand je pourrais faire un « bilan » de cette grossesse arc-en-ciel). Et je sais que l’arrivée du bébé ne facilitera pas les choses. Ca me fait un peu peur je dois bien avouer.

Toujours est-il que ce weekend, à 37SA, les travaux minimum ont enfin été fini. Mon mari va pouvoir avoir un mini-répit (on croise les doigts pour que le bébé nous laisse 1 ou 2 semaines). On a tout ce qu’il faut, il faut juste qu’on déménage le bordel de la chambre du bébé dans le bureau pour pouvoir monter les 2-3 meubles ce weekend (et on rénovera la chambre cet été, pendant les vacances, on aura pas pu le faire avant. Mais je vous rassure, elle est très bien, de base on ne comptait pas la refaire si c’était resté une chambre d’ami. De toute façon, pour le moment ce sera lit de cododo dans notre chambre). Donc on croise les doigts pour que le bébé ne pointe pas le bout de son nez cette semaine, histoire que tout soit prêt quand il arrivera.

Sur ce je vous laisse, il faut que je finalise la dernière chose importante que je repousse depuis ce weekend : faire ma valise pour la maternité…

Et à partir du weekend prochain, quand tout sera ok dans la maison, je commencerais à tester les techniques pour faire sortir le bébé, pour ne pas arriver à 40 SA ^^

2 ans

Il y a 2 ans, je vivais la pire épreuve de ma vie.

Il y a 2 ans, j’accouchais de mon fils sans vie.

Il y a 2 ans, au lieu de porter et donner la vie, je portais et délivrais la mort.

Cette blessure particulière reste gravée dans ma chair, et c’est une grosse étape que je vais devoir affronter. Accepter qu’un accouchement puisse être un événement heureux. Les flash-backs de cet événement traumatisant sont nombreux quand on aborde le sujet. Pas plus aujourd’hui qu’un autre jour. Une partie du deuil que j’avais enfermé à double-tour dans un coin sombre de ma tête et que je ne voulais affronter. Mais forcément à presque 7 mois de grossesse, difficile de ne pas accepter la confrontation.

Difficile de décrire comment je vis cette journée cette année. Certes déjà mieux que l’an dernier, 1er anniversaire et jour où j’apprenais que mon centre PMA fermait et que mon TEC était annulé. Mais c’est tellement ambivalent de vivre cette journée en étant enceinte. Il y’a les grosses angoisses irrationnelles que quelque chose se passe mal aujourd’hui pour la grossesse en cours. La culpabilité de faire ressentir cette tristesse à cette vie qui grandit. La culpabilité de ne pas penser que à S. aujourd’hui. La difficulté de réussir à faire une place à ces deux enfants en ce jour. Avec un petit arc-en-ciel qui fait une grosse java depuis cette nuit, pour bien rappeler qu’il est là et qu’il est en pleine forme.

Il y a aussi la culpabilité de ne pas être allé sur la tombe de S. depuis des mois à cause de la grossesse (1h de route, dans la forêt dans un endroit un peu escarpé donc un peu risqué de s’y rendre enceinte). Alors que j’aurai besoin de me recueillir auprès de lui, aujourd’hui encore plus qu’un autre jour. J’ai beau ne pas être croyante et être terre à terre, si malgré tout il reste une part de lui quelque part, j’espère qu’il ne m’en veut pas, et qu’il sait qu’on ne l’oublie pas, qu’on ne le remplace pas, et qu’on viendra le voir avec son petit-frère dès que possible.

Il y’a 2 ans, je rencontrais fugacement mon fils pour la première et dernière fois. J’osais à peine le regarder, je me souviens avoir été étonné parce qu’il avait déjà tous les traits de visage d’un bébé normal mais juste en plus petit. Quelques minutes seulement pour le voir, ce n’est rien à l’échelle d’une vie, et c’est difficile de ne plus se souvenir de ses traits. (En Finlande, ils ne prenaient pas de photo, nous avons juste l’empreinte d’un de ses pieds. C’est déjà ça.)

2 ans déjà…

Aujourd’hui encore plus que tout autre jour, je pense fort à toi S., si tu savais comme je t’aime et comme tu me manques affreusement ❤

6 mois – 28SA+5

Le temps commence a passer légèrement plus vite quand tu te rend compte que tu entames le 3ème et dernier trimestre de grossesse. Nos angoisses habituelles sont un peu moins présentes, mais maintenant s’ajoutent de nouvelles : que l’accouchement ce n’est plus dans si longtemps que ça. Forcément rien n’est prêt, on a commencé 0 préparatif, puisque la projection vers un avenir heureux est toujours complexe.

Le syndrome post-traumatique de mon 1er accouchement commence à remonter à la surface étant donné que le sujet est de plus en plus présent. On a commencé les séances de préparation à la naissance samedi dernier, j’espère que cela aidera à m’apaiser. Je fais ces séances dans un centre périnatal près de notre nouveau chez nous, ils ont pleins d’ateliers (même si tout est en individuel à cause du Covid), alors je vais essayer d’en faire un maximum, et notamment de l’hypnose comme me l’a conseillé la sage-femme (pour aider avec le SSPT).

Sinon globalement ça va. J’ai parfois des gros coups de blues à cause de l’isolement (télétravail depuis août, + couvre-feu + précaution à cause du covid = une vie un peu trop isolée). Je suis très fatiguée (les insomnies depuis de longues semaines), essoufflée comme pas possible dès que je monte 3 marches, les classiques remontées acides… bref rien de spécial !

Côté diabète gestationnel, il s’est un peu aggravé il y a 1 mois et demi, j’ai du cette fois commencer réellement à faire attention à mon alimentation (et pas « juste manger équilibré » comme au début). Mais ça a suffit à rééquilibrer les choses donc c’est bien, pour le moment pas besoin d’insuline. Parfois c’est un peu éreintant de devoir se restreindre sur la nourriture, surtout quand on a des envies. Et ça implique de vraiment beaucoup cuisiner pour chaque repas (si on veut manger de bonnes choses), ce qui est parfois usant le soir en semaine. Le côté positif, c’est sur la prise de poids. Pour le moment je suis à +0kg (j’ai donc juste repris les 4kg perdus avec les vomissements des débuts, ce qui est très raisonnable).

Et sinon aujourd’hui nous avions le RDV du 7ème mois avec le gynéco. Tout va toujours bien du côté du bébé. Le diabète n’a pas d’impact sur lui donc c’est rassurant. Ma tension est toujours bonne. J’ai appris qu’en plus des maladies auto-immunes, le diabète était aussi un facteur de risque pour la pré-éclampsie, donc ça me fait un peu peur de cumuler. Mais je suis suivie de près, et pour le moment tout les indicateurs sont très bon.

Par contre, en côtoyant sur internet d’autres personnes atteintes de diabète gestationnel, j’ai constaté que très souvent l’accouchement était déclenché avant le terme (même si ça dépend vraiment de la maternité/du gynéco). J’en ai donc profité pour poser la question à notre gynéco, et j’ai bien fait. (Car dans ma tête le bébé arrive le jour de la DPA, pas avant, c’est pas possible, c’est trop tôt sinon, j’ai encore 3 mois pour me préparer… LOL). Effectivement, même en cas de diabète maitrisé et sans insuline, pour lui c’est max 40SA, on peut envisager 39SA, ça dépendra de nos souhaits, c’est ouvert à la discussion si la situation est stable. Si d’ici là ça se dégrade (bébé trop gros, besoin d’insuline), alors en général on déclenche à 38SA. On verra vers quoi on se profile lors de la T3 (le 18/03), avec une confirmation/ajustement au RDV suivant (mi avril). Mais je suis contente d’avoir ces infos, même si ça me stresse, ça va me permettre de me faire à l’idée que l’accouchement sera plutôt début mai et non mi-mai (et oui, je sais bien que même sans déclenchement le bébé peut arriver avant la DPA, mais mon cerveau avait choisi de nier cela^^). Voilà voilà, va falloir qu’on se bouge un peu les fesses niveau préparation, car je sens que le temps va filer à une allure folle.

L’écho T2

On y est déjà, ça me parait fou. Le temps me semble avancer lentement et vite à la fois. C’est l’étape qu’on ne pensait jamais atteindre. Et je dois bien avouer que c’est très étrange de l’avoir dépassé, c’est pour nous désormais l’inconnu. J’en suis donc à 22SA+4 aujourd’hui, ça y est on a dépassé la moitié…

Tout d’abord l’écho T2 s’est bien déroulée, toutes les mesures sont dans les normes, c’est pour le moment plutôt un petit bébé d’après le gynécologue (moi ça me va si on pense à l’accouchement, puis bon j’étais un petit bébé à la naissance, ça m’empêche pas de maintenant faire 1m76 ^^). On était angoissé par cette écho, par la peur de découvrir une malformation ou un problème de croissance, car forcément quand tu as vécu un deuil périnatal, tu as beaucoup lu les histoires d’autres parents et donc tu sais que pour beaucoup c’est à cette écho que tout a basculé… Mais c’était tout de même une angoisse moindre que pour les échographies précédentes maintenant que je le sens bien bouger.

Je ne l’avais pas encore mentionné, mais mon endocrinologue m’a détecté un léger diabète gestationnel depuis déjà 2 mois. Pour le moment rien de grave, certains aliments que je commence à cerner et devoir éviter. Pour le moment c’est surtout la malbouffe, que j’évite de base en étant enceinte pour ne pas prendre trop de poids, type pizza, burger, etc. D’autres aliments comme le riz, et je pense tout ce qui est courges (c’est con vu la saison) me font exploser la glycémie. Par contre la raclette ça passe étonnamment ! Et la brioche le matin aussi, tant mieux c’est le seul truc que j’arrive à manger. Donc je n’ai pour le moment pas de vraies restrictions alimentaires si ça reste en l’état, juste faire attention à manger équilibré, ce que je fais déjà, et j’ai le droit de tester des aliments pour voir comment mon corps réagit. Mais je ne suis pas à l’abris que la situation se dégrade dans les prochaines semaines avec l’avancée de la grossesse, donc je dois continuer à surveiller mes glycémies 3 jours /semaine. – Vous comprendrez que ça me rassure d’autant plus que pour le moment ce soit « un petit bébé », car ça montre que pour le moment le diabète n’a pas d’impact sur son poids, ce qui est plutôt bon signe.

Sinon j’ai ENFIN arrêté de vomir depuis 2 semaines !!! J’ai « juste » des brulures d’estomac maintenant, c’est une bonne amélioration XD

Et sinon le passage du cap de la T2 signifie aussi qu’il va bien falloir arrêter de faire l’autruche et commencer à se renseigner sur la suite des événements, genre la maternité, les cours de préparation à l’accouchement, les inscriptions en crèche ou autre… Bref ça fait peur de devoir accepter de se projeter ! Heureusement pour la maternité, ici dans le Bas-Rhin on n’est pas pressé comme en région parisienne.

Pour le choix de la maternité, je m’étais déjà renseignée pour S., et on avait une préférence pour l’hôpital public, notamment car le taux d’épisiotomie y est très faible (4% contre une moyenne nationale aux alentours de 20%), c’est donc un bon indicateur sur le respect du consentement des patientes et de la bientraitance. Toutefois j’hésitais un peu cette fois car l’avantage de la clinique privé, c’est que mon gynéco y est rattaché, donc potentiellement c’est lui qui peut être présent lors de l’accouchement. Vu notre histoire, avec quelqu’un déjà bien au fait de notre situation, ça pourrait être rassurant. J’ai donc réactualisé mes recherches pour trancher. Vu la crise sanitaire, un argument m’a aidé à faire mon choix. Dans la clinique privé, le port du masque est demandé même pendant le travail (sauf si vraiment on ne le supporte pas), alors que dans l’hôpital public, on peut l’enlever quand le travail commence. J’ai en même temps vu que cet hôpital s’était engagé dans la prévention des violences gynécologiques et obstétricales. Ca a donc fini de me convaincre. Je vais donc les contacter rapidement pour savoir les modalités d’inscription et autre.

Savourer les petits bonheurs

Je crois que jusqu’à présent je n’ai parlé ici principalement que des difficultés de cette grossesse arc-en-ciel, mais là je me suis dit que ce serait bien aussi de partager un peu les bons moments.

Je pensais que cette semaine serait une des plus difficiles de cette grossesse (puisqu’on est dans la semaine du terme où S. est mort), mais à mon plus grand étonnement, je ne suis pas plus angoissée que d’habitude, et surtout j’ai eu ma dose de petits bonheurs, qui m’aident à apaiser cette période compliquée.

Jusqu’à ce jour nous n’avions pas connaissance du sexe de ce bébé à venir. Le gynéco ne nous avait pas demandé encore si on voulait savoir, on en a déduit qu’il ne voyait rien, et avec le stress des écho, c’est pas comme si on pensait à demander (pour S., Il l’avait déjà vu à la T1!) ! Au final je crois que le gynéco lui même était à chaque fois concentré pour vérifier que ce bébé allait bien, qu’il n’y pensait pas non plus ! Nous commencions à être vraiment curieux, on avait besoin de savoir pour nous aider à nous projeter. (Même si nous n’avions réellement aucune préférence, nous arrivons à nous visualiser avec les deux.) Alors vendredi, une fois que nous savions que tout allait bien, nous avons demandé s’il arrivait à voir. Il a bougé la sonde, et là on a eu le droit à une exhibition totale, le gynéco n’a pas eu besoin de nous le dire : c’est un petit garçon !

Et je crois que suite à cette annonce, pour la première fois de cette grossesse, je peux dire que je me suis sentie heureuse, j’ai pu savourer pleinement ce moment de bonheur !

Et deux jours plus tard un nouveau moment spécial, que nous n’avions pas eu la chance de connaître avec S. J’avais remarqué que les « petites bulles » que je ressentais commençais à se transformer en véritables petits coups. Et bien dans un moment de java, il a donné un beau coup, et mon mari a pu le sentir contre sa main 🥰 ça l’a fait pleurer comme une madeleine tellement il était heureux ! C’est ultra tôt j’ai l’impression, mais comme je l’ai déjà dit, j’ai l’impression que ce petit fait tout pour nous montrer qu’il est bien là !

Voilà, j’espère que ces moments heureux vont prendre de plus en plus le pas sur les angoisses. En tout cas ça fait un bien fou !

Deux salles, deux ambiances

J’en avais parlé au mois d’août au moment où elle me l’avait annoncé, ma grande sœur est aussi enceinte en ce moment, avec environ 2 mois d’avance sur mois Si au début, malgré ma grossesse, je l’ai totalement ignorée pour rester dans ma bulle (j’ai toujours du mal à voir des femmes enceintes et parler facilement de grossesse), avec les semaines les contacts se sont un peu renoués.

Et je me rend compte que nous sommes vraiment sur deux planètes différentes. Déjà quand je la voyais poster une photo d’elle sur facebook, enceinte de 4 mois, entrain de faire de la pole dance et de la sorte de voltige avec des rubans (je sais plus le nom de ce truc), j’ai eu une mini-crise cardiaque.

Elle a aussi commencé les travaux pour la chambre à même pas 4 mois de grossesse, récupéré ses affaires de grossesse alors qu’elle ne devait être enceinte que de quelques semaines, etc… J’admire d’avoir autant confiance en la vie !

En ce moment c’est sur la nourriture que j’hallucine un peu. Perso je fais attention à tout ce qui est œuf cru, épices et plantes déconseillées, etc… Je suis à la lettre et me renseigne avant de manger quelque chose dont je ne suis pas sûr que c’est inoffensif. Mais alors elle… elle bouffe tout et n’importe quoi j’ai l’impression, comme les œufs à la coque « car c’est des œufs ultra frais du matin de ses poules » par exemple. Pour noël, elle m’a proposé de faire un cocktail sans alcool avec pleins d’épices, je crois que les 3/4 étaient déconseillées pendant la grossesse… Pendant sa première grossesse, je me souviens qu’elle buvait du cidre de temps en temps, car « c’était très peu alcoolisé » (bon ça elle ne fait pas cette fois, y’a de l’amélioration). Ca m’étonnerait pas d’apprendre qu’elle mange de la charcuterie et de la viande saignante XD

Et le problème c’est que mes parents sont habitués à son comportement, donc ils ont tendance à chaque fois de proposer ou préparer des trucs qu’on est pas censé manger. Bref j’ai l’impression que tout le monde s’en fout… Sauf que moi, ben je veux quand même éviter de prendre des risques inutiles, on est déjà assez angoissé au naturel, pas besoin d’en rajouter. Je sens que je vais devoir demander en avance la liste des ingrédients du repas de noël, sinon y’a des trucs que je ne pourrais pas manger…

Ca me fera toujours halluciner les personnes qui vivent leur grossesse de manière aussi insouciante, j’ai l’impression qu’ils jouent la santé de leur bébé à la loterie… On dirait qu’ils se sentent intouchables ! Bien-sûr on a la déformation due à la PMA, mais quand même…