La fille qui ne savait pas gérer les événements positifs

Je vis une période étrange : mis à part la PMA, j’ai l’impression que ma vie part de moins en moins de travers. Malgré le dernier échec de l’IAC et le début imminent du parcours FIV, je vais bien…. Je crois d’ailleurs même que je me suis rarement sentie aussi bien…. Je pense que je dois une grosse part de cela à la thérapie, mais aussi mon envie personnel de me bouger les fesses pour remettre ma vie sur le droit chemin, loin du mal-être et de la dépression.

J’arrive à positiver dans presque toutes les situations, même quand elles sont pourries. Elles ne m’atteignent plus comme avant.

Oh bien-sûr il y a ponctuellement des moins-biens. La semaine dernière était un peu particulière avec le RDV endocrino, des choses pourries au boulot, et mon homme qui passait ses nerfs sur moi plusieurs jours de suite. Mais je ne me suis pas laissé abattre, je n’a pas laissé trainer la situation avec l’homme, je lui ai dit que ce n’est pas parce qu’il est triste qu’il doit passer ses nerfs sur moi, que j’en avais marre que ça se passe toujours comme cela. On a longuement discuté et dès le lendemain c’était retour à la normale.

J’ai aussi discuté avec ma psy de la culpabilité de me sentir bien en ce moment….. Rien que mettre des mots dessus m’a aidé à de nouveau être positive.

Mais le pire/mieux dans tout cela, c’est que pour rire, j’ai répondu à une annonce de job il y a 2 semaines. Comme d’habitude je n’en attendais rien, en général on ne me rappelle jamais, souvent je n’ai même pas de réponse négative. 1 semaine a passé, je me disais que c’était mort, mais je m’enfoutais en fait, vu que c’était prévisible, car je n’avais pas entièrement le profil comme toujours.

Jeudi j’ai reçu un appel, pour planifier un entretien téléphonique pour mercredi (dans 2jours)…. Je suis paniquée, terrifiée… On ne me laisse jamais ma chance, alors là j’ai peur de tout rater… Je me dis que je ne suis pas à la hauteur, je me demande pourquoi j’ai postulé, pourquoi ils m’ont rappelé, je ne sais pas si je dois me projeter, et si ça compliquait la PMA ? et si je n’avais pas de vacances cet été ? Je frôle la crise de panique dès que j’y pense…

Bref il se passe un truc de positif dans ma vie, et je ne sais pas comment on gère cela, car ça ne m’est jamais arrivé…

Débrief RDV Endocrinologue

Après plusieurs semaines de stress, j’ai enfin eu mon RDV chez l’endocrinologue, la jeune et gentille Dr Jardinage. Déjà un point positif, le contact est super bien passé, elle était vraiment sympa, agréable et prévenante. Elle a bien pris le temps de poser des questions (et écouter toutes mes réponses), de bien lire le dossier, de bien m’expliquer les points un peu techniques, et de s’assurer que tout était clair et que je n’avais plus de questions. C’est fou, mais plus je vois de médecins, plus je me rends compte qu’il y a un gouffre entre l’ancienne et la nouvelle génération de docteur. Et je préfère de loin ceux de la nouvelle !

Côté technique, et bien comme j’en avais déjà parlé dans l’article IAC4: les dés sont jetés (+news thyroïde), ma TSH est trop haute et mes anticorps anti-TPO très élevés.

D’après Dr Jardinage, pour le moment deux explications plausibles, le temps/l’évolution nous confirmera la bonne :

  • Un dérèglement hormonal temporaire du à la stimulation pour l’IAC (le timing est cohérent)
  • Un problème d’auto-immunité qui fait son apparition (voir même qui attendait son heure et a été activé par toutes ces hormones) et qui lui ne disparaitra pas, cohérent avec les anti-TPO trop haut.

Dans tous les cas le problème est récent puisque ma TSH a déjà été contrôlée plusieurs fois auparavant, et même au mois de février je n’avais pas de problème. Donc ça ne peut pas être la cause primaire de nos soucis, mais une de plus qui se rajoute en cours de route… Un grand merci DNLP pour tes rebondissements toujours plus funs les uns que les autres !

Bilan : on traite au Levothyrox déjà pendant 6 semaines, le 20/07 j’y retourne avec une prise de sang pour voir où ça en est et pour régler le dosage. Le RDV est calé juste avant le RDV CMCO pour qu’on ait déjà des éléments de réponses. Puis on se revoit de nouveau 6 semaines après, idem avec bilan sanguin.

Je lui ai demandé son avis pour l’IAC 5, et elle m’a confortée dans mon choix de ne rien faire avant le RDV au CMCO, pour qu’on ait une meilleure visibilité sur la situation et qu’on ait l’avis du Dr Hibou sur la question, bien plus calée que mon gynéco de ville.

On a aussi un peu parlé de mon poids, elle m’a dit qu’une fois tout ça stabilisé on pourrait en parler plus en détail pour m’aider dans ma perte, car elle me conseille fortement de perdre pour ne plus être en surpoids, pour ne pas rajouter de facteur aggravant à notre cas.

Bref je ne suis pas vraiment rassurée puisqu’au final je ne connais pas exactement le problème que j’ai, mais au moins on le traite. J’espère qu’effectivement c’est juste un soucis lié à la stimulation, car je n’ai vraiment pas envie de rajouter une maladie chronique et une nouvelle boite de médicament à mon quotidien, sinon bientôt je vais devoir investir dans un pilulier ^^

Avec tout cela je risque d’être en pause jusqu’à la FIV, qui si elle n’a pas lieu en août (et ce ne sera pas le cas vu les échos que j’ai eu sur les délais au centre PMA) devra attendre le mois de novembre/décembre pour éviter tout risque d’être sur le point d’accoucher le jour de notre mariage (c’est quand même le comble d’avoir peur de prendre ce risque au bout de presque 3 ans d’essais!). Si c’est comme cela que ça se déroule, je ne sais pas comment je vais supporter une pause aussi longue…

 

Et si c’était psychologique ?

Peut-être qu’on se l’est toutes demandées à un moment ou à un autre, surtout si les problèmes rencontrés ne justifiaient entièrement les échecs à répétitions.

Peut-être encore plus pour celles qui ont vécu/vivent des problèmes familiaux.

Peut-être que la société actuelle, l’entourage, les médecins, à force de nous culpabiliser influent sur ces pensées et doutes.

Cette peur chez moi date d’avant même les essais. C’est d’ailleurs à cause de cela qu’avant d’arrêter la pilule, j’ai entamée une thérapie, pour en finir avec la dépression, pour apaiser mes démons. Pour créer un environnement sain pour un enfant, mais aussi pour ne pas risquer d’avoir un blocage psychologique.

J’étais persuadée d’être stérile, car un enfant était la seule chose que je désirai dans ma vie, pour cela que je voulais continuer à vivre. Je ne voulais pas me suicider mourir avant d’avoir vécu cela. Et donc vu que rien ne se passait jamais bien dans ma vie, forcément je devais être stérile, car je ne pourrais jamais vivre de moments heureux (on en revient à la loi de Murphy).

Adolescente, je ne voulais pas d’enfant, je voulais adopter. Pour pouvoir réparer mes blessures les blessures et le manque d’amour de cet enfant. Mais aussi car je trouvais ce monde bien trop pourri pour accepter d’y faire naitre un enfant qui ne méritait pas de devoir vivre au milieu de toute cette horreur. Par contre s’occuper d’un enfant déjà présent et pouvoir faire un peu de bien dans ce monde, c’était l’équation idéale.

 

Et aujourd’hui ?

Une part de moi reste persuadée que les problèmes de mon homme n’expliquent pas tout. Bordel, le 1er spermogramme était très bon (d’ailleurs au début, le gynéco était persuadé que du coup le problème était chez moi). 200 millions de spermatozoïdes, pourquoi ça ne marchait déjà pas à ce moment ? N’y aurait-il pas un autre problème caché ?

Une autre part de moi se rend compte que je n’ai qu’effleuré la surface de mes problèmes familiaux. Avec la PMA, ils ressortent à nouveau mais avec des aspects supplémentaires. Et la nouvelle psychothérapie entamée depuis quelques mois éclaire de nouveaux angles qui étaient passés inaperçus.

Non, les problèmes de relations familiales ne touchent pas que moi au sein de ma famille, mais aussi nos relations entre sœurs, les relations de mes parents avec leurs parents et leur fratrie, mes relations avec mes grands-parents, les relations de mes grands-parents avec leurs parents et leur fratrie….

En fin de séances psy hier, j’ai déballé vite fait tous ces problèmes à ma psy… elle a fait « waouh….. j’ai pris pleins de notes, faut qu’on reprenne tout ça la semaine prochaine parce que c’est assez fou ce que vous me dites là ».

Il y a une incapacité dans ma famille, aussi bien paternelle que maternelle à donner un vrai sens au mot famille, à créer des vraies relations entre les différents membres. Et personne ne le vit bien c’est ça le pire.

Et si une partie de moi l’avait toujours remarqué ? et si une partie de moi se disait que, malgré les souffrances de chacun, même quand ils en avaient conscience, ils ont quand même reproduit la même chose, et je vois que ma sœur le reproduit aussi avec mon neveu, et même moi je reproduis certains aspects par mimétisme, alors… Est-ce que mon inconscient ne se dirait pas que la seule façon de stopper cette chaine est de stopper la lignée une bonne fois pour toute, pour arrêter les souffrances ?

 

 

 

Avoir à nouveau 13 ans

Non ce n’est pas un moment nostalgie genre « ah j’aimerais tellement voir à nouveau 13 ans », car clairement NON.

Il y a bien peu de bons souvenirs que je garde de cette époque (et de mon adolescence en général), et non je ne voudrais jamais la revivre.

D’ailleurs, j’ai beaucoup de mal à réécouter les chansons que j’écoutais à cette période, car trop de mauvais souvenirs y sont rattachés, et je me sens mal instantanément en les écoutant. Mais il y a tout de même quelques groupes que j’ai continué à écouter par la suite et pour lesquels j’éprouve encore beaucoup de plaisir à leur écoute.

Et hier j’ai eu l’occasion d’assister au concert d’un de ces groupes, l’ado que j’étais à 13ans m’a fait un high-five pour avoir accompli ce souhait.

Je n’avais jamais pu les voir car à cette époque je n’avais pas encore le droit d’aller à des concerts, et ensuite ils se sont malheureusement séparés. Ils ont refait une petite tournée il y a quelques années, mais le seul concert en France était à Paris, et je n’avais pas le budget.

Mais hier ils étaient en concert à Nancy, « seulement » à 1h30 de chez moi. Après avoir hésité à cause du prix et de la taille de la salle, je n’ai pas pu résister, je l’aurai regretté sinon. Et c’était vraiment génial de pouvoir enfin les voir 🙂

On a eu beaucoup de points noirs dans cette soirée : 1h30 de bouchon à l’arrivée, les 3 mecs qui chantent à tue-tête pendant 3h, 1/2h de marche depuis le parking, 25min pour passer les contrôles et donc ne voir que 5 min de la 1e partie qu’on voulait aussi voir, alors qu’on est parti à 16h20 pour début du concert à 20h, beaucoup trop de gens (sincèrement 25 000personnes dans ce Zénith c’est trop, on était totalement compressés), une proportion trop importante de c****ds (pourtant j’en ai fait des concerts de métal, mais jamais ça n’a été aussi désagréable parmi le public, les gens étaient totalement irrespectueux, j’ai l’impression que c’est le public français, car ça se passe toujours pas très bien en France, alors qu’en Allemagne on a jamais eu de soucis) les buvettes fermés à la fin du concert, 1h30 pour sortir du parking…

… Malgré tous ces points négatifs, on a passé une soirée géniale avec l’accomplissement d’un rêve de longue date !

 

Hier j’ai eu l’occasion de voir System of a Down, et j’ai à nouveau eu 13 ans le temps d’un concert.

 

SOAD

La dépossession de son corps

J’hésitais à écrire un article ce soir (c’est tellement mieux de le faire pendant ses heures de travail ^^), puis une nouvelle annonce sur facebook d’une meuf qui est en couple depuis à peu près autant de temps qu’on est en parcours PMA, je me suis dit que ça me changerait les idées 🙂

En ce moment je réfléchis beaucoup quand je suis à la salle de sport. Je me disais​ aujourd’hui que c’était vraiment agréable de faire du sport quand je veux et sans que ce soit une torture à cause de la fatigue, ou la peur de faire foirer une IAC parce que mes abdos se contractent et qu’après j’ai des crampes à l’utérus.

Et là je me suis rendu compte d’une chose, pendant les mois de procédures PMA, je suis, nous sommes totalement dépossédées de notre corps.

Je ne considère pas que la PMA soit un vrai choix, mais plutôt une contrainte que l’on accepte de subir en espérant obtenir le saint Graal.

Dépossédée car mon corps n’était plus vraiment mon corps mais plutôt un simple appareil reproducteur (en théorie) au service de l’envie de procréation de notre couple. Oui j’accepte de faire une IAC mais non je n’ai pas envie de me faire des piqûres tous les jours, des prises de sang et des échos endo-chattales tous les deux jours. Je ne choisi pas vraiment de me gaver d’hormones. Je ne souhaite pas tout ce que cela induit : la fatigue, les sautes d’humeur, l’absence de libido, l’impossibilité de faire du sport comme on le souhaite. Non, mon corps ne m’appartient plus, je le cède pendant un cycle au gynéco pour qu’il le maltraite, comme il le souhaite, comme il le juge nécessaire.

Cela devient évident maintenant que je suis en forme, d’humeur normale, avec de la libido et le contentement de me donner à fonds et régulièrement dans le sport. Ce mois-ci, si je me sens tellement bien c’est parce que j’ai retrouvé mon corps et j’en apprécié chaque moment malgré ses défauts et ses faiblesses.

 

Parfois je me demande si je mérite de m’infliger tout cela, si toute cette douleur en vaut le coup et si ce ne serait pas mieux d’apprécier ce qu’on a déjà. Puis je me souviens de ce que cela impliquerait et je prête mon corps un cycle de plus.

Un déclic

En cette période de rien du tout, je suis un peu plus absente de la blogosphère, car j’essaye et réussi à penser à d’autres choses. J’avoue qu’en général ça me démoralise un peu quand je rattrape mon retard de lectures car ça me replonge dedans, même si paradoxalement j’ai toujours hâte d’avoir de vos nouvelles.

Vous vous en doutez, nous avons choisi de ne pas faire d’IAC ce mois-ci. Nous ferons peut-être la 5e le mois prochain mais ce n’est pas sûr. Je me sens bien mieux dans cette période de calme avant la tempête le début du parcours FIV, et j’ai peur de perdre cela en faisant une IAC. Mais on en discutera dans une dizaine de jour pour savoir ce qu’on fait. Cela dépendra aussi de l’issue du RDV chez l’endocrinologue le 13 juin.

Mon homme m’étonne, il croit encore et toujours au bébé couette et ce mois-ci il est méga stressé à l’idée de louper la bonne période (« même si ça a moins de chance de marcher on tente hein »). Et j’avoue que ça me gave qu’il me demande tous les jours (même si je lui ai répondu), car je n’ai pas envie de ces rapports programmés. J’ai besoin d’une vie normale, où l’on se voit tout nu juste parce qu’on le désir, et non pas parce qu’il le faut (et au final je vois mal comment on louperait la bonne période vu qu’on est pas vraiment frigides quand y a pas les piquouzes pour défoncer ma libido ^^). Ses espoirs me font peur, car à la fin de ce cycle je sens que je vais devoir le ramasser à la petite cuillère à nouveau.


 

Cette période de calme me permet aussi de prendre un peu plus soin de moi et de réfléchir. Je prends à nouveau plaisir en allant à la salle de sport, et je vois bien les résultats. Mais surtout j’ai pu mener une réflexion sur mon poids.

Je l’ai déjà mentionné à gauche et à droite sans en parler franchement. Je suis en surpoids depuis maintenant quelques années. 10kg à perdre pour ne plus être en surpoids, 20kg pour atteindre mon poids de forme. J’ai commencé à prendre du poids en allant à la fac et en m’installant avec l’homme. Bien-sûr l’arrêt du sport n’a pas aidé.

Il y a environ 4 ans j’avais réussi à perdre 15kg, mais j’ai tout repris. Je n’avais pas fait de régime drastique, mais je n’avais pas réussi à rééquilibrer mon alimentation. Suite à cela, j’ai même pris 5kg supplémentaires et je suis montée à 90kg (heureusement que je ne suis pas petite). Depuis je variais entre 86 et 90kg. J’ai essayé plusieurs fois de perdre (ou au moins ne pas reprendre), mais à 86kg impossible de descendre en dessous. Pourtant mon alimentation a drastiquement changé entre temps. Le cap du rééquilibre a été franchi, j’ai supprimé énormément de sucre dans mon alimentation (thé, café, yaourt nature, muesli maison sans sucre ajouté) et d’ailleurs depuis je trouve tout trop sucré quand ce n’est pas moi qui le prépare. Depuis 2 ans je fais au minimum 12km de vélo par jour, depuis un an j’ai repris le sport assidûment (course puis depuis novembre salle de sport entre 2 et 3 x/semaine). Mais non, je ne passe pas cette foutue barre de 86kg. C’est frustrant quand on fait plein d’effort, car on ne sait plus quoi changer !

J’ai commencé à prendre conscience que peut-être j’avais un problème avec la nourriture il y a quelques mois, avec le début des IACs. Avant je considérais que j’avais pris du poids parce qu’on mangeait juste en trop grande quantité. Mais non cela va au-delà. Avec les IACs, j’ai commencé à grignoter toutes les aprems au boulot. Dès que ça n’allait pas, je cherchais une barre au distributeur, et je ne l’appréciais même pas parce que je la trouvais trop sucrée, en plus je n’avais même pas faim et je culpabilisais à mort. Je me suis rendu compte de ce mécanisme et que si je commençais à grignotter il y avait un vrai problème. Dès que je vais mal je mange beaucoup plus et mal (trop gras). A chaque échec on finissait par commander des pizzas le soir même, mais aussi souvent quand un jour de la semaine on était trop mal pour cuisiner. Et même avant, je me rends compte que pendant mes périodes de déprimes je mangeais très mal aux repas. Donc maintenant j’évite ce genre de comportement. J’ai dit à l’homme, on ne peut pas manger de la merde dès que ça va pas, sinon on va finir obèses avec la PMA, et ça va pas aider. Mais malgré cela, rien n’a changé sur l’affichage de ma balance.

Plus récemment, il y a 2 ou 3 semaines, une évidence m’est apparu. J’ai commencé à vraiment prendre du poids à 19 ans. Alors oui la bouffe, le manque de sport, le stress des études, l’installation en couple,  ça a eu une influence. Mais à 19 ans il y a eu un autre changement dans ma vie.  A 19 ans c’est le moment où l’envie viscérale mais inassouvissable d’avoir un enfant a pointé le bout de son nez. Inassouvissable car nous étions trop jeunes, on ne se sentait pas assez matures et cela aurait été trop compliqué en étant tous deux étudiant, sachant que monsieur se destinait à un doctorat, donc encore de nombreuses années d’études devant lui. Mais ce n’est pas parce que la raison intervient que l’envie s’estompe. Et oui je dois bien l’avouer, il y avait quelque chose de doux et réconfortant à voir mon ventre s’arrondir….

Mais que faire de cette évidence qui s’affichait sous mes yeux ? et bien comprendre les implications. Depuis 5 ans j’essaye de perdre du poids en prenant en compte les mauvais paramètres mais aussi pour les mauvaises raisons; perdre pour perdre à cause du mot surpoids; perdre avant de débuter les essais BB pour ne pas être une baleine en fin de grossesse et parce que ça sera plus dur à perdre une fois qu’il sera là; perdre parce que les médecins disent que bon c’est plus fréquent d’être infertile quand on a du surpoids (même si au final ça n’aurait pas vraiment de lien pour moi). Depuis 5 ans je cherche des excuses à ma prise de poids sans chercher à savoir vraiment pourquoi j’ai pris au départ.

Qu’est ce qui peut bien me bloquer ?

Il faut que j’accepte que perdre du poids ne veut pas dire que je ne serais jamais enceinte, cela ne veut pas dire que mon ventre ne s’arrondira plus jamais.

La nourriture a beau remplir mon ventre et le faire grossir, ce n’est pas mon utérus qu’elle remplira.

Deux semaines que j’ai pris conscience de cela, deux semaines que je n’ai plus envie de grignoter, que je mange moins au repas sans aucun effort.

Deux semaines que j’ai pris conscience de cela. A ce moment là la balance affichait inlassablement 86kg.

Ce matin elle affichait 83.8kg ….

 

Elle

« Elle », est-ce qu’on en aurait pas toute une dans notre entourage ?

Cette fille qui a la vie dont on rêverait, qui a toujours ce qu’elle veut dès qu’elle le veut, même quand c’est des choses qu’elle ne voulait pas spécialement au départ ?

Elle c’est une fille avec qui j’étais à la fac en 1e année. Au détour d’une conversation devant une salle de TD on a sympathisé. Nous avions beaucoup de points commun, notamment sur nos relations familiales. On avait pas mal de cours en commun, on a révisé tous nos partiels du 2nd semestre de 1ere années ensemble. Elle devait souvent partir tôt ca elle avait un boulot à 1h. Je la connaissais à peine, j’ai commencé à lui passer tous les cours qu’elle loupait car je les prenait sur ordi, donc c’était facile. En 2e année on a essayé de prendre un maximum de cours ensemble, car c’était plus sympa, mais aussi pour que je puisse lui filer des cours. Je me préparais des super fiches de révisions et lui donnais toutes comme ça, sans qu’elle demande. Elle s’est acheté un scooter mais n’en avait jamais fait, je lui ai appris. Elle a déménagé, je l’ai aidé à faire ses cartons puis à tout installer au nouvel appart. Elle a changé d’objectif professionnel et s’est décidé à suivre le parcours pour être prof, parce que c’était le plus facile dans notre domaine. Mais elle n’aimait même pas vraiment ça et n’avait jamais suivi les stages du début de licence.

En 3e année, j’ai suivi une autre option, je n’avais presque plus de cours en commun, et petit à petit mes amies m’ont éjectés du groupe, faisaient tout sans moi et sans me prévenir, n’étaient jamais disponibles quand j’essayais de les voir. Et elle c’était la pire du groupe.

Mais comme une bonne poire je n’ai pas compris à ce moment là. Je croyais toujours qu’on était autant amies. Et puis en master, elle trouvait toujours une autre excuse quand je lui proposais de se voir. Un jour j’en ai eu marre, je lui ai demandé si elle avait un problème avec moi, elle a nié, puis avec mon insistance a dit qu’elle trouvait que je ne la contactait que pour demander des services (elle a gardé deux fois mon chat quelques jours, et m’a accueilli 2 nuits pendant la courte période de rupture avec mon homme, mais à refuser plus d’une dizaine de fois de me voir dans la dernière année). En soit je ne voyais pas trop le mal, car je ne trouvais pas ça abusif (et purée je lui avais rendu tellement de services par le passé en plus !), mais je me suis excusée, je lui ai dit que je ne m’en étais as rendu compte et que j’en étais désolé, mais qu’en même temps moi je la considérais toujours comme une très bonne amie donc ce n’était pas des choses abusifs à demander, mais que vu qu’ elle me considérait comme une ancienne amie forcément c’était différent. Malgré tout cela, si un jour elle voulait des nouvelles, on pourrait se voir car je n’avais rien contre elle.

Elle ne m’a plus jamais reparlé (et moi non plu du coup). Ca a été un coup dur dans ma vie, je la considérait comme une de mes plus proches amies avant cela.

Mais grâce à Facebook, on continue à suivre malsainement la vie de ces personnes dont on s’est éloigné. Elle a donc réussi son CAPES avec brio (alors qu’elle n’aimait pas être prof), dans une superbe école là où elle voulait. A cette époque j’arrêtais mon master car avec une prof c’était du harcèlement moral et je n’ai pas tenu. A eu rapidement sa titularisation et son poste rêvé alors que je me farcis un boulot que je n’aime pas.

Et puis il y a 2 ans est apparu sur mon mur Facebook l’annonce de sa 1e grossesse (elle qui ne voulait pas spécialement d’enfants à l’époque où on était amies, et qui n’était pas sûr de rester avec son copain quand je la connaissais car il était trop irresponsable). Cela faisait 8 mois que nous essayions en vain de faire un enfant. Cette annonce m’a marqué au fer rouge, je me souviens encore exactement du moment où je l’ai appris. Nous faisions un restaurant en amoureux, dans un resto à l’écart de la ville au bord de l’eau un jour caniculaire. Ma meilleure amie (que j’ai connu au moment du master) m’a envoyé un sms bizarre concernant cette fille, je suis donc allée sur Facebook et y ai vu la nouvelle. Cela m’a gâché le reste de la soirée.

Puis j’ai eu le droit de suivre les plaintes de grossesses, puis l’annonce de naissance, les photos. et pourtant malgré la douleur que tout cela engendrais, je n’ai jamais eu le courage de bloquer ses publications.

En octobre dernier elle annonçait sa 2e grossesse. Sa 1ere fille n’avait même pas encore un an. S’en sont suivi tous les publis sur l’acceptation du 2e par le 1er enfant, l’achat de leur maison (alors que nous galérions à boucler les fin de mois quand mon homme n’a pas trouvé de contrat à la fin de son doctorat).

Aujourd’hui elle a annoncé la naissance de sa 2e fille.

Elle aura eu le temps de faire deux enfants en 18 mois, 2 enfants dans ses bras en ayant débuté les essais après moi….. Aujourd’hui cela fait 2 ans et 8 mois que j’ai arrêté la pilule et je me dis que la vie est tellement injuste….

La loi de Murphy

« Anything that can go wrong, will go wrong »

Une phrase pour résumer ma vie. Tout ce que je touche, tout ce que j’entreprend, tout ce que je désire, finit par échouer, par se consumer.

J’attends le twist façon Hollywood dans ma vie, mais il ne vient pas car nous ne sommes pas dans un film, ou pas dans la bonne catégorie. C’est plutôt le film dramatique qui commence bien, mais où tout se détériore au fur et à mesure. On est plutôt dans  Alabama Monroe que dans Bridget Jones (et l’ironie dans le choix de mes films, c’est que dans les deux cas les héroïnes tombent enceintes facilement et sans le vouloir). Les drames s’enchainent et la fin est insupportable.

Alors comment avancer ? Comment subir les traitements en  étant persuadée que de toute façon vu que tout tourne au pire dans ma vie, nous ferons partie du pourcentage qui ressortent le ventre vide de la PMA ?

Ou alors vu que DNLP aime me torturer, que si par miracle je suis enceinte je perdrais cet enfant à un moment ou à un autre ?

Je ne vois pas d’issue heureuse à cette histoire. Et le pire c’est que je ne suis même pas en phase dépressive….

Je n’ai pas beaucoup de buts précis dans ma vie, je ne suis pas une fille passionnée par tout. Mais une de ces rares choses est d’avoir un enfant. Une de ces rares choses qui pourraient me rendre vraiment heureuse. Alors pourquoi y aurais-je le droit ? Si toutes les choses qui pourraient me rendre heureuses ont échouées, pourquoi la plus importantes de toutes n’échoueraient pas ?

Je suis en PMA parce que bien sûr je veux tout tenter, je ne veux pas me dire que j’ai pu passer à côté. Mais en même temps j’ai l’impression de faire cela pour avoir la conscience tranquille, tout en étant déjà persuadée de l’issue fatale. J’ai envie d’expédier tout ça au plus vite, pour pouvoir ensuite me reconstruire sur d’autres bases.

 

Avant les essais, quand on me demandait de m’imaginer dans 10 ans, je m’imaginais en train de me promener avec mon homme, 2 enfants marchant à nos côtés et une poussettes. Aujourd’hui je vois le néant. Je n’arrives plus à me projeter. Je ne me dis pas que dans 10 ans nous serons parents….

 

Nous ne nous sommes toujours pas décidés pour l’IAC 5, dont les piqures devraient commencer demain si jamais on la lance de suite. Car on y croit plus du tout à ces IACs. Mais en même temps j’ai toujours la peur de ne pas avoir tout tenté (donc faire les 6 IACs), de passer à côté d’une grossesse plausible avant de partir en FIV.

On ne sait pas quoi faire. Alors pour l’instant on ne fait rien.

L’annonce de trop qui m’a fait craqué ce matin. Je croyais être épargnée par les annonces d’enfants dans mon service, vu que à part mon collègue de 28 ans (qui ne veut pas d’enfants pour le moment), les autres ont entre 45 et 60 ans. Mais je n’avais pas anticipé l’annonce de naissance du petit-fils. On a eu le droit à la discussion sur les noms, l’accouchement, les autres naissances à venir dans l’entourage. J’ai réussi de justesse à échapper à la photo. Ca m’a fait l’effet d’un coup de poignard, venant finir de déchirer mon armure…

 

IAC4 : bilan et questionnement + EDIT

Les douleurs ont commencé légèrement hier, se sont intensifiés ce matin. Même si ma poitrine est toujours douloureuse, les 1er spottings sont arrivés ce matin, sonnant l’échec de cette 4e IAC. Mes vrais règles suivront probablement demain ou après-demain.

Pas besoin de faire de prise de sang pour ne pas psychotter, même si au final je ne l’avais pas planifié. Etrangement ce cycle j’étais assez sereine. Je n’ai presque pas psychotté pour les DPOs, et je ne me disais pas en continue que « les IACs ça sert à rien ». Non, pour une fois je me disais on verra bien, après tout ça peut marcher. Même quand pour l’IAC on était légèrement sous le million car le labo prépare ça n’importe comment, je me disais « il en suffit d’un ». Malgré les effets secondaire qui étaient bien présent, je restais zen. Le moral n’était pas au beau fixe, mais tout de même je me surprenais.

Après la fatigue engendrée par le gonal F, la progestérone ne m’a pas épargnée. J’étais constamment de mauvaise humeur, irritable à souhait. Et à cela s’est rajouté un autre symptôme bizarre, des douleurs à l’utérus, dès que je faisais un effort physique (vélo, sport en salle), et pendant les rapports intimes aussi, 1e fois qu’on doit s’interrompre en pleine action à cause de la douleur trop forte. J’en ai parlé à mon gynéco, il a bien vérifié pendant l’écho, pas de kyste, rien à la vessie. Pourtant la progestérone est censé avoir l’effet inverse…. J’ai fait une analyse urinaire, pas d’infection. J’ai donc arrêté la progestérone et ça s’est atténuée. Mais j’avoue que je ne suis pas sereine tout de même….

 

Je sens que mon amure des derniers essais est entrain de se fissurer. Je ne me sens pas de taille à annoncer cet échec à mon homme. Je sais que sa réaction va me dévaster. Je sens la vague de la tristesse+rage+incompréhension monter en moi d’heure en heure et qui va tout submerger sur son passage.

J’aurai tellement besoin d’un RDV psy aujourd’hui, mais je sais qu’elle ne pourra pas me prendre. Mais je crois que je n’aurai pas résisté à demander quelques jours d’arrêt pour digérer (et en plus on a plus internet ni TV ni téléphone depuis hier, alors rester à la maison serait de la torture^^)

 

Echec de l’IAC4=passage en FIV…. Encore un échec, on fait encore un pas de plus vers l’horreur. Même si au final je pense que cela a plus de chance de fonctionner que l’IAC, je suis terrifiée d’en arriver là.

Nous n’avions finalement pas appelé le centre de PMA pour prendre RDV, j’avais peur que cela nous porte malchance, je ne pouvais pas faire ce geste. Il va bien falloir le faire maintenant et rapidement pour ne pas trop perdre de temps.

Notre gynéco propose de faire une IAC 5 et 6 en attendant, mais je ne sais pas….

Ai-je envie de continuer là dedans alors que je n’y crois pas ? Est-ce qu’on coupe la poire en 2 et qu’on se lance au moins pour la 5e ? n’est-ce pas faire souffrir mon corps en vain ?

Je suis fatiguée de ce cycle qui a été très éprouvant physiquement. Si nous faisons l’IAC5, programmons là tout de suite « pour en finir » ? mais en même temps est-ce que je ne risque pas de craquer psychologiquement ? Mais si on ne la fait pas ce mois, arriverais-je à me relancer le mois d’après ?

Et ne serait-il pas préférable d’attendre le RDV endocrinologue pour la thyroïdite ? or il sera seulement le 13 juin….

Et si on ne les fait pas ces 2 IACs, ne regretterai-je pas de ne pas avoir tout tenté ? Supporterai-je l’attente jusqu’à la FIV ? Surtout que je n’ai été stimulé que pour l’IAC 3 et 4, n’avons nous pas perdu trop de chance lors des 2 premières avec l’absence de stimulation ?

Si vous avez un avis sur la question, je prends tout conseil utile, car je suis un peu perdue….


RDV au centre PMA pris, ce sera le 24 juillet

Lecture « Infertilité »- découverte du jour

Au travers de mon C.E, je participe à deux programmes/prix IRCOS de la BD et du roman. Les deux sont indépendants, mais je m’y suis inscrite, pour varier un peu des romans fantastiques (Tolkien et Hobb mes amours ❤ ), et pour lire des BDs sans y laisser un rein. Nous avons 10 romans et 10 BD à lire avant fin septembre, et à l’issue nous devrons les classer de 1 à 10 pour permettre l’élection du meilleur roman et de la meilleure BD.

Et pour les BDs, j’avoue que la sélection pour le moment est sympa. Le 1er était Le crépuscule des idiots, une BD satirique de la religion. Ce matin j’ai reçu la 2e, et je l’ai dévorée pendant ma pause de midi. Si j’ai décidé d’en parler sur ce blog, c’est à cause du thème : la BD s’appelle L’adoption –  Qinaya – de Zidrou et Monin.

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Cette B.D. prend le point de vue du grand-père dont la fille vient d’adopter une petite péruvienne après l’échec de son parcours PMA. J’ai bien aimé la façon de traiter ce sujet, et les dialogues parlent un peu de la douleur de l’infertilité, je trouve de façon assez juste (même si le sujet principal est l’acception de cette petite dans la famille par le grand-père).

Voici deux petits extraits choisi qui m’ont touché :

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Voilà, peut-être que ça vous donnera envie de la lire 🙂