Quelques nouvelles du 4ème mois


J’aimerais vous dire que c’est un long fleuve tranquille cette grossesse, mais on est loin du compte. J’ai toujours su que la grossesse suivante serait difficile, mais le savoir est une chose, le vivre en est une autre.

Naïvement, lors de mon dernier RDV psy, le lendemain de l’écho T1, j’étais très optimiste, et j’ai dit que pour le moment je n’avais pas besoin de nouveau RDV, que j’avais des angoisses mais que j’avais les outils pour les gérer, bref que je n’avais plus grand chose à dire. Et qu’il fallait que j’arrête de prendre des RDVs le lendemain des échographies « au cas où ça se passe mal », effort que ma psy a félicité. Sauf que j’aurais du me rendre compte que les RDV ce n’était pas après les échos que j’en avais besoin, mais justement à distance de ces échographies.

Si ce n’était que psychologiquement que c’était difficile, peut-être que ça passerait. Même s’il faut gérer les insomnies et la fatigue qui s’accumule. Mais à cela ajoutez en plus que je fais partie des « chanceuses » qui continuent de vomir passé le 3ème mois, avec un mal d’estomac quasi continu. En général c’est des phases. Pendant environ 3 jours je ne peux presque rien manger, puis pendant 4-5 jours ça va à nouveau mieux. Et au moment où j’espère que les nausées se sont fait la malle, je vomis à nouveau au réveil. C’est éreintant.

Je perds pieds depuis une semaine, enfouie sous une montagne d’angoisses et de pensées morbides. Entre les flashback de mon accouchement, de l’annonce de la mort de S., la persuasion que ce bébé arc-en-ciel n’est peut-être plus vivant… bref vous voyez le topo. Je pensais que passer la T1 me rassurerait un peu, mais j’ai surtout l’impression d’avoir enclenché un compte à rebours jusqu’aux 19SG, terme auquel on a appris la mort de S., avec cette certitude infondée que l’histoire va se répéter. On en est à 14SG et demi.

Je suis une éponge à angoisses, je crois d’ailleurs que je vais me tenir éloignée des articles de la blogosphère PMA et des comptes insta sur le deuil périnatal, car chaque histoire qui tourne mal que je lis nourris mon imaginaire, et après je suis persuadée que cela va m’arriver. Je commence à avoir du mal à sortir seule de chez moi, avec cette sourde impression que quelque chose de négatif va m’arriver, et comme mon mari est aussi stressé quand je suis seule, il alimente cette angoisse et la fait gonfler. Parfois je lutte et sors seule (pour la pharmacie, pour un RDV), parfois je n’ai pas la force et il devient mon chauffeur attitré.

Je sais que le manque de sommeil (je dois dormir 3-4h par nuit) n’aide vraiment pas pour gérer mes émotions. Heureusement, ma psy ce matin a pu me proposer un RDV demain grâce à une annulation. Je vais probablement lui demander un arrêt maladie, le temps de reprendre mon souffle. Mercredi la semaine prochaine on a notre RDV gynéco, alors j’espère que cela m’apaisera aussi un peu à nouveau.

Voilà, j’avais besoin de poser mes mots quelques parts, alors comme toujours je le fais ici, même si je sais qu’il n’y a pas grand chose à dire en retour.

L’écho T1

Une bonne chose de faite. Après de nombreuses crises d’angoisses sur le trajet vers le gynécologue et dans la salle d’attente, nous avons pu voir notre petit arc-en-ciel. Le gynéco a mis au moins 40sec à mettre les battements du cœur, commençant par prendre quelques mesures, j’ai failli l’agresser verbalement XD

Tout va bien, les mesures sont bonnes, la clarté nucale aussi. Il bouge bien, on a vu ses 2 jambes, ses bras et une petite main, son cerveau…. etc. Toujours aussi fascinant les détails que l’on voit déjà à ce stade.

On a beaucoup pleuré en sortant, de soulagement. C’est vraiment ce sentiment doux-amer : on n’est pas heureux, on est juste soulagé. Car on ne peut plus être rassurés sur le long terme forcément.

Prochain RDV dans 4 semaines, le gynéco nous fera de nouveau passer à une heure où il y’a peu de monde, pour que mon mari puisse venir, de sa propre proposition (apparemment c’est une directive du cabinet que les accompagnants soient refusés, donc faut un peu se cacher des collègues, mais lui comprend tout à fait qu’on ait besoin d’être présents à 2).

Alors on va essayer de profiter de ce cours laps de temps où l’on arrive à être rassuré après un RDV, et on va continuer d’avancer comme toujours, un jour après l’autre.

PS : merci à toutes celles qui m’ont envoyé des messages pour ce RDV, ça m’a fait chaud au cœur que vous pensiez à nous ❤

Confinement round 2 + edit

C’est seulement le début, mais je sens déjà que ce confinement sera beaucoup plus dur psychologiquement.

Déjà car j’ai l’impression d’être en confinement depuis septembre avec le télétravail, l’alitement d’un mois, le peu d’interactions sociales… Et ce confinement intervient pile quand je prévoyais de revoir un peu des gens, les grosses frayeurs étant derrière (il semblerait, on touche du bois) et la nausée un peu mieux contrôlée avec le primperan. Sauf que tout a fini par être annulé par la force des choses. Difficile psychologiquement l’absence de relations humaines sur le long terme.

On a la chance d’être devenu propriétaire ce jeudi 29/10, dernière vente avant le confinement. Mais propriétaires d’une maison dans laquelle on prévoyait 2 mois de travaux pour la rendre habitable, avec l’aide de notre famille et nos amis…. Vous voyez le soucis avec le confinement ? On est même pas sûr de réussir à y aller le weekend pour faire les travaux (mais on va tenter, pas le choix), et on va être que 2 (enfin 1 et demi, vu le nombre de trucs que je ne peux pas faire et la fatigue) alors qu’on pensait être au moins 6 chaque weekend, que du matériel devait nous être prêté, et certains trucs on ne sait pas les faire nous même. Bref c’est la merde, on va faire un maximum de ce qu’on peut faire à 2, espérer que fin décembre on puisse avoir de l’aide pour déménager pour ne pas devoir payer une entreprise, et que le confinement dure le moins longtemps possible pour faire un maximum de travaux avant d’y habiter (même si ça semble inévitable qu’on va vivre dans les travaux, ce qu’on voulait à tout prix éviter).

Puis il y’ a eu ma plus grande crainte du confinement qui s’est réalisé ce matin avec l’appel du cabinet de mon gynéco : l’écho T1 de mercredi devra se faire sans mon mari…. Quand tu as découvert la mort de ton fils lors d’une échographie, c’est des moments que tu ne voudrais pas avoir à vivre seule… Je ne sais pas comment on va faire. Autant moi que lui qui m’attendra tout seul en-dehors du cabinet, en espérant qu’on puisse au moins faire un appel visio. Cette perspective est terrifiante…

EDIT : après un mail larmoyant envoyé par mon mari, on a été rappelé 10min après. Notre RDV a été décalé à une heure avec moins de passage, pour que mon mari puisse venir 🙏 (la secrétaire a directement demandé l’avis à notre gynéco)

Et de 2 (mois)

Voilà, samedi j’ai pu barrer la ligne « 8SG = 10SA », et arriver à la ligne « Vous êtes enceinte de 2 mois » de mon petit calendrier de grossesse (la seule chose liée à la grossesse que je m’autorise, avec mon livre de chevet « Pregnancy after loss »). Même si en vrai, avec cette grossesse en apnée, on se dit plutôt « allez plus que 7 mois à tenir ». L’idée qu’un petit être pousse dans mon ventre commence à atteindre petit à petit mon cerveau, qui tente encore de bloquer cette pensée, mais avec de plus en plus de fuites. Je me surprends à avoir inconsciemment ma main sur mon ventre quasiment en continue… Ça commence à se voir physiquement avec la forme de mon ventre qui a changé, me confrontant inévitablement à la réalité, et me faisant extrêmement peur.

Et mes vomissements se sont accentués le lendemain de l’échographie, comme pour me dire « eh oh je suis là !!! ». Parfois pendant 1 ou 2 jours ça va, j’ai « juste » la nausée en continu, et puis d’autres jours (en général plusieurs d’affilés), l’envie de vomir me réveille et me fait courir aux WCs le matin, et cela revient en fin d’aprem et le soir, m’empêchant de manger ou de boire. Après avoir vu -5kg sur la balance, même si j’ai de la marge, je me suis dit qu’il était peut-être temps de consulter mon médecin, elle m’a donc prescrit du Primperan aujourd’hui.

Ces 2 mois m’ont paru une éternité, chaque jour passe à une lenteur abyssale. Et je n’arrive pas à sortir de cette foutue fuite en avant. Forcément avec notre vécu, impossible de profiter de l’instant présent (ce qui me rendait tellement heureuse lors de la 1ère grossesse, de ne plus toujours attendre que le temps file). Je n’ai qu’une hâte, arriver dans un 1er temps à l’écho T1… Surtout que là on rentre en période à haut risque pour les fausses couches jusqu’à 10 SG, avec le passage de relais entre le corps jaune et le placenta, alors les angoisses font bien leurs retours !

Voilà, une pensée particulière à celles qui sont sur les starting-block pour un protocole ou un transfert – et plus particulièrement pour Boma et Winstone, l’année 2020-2021 c’est l’année des « anciennes » on y croit fort ❤ !!!

Et je n’oublie pas toutes les autres, celles qui attendent toujours la reprise, celles qui ont eu de mauvaises nouvelles, celles qui se sont tournés vers d’autres horizon ❤

RDV gynéco

Après plusieurs semaines d’angoisse, avait enfin lieu le RDV avec notre gynécologue pour la vrai première échographie. Autant dire qu’on a pas beaucoup dormi les derniers jours. Depuis notre passage aux urgences , les saignements et les douleurs s’étaient stoppés au bout de quelques jours. Les angoisses par contre ne nous ont pas trop quitté. J’ai fusionné avec mon canapé pendant cette période.

Bilan de ce RDV : tout va bien. Un embryon de 21mm avec un coeur qui bat bien fort. Le décollement s’est quasiment totalement résorbé (il reste des légères traces), mais il n’est pas situé là où le placenta est entrain de se mettre en place. Donc ce n’est pas risqué, d’après le gynéco il devrait finir d’être résorbé avec le grandissement de l’embryon.

J’ai le donc le droit de reprendre une activité « normale » (en faisant doucement certes, mais j’ai le droit de sortir de chez moi). On se revoit le 4 novembre pour la T1, en espérant que tout aille bien jusque là. On a un peu parlé du suivi pour cette grossesse. Pour lui, à ce stade cela ne sert pas encore d’avoir un suivi plus rapproché, mais au 2e trimestre, on passera à un RDV tous les 15jours, et probablement un RDV hebdomadaire avec une sage-femme. A définir encore exactement, mais en tout cas on aura le droit à un suivi plus rapproché, ce sera rassurant.

Psychologiquement ? J’ai du mal à réaliser encore. Aujourd’hui je ne dirais pas que je suis contente mais plutôt soulagée. Après le 2e passage aux urgences, une véritable cassure s’est fait dans mon esprit. Jusqu’à ce jour j’avais l’impression de vivre une fausse-couche à rallonge, une part de moi était persuadée que l’embryon avait stoppé sa croissance avec le décollement. J’ai plus l’impression de vivre un protocole PMA interminable que de vraiment être enceinte. Il me faudra du temps pour investir cette grossesse, c’est certain… Mais bon, c’est normal avec notre vécu et le démarrage difficile de cette grossesse. Et puis ma psy est là pour m’aider à vivre cette période et finir par passer au dessus de ces blocages.

Et sinon, mon responsable m’a lui même proposé de passer en total télétravail quand il a appris que ça ne se passait pas trop bien (il est au courant de notre parcours PMA) et vu qu’il sait que j’ai d’autres soucis de santé que que la situation sanitaire ne va pas en s’améliorant, donc un soucis de moins pour le moment ! (Sinon j’aurais probablement prolongé mon arrêt).

Merci encore pour tous vos messages de soutien ❤️❤️❤️

Les urgences – round 2

Lundi, j’ai demandé à ma psy de me mettre en arrêt pour deux semaines, car psychologiquement j’étais une vraie loque. J’étais pétrie d’angoisses et j’avais tout le temps mal au dos (en grande partie psychologique à mon avis, les quelques moments où j’arrivais à me détendre, la douleur disparaissait). Les pertes s’étaient atténuées. Mardi plus de douleurs, plus de pertes brunes. Ça me soulage et me rassure. J’arrive à faire une ballade à pied pour aller à la pharmacie, le soir je fais les courses avec mon mari. Tout va bien.

Puis vers 23h30, j’ai une sensation un peu bizarre de nouveau et des tiraillements. Je vais aux toilettes, et là du sang, bien rouge, dans ma culotte et sur le papier.

Je perds mes moyens, mon mari appelle les urgences qui nous disent de venir vu qu’on habite pas trop loin.

Cette fois il y a de l’attente. On voit défiler des femmes enceintes sur le point d’accoucher. On est persuadé que c’est fini, alors on est vraiment au plus mal. J’ai des douleurs au ventre qui s’intensifient.

Je ne sais pas combien de temps on attend, ça me semble une éternité même si à mon avis c’était trente minutes max.

Un gynécologue vient nous chercher, accompagné d’une étudiante. Pas du tout le même feeling avec lui, il est vraiment bizarre. Quand on lui dit qu’on est passé par la PMA, il commence à éplucher notre dossier (il fait parti des gynécos de PMA), puis nous pose plein de questions sur la mort de notre fils… Super alors qu’on est au plus mal, qu’on se dit que je fais une fausse couche et qu’on veut juste un verdict au plus vite. Après ce qui nous semble une éternité, on passe à l’échographie. À l’écran il constate un décollement du placenta(sur 1/3 d’après ce qu’à retenu mon mari), qui explique les saignements et les douleurs. Il essaye de nous rassurer en disant que la plupart du temps les grossesses finissent normalement malgré un décollement. Je lui arrache quand même que oui ça peut aussi être un signe avant coureur de fausse couche certes, mais pas forcément. Mais pour lui , les saignements ne sont pas très importants, donc là pas grand chose à faire, je prend déjà tous les médicaments qui peuvent servir dans ce cas là, et même si les saignements continuent dans cette proportion, ce n’est pas utile de revenir… On lui demande s’il faut faire quelque chose en particulier (genre du repos), il répond « je suis sur que vous ferez ce qu’il faut de toute façon ». Il demande tout de même si je travaille, je lui dis que je suis en arrêt, il répond ok, donc je n’ai pas besoin de vous en faire un. On lui demande si on doit faire un contrôle sous peu, il nous dit de voir avec notre gynéco, qu’il pourrait gérer la suite.

Bref ce gynécologue était vraiment bizarre, le feeling n’est pas trop passé.

Les saignements se sont heureusement stoppés dans la nuit. Là ce n’est plus que de légères pertes brunes depuis. En nous renseignant, on a vu que partout, pour un décollement placentaire, on préconise du repos strict. Ma mère a d’ailleurs vécu ça quand elle était enceinte de moi, au même stade, et c’était 3 semaines allitée, pas de voiture. On du mal à comprendre que le médecin ne l’ai pas dit, ni n’ait précisé de durée.

Hier matin j’appelle donc mon gynéco pour avoir son avis et la suite à prévoir. Sa secrétaire dit qu’elle passe le message. Mais aucune nouvelle dans la journée. Je rappelle ce matin, elle me dit qu’elle a bien passé le message, mais vu qu’ils ont vu que j’avais rdv bientôt ils ont pensé que ce n’était pas nécessaire de me rappeler… Que y’avait rien à faire jusqu’à ce rdv, pas de nécessité de l’avancer, juste du repos jusque là. Merci, enfin ça serait sympa de me le dire tout de même…

Du coup je suppose que ce sera à ma psy de me prolonger l’arrêt jusqu’à ce RDV… soudain je trouve que le personnel soignant ne prend pas vraiment en compte le stress généré par de tels événements, surtout vu notre histoire personnelle…

Je vais tout de même surveiller sur doctolib si y’a un rdv qui se libère une semaine avant, parce que 3 semaines c’est long…

Et si vraiment, il y a toujours les consultations polycliniques sans rdv, mais bon beaucoup d’attente sur une chaise quand on doit se reposer, ce n’est pas forcément une bonne idée.

J’ai vraiment du mal à voir une issue positive à cette grossesse, j’ai l’impression de vivre une fausse couche en sursis, avec la peur au ventre dès que je vais aux toilettes. J’espère vraiment ne plus vivre de saignements, et que ça aille mieux. Mais ces angoisses sont très dures à vivre…

La fourmi et la noisette

Première frayeur hier. Après une après midi où nous avons fait quelques déplacements en voiture, j’ai pas mal de tiraillements dans le bas ventre et mal dans le bas du dos. Quand je vais aux toilettes, une légère perte brune. Ça me fait peur mais j’essaye de rationaliser : il paraît que de légères pertes brunâtres c’est fréquent en début de grossesse, si ce n’est qu’une goutte il ne faut pas trop stresser. Mais bon je suis angoissée toute la soirée, ces tiraillements ne me rassurent pas, je n’ai pas connu autant de tiraillements,  ces crampes lors de ma première grossesse.

Je me réveille vers 2h30, toujours des crampes, un peu plus fortes, l’impression que mon ventre est assez dur et mon vagin tout contracté. Je vais aux toilettes et je vois des pertes brunes sur mon protège slip et le papier toilette. 

Je commence à prendre peur, reveille mon mari, appelle les urgences gynécologiques qui me disent que je peux passer faire une échographie.

Nous traversons donc la ville au milieu de la nuit, ça nous donne des sales flash-backs de la nuit où on a appris la mort de S.

On est tout de suite accueilli, le médecin voit mon stress et me dit que va falloir que j’arrive à déstresser pour la suite de la grossesse, car sinon je vais très mal la vivre. On lui explique notre vécu, qui nous impacte forcément beaucoup. 

J’ai le droit d’avoir un drap autour de la taille (apparemment quand on sort de la PMA, on a le droit à la pudeur, j’avais déjà pu constaté cela par le passé).

D’abord un examen avec le spéculum : pas de traces de saignements, c’est donc rassurant. On tente une écho, même si à ce stade il n’est pas sûr de voir grand chose (3 semaines de grossesse tout pile).

Mais si, on voit bien un sac de 7mm avec à l’intérieur un embryon de 2,5mm. Bien positionné dans l’utérus, aucun décollement. De la taille « d’une noisette et d’une fourmi, alors forcément à ce stade c’est trop tôt pour entendre un rythme cardiaque ».

Donc pour lui, à ce moment T, tout va bien. Tant que je n’ai pas de grosses pertes de sang il n’y a pas lieu de s’inquiéter, même s’il nous dit qu’on a bien fait de venir pour nous rassurer. Tout semble normal.

Bon je vous avoue que ça ne m’a pas énormément rassurée. Je sais donc que l’embryon est bien là, que ce n’est pas une GEU et c’est déjà bien. Mais les douleurs sont toujours là, alors ça ne me rassure pas encore. Je n’ai plus trop de crampes mais toujours mal au dos. Ce matin j’ai encore eu quelques pertes brunes, mais rien cet aprèm. 

Le médecin m’a laissé un message un peu plus tard dans la nuit, pour me dire qu’il y’avait des consultations polycliniques sans RDV, et que pour me rassurer je pourrais y aller faire une échographie dans une semaine, pour vérifier la bonne évolution (bon j’ai rien trouvé sur le site de l’hôpital, va falloir que je me renseigne concernant ces consultations).

Bref un weekend bien angoissant, et les prochains jours vont aussi l’être pour moi.

FIV1(ter) TEC2 – 2e dosage

Déjà, merci à toutes pour vos nombreux messages, ils m’ont fait chaud au coeur ❤

Je suis donc allée faire une 2ème prise de sang ce matin sans ordonnance, car ils sont bien gentil au CMCO mais juste une prise de sang c’est trop angoissant. Et j’en avais besoin pour y croire un peu plus et me rassurer un minimum. Je suis de nouveau tombé sur le gentil docteur (c’est un tout petit labo, j’ai l’impression que c’est le seul à les faire), qui m’a tout de suite reconnue et m’a dit « Comme j’étais content de valider ce résultat positif, ça m’a vraiment fait plaisir », il m’a ensuite dit que j’avais bien raison de faire ce 2e dosage pour me rassurer et voir l’évolution. Il me l’a de nouveau mise en urgent.

Cette fois le résultat est réellement tombé tôt, à 12h40.

Résultat pour 19 dpo : 1210 Ui/l

Tout semble donc bien se dérouler. Mais j’ai du mal à y croire, à espérer une issue heureuse. J’ai pleuré en recevant ce résultat. J’ai tellement peur que tout s’arrête à nouveau, même si j’espère de tout mon cœur que tout ira bien.

J’ai RDV le 30/09 pour la 1ère échographie, le 7/10 avec l’immunologue. Et lundi je vois ma médecin traitant pour lui demander une attestation pour être en télétravail total à nouveau.

D’ici tout ça, on continue à croiser tout ce qu’on peut !

FIV1(ter) TEC2 : Verdict

La deuxième semaine de couvade est passée lentement, avec l’appréhension du mariage de ma sœur enceinte qui « m’aidait » à penser à autre chose (tout autant angoissant). D’ailleurs, pour revenir sur ce mariage, qui était sur tout un weekend… le vendredi soir c’était l’horreur, mon mari voulait partir, et moi j’hésitait à partir le lendemain dès que la cérémonie était finie. En effet nous avons eu la mauvaise surprise de voir qu’il y avait la présence d’un nouveau-né… Autant dire que c’était tellement dur à vivre, j’en ai oublié que ma sœur était enceinte. Heureusement le samedi, avec les invités supplémentaires (dont ma marraine qui est rigolote), l’ambiance s’est améliorée, on a un peu moins vu les enfants et le nouveau né (qu’on a tout de même du fuir de temps en temps), du coup on a réussi à passer malgré tout un bon moment le samedi et on est resté jusqu’à la fin contre toute attente.

Le mariage passé… mon cerveau a ensuite eu son entière attention sur la prise de sang à venir (autant dire qu’on a pas beaucoup dormi ces dernières nuits). Je ne savais que penser. Mon bon pressentiment persistait, j’avais eu l’impression de sentir quelque chose au moment où la nidation aurait du avoir lieu. Un ou deux tiraillements dans les seins (mais pas aussi douloureux ni gros que quand j’étais en couvade de S), des remontées acides et un mal de bide constant (ça avait commencé assez tôt pour S.), une fatigue musculaire forte (difficulté de faire du vélo ou d’ouvrir des sachets/bocaux) mais sans douleurs contrairement à mes crises habituelles liés à mes soucis de santé, qui n’était pas sans rappeler mon état quand j’étais enceinte de S. Et depuis la fin de semaine, je sentais que ma glycémie chutait beaucoup plus vite qu’en temps normal… Mais voilà, les seins « pas assez douloureux » me faisait douter. Les douleurs de règles qui arrivent aussi (même si plutôt soulagées en étant debout plutôt qu’habituellement en me recroquevillant).

Bref vous l’avez compris, une part de moi y croyais, et l’autre s’attachait aux détails indiquant plutôt un échec pour contrebalancer mes espoirs.

Hier je dois faire un contrôle pour ma thyroïde, et étrangement ma TSH a augmenté un peu… Hasard du calendrier, le jour où j’avais fait la prise de sang pour S, j’avais fait aussi une prise de sang pour la TSH… qui avait aussi augmenté. Forcément, difficile de rester rationnel, même si je me dis que la tonne d’hormone du TEC peut aussi jouer.  J’ai trop peur d’y croire et de me prendre une claque encore plus grosse avec un négatif.

Ce matin, je retourne donc pour me faire piquer, au labo super lent (car il est pas loin et 0 attente le matin). Quand le médecin qui me pique apprend que c’est suite à un TEC, il me dit qu’il me passe les résultats en URGENT, pour que je les ai plus rapidement. C’est super sympa ! Mais bon, rappelez vous la dernière fois qu’il m’a passé des résultats en urgent… On espère donc les recevoir vers 13h. Mais 15h30 toujours rien. Je me dis ça y est, ils ont oublié de les valider c’est certain. J’en peu plus d’attendre, j’appelle.

La secrétaire me répond que oui ils sont là, en attente de validation, du coup qu’elle me les valide pour que je les ai de suite. (je découvrirais ensuite que je ne les avais pas eu car le résultat de la progestérone n’était pas encore dispo lui). Et là elle finit sa phrase par un très chaleureux « et les béta-hgc sont positifs » – zbim comme ça !

Je sors donc de mon bureau voir mon mari, et lui raconte ce qu’il vient de se passer. Le mail arrive dans la foulée :

BETA-HCG : 433 UI/l

On est content, mais aussi très très stressé (mon mari a fait une crise d’angoisse juste après avoir lui les résultats d’ailleurs). On en a pas finit d’attendre et d’avoir peur… !

FIV1(ter) TEC 2- en pleine couvade

Voilà, depuis jeudi, je couve mon dernier petit J5. J’ai voulu le surnommer Pingu, mais mon mari trouve ça glauque XD (du coup je lui ai dit « sinon Findus » comme certaines l’ont déjà fait ici, mais étrangement il n’a pas aimé non plus). Je crois surtout qu’il ne veut pas donner de surnom avant un test positif.

Psychologiquement, ça continue à mieux se passer que pour le TEC1. Je n’ai pas fait de crise d’angoisse jusqu’à présent. J’ai juste un peu craqué après le TEC, en sortant de l’hôpital j’ai un peu pleuré avec la pression qui redescendait. Cela faisait 2 semaines que j’étais persuadée que ce TEC n’aurait pas lieu. Entre l’épidémie de Covid qui report sur les chapeaux de roues, le risque que notre dernier blastocyste ne supporte pas la décongélation… D’ailleurs, le matin du transfert ils m’ont fait une belle frayeur. 8h je reçois un appel du centre d’AMP, je me dis « merde…. ils n’appellent JAMAIS avant un transfert… ils vont nous dire que c’est mort et qu’on a pas besoin de venir ». Non, ils voulaient juste vérifier qu’on avait pas de symptôme du Covid et qu’on avait pas eu de contact récent avec des personnes contaminées. Ouf ! C’est pas permis de faire des coups d’angoisse comme ça !!!

Pour être plus tranquille d’esprit, j’ai demandé à mon N+1 si je pouvais être en télétravail total pour 2 semaines. Il était trop content qu’on soit de nouveau en protocole, et une nouvelle fois a eu des paroles positives « Si on peut faire quoique ce soit pour te faciliter le process ou pour augmenter les chances, bien évidement » . Je sais la chance que j’ai d’avoir ce responsable, il me facilite bien la vie et on voit qu’il est sincère !

Pour le TEC 1 je paniquais dès que je sortais seule, et j’étais incapable de prendre le vélo (peur panique de tomber/faire un accident). J’ai réussi à prendre le vélo vendredi avec mon mari, donc c’est déjà une ÉNORME progrès. Sortir seule… on verra aujourd’hui, je dois passer à la poste à midi (vélo), et chez la psy (plus loin, je pense que je vais prendre la voiture). Ça m’angoisse tout de même là, mais je ne panique pas. On verra comment ça se passe.

Et sinon comment je le vis ? Pour le moment je le sens bien (ça me fait peur d’écrire ça), mais du coup vu que j’y crois, ça me fait peur d’y croire et je me dis qu’à cause de ça et bien c’est pas possible que ce soit positif. Car à chaque fois que j’y ai cru c’était négatif. Alors que pour S., je n’y croyais pas du tout. Pour le TEC 1, c’était un peu bizarre, vers le milieu de la couvade, un matin je me suis réveillée avec la certitude que c’était fini. Je ne saurais jamais si j’ai fait un cauchemar cette nuit-là qui m’aurait laissé cette impression, ou s’il y’aurait eu une mini-accroche et mon inconscient aurait senti que c’était ensuite fini ? Mystère… En attendant je garde avec moi un grigri – un pendentif trèfle à 4 feuilles que mon mari m’avait offert à Noël pendant la grossesse de S. (il tombait tout le temps, alors j’avais arrêté de le porter à un moment pour ne pas le perdre, ça m’a fait culpabiliser quand on a appris la mort de S.)

 

Alors je me comporte comme toute Pmette névrosée en couvade, je me tâte les nichons 10x par jour, pour voir « s’ils sont encore plus gros et lourd que d’habitude avec la progestérone, s’ils sont très douloureux », car c’était le cas pour S. – mais je n’avais pas exactement le même traitement, et avec les 19 semaines de grossesse de S, ma poitrine a pris cher et n’est de toute façon pas comparable à y’a 2 ans. J’ai des tiraillement dans le bas-ventre, mais comme toujours impossible de savoir si c’est la progestérone, le SPM ou un espoir.

Bref officiellement verdict le jeudi 3/9 (oui chez nous c’est 15 jours après le transfert dans tous les cas). Bon officieusement je ferais la prise de sang le 1er ou le 2. Pas de test bâton avant, j’ai trop peur des faux négatifs ou des lignes trop clairs. Je préfère les chiffres noir sur blanc.

Alors on croise fort les doigts et les doigts de pieds, et tout ce qu’on peut d’autre. Et on prend son mal en patience jusqu’au verdict…🤞🤞🤞