Analyse des cauchemars

J’ai eu l’occasion hier soir de discuter de mes fameux cauchemars avec ma psy. Bon pour l’interprétation pure et dure on a eu plus ou moins la même, à la différence que pour les scènes où je m’enguelais avec tout le monde, j’avais l’impression que c’était moi qui m’en prenais à tout le monde, alors qu’elle voyait ça comme « tout le monde vient me chercher des noises sans raisons, m’agresser donc je me défends comme je peux ».  

S’il fallait décrypter le rêve dans la forêt, pas besoin d’aller chercher bien loin. On a la peur que tout bascule à un moment où l’on ne s’y attend pas, la peur de perdre un nouvel enfant (dodo l’enfant do pour faire référence à la mort), et en lien la peur de retourner en PMA ;  et le chemin de forêt qui apparaît dans le rêve ressemble beaucoup à l’endroit où est enterré S.

Forcément avec toutes ces significations imbriquées, pas étonnant que j’ai des frissons dès que je repense ou évoque ce cauchemar.

 

Ensuite on a discuté s’il fallait continuer ou non de noter les cauchemars. Pour elle se n’est pas nécessaire. Noter ses rêves permets effectivement de voir parfois bien plus rapidement où se situent nos angoisses. Là on a vu. Et d’après elle rien que le fait d’avoir parler de ces cauchemars, et notamment le plus horrible dans la forêt qui semble reçurent, pourrait permettre de ne plus le faire car on en a débriefé. On verra bien.

Pour moi, ces rêves me donnent l’impression, surtout vis a vis de la colère, que j’intériorise tellement cette rage, que le fait que je pète un câble dans mes rêves montre peut-être que j’en ai beaucoup trop en moi et que c’est tendancieux, que je vais craquer dans la vraie vie. Ça m’a fait un peu peur de voir que j’insultais tout le monde à haute voix. Alors que même si j’ai l’impression de détester tous les gens que je croise en ce moment, je sais que cette colère vers des personnes en particulier n’est pas justifiée, donc je garde ça dans ma tête.

Alors que ma psy n’en a pas eu du tout la même vision. Pour elle, les rêves (et cauchemars) sont des soupapes, qui justement permettent à notre cerveau de gérer certains événements traumatiques en les refaisant jusqu’à ce qu’ils soient digéré, qu’on s’en souvienne ou non, ils ont cet effet dans les deux cas. Cette soupape peut aussi permettre à ma colère de sortir la nuit, pour que justement la journée soit supportable. Donc pas de peur à avoir, je ne tourne pas psychopathe, je ne vais pas me mettre à insulter tout le monde dans la rue. Ce que fait mon cerveau est très sain.

En parallèle je lui ai demandé quoi faire pour gérer cette colère : faire de la boxe, taper dans des trucs (des objets hein, pas des humains 😬). Ça fait un bien fou pour extérioriser une colère générale  face à la vie. Ça tombe bien on avait acheté un punching-ball peu de temps après la mort de S. , qui nous a souvent bien aidé.  Je vais le ressortir.

Quid de quand cette période de cauchemars disparaîtra ? On ne peut pas savoir… En tout cas elle m’a prescrit des somnifères à ma demande, pour pouvoir souffler une nuit de temps en temps (car là j’accumule trop de fatigue avec ces mauvaises nuits. J’ai essayé les trucs à bases de plantes mais aucun effet). Le but n’est clairement pas d’en prendre en continue, il ne faudrait pas que je développe une peur d’aller me coucher. Mais en prendre occasionnellement pour avoir une ou deux bonnes nuits sans rêves par semaine.

J’en ai pris un cette nuit, et le réveil était bien plus agréable ce matin !

Cauchemars

Depuis quelques semaines je dors très mal, car je fais de nombreux cauchemars.

Je ne m’en souviens pas en détail le lendemain, mais je sais que mes nuits sont agitées, que c’était de mauvais rêves qui ont hachurés ma nuit. Parfois je me réveille trempée de sueur, sans avoir aucun souvenir.

J’en ai parlé à ma psy lors de notre dernière séance, et elle m’a conseillé d’essayer de noter ces cauchemars quand je me réveille, car souvent l’on s’en souvient juste à ce moment là, même si on les oublie par la suite. Comme cela on pourrait un peu mieux cerner à propos de quoi exactement sont ces différentes angoisses (même si on se doute bien que c’est lié à la perte de S.)

Je l’ai fait une nuit, j’en ai noté 3/3, et je pense que c’était une mauvaise idée. Car du coup je me suis focalisée sur ces cauchemars pour les écrire, je m’en souviens donc toujours, j’ai eu encore plus de mal à me rendormir car je pensais à ces cauchemars une fois réveillée – et ça m’a crée des angoisses supplémentaires, car maintenant j’ai peur d’aller dormir et d’en faire. Car forcément ce n’était pas fun….

Alors bienvenue dans mon inconscient :

  • Le 1er cauchemar m’a vraiment traumatisée. Ca me donne des frissons dès que j’y pense, même là pour l’écrire. J’ai eu du mal à en parler à mon mari tellement il m’a mise mal à l’aise, et j’ai pleuré plusieurs fois dans la journée en y repensant . Et pour celui-là, mon mari m’a réveillé car je gémissais/criais dans mon sommeil.

Comme beaucoup de rêves, le début est absurde. je suis dans une clairière avec des collègues et on ramasse des noisettes par terre (???). Puis ensuite on part, on marche sur un chemin de forêt. Je crois que je suis toujours entourée de collègue et/ou famille. Il fait nuit et très sombre. Et dans un tournant, de derrière un buisson sur le côté du chemin, une voix enfantine commence à chanter « Dodo, l’enfant do ». Je hurle de panique, crie à la personne à côté de moi  » oh non ça recommence, je sais ce que c’est, vite il faut fuir » et je commence à courir en entrainant la personne à côté de moi. C’est à ce moment là que mon mari m’a réveillé. J’ai eu la sale impression que c’est un cauchemar récurent, même si je ne m’en souviens pas. (du coup j’ai peur de le refaire maintenant…).

 

  • Le 2e montre des angoisses que je ne me soupçonnais pas/refoulais. Mélange absurde de la femme enceinte de mon collègue, des peurs que mon couple s’effrite à cause du deuil (c’est ça que je refoule un peu je pense), et de ma famille qui manque parfois de compréhension.

Je suis dans la maison de mes parents, avec mon mari mais aussi mon collègue et sa femme enceinte. Car en fait sa femme est enceinte de mon mari, qui m’a trompée avec elle. Et du coup on est entrain de se mettre d’accord de comment on fera pour l’enfant après la naissance. Puis elle se plaint de trucs de grossesse, alors je pète un câble, l’insulte de tous les noms car elle ose se plaindre alors que mon enfant est mort et que je suis forcée de vivre dans cette situation de merde avec mon mari qui arrive à faire des enfants à d’autres et qui m’a trompée avec elle. Je monte dans ma chambre et là ma grande sœur me rejoint, elle est aussi enceinte dans mon rêve, me dit que j’abuse de parler comme ça, et là je l’insulte aussi, et lui dis que de toute façon ils me font tous chier et que son gosse je veux pas le voir, j’en ai rien à foutre.

Voilà, je crois que je me suis réveillée à ce moment là. Vous voyez mon état d’esprit par rapport aux femmes enceintes, il semblerait que mon inconscient ait envie de toutes les insulter XD

  • Le 3e et dernier n’était pas vraiment un cauchemar, mais un mauvais rêve. En gros je suis au restaurant, et là je vois qu’une de mes potes, qui est enceinte (elle l’est en vrai), est dans le restaurant, alors je me cache pour ne pas qu’elle me voit, car je ne veux absolument pas lui parler ou voir son gros ventre. Et ensuite à table je suis avec ma famille, et je crois que ma mère me casse les couilles car je suis végétarienne et donc « je ne mangerais pas correctement, pas de protéines puisque pas de viande, je suis forcément carencée », alors je m’énerve et lui dis ses 4 vérités (la partie « carencée » doit venir dune discussion avec un collègue qui m’a soulé y’a pas longtemps ^^).

Voilà encore des femmes enceinte et ma famille pour ce dernier rêve. Mon inconscient est monomaniaque.

 

Bref, une seule nuit m’a suffit pour me montrer qu’effectivement j’ai pleins d’angoisses (et de colère). On débriefera avec ma psy la semaine prochaine, même si j’ai pas trop de mal à les interpréter. Mais clairement je n’ai pas envie de faire ça toutes les nuits, sauf si je veux écrire un recueil de nouvelles horrifiques  !

Traumatisme, flashback et angoisses

Je ne sais pas si tout deuil est un traumatisme. Probablement que non (je n’ai pas été traumatisée par la deuil de ma grand-mère par exemple), même si beaucoup le sont. Mais je suppose que toute perte violente et/ou soudaine l’est, et que la perte d’un enfant l’est forcément.

Et ce(s) traumatismes) laisse(nt) des traces dans le quotidien même quand la vie a repris son cours.

Cela s’est rappelé à moi dernièrement la veille de notre départ à Budapest. J’étais mal toute la journée, j’avais envie de pleurer sans raison. J’ai mis quelque temps à comprendre que c’était le traumatisme d’avoir perdu S. pendant un voyage. Et le déplacement en avion n’aide pas, car cela rappelle l’état douloureux dans lequel on était pour le vol retour. Je pense que je vais mettre longtemps à passer ce traumatisme des voyages – même si on ne va pas le laisser nous empêcher de voyager. Je suppose que plus on l’affronte, plus il s’apaise. C’était déjà plus facile à vivre que les vacances cet été.

Puis il y a le reste, qui s’insinue plus sournoisement dans le quotidien.

Des mots qui déclenchent une sensation de mal-être. Dès que quelqu’un évoque les mots deuil, mort, enfant, fils, nouveau-né, mort-né, fausse-couche, grossesse, accouchement, parents, mère, père, hôpital, Finlande, lune de miel, voyage de noces, toutes ces pubs pour jeunes parents à la TV ou à la radio, etc …

Mais aussi les discussions ou images qui provoquent des flashbacks, bien plus difficiles à gérer.

Comme une scène d’accouchement dans un film.

Comme une collègue qui parle de prise en charge à l’hôpital. Elle parle du manque d’empathie du personnel, et t’as envie de lui dire que le jour où ton cas a réussi à faire pleurer plusieurs infirmières c’était pas un victoire…

Comme ce jour où tu as des vertiges ou envie de vomir qui te rappelle un moment très difficile pendant la période des contractions…

Ou parfois simplement dans le lit quand ton esprit divague et que tu n’arrives pas à dormir.

Je me demande comment je vivrai les 1ères neiges cette année…. ça a été la tempête à partir du moment où l’on a appris la mort de S. et le moment où j’ai accouché. Alors ce sera difficile de ne pas y penser.

D’ailleurs l’hôpital c’est un gros soucis. Je ne sais pas comment je vais vivre le retour en PMA, car j’ai vraiment du mal avec cet environnement depuis. Et on ne parle même pas de devoir faire des échographies… Parfois je me dis heureusement que je n’ai pas accouché dans l’hôpital où je suis suivie en PMA, sinon je ne suis même pas sûr que j’aurai réussi à y retourner.

Puis il y a les angoisses quand tu essayes de te projeter dans une nouvelle grossesse (et que ton cerveau oublie qu’on en est loin car tu es infertile) , où tu te dis que tu seras incapable de sortir de chez toi, que tu ne te vois pas autrement que passer 9 mois à la maison, et que tu te tapes une crise d’angoisse quand ta psy te dit que pour ton bien elle ne te laissera pas t’enfermer chez toi, elle te forcera à sortir.

Pour les angoisses, je travaille dessus, même si certaines sont difficiles à s’en défaire, et que le processus sera long pour que je réussisse à nouveau à faire confiance à la vie. Malheureusement pour les flashbacks il n’y a pas grand chose à faire, à part espérer qu’avec le temps cela diminuera et s’apaisera.

Parfois certaines angoisses s’apaisent (je n’ai plus la peur irrationnelle de mourir d’un accident de la route à chaque coin de rue comme au début), mais d’autres les remplacent. Alors on continue ce long combat, pour rester debout et avancer, face à cette tempête qui diminue petit à petit en intensité, même si parfois il y a encore des rafales qui nous déstabilisent.

Auto-destruction

Parfois je ne me comprends pas.

Il y a des jours où le moral n’est pas au RDV,  les fameux « jours noirs » du deuil.

Et dans ces moments-là, parfois je retourne le couteau dans la plaie.

À regarder les profils des femmes enceintes de mon entourage, les photos de leur gros ventre qui pousse… À calculer si elles ont dépassé le stade auquel j’ai perdu S. ou non, à m’émerveiller et maudire leur insouciance. À détester leur bonheur.

Et parfois je me fais encore plus de mal. À regarder les photos que seule moi possède, une par semaine qui voient mon ventre s’arrondir. Les seules photos jamais prises où l’on voit mon ventre. Et les photos d’échographie qui restent dans mon téléphone. Une preuve que tout cela était bien réel.

Comme pour me rappeller que ce n’était pas un rêve, que j’ai bien été enceinte un jour.

À relire l’article de blog où je raconte la descente en enfer , comme pour m’approprier mon histoire, l’apaiser à force de la lire, la rendre plus supportable.

Et forcément après je me sens encore plus mal. Et ne comprends pas pourquoi parfois je ressens le besoin de m’infliger ça, sans jamais en parler à personne.

Sur la liste d’attente

Voilà, c’est officiel, on est ENFIN sur la liste d’attente pour effectuer notre TEC. – l’hysteroscopie de mardi s’est déroulée sans encombres, tout était normal, et donc notre dossier complet.

On sera rappelé en décembre/janvier pour programmer le début du traitement en fonction des prochaines règles à ce moment là. Et donc TEC en janvier/février normalement (espérons que ce soit janvier, j’en ai marre d’attendre).

Maintenant je crois que je vais aller hiberner pour passer cette attente et la période des fêtes de fins d’année.

Un long weekend à Budapest

Voilà, pour ne pas oublier qu’il n’y a pas que la PMA dans la vie, et que le vie continue même après les épreuves. Quelques photos de notre voyage à Budapest – même si les Hongrois n’étaient pas très sympa, on a passé un bon moment, et il y avait plein de belles choses à voir.

Avec en vrac : des monuments, des bières, des trucs rigolos, un ruin bar, un goulasch végé…

 

Et en bonus : bonne ambiance dans notre chambre pour la dernière nuit avec ce magnifique tableau 🤣

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DNLP ne rate jamais une occasion

Bonjour le bureau des plaintes. Ouais ça faisait longtemps que je n’avais pas pesté contre DNLP, mais rassurez vous, elle est toujours dans les parages.

En attendant la vrai reprise de la PMA, je suis sous pilule depuis un mois pour passer mon hystéroscopie mardi prochain.

Et du coup… Ben ça fait à peu près un mois que j’ai des saignements en continue. SUPER GÉNIAL.

Comme prévu j’ai pris la pilule le 1er jour de mes règles, du coup ça les a stoppé (enfin ce sont devenues des spottings). Pendant deux semaines. Puis deux jours d’arrêt. Je me dis : bon ben j’aurais pas de vraies règles ce cycle, mais tant mieux c’est fini. HAHAHA que je suis naïve. Passée la récréation de deux jours, mes vraies règles débarquent (quand je suis en déplacement pro et que je n’ai rien prévu, vraiment PARFAIT, surtout que rapellez vous chez moi règles = chutes du Niagara). Puis ben là ça fait 10 jours que je les ai. Voilà. Pile pendant mes vacances en plus. J’aime mon corps, ma vie, les hormones de synthèse de merde. Va falloir que je fasse une cure de fer.

Puis bon, mardi je pourrais arrêter la pilule après l’hysteroscopie, du coup je suppose que je vais de nouveau avoir des règles fortes…. Vous imaginez comme ma vie intime est rigolote depuis un mois du coup… déjà comme ça avec le deuil ça a pris un sale coup, ça allait mieux ces derniers temps. Ben là c’est pas un problème de volonté…

 

Puis 2e problème avec mon corps en carton et les tonnes de trucs que je dois ingurgiter. Depuis juillet je prends donc du plaquenil. Semaine dernière je fais ma prise de sang de contrôle TSH  pour surveiller la thyroïde (qui est stabilisée depuis 2 ans). HAHAHA elle est montée en flèche. En lisant de nouveau la notice pour le Levothyrox (pour la TSH), il est indiqué 2 traitements anti-paludiques qui peuvent interagir avec le Levothyrox, et donc en général faut contrôler quelques semaines après début du traitement et augmenter la dose de Levothyrox. Le plaquenil, même si non cité, est initialement un anti-paludique. OK donc ni le rhumatologue, ni le spécialiste en immunologie n’ont jugé bon de me prévenir que faudrait que je contrôle la TSH un peu plus tôt ? COMMENT JE SUIS CENSÉ REUSSIR A FAIRE CONFIANCE AU CORPS MÉDICAL ???

Voilà donc bilan avec mon endocrinologue (qui confirme que ça doit être l’interaction entre les deux médicaments qui a modifié la TSH), on augmente la dose, prise de sang dans 6 semaines et on verra s’il faut encore augmenter (probablement…). On doit se bouger le cul, car faut que ma TSH soit stabilisée avant le TEC. (TSH trop haute augmente le risque de fausses couches) Donc on a plus ou moins jusqu’à janvier. Sachant que le changement de dosage met environ 6 semaines à faire effet. D’où mon agacement de ne pas avoir pu faire cette prise de sang plus tôt après le début du plaquenil.

 

VOILÀ, c’était l’instant rage gratuite.

Sinon j’étais à Budapest le weekend dernier avec des copains, et c’était cool ça, on a bien visité, rigolé, pu se détendre. Je vous mettrais peut-être  quelques photos quand je les aurai trié . (Bon par contre les Hongrois sont le peuple le plus désagréable que j’ai pu rencontré de tous mes voyages…).

Et maintenant je vais un peu rattraper mon retard dans la lecture de vos articles et aventures.

J’espère que vous allez bien, et que DNLP vous laisse un peu tranquille.

Bises

Envisager les fêtes de fin d’années

Voilà, avec le temps moche , la nuit qui arrive bien trop tôt, et les films de Noël qui débarquent à la TV, je commence à réfléchir aux fêtes de fin d’années, mais surtout à celles de Noël.

Autant pour le nouvel an, même si je sais que le coup de blues sera là, cela ne me semble pas insurmontable de le passer avec notre bande de potes comme chaque année. (Faudra juste que je surveille ma consommation d’alcool pour ne pas trop bader/que je demande aux gens de me surveiller et me faire chier – quand je suis triste j’ai tendance à trop boire en soirée, et ça me rend encore plus triste – même si depuis la mort de S. ça n’est arrivé qu’une fois, car justement on a fait très attention à l’alcool depuis, sachant que ça peut être vite piège dans cette période)

Quel est la bonne solution  pour Noël ?

J’ai besoin de vos témoignages, si vous avez vécu un deuil (comme moi d’un enfant, mais aussi d’autres deuils) ou une fausse couche.

Qu’avez vous fait et comment avez vous vécu le premier Noël ?

 

A l’heure actuelle je ne me sens pas du tout de le passer en famille. Car je vais être extrêmement triste et en décalage avec tout le monde, que je leur en voudrais s’ils passent un bon moment. Et je ne vois pas de côté réconfortant à être avec eux pour ce moment.

Et puis j’ai cette impression que je n’ai rien à fêter cette année. Étant athée, pour moi Noël est vraiment une fête familiale, un moment pour se retrouver. – mais cette année cela n’a pas de sens sans S.

Je ne dis pas que cela sera pareil chaque année, que je ne voudrais plus jamais fêter, pas du tout. Mais cette année je ne le sens vraiment pas.

Alors je sais que cette décision, si elle se confirme, va être dure à faire accepter a nos familles. Je connais ma mère, elle va encore me faire du chantage affectif.

La question est de comment passer ce Noël … Ne rien faire ? Je ne suis pas sûr que ce soit la solution non plus. Partir en escapade tous les 2 ? Pour le moment une de mes alternatives préférées…

25 octobre 2019

Il y a un an, j’entrais dans une chambre d’hôpital en attente de me faire ponctionner.

Il y a un an, pour la première nos gamètes se rencontraient grâce à l’ICSI.

Il y a un an, la courte vie de S. débutait.

Mais avec lui aussi deux autres embryons, congelés à J5, et qui nous attendent. Assez étrange de se dire que des cellules qui ont commencé leur évolution en même temps peuvent ensuite subir un si gros décalage temporel. Il y a quelques jours, nous avons reçu le courrier nous demandant ce que l’on voulait faire de ces deux restants, car effectivement, cela faisait 1 an (bien évidemment on les conserve).

Mais surtout hier, comme pour boucler la boucle en cette veille de date anniversaire, nous avons réceptionné notre livret de famille rempli, avec le nom de notre fils inscrit dedans – il aura désormais une place officielle dans notre histoire, dans notre famille.

15 octobre

Aujourd’hui c’est la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal.

En ce jour particulier, j’ai fait mon « coming-out » Instagram. Pour toutes les personnes à qui nous n’avions pas encore annoncé la grossesse et à qui s’était trop difficile d’annoncer la mort de notre fils en même temps. Pour les personnes plus éloignés, qu’elles ne gaffent pas si un jour on les croise. Et pour que justement les gens sachent que ça n’arrive pas qu’aux autres, et que ce deuil est difficile.

Et car ça m’a semblé important surtout de partager un mot ce jour là.

Je vous publie ici ce mot.

Et en ce jour particulier, je partagerai avec vous le nom de mon fils, car ce message s’adresse aussi à lui. (Merci de ne pas le mentionner en commentaire si jamais, car je l’effacerai dans quelques jours)


 

Parce que la peine ne se mesure pas au nombre de semaines ou au vécu d’un bébé mais à la grandeur du rêve que portaient ses parents…

Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres.

Parce que la réalité est que je vais passer ma vie à imaginer ce que la tienne aurait été.

Parce que tu nous as quitté avant même que certaines personnes aient le temps d’apprendre ton existence.

Parce qu’il nous a fallu un instant pour t’aimer, mais que l’éternité ne suffira pas pour t’oublier.

Parce qu’il ne se passe pas un jour depuis mars où je ne pense pas à toi.

Parce que les mois passent mais la douleur reste.

Parce qu’à jamais tu resteras notre fils ♥️