… à aujourd’hui – bilan des 3 années écoulées

Il y a deux ans et demi, je consultais pour la 1e fois mon gynéco, et faisait un petit bilan pour ces 6 mois d’essais. Quelques questions, une écho, rien de super grave au 1er regard, il me dit de ne pas m’inquiéter avant 1 ans je suis toujours dans la norme.

Il y a 2 ans je le reverrais pour le 1er anniversaire d’arrêt de pilule. Il me dit qu’on peut commencer les explorations si c’est notre souhait en temps que couple, mais que ce n’est pas rigolo donc il faut s’y préparer, être tous les deux d’accord, etc. Nous en discutons avec mon conjoint et décidons d’attendre janvier 2016.

Nous nous retrouvons donc dans son bureau en janvier 2015. On commence par les cycles de températures, suivit et ciblages de l’ovulation (ça confirme que je ne me trompais pas de date (J20) même sans échochattale). Les 2 premiers spermogrammes sont plutôt normaux (200 millions, même avec 40% de typique on est bien). J’ai peur que ce soit une infertilité inexpliquée, psychologiques, à cause de mes rapports avec ma mère.

En mai et juin 2016 c’est la dégringolade niveau spermogramme. Mais on gagne notre ticket IAC, car l’infertilité n’est plus inexpliquée d’après le gynéco. L’homme entre en dépression, il a peur de devenir stérile car les résultats sont de pire en pire à chaque examen. Le poids des RDV de suivi d’ovulation est trop pesant, je dois faire bonne figure et prendre sur moi devant l’homme car il culpabilise trop. Je m’interdis de craquer. Je pars une semaine en Suède avec ma cousine car j’ai besoin de souffler, de fuir. Il a l’impression que je l’abandonne, alors que c’est pour moi un besoin essentiel pour ne pas craquer et retomber en dépression. Il m’en veut avant, pendant et après, m’insinue que c’est tant pis pour moi s’il se suicide pendant mon absence alors que je suis à des milliers de kilomètres. Quand je rentre, il m’en veut vraiment beaucoup. Et finalement je craque, c’était illusoire de croire qu’on pouvait fuir la réalité. Et je lui sors toute ma douleur que j’ai prise sur moi, il comprends que non je ne le vis pas bien, c’était juste une façade pour lui.

En aout, l’homme fait une capacitation de sperme, et on se prends une grosse claque. On devait commencer les IAC en septembre mais on est sous le seuil. On nous demande d’attendre novembre pour voir si ça s’est améliorer. Heureusement ce sera le cas, mai on attendra janvier 2017 pour enfin commencer.

Il y a un an, nous faisons notre 1er gros voyage, pour fêter mon CDI obtenu il y a quelques mois, et pour enfin voir une partie de sa famille qui habite en Amérique Latine (son père est originaire de là-bas). Malgré ses doutes, le voyage lui fera le plus grand bien. Il y a un an (et 6 jours^^) il me demanda en mariage au pieds d’un volcan.

Début 2017 fut le début des 4 IACs et leurs échecs, d’un craquage psychologique pour moi cette fois et un retour salvateur chez le psy, et les premiers contact avec le CMCO (notre centre de PMA). La découverte aussi du problème de prostate de mon homme expliquant ses problèmes de zozos.


J’ai cette impression que dans cette attente entre les IACs et la FIV pourtant pleins de nouveaux problèmes sont apparus, donnant un nouvel éclairage à cette infertilité.

J’ai l’impression que ma santé se dégrade au fil du temps et ça me fait peur, Je me demande aussi le lien avec l’infertilité. Je découvre déjà qu’avec du Levothyrox, mes règles sont moins hémorragiques qu’avant. Cette thyroïdite auto-immune pourrait donc avoir un impact plus important que ce qu’on pensait sur ma fertilité.

Je suis extrêmement fatiguée ces derniers temps, cela devient difficile au quotidien. J’ai de plus en plus de problèmes digestifs ( douleur aux intestin de façon diffuse et parfois en pics et crispation par phase de crise). Mes symptômes de toux asthmatique et de rhinites s’intensifient à nouveau (alors que mon médicament est déjà très fort). Je vais donc à nouveau passer ma vie en salle d’attente de pleins de médecins différents, mais même pas pour la PMA. Je me demande de plus en plus s’il n’y a pas une vrai explication derrière tout ça qui regrouperait tous mes problèmes, et je vois mes résultats d’anticorps anti-nucléaires comme une piste possible d’explication. Il va bien falloir creuser au lieu de juste traiter, car même si en prenant des médicaments matin e soir ça empire à nouveau, je ne vais bientôt plus pouvoir faire de sport, sortir (à cause du parfum, de la cigarette, des pots d’échappement). Je n’ai pas envie d’arrêter de vivre non plus. et surtout ça m’inquiète un peu cette aggravation continue d’année en année.

Mais je garde plus ou moins bien le moral, y a des jours avec et sans. Surtout qu’on se prend souvent la tête pour n’importe quoi avec l’homme car je suis fatiguée, et qu’il ne comprend pas à quel point c’est difficile à gérer au quotidien en ce moment. Heureusement que je suis toujours suivie chez le psy. Elle m’a rappelé l’importance de ne pas s’enfermer dans un statut de malade, et de continuer à faire des choses pour soi, qui nous plaisent et nous aident à penser à autre chose. (Bon quand on a envie de dormir à 20h30 c’est parfois compliqué^^).

Donc pour continuer « à vivre », j’ai décider de sauter le pas et de me faire un gros tatouage (sur tout le bras). Le tatouage m’aide à reprendre possession de mon corps, par les motifs choisis, par l’acte de même de se tatouer quelque chose pour la vie, mais aussi en partie par la douleur (bon c’est pas la cause principale de pourquoi je le fais, je suis pas maso non plus). Je pense donc que c’est le moment idéal pour réaliser ce projet.

J’hésite aussi à me lancer dans le roller derby, mais j’hésite. Parce qu’en période de FIV, je ne pense pas que ce soit indiqué… et que si on s’implique dans un sport collectif ce n’est pas juste pour 3 mois… Mais en même temps ça fait 1 an que j’hésite, qu’une amie me tanne pour que je la rejoigne et je me dis qu’il faut aussi que je vives ma vie… Je ne sais pas trop quoi faire du coup, si vous avez un conseil, un avis….

 

Je ne suis pas pressée que la FIV arrive, même si elle devrait être lancé dans le mois suivant notre prochain RDV avec le Dr Hibou (le 16/11). Ca me fait peur, car on pourrait découvrir d’autres problèmes niveau nidation, qualité des ovocytes et embryons…j’ai très peur d’une mauvaise nouvelle de ce côté là. Et puis la FIV c’est la dernière chance, donc les échecs possibles font encore plus peur.

Mais en même temps avec une FIV gagnante fin en décembre ou janvier, dans 1 ans l’article des 4 ans d’arrêts de contraception pourrait être tout autre…

2018 sera l’année de notre mariage, espérons que ce soit l’année où la roue tourne vraiment et que ma vie arrête de partir en vrille.

 

Publicités

Bienvenue sur le champs de bataille

 

Voilà voilà, cela faisait déjà quelques mois que j’ai découvert la blogosphère PMA, que j’ai commencé à suivre des histoires, à lire des histoires finies, des récits de vie, des parcours. Mais étrangement je ne me sentais pas légitime. Car malgré l’infertilité, nous n’étions pas encore officiellement en PMA.

Et puis il y a eu Noël, une vrai épreuve cette année, avec le neveu et les petits cousins, je me suis dit que peut-être un blog m’aiderait. Mais je n’ai pas osé me lancer.

Puis il y a eu l’annonce qu’on commençait l’IAC 1 au mois de janvier. Mais là encore je n’ai pas osé.

Puis il y a eu le moment où j’ai du expliquer à ma mère que c’était vraiment trop difficile d’être en présence de mon neveu tout un weekend, et qu’elle n’a pas compris. Là j’ai commencé à me dire que ce blog, ça devenait une évidence.

L’IAC1 s’est soldé par un échec, avec son lot de mauvaises nouvelles supplémentaires. Je n’ai pensé plus à rien.

Mais ce soir, malgré l’heure tardive j’ai sauté le pas. Car ce soir, après avoir dîné avec des amies, je crois que j’ai enfin commencé à accepter que oui, nous sommes bien en parcours PMA, et que non, notre vie ne sera vraiment pas celle qu’on s’était imaginée.

Alors bonjour/bonsoir à toutes et à tous, je crois qu’il est l’heure des présentations officielles :

Moi c’est Nirnaeth, 25 ans, en couple depuis 11 ans avec Monsieur (je n’ai pas encore trouvé de surnom, on verra bien), 27 ans. Arrêt de la pilule en septembre 2014, après des années et des années de réflexion (notre cœur réclamait un enfant depuis nos 19/20 ans, mais par « sagesse », nous avions préféré attendre d’être vraiment près). Et depuis, rien… le néant… mois après mois, les règles qui reviennent.

Après 1 an d’essais infructueux, à l’aide de tests d’ovulation pour ne pas louper le bon moment, nous décidons d’aller consulter le gynéco, car nous le sentons, ce n’est pas normal. Les mois s’enchaînent, avec le monitoring de mes cycles, pour « cibler » l’ovulation au mieux (d’après le gynéco, en général je prédis mieux que lui); test des hormones de début de cycles, hystérographie, infections, bref aucun soucis particulier. Pourtant j’ai toujours mes règles 9-10 jours après l’ovulation, mais cela n’inquiète pas mon gynéco. j’ai des règles très très très abondantes et qui durent 7 à 9 jours, des douleurs très fortes, des pertes de sang anarchiques qui peuvent survenir à n’importe quel moment du cycle. Mais pour mon gynéco tout est ok de mon côté…

Le 1er spermogramme de M. est mitigé, il en a beaucoup (200 millions), mais peu de mobiles. Toutefois, le nombre final de spermatozoïdes « normaux » est correct, et d’après lui, nous avons toujours espoir d’un bébé couette. Cela est probablement du à une prostatite que M. a eu 2 ans auparavant, mais rien d’inquiétant.

Quelques mois plus tard et 2 test de Hüners moins convainquants niveau nombres de zozos, un 2e spermogramme est refait…. et là c’est la douche froide, il n’y en a plus que 2 millions. Mais « c’est la nature », on ne peut pas prédire…. les explications n’en sont jamais vraiment. Cela va faire 2 ans bientôt d’arrêt de pilule. Le gynéco nous propose de capaciter le sperme, en vu d’une IAC, vu le nombre réduit de spermatozoïdes. Le résultat est encore pire, environ 600 000 zozos, pas assez pour une IAC. Le labo nous dit que si cela ne remonte pas, notre dossier sera refusé, et ce sera FIV direct.

Nous discutons avec le gynéco, qui nous conseille de prendre RDV au centre de PMA au cas où, et en attendant de faire une 2e capacitation, M. doit réduire l’alcool, la cigarette (mais être fumeur occasionnel ça ne rend pas infertile à ce point), manger mieux….

Contrôle en décembre, 12 millions de zozos. Nous gagnons notre ticket pour l’IAC (mais perdons un bon recueil inutilement…)

Janvier 2017, une nouvelle année commence. IAC 1, plus que 1,5 millions de zozo. Cette IAC se fait sans stimulation, sur cycle naturel (puisque rien ne cloche chez moi, donc aucune raison d’après le gynéco, avec seulement une piqûre la veille pour être sur de déclencher l’ovulation au bon moment).

On espère, on a enfin l’impression d’avancer après 1 année de tests. Et puis, quelques jours après l’IAC, M. a enfin une écho de la prostate, pour contrôler « au cas où », s’il y a des séquelles de la prostatite d’il y a 3 ans. Douche froide, sa prostate a été énormément rongé par l’infection, ce qui explique la fluctuation des résultats, et les mauvais spermogrammes. Mais aussi le risque qu’en cas d’une nouvelle prostatite, il devienne totalement stérile, avec risque accru de cancer…. Pourquoi avoir attendu 1 an pour faire cet examen, alors que c’était l’intuition première du gynéco, confirmé par un urologue et un endocrinologue ? beaucoup de colère, enfin une réponse. Mais aucune solution.

Les résultats fluctuent, théoriquement un bébé couette est possible (mais cela pourrait prendre des années). La PMA est donc préférable. Cependant j’ai du mal à croire que ce soit le seul problème, car il a eu des résultats corrects (200 millions tout de même, avec 20millions de zozos normaux), alors pourquoi ces mois là ça ne marche pas ?

Puis les règles sont arrivées, un échec de plus, le premier écher en IAC, encore plus dur à accepter.

Nous avons RDV  au centre de PMA en février, et j’espère avoir une vrai réponse ou au moins un quelconque intérêt pour mes règles et saignements anarchiques.

Bienvenue à tous sur mon champs de bataille