Récit d’un voyage en enfer

Déjà 4 semaines se sont écoulées depuis la mort de notre fils. Je publierai probablement un autre article dans les prochains jours pour vous parler de toutes nos galères rencontrés pendant cette période, et de donner des nouvelles à proprement parler. Mais pour le moment je vais m’atteler au plus difficile, le récit de quand tout à basculé. (N.B. : veuillez m’excuser pour les fautes probables dans cet article, car je n’ai pas le courage de me relire pour corriger)

C’est le jeudi, nous partons pour notre voyage de noces, en Finlande. L’esprit léger car l’échographie rapide faite le vendredi précédent montre que tout va bien, Bidule bouge dans tous les sens et aucune anomalie n’est à noter; et cela fait depuis août dernier que nous n’avons pas eu de vacances ensemble, alors nous sommes heureux et avons hâte de faire ce voyage. Quelques jours plus tard, le jour de nos 13 ans nous avons même prévu de voir des aurores boréales en Laponie. Je me sens radieuse avec ce ventre qui commence à vraiment se voir. Premier soir, le pays est magnifique, il neige, nous rigolons de cette langue tellement bizarre quand on l’entend à la radio. Nous arrivons dans notre logement, un charmant petit chalet typique, puis allons manger en ville et faisons une petite balade dans un parc et sur des quais enneigés. C’est juste parfait.

Vendredi, nous prenons le temps de visiter la charmante petite ville où nous logeons, avant de nous enfoncer normalement plus loin dans le pays le lendemain matin. Nous nous baladons dans de belles rues typiques mais glissante (tout est verglacé), le long d’une rivière… nous sommes tellement heureux, d’être là tous les deux, en voyage de noces, avec un enfant à venir. Après toutes les galères endurées on souffle enfin, on savoure la vie tout simplement. En fin de journée j’hésite même à acheter un 1er vêtement repéré dans une boutique, mais bon c’est encore un geste qui fait trop peur, alors je me ravise. On fait encore un petit tour sur une colline avant de retourner à la voiture, je suis tout de même fatiguée, c’est très glissant, ce n’est pas super pour se déplacer, on discute d’ailleurs des risques de tomber quand…. je glisse et tombe sur les fesses…. Vu la douleur dans mes poignets et le peu de douleurs dans mes fesses, je sens que j’ai quasiment tout amorti dans mes bras. Mais nous sommes sonnés, nous le choc. Je n’ai pas de douleurs, ni de saignements, cela semble anodin. Mais je me culpabilise énormément d’avoir glissé, cela fait très peur. Tout à l’air d’aller bien, alors on décide de quand même faire la petite boucle pour voir la mer à seulement quelques kilomètres. On est toujours un peu sonné, mais devant ce beau paysage je prends la première photo et la dernière qui montre fièrement mon ventre.

On convient d’appeler mon gynécologue dès qu’on est rentré au chalet pour tout de même avoir son avis et ne pas prendre de risque. Il n’est pas dispo alors on appelle les urgences auxquelles il est rattaché. Le gynécologue de garde nous dit qu’effectivement cela ne semble pas inquiétant en l’absence de douleurs ou de saignements, mais que pour écarter tout doute concernant un éventuel hématome sur le placenta, il faudra par précaution aller faire une échographie. On finit donc par aller à l’hôpital de la ville  vers 18h, au final mi-urgence, mi-clinique. Là-bas, pour accéder aux urgences gynécologiques (qui se trouvent à Helsinki, à 1h de route), il faut soit avoir des signes très inquiétants (sang, contraction), ou avoir été envoyé par un médecin. Donc même s’il n’y a pas de gynécologue dans l’hôpital où nous sommes, nous n’avons d’autres choix que de d’abord passer par là. On se dit donc que c’est chiant, on va perdre notre soirée pour rien, mais bon, on préfère être rasuré. Après 2h d’attente, on s’impatiente, on nous prédit encore 2h d’attente, hors je n’ai pas envie de patienter encore 2h pour me dire qu’ils ne peuvent rien voir car ils ne peuvent par faire d’échographie, que si c’est le cas autant qu’ils nous envoient au plus vite à Helsinki (car il est déjà 20h je crois). On fait bien, car 5 min plus tard, une interne nous prend en consultation, avec une vieille machine à échographie.

L’examen commence. Tout semble bien aller, le placenta est normal, mon col est normal, pas de saignements. Rien à signaler. Mais pour le moment Bidule semble dormir. Alors il faut juste qu’on attende qu’il bouge et on pourra rentrer. Précision importante, vu la qualité de l’appareil, on ne peut pas voir si le cœur bat, et il n’y a pas de son sur cette machine. 15 min plus tard il ne bouge toujours pas. Cela fait longtemps que je n’ai pas mangé, cela peut expliquer cette inactivité, alors elle me cherche un jus de fruit bien sucré pour le réveiller. 5 min après il ne bouge pas. Elle nous laisse donc presque 1h, pour être cette fois sûr que la situation ait pu évoluer. A ce moment là, je commence à être un peu stressée tout de même. Je marche, bouge, mange du gâteau, lui parle…. tout pour qu’il se réveille. J’ai l’impression de le sentir un peu bouger, cela me rassure un peu. L’heure a donc passé, elle revient enfin pour refaire l’échographie. Mais là, il est toujours exactement dans la même position…. le malaise commence à enfler dans notre cœur. Elle nous explique que pour effectuer une nouvelle vérification, elle va prendre les clés du services de gynécologie (qui est ouvert qu’en journée), pour qu’on aille utiliser leur appareil et pour pouvoir écouter le cœur (je ne comprends toujours pas pourquoi cette solution n’a pas été envisagée plus tôt).

Nous traversons donc des couloirs déserts, nos sourires ont quittés nos lèvres depuis bien longtemps. Je ne comprends pas, cette chute était vraiment minime, mon cerveau essaye de bloquer toute pensée pour ne pas se rendre compte de ce qu’il se passe. Je m’installe dans le fauteuil, elle commence une nouvelle échographie, mais là nous voyons bien que le cœur ne bat pas et que l’électrocardiogramme reste obstinément plat…. Elle nous dit juste, le regard désolé  » I can’t find a heartbeat », mais on a déjà compris. Je me souviens entendre mon mari crier de douleur et s’énerver. Je suis tétanisée. Elle quitte la pièce pour appeler les urgences d’Helsinki. Mon mari appellera sa mère en cris et en sanglot. Je suis toujours tétanisée sur le fauteuil. L’interne revient, nous explique que nous ne pouvons pas avoir d’ambulance apparemment car « ce n’est plus une urgence », elle n’a pas envie de nous laisser rouler une heure, cela se lit sur son visage, elle a vraiment peur pour nous vu notre état. Mais quel autre choix avons nous ?

Il doit être 22h ou 23h à ce moment là. Nous prenons la route sous la neige et le verglas, en hypoglycémie certaine vu l’heure avancée, dans un état indescriptible. Un infime espoir stupide subsiste, je demande à mon mari (et cela doit probablement être la seule phrase que j’ai prononcé de tout le trajet) « tu crois qu’elle a pu louper quelque chose, qu’elle ne savait juste pas faire une échographie, qu’il y a encore un espoir ? » il me dit « je crois bien que non ».

Je suis un zombie, mon mari doit me guider, me prendre en charge, pour me guider jusqu’à l’hôpital. Je suis incapable de parler. On arrive donc aux urgences, on se présente (car l’hôpital précédent est censé les avoir appelé), on explique qu’ils n’ont pas trouver de battement de cœur. On est installé dans une chambre, et on commence par nous faire en 1er lieu un doppler – qui semble durer une éternité – mais toujours aucun battement de cœur. Difficilement nous devons alors aller dans une salle d’examen pour faire une échographie par une gynécologue, pour vérifier. Cette fois je suis incapable de regarder l’écran. Et le couperet tombe, cette phrase résonne encore et toujours parfaitement de ma tête « I’m sorry, the heart of the baby has stopped to beat ». Je ne me souviens plus de tout à ce moment là. Ai-je pleuré ? je ne suis pas sûr vu l’état de tétanie. Dans mes souvenir, j’ai les bras ballants et le regard hagard vers le plafond. Je me souviens avoir été saisie de tremblements très importants. je me souviens que mon mari parle avec elle pour dire qu’on veut rentrer au plus vite en France, pour traiter la situation dans notre pays et avec notre entourage à proximité. Mais cela ne semble pas trop plaire à la gynéco, et de toute manière la chef du service est appelée, pour faire une énième échographie et essayer de comprendre. Elle explique ce qu’elle voit (mais je ne comprend plus trop l’Anglais à ce stade émotionnel), nous dit rapidement que la chute n’est en aucun cas la cause de la mort. D’après ce qu’elle voit, il était déjà mort à ce moment là, depuis plusieurs heures voir jours. Elle me demande quand est-ce que je l’ai senti bouger pour la dernière fois. je répond que je ne sait plus, car j’avais l’impression de l’avoir senti avant alors qu’il était déjà mort, alors comment savoir ? je commençais à peine à le sentir vraiment….On nous redit que d’après eux c’est bien trop risqué de rentrer en France, même par le premier vol le lendemain matin, car on ne sait pas depuis combien de temps il est mort, et donc quand mon corps risquerait de s’en rendre compte et lancer le travail. Le risque d’hémorragie à ce stade de grossesse est bien trop élevé en cas de déclenchement spontané. on appelle tout de même le médecin français qu’on a eu au téléphone quelques heures plus tôt pour avoir son avis, et il nous tient le même discours. Alors nous devons organiser avec eux la suite des événements. On commence déjà à nous demander si on voudra le voir, si on veut une autopsie, etc…. tellement de chose qu’on est pas prêt à entendre car on a pas encore bien enregistré l’information dans notre cerveau, mais effectivement il faudra qu’on réfléchisse rapidement à tout ça, c’est pourquoi ils plantent les graines de ces réflexions dans notre esprit.

Nous retournons dans la chambre, le temps de faire une prise de sang et autres prélèvements, et le temps qu’ils puissent organiser la suite avec le service de gynécologie. On attendra au moins 1h. Pendant ce temps là, j’essaye de joindre mes parents, mais ils sont injoignables, idem pour mes sœurs. (il doit être minuit en France à ce moment). Mon mari arrive à joindre mon beau-frère pour prévenir ma sœur (qui dormait le portable éteint). Ma belle-mère va sonner chez mes parents et ma 2e sœur mais n’arrive pas à les joindre (on apprendra le lendemain qu’ils dormaient tous très profondément). On nous laisse deux choix, soit être admis directement (et donc attendre à l’hôpital 1 journée), soit revenir le lendemain pour 18h. On choisit la 2e option, car nous n’avons pas envie de rester à l’hôpital, et de plus il faut que nous cherchions toutes nos affaires au logement. Or je ne me sens pas de laisser mon mari tout seul pour rouler jusque là-bas et s’occuper de ça tout seul. On me donne un 1er comprimé et nous pouvons repartir. Il est 2h du matin.

Le trajet en voiture est horrible. La douleur est si forte, c’est une vraie tempête de neige, heureusement il n’y avait personne sur les routes et c’est bien un miracle que nous n’ayons pas eu d’accident vu comme mon mari roulait. Je me souviens d’ailleurs avoir espéré à ce moment là de faire un accident, pour ne plus sentir cette douleur atroce.

Nous avons un peu dormi, blotti l’un contre l’autre, d’épuisement. La journée du samedi a semblé durer une éternité. Mon cerveau, miraculeux, arrive à bloquer la pensée que j’ai un bébé mort dans le ventre, défense de survie pour ne par perdre la raison. Nous avons du gérer l’annulation du reste du voyage, prévenu notre entourage. On est dans un état second, incapable de se nourrir, en proie au désespoir. Le moment de quitter le logement pour aller à l’hôpital est très difficile, on a pas envie de devoir affronter ce qui va arriver et qui s’approche de plus en plus. Le trajet en voiture est toujours aussi difficile, j’ai presque envie de demander à mon mari de nous envoyer dans le décor pour ne pas vivre ça. Je ne sais pas ce qui m’a retenu, mais heureusement, car à mon avis la pensée devait aussi être présente chez lui, et il en fallait de peu pour passer à l’action.

Nous arrivons en avance, alors je reste à pleurer dans la voiture sur le parking, voyant au loin des femmes venant donner naissances, des familles venant visiter des nouveaux-nés, et pendant ce temps mon mari est au téléphone avec une psy spécialisé pour les cellules de crises, pour ne pas qu’il s’effondre.

Il est 18h, nous rentrons dans le service. On s’occupe bien de nous, on nous explique tout. Enfin presque. Quand je pose des questions sur comment ça va se passer, on m’explique jusqu’au moment où les premiers saignements apparaîtrons, mais on ne me répond pas sur ensuite. A mon avis pour ne pas nous faire paniquer, car la suite est forcément horrible. On me donne la 1e dose de médicament pour déclencher les contractions. On s’effondre à ce moment là, car ça y est, c’est le début de la fin. 2h après, les premières contractions arrivent. plutôt bon signe apparemment que je réagisse dès la 1e dose. Ma mère, qui a sauté dans le 1er vol pour nous rejoindre arrive vers minuit. Arrivée salvatrice, car à ce moment les douleurs sont intenses, et émotionnellement il faut que quelqu’un prenne le relais de mon mari. Ensuite avec anti-douleurs et électrodes la douleur sera à nouveau un peu plus supportable. Ma mère ira à son hôtel, et je m’endormirais (bien plus tard) entre chaque contraction.

Dimanche, la douleur reviendra au petit matin, puis on me donnera une nouvelle dose de médicament. La douleur deviendra à la limite du supportable, à deux doigts de la péridurale (mais ils veulent l’éviter car il faut aller en salle de naissance pour cela, or vu la situation, pour notre bien-être psychologique, on comprend qu’ils préfèrent éviter si possible, et moi aussi). A ce moment là, la sage-femme comprendra que c’est le moment.

Je vous épargnerai les détails traumatisants. Cela a été rapide, mais la douleur physique fut à la hauteur de la douleur psychique. même si on sait que c’est inévitable, on a pas envie de le laisser partir. Mon mari devra me traduire ce que la sage-femme dit, car je n’entends plus que sa voix. Après cela je friserai la folie pure à cause des sensations d’après mon mari, je me souviens avoir crié, hurlé de panique, pleuré, traumatisée par mon état à ce moment là, et ensuite à nouveau la tétanie. Environ 30 min après (je crois, la notion du temps est compliqué pour ce moment), nous pourrons le voir. moment très difficile, on ne regarde que quelques instants, difficile de faire autrement vu notre état émotionnel. On lui dit au revoir, en l’appelant par son prénom. Plus tard, on nous donnera une empreinte de son pied.

Le reste de la journée et du lendemain j’ai beaucoup dormi d’épuisement, mon mari a du gérer 1000 trucs administratifs et pour le rapatriement. On aura le droit de partir le lundi (car heureusement je n’ai aucune complication), et de reprendre l’avion le mardi.

Le mardi, pour nos 13 ans ensemble, nous prenons l’avions pour rentrer en France, en laissant notre fils derrière nous en Finlande, dans une douleur sans nom, sans comprendre comment tout a pu basculer en un instant, alors qu’une semaine avant notre petit S. allait très bien.

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Une semaine sans toi

 

8h30 – heure française – Déjà une semaine que l’on t’a arraché de moi.

Le temps semble avoir filé, alors que chaque jour dure une éternité depuis que tu n’es plus là au creux de moi. Un vide, que dis-je, un trou noir, a pris ta place dans mon cœur. Et la douleur qui en découle est insupportable.

Quitter ce pays en te laissant pour le moment derrière nous a été un vrai déchirement. Et ne pas savoir si l’on pourra te faire revenir en France n’en est plus que difficile. Parait que t’es un cas inédit, même l’Etat civil n’a pas pu se prononcer. Le procureur général de la République va devoir statuer. On va finir dans les livres de droits si ça se trouve. Et le plus dur est de ne même pas savoir ce qui ne leur convient pas dans notre cas….

Revenir vivre dans cet appartement où l’on s’imaginait la vie avec toi est un vrai déchirement. Tu vois mon amour, nous avions prévu de préparer ta chambre à notre retour de voyage, de commencer à faire des achats pour toi…. toutes ces choses tellement rêvées n’arriveront jamais. On nous demande de reprendre le court de notre vie comme si tu n’avais jamais existé, ces prochains mois remplis de rêves ne sont plus. Et l’on se rend compte de tout ce qui n’arrivera pas. Que va-t’on faire pendant l’été ? je devais être en congés maternité de juin à janvier prochain. Mais je n’aurais pas le droit de le prendre, malgré les conseils de la psy –  tu comprends tu es mort-né 4 jours trop tôt pour que j’y ai le droit… Et maintenant il n’y a que du vide. Je ne sais même pas si je prendrais des grandes vacances. De toute façon j’arriverai après la bataille, tous mes collègues les ont déjà posés sans se soucier de moi, puisque je ne devais même pas être là….

Et ton prénom… nous avions passé tellement de temps à en discuter. Nous ne voulions que le meilleur pour toi. On se mentait à nous même ces dernières semaines, en disant que nous n’étions pas encore fixé. Cela nous faisait peur de trancher entre 2 prénoms finaux aussi tôt, mais pourtant ce prénom s’était imposé avec évidence depuis quelques temps. Nous l’avons su dès que nous avons appris que ton cœur avait cessé de battre. Tout ça pour ça. Il est tellement magnifique, tout le monde dans notre entourage le trouve beau. Mais nous n’aurons jamais la chance de le prononcer dans ton quotidien. Pour nous rassurer, nous nous disons qu’heureusement nous avons choisi un prénom rare, pour ne pas avoir à l’entendre tout le temps autour de nous.

J’ai tellement peur d’oublier ton visage. Je m’en veux de ne pas avoir su te regarder plus longtemps. Il nous reste l’empreinte de ton petit pied, que nous chérirons à jamais. Je me souviendrais toujours de la sensation de tes petits coups qui apparaissaient de plus en plus souvent les dernières semaines. C’est d’ailleurs très dur d’avoir encore l’impression de te sentir au creux de moi, alors que je sais que tu n’es plus là. Foutu cerveau de merde.

Je n’ai aucune photo de toi dans mon ventre pour me consoler et garder un souvenir heureux de nous deux ensemble. Je comptais prendre les premières pendant notre voyage. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait seulement quelques heures avant d’apprendre que tu nous avais quitté. Photo que nous avons rapidement effacée, te sachant déjà mort sur cette image…

Alors il nous reste nos souvenirs des moments passés à caresser mon ventre, à te parler avec ton papa, ce moment où je t’ai fait écouté l’album de son groupe qui venait d’être terminé, et où tu as fait la java en réponse, les échographies chez le gynéco où l’on te voyait bouger, le son de ton cœur tellement beau la 1e fois qu’on l’a entendu, le moment où on n’a connu ton sexe et où tout a pris réalité.

Nous aurions tout donné pour toi, si on nous avait laissé cette chance. On t’aimait déjà tellement. C’est tellement difficile et inconcevable de perdre son fils avant d’avoir eu la chance même de le connaitre. On prend mesure de la place que tu avais pris dans notre vie et nos cœurs par l’immensité de ton absence.

Je ne sais pas comment on peut se remettre de la perte de son enfant, si on s’en remet jamais réellement. Jamais je ne pourrais t’oublier mon petit S., je t’aime tellement mon amour …

DNLP ne prend jamais de vacances

Que dire, j’angoisse de ne pas savoir. J’angoisse de ce qui pourrait advenir. J’essaye de ne pas être défaitiste, mais je sais que ça craint.

L’homme a de nouveau une prostatite.

La dernière, il y a 5 ans, lui a laissé une prostate « cryptique » (totalement rongée par l’infection, en très sale état).

Et c’est une des causes de notre infertilité. Cela a gravement endommagé sa production de spermatozoïdes (quantité, typicité).

L’échographe qui lui avait détecté lui avait dit « faites très attention, buvez beaucoup, on ne sait pas les conséquences que pourrait causer une nouvelle infection. » En gros, ça pourrait buter totalement la production de spermatozoïdes.

Certes cette prostatite semble moins grave que la dernière fois (il pissait des caillots de sang…), il a « juste » de la fièvre, des vertiges (à cause de la fièvre), et des difficultés à uriner (comme pour une infection urinaire en fait).

Mais voilà, ça me fait très peur. Même si on est de toute manière en ICSI pour la prochaine FIV. Et se pose la question de retarder la prochaine tentative, faut il attendre 3 mois post-infection pour que la spermatogenèse soit renouvellée, pour ne pas que le jour de la ponction son recueil soit trop pourri et fasse tout foirer ?

Nous avons dans une semaine pour programmer le traitement de la prochaine FIV. On discutera de tout ça. En théorie on pourrait commencer mi septembre. En théorie…

 

J’espère que tout ira bien …

Se faire avoir comme une bleue

Je vous ai laissé sur mon corps qui faisait n’importe quoi et mes règles qui seraient arrivées trop tôt. Car au moment où j’écrivais cet article, y avait pas de doute, vu le flux et la durée (toute une matinée), c’était forcément mes règles, et vu que j’avais eu des spottings pendant plusieurs jours auparavant, cela correspondait au schéma classique mis à part la semaine d’avance.

Sauf qu’une fois l’article publié, plus rien…. des légers spottings, mais plus un flux de règles. Et toujours des douleurs (mais pas des crampes, des douleurs diffuses, comme souvent en période pré-règles). Bref ça me soûle, je décide de commencer la progestérone le lendemain matin pour calmer ces saignements (et si possible les douleurs). Mon ancien gynéco m’avait déjà prescrit de la progestérone pour ça.

Bon les douleurs ça les a pas trop calmées, mais les saignements débiles se sont arrêtés.

Ca fait une semaine, je suis à J29 aujourd’hui, et pas l’ombre d’un saignement à cette heure-ci. Et croyez moi depuis hier je scrute le PQ environ toutes les heures, pour déceler la moindre goutte qui mettrait fin rapidement à mon supplice mental…

Alors oui la progestérone a toujours retardé mes règles, mais dans le sens où au lieu que les spottings commencent 4 jours avant mes vraies règles, ils commencent à la date supposée de début de règles (et donc ça décale un peu les vraies règles). Et j’ai bien revérifié mes calendriers où je note les spottings et les règles, et ça a toujours été au grand max à J28….

Mais là rien, nada, nothing.

Alors forcément mon cerveau oublie les 3 ans 1/2 d’essais infructueux et les psychotages débiles passés… ben oui le flux abondant de l semaine dernière, ça pourrait pas être la nidation ? et puis la semaine d’avant je me suis farci une semaine de cortisone pour cause de sinusite aigüe. J’ai des problèmes d’auto-immunité, la cortisone est souvent prescrite aux meufs en PMA qui ont des soucis dans ce genre, est-ce que ça aurait pu aider à un miracle ?

Pourtant d’autres signes souvent présent avant mes règles sont aussi présents. Les douleurs se sont intensifiées depuis hier (même si on est pas encore aux crampes), et j’ai très froid sans réussir à me réchauffer (ce qui est aussi un bon signe chez moi).

Bref si mes règles doivent arriver je préfèrerai avoir au moins un petit spotting aujourd’hui, pour ne pas espérer trop fort. J’ai arrêté la progestérone hier, pour ne pas faire durer le supplice si c’est vraiment ça qui les empêche d’arriver.

Je n’y crois pas vraiment, mais forcément avec une once d’espoir ça fait toujours plus mal que ces derniers cycles où je n’en avais aucun…

Allez je m’en vais checker le PQ une nouvelle fois, pour abréger mes souffrances au plus vite….


Bref sans surprise, mes règles sont arrivées dimanche matin

Un petit coucou de DNLP

Vous vous rappeliez de mes calculs savants pour estimer une date de FIV1 bis en fonction du RDV au centre PMA ?

On repart à zéro, il semblerait que j’ai mes règles. Avec une semaine d’avance. Normal quoi.

Pourtant je suis persuadée d’avoir ovulé fin de semaine dernière, même si j’avais des saignements ce weekend (mais en même temps ça m’arrive tellement souvent les saignements anarchiques en cours de cycle…). Et c’est vrai que j’avais déjà des douleurs aussi depuis ce weekend, mais j’ai parfois ça pendant plus d’une semaine avant les règles.

Mais en même temps suite au cycle de stim’ et de la progestérone, mon corps a fait un peu n’importe quoi. Genre j’ai eu comme un début de règles juste avant de devoir faire la prise de sang, puis des petites pertes et des douleurs menstruelle pendant une semaine pour enfin avoir mes vrais règles.

Donc j’ai estimé ma date de règles (le 8 mars) au 1er jour de vraies règles et de fin de symptômes pré-menstruel comme d’habitude. Donc j’ai peut-être mal estimé le vrai jour vu que c’était l’anarchie. ou alors c’est juste que mon corps a fait n’importe quoi, qui sait.

 

Bref je dois reprendre mes calculs ^^

 

Dimanche RALC – le pire dimanche de l’année

Le weekend avait pourtant bien commencé, après-midi tatouage (plus qu’une séance et mon bras est fini 🙂 ), achat du sapin que j’ai réussi à transporter sur le porte bagage de mon vélo, achat de nouvelles décorations pour le sapin.

Dimanche midi, nous étions invité à une raclette avec un groupe d’amis du collègue/lycée que l’on voit toujours 3/4 fois dans l’année.  Je précise que ce groupe n’est pas du tout au courant de nos soucis. Et ce midi, le groupe était au complet, même le couple qui a déménagé à 2h de route était là.

Le couple qui d’ailleurs s’est marié il y a un an et demi, dont tu redoutes l’annonce qui ne saurait tarder.

Ah ben elle a plus tardé, c’était hier cette annonce. Je me disais bien que c’était louche qu’ils aient insisté pour qu’on arrive à trouver une date où ils seraient aussi là. Ils font pas trop d’effort en temps normal.

Direct, dès qu’on s’est installé pour l’apéro. Bonne ambiance. Je vois la tête de mon homme se décomposer. Et là, on part pour la 1e salve de RALC, avec en tête « oh ça va tu vas pas te vanter juste parce que t’as enfin trouvé comment ça marche ». (Car le mec en question se vantait d’avoir fait tout le boulot…).

Ca parle ensuite mariage (le notre, et celui à venir du 2e couple mais en 2019), la meuf enceinte nous dit qu’elle ne sait pas si elle pourra venir vu que la date d’accouchement est prévu début juin (comme notre mariage), mais que si avec un peu de chance elle accouche un peu avant elle pourra peut-être venir. Je rigole un peu jaune, lui dit clairement qu’à mon avis même si c’est le cas et qu’elle a accouché 2 semaines avant, elle sera probablement pas en état. Mais ils continue à rigolo sur comment s’organiser avec le bébé pour venir (nan mais juste venez pas quoi….). Ensuite, on switche sur le mariage de l’autre couple, RALC en or de la meuf enceinte « ah ben si ça se troue d’ici là ça sera toi qui pourra pas venir/pas boire » je marmonne un truc « ah ben quand même d’ici là ».

Echec et mat, fin du round 1, l’homme craque en entendant cette phrase et se lève pour partir (on est à l’apéro). Je vais le voir devant la porte d’entrée car il est près à partir comme ça, sans rien dire aux gens. Je discute un peu avec lui, du coup les autres viennent et il dit qu’il se sent mal qui a probablement la gastro et qu’il préfère rentrer.

Je me retrouve donc plantée là (parce que c’est dur de simuler une gastro à deux exactement au même moment…)

Ca revient souvent sur la grossesse, de ce qu’elle ne peut pas manger, que c’est elle qui conduit pendant un an (vu qu’elle peut pas boire) du coup le pacte c’est que lui doit conduire l’année d’après. Bref moment très agréable…

Puis je ne sais plus exactement ce qui est dit, mais l’autre nana (celle qui va se marier), qui dit « nan mais faut pas non plus trop insister, on sait jamais, on a un couple d’amis, on les charriait tout le temps pour savoir quand ils s’y mettraient, et un jour la femme a répondu en sanglot que ça faisait 3 ans qu’ils s’y mettaient… »

Moment d’hésitation, qu’est ce que je fais, je balance nous aussi ça fait 3 ans ?

La meuf enceinte renchérit « oui c’est vrai on sait jamais, quand ça fait très longtemps que le couple est ensemble et qu’ils n’ont pas d’enfant y a toujours un risque »

J’évite son regard, je ne sais pas si elle perçoit mon malsaise, je ne pipe pas mot. Je décide de ne rien dire, car l’homme n’est pas là, je ne sais pas s’il serait d’accord que j’en parle, et je ne veux pas balancer ça et fondre en larme au milieu du repas.

Un des mecs rajoute  » comme ça le fout mal quand on t’annonce ça quand même en pleine soirée ».

Voilà, pas de doute, après cette remarque je ne peux rien dire.

A un autre moment en parlant de chat, elle nous dit que c’est chiant, qu’elle n’est pas immunisé conte la toxoplasmose alors qu’elle a côtoyé des chats depuis toujours, je suis étonnée, je dis « ah c’est bizarre, moi aussi mais je suis immunisée « . « Ah bon tu sais que t’es immunisée ?  » …. Je fais une petite diversion sur la chiantise de ne pas être immunisée, mais elle a trouvé ça bien bien louche que j’ai cette info sachant qu’à part pour la grossesse/désir de grossesse, c’est pas la prise de sang que l’on fait vraiment….

Passé ces moments, plus de RALC trop horribles, mais j’ai qu’une hâte, rentrer chez moi à la fin du repas qui s’éternise.

BONUS POINT : petit détail qui a son importance tout de même dans le malaise approfondis de cette annonce et pour la suite, car oui il n’est que 16h30 à ce moment, mon dimanche n’est pas fini :/ : le futur papa, V., c’est mon ex. Mon tout 1er copain avec qui j’étais quand j’avais 12-13ans, pendant un peu plus d’un an. C’était aussi un très bon ami à mon homme au collège et lycée, c’est d’ailleurs par lui que nous nous sommes rencontré.Si l’on était pas resté amis, je ne serais probablement pas avec l’Homme aujourd’hui.

Alors oui, déjà assister au mariage de son 1er copain il y a un an et demi, c’est un peu étrange. même si à l’époque j’avais répondu à l’homme « ben non c’est pas bizarre, c’était y a tellement longtemps, on était des gamins, ça compte pas » pour éviter des problèmes conjugaux ^^ Oui même si on s’est éloigné avec le temps (et ses copines et mon homme qui n’appréciaient pas qu’on soient trop amis), même si je n’ai aucun sentiment pour lui et  que sa calvitie ne peut plus être cachée, ça a quand même étrange.

Alors vous imaginez l’annonce qu’ils vont être parent, ça fait tout bizarre. Même si à aucun moment je me suis dit « ça pourrait être moi ». Non, car si je n’étais pas avec l’Hmme, clairement je ne serais pas avec V. Et j’aurais peut-être aussi des problèmes de fertilité vu que les causes sont un peu floues chez nous.

Pourtant, quelle fut ma surprise en rentrant que l’homme soit extrêmement désagréable (il ne m’a même pas demandé comment c’était passé le repas), me fasse limite la gueule parce que j’avais réussi à rester (j’avais difficilement le choix). et que ça le rendais mal parce que c’est mon ex qui va être papa. J’ai essayé de lui dire, qu’un ex de quand on a 11ans ça compte pas vraiment (ce à quoi il m’a rétorqué « t’avais 14 ans quand on s’est mis ensemble, je dois en conclure la même chose? »), et que comme dit, même si je n’étais pas avec lui, dans aucune configuration je serais avec V. actuellement.

Il m’a dit qu’au moment où j’avais la perche tendu j’aurai du raconter nos problèmes comme ça ça aurait été fait, qu’il préférerait que je fasse ça quand il est pas là…. euh ouais enfin c’est pas facile pour moi non plus ! Et qu’il ne voulait plus voir ces gens, car on a plus rien en commun, etc…. bref c’était totalement incompréhensible sa réaction, il a réussi à ressortir pleins de soucis et à me faire pleurer, alors que jusque là j’avais plutôt bien réussi à encaisser la journée. Toujours cette impression que quand il va mal, il essaye de m’enfoncer plus profond que lui… je ne comprend pas trop ça…

On a arrêter de se parler pendant 1h, et il a enfin réussi à de nouveau être normal et pas me prendre le choux pour tout et n’importe quoi… Pendant ce temps-là j’ai décoré le sapin, pour penser à autre chose… tu parles d’un super moment en famille la décoration du sapin….

Super dimanche quoi….. allez J-4 avant des petites vacances. Bonne semaines à toutes (et à tous ?)

 

Débrief RDV Endocrinologue

Après plusieurs semaines de stress, j’ai enfin eu mon RDV chez l’endocrinologue, la jeune et gentille Dr Jardinage. Déjà un point positif, le contact est super bien passé, elle était vraiment sympa, agréable et prévenante. Elle a bien pris le temps de poser des questions (et écouter toutes mes réponses), de bien lire le dossier, de bien m’expliquer les points un peu techniques, et de s’assurer que tout était clair et que je n’avais plus de questions. C’est fou, mais plus je vois de médecins, plus je me rends compte qu’il y a un gouffre entre l’ancienne et la nouvelle génération de docteur. Et je préfère de loin ceux de la nouvelle !

Côté technique, et bien comme j’en avais déjà parlé dans l’article IAC4: les dés sont jetés (+news thyroïde), ma TSH est trop haute et mes anticorps anti-TPO très élevés.

D’après Dr Jardinage, pour le moment deux explications plausibles, le temps/l’évolution nous confirmera la bonne :

  • Un dérèglement hormonal temporaire du à la stimulation pour l’IAC (le timing est cohérent)
  • Un problème d’auto-immunité qui fait son apparition (voir même qui attendait son heure et a été activé par toutes ces hormones) et qui lui ne disparaitra pas, cohérent avec les anti-TPO trop haut.

Dans tous les cas le problème est récent puisque ma TSH a déjà été contrôlée plusieurs fois auparavant, et même au mois de février je n’avais pas de problème. Donc ça ne peut pas être la cause primaire de nos soucis, mais une de plus qui se rajoute en cours de route… Un grand merci DNLP pour tes rebondissements toujours plus funs les uns que les autres !

Bilan : on traite au Levothyrox déjà pendant 6 semaines, le 20/07 j’y retourne avec une prise de sang pour voir où ça en est et pour régler le dosage. Le RDV est calé juste avant le RDV CMCO pour qu’on ait déjà des éléments de réponses. Puis on se revoit de nouveau 6 semaines après, idem avec bilan sanguin.

Je lui ai demandé son avis pour l’IAC 5, et elle m’a confortée dans mon choix de ne rien faire avant le RDV au CMCO, pour qu’on ait une meilleure visibilité sur la situation et qu’on ait l’avis du Dr Hibou sur la question, bien plus calée que mon gynéco de ville.

On a aussi un peu parlé de mon poids, elle m’a dit qu’une fois tout ça stabilisé on pourrait en parler plus en détail pour m’aider dans ma perte, car elle me conseille fortement de perdre pour ne plus être en surpoids, pour ne pas rajouter de facteur aggravant à notre cas.

Bref je ne suis pas vraiment rassurée puisqu’au final je ne connais pas exactement le problème que j’ai, mais au moins on le traite. J’espère qu’effectivement c’est juste un soucis lié à la stimulation, car je n’ai vraiment pas envie de rajouter une maladie chronique et une nouvelle boite de médicament à mon quotidien, sinon bientôt je vais devoir investir dans un pilulier ^^

Avec tout cela je risque d’être en pause jusqu’à la FIV, qui si elle n’a pas lieu en août (et ce ne sera pas le cas vu les échos que j’ai eu sur les délais au centre PMA) devra attendre le mois de novembre/décembre pour éviter tout risque d’être sur le point d’accoucher le jour de notre mariage (c’est quand même le comble d’avoir peur de prendre ce risque au bout de presque 3 ans d’essais!). Si c’est comme cela que ça se déroule, je ne sais pas comment je vais supporter une pause aussi longue…

 

La cloche a sonné, c’est la fin de la récré

Le RDV avec le gynéco d’hier marquait la fin de la récré. Il est temps de ramasser les armes et repartir au combat.

Le protocole ne change pas pour cette 4e (et normalement dernière) IAC :

  • 1 injection de gonal F 37.5mg chaque soir à partir de J3,
  • dosage oestradiol à J3 et J5 (pour le moment)
  • RDV avec le gynéco à J5 pour surveiller la croissance du/des follicules.

J1 n’est pas encore arrivé, mais bon depuis samedi j’ai des gros spottings, donc ça ne devrait pas tarder (si le jour où je suis enceinte j’ai tout de même des spottings, promis je l’appellerai Moïse).

Et oui, partir en vacances n’aura pas suffit, c’est vraiment étrange 😉


Je n’ai toujours pas appelé le centre PMA pour prendre RDV pour la FIV, car en fait lors de la prise de RDV je devrais dire que nous avons 4 échec d’IACs (puisque c’est la condition pour qu’ils nous acceptent), et j’ai l’impression que dire ça pendant l’IAC en cours ça porte malheur….


Hier pendant l’écho chattale j’ai aussi remarqué quelque chose. Pour certaines ce qui est difficile c’est de voir sur leur appli le nombre de cycles d’essai depuis le début (c’est pour ça que je n’en ai pas installé). Et bien moi, ce qui est dur c’est l’écran du gynéco, car mon âge exact apparait à l’écran. J’étais à 23ans11mois au 1er RDV infertilité, je suis à 25ans5mois aujourd’hui, et chaque mois le décompte file inlassablement….

L’ambivalence de la PMA (+ IAC3 et DPO)

8DPO. Rien de bizarre. Grâce à la progestérone j’ai mal aux boobs 1 semaine, depuis ce matin utérus un peu douloureux (comme presque à chaque cycle vers cette période, encore plus vrai avec la progestérone). Les saignements qui me faisaient flipper ont stoppé au bout de 2 jours. Depuis j’ai cru voir un ou 2 spottings mais très très légers donc on va dire que ça va.-  Bref rien de nouveau (mais du coup l’absence de nouveautés me fait toujours dire que c’est mauvais signe^^). Ah si ça fait environ une semaine que j’ai des insomnies et dors 2-3h par nuit. Je crois que vu le timing il y a un lien avec les DPOs ^^.

Mais ces DPOs et cette IAC je ne les vis pas bien. Peut-être à cause de la déception du mois dernier où j’y ai cru, car il y avait des nouveautés : aucun spotting (pas arrivé depuis presque 1 an), 2 jours de retard, utérus sensible pendant tous les DPOs… Bref j’avais l’impression que si y a un cycle où ça devait marcher c’était celui là. Et non.

Pourtant ce mois on augmente légèrement les chances (environ 5% de chances en plus d’après Dr Hibou du centre PMA) en stimulant légèrement. Mais je n’y crois pas, je n’y crois plus.

J’ai une impression un peu amère et paradoxale (j’ai essayé de l’expliquer à ma psy mais elle n’a pas compris) : plus on s’approche du but, plus on s’en éloigne. Peut-être avez vous aussi eu cette sensation.

Avant de débuter les IACs, j’avais juste l’impression de faire du sur-place, car je m’étais faite à l’idée que sans aide on n’y arriverait pas.

Mais chaque IAC est une claque. Car oui chaque tentative fait qu’il y a une plus grande probabilité que ça marche. Mais chaque échec nous rapproche aussi de la fin des tentatives et de la PMA, et de l’horreur d’en sortir sans enfant. Même si on en est qu’aux IACs, rien que se rapprocher de la FIV nous confirme cela.

Je vis la PMA comme le début de la fin. Je ne crois pas aux IACs (sérieux autant je vois des filles chez qui les FIVs ça marche, mais les IACs…. ben non. Si vous avez des exemples pour me prouver que j’ai tord, je suis preneuse), j’ai l’impression de faire ça dans le vent. La FIV aura probablement plus de chance de marcher, mais en même temps c’est la tentative de la dernière chance, et ça me fait très peur.

Je n’arrive plus à me projeter dans le futur. Je n’arrive plus à imaginer notre futur enfant, à imaginer une vie de famille. La seule chose que j’arrive à imaginer c’est toutes les choses que je peux faire si je n’ai pas d’enfant. Et ça me fait peur de penser comme cela. Mon homme me dit « j’espère qu’on aura un enfant ou au moins que tu sera enceinte pour notre mariage » (en juin 2018), mais je n’ose pas espérer. Car si ce n’est pas le cas, cela gâcherait une partie du mariage. Avant dans tous mes projets je me disais « ah mais si on a un enfant faudra qu’on repousse » « ah on ne peut pas faire ça, je serais probablement enceinte ». Non, maintenant je prévois juste, comme si j’avais oublié cette possibilité.

Il y a quelque chose de tellement machinal dans tout ce process, tous ces RDVs, prises de sang, échos, piqures, que j’en oubli dans quel but vraiment je le fais. J’ai l’impression que ça ne sert à rien, qu’on fait ça car c’est la procédure.

Comment bien vivre la PMA si on arrive même plus à y croire ?

Peut-être que je me mets dans cet état psychologique pour atténuer la douleur des échecs, les désagréments sur la vie quotidienne… Je ne sais pas.

Je ne sais même plus pourquoi je veux tant cet enfant qui ne vient pas, je l’ai oublié en chemin. J’ai besoin de retrouver le désir du début, exempt de tout problème. Ce désir pur qui rend heureux. J’en ai marre de ce désir qui me calcine de l’intérieur.

IAC3 :bizarreries donc psychotage

D’habitude je tiens une bonne semaine avec de commencer à psychoter. Mais là DNLP est contre moi.


Bizarrerie n°1 (positive) : je crois que j’ai ovulé un 2e fois hier matin….

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Depuis les IACs, avec le déclanchement de l’ovulation j’ai tendance à la sentir (en temps normal j’ovule dans la nuit, donc je ne la sens pas).

Donc en résumé : lundi soir déclanchement de l’ovulation avec Ovitrelle. (donc ovulation doit s’effectuer dans les 36h). 2 follicules, mais un seul mature (l’autre est un peu à la traine).

IAC3 mardi matin.

Mardi soir : je ressens l’ovulation du côté droit, donc  côté follicule mature.

Hier matin (jeudi) : je ressens des symptômes d’ovulation du côté gauche. Je trouve ça bizarre. Mais en même temps avec le retard de ce follicule, et ben on est dans les temps pour qu’il ait atteint la bonne taille entre temps, et dans les temps avec le déclanchement par ovitrelle. J’ai regardé sur internet, et bien en fait 2 ovulations en décalé c’est plus fréquent qu’on le croit (d’où beaucoup de faux jumeaux), même sans être stimulé.

Bon la mauvaise nouvelle c’est qu’on a pas pu faire de câlins hier. On était sur le point quand l’homme a eu la bonne idée de se fracasser le doigt de pied dans un mur en allant dans la chambre. Il a eu horriblement mal toute la soirée, il se l’est probablement fêlé ou cassé. Comme tue l’amour c’est radical !

Donc même si c’est bien le cas, et bien ça n’a malheureusement pas servi à grand chose. Ca m’attriste un peu…


Bizarrerie n°2 (négative) : depuis hier soir j’ai des douleurs de règles. Ca a commencé quand j’étais à la salle de sport, sur le vélo elliptique. Pourtant je fais beaucoup plus doucement en cette période post-IAC. Quand ça a commencé j’ai encore ralenti le rythme, et question « musculation », et bien je n’ai fait que des exos pour bras, et évité de contracter un maximum les abdos.

Ca n’a pas vraiment cessé de la soirée, j’ai même eu des pertes roses avant de me coucher. J’ai commencé la progestérone hier soir comme demandé (et j’ai espéré que ça stoppe tout ça).

Ce matin j’avais des trace de sang dans ma culotte (+ importantes que de simples spottings) et toujours des pertes rosées. Dons la progestérone n’a pas fait effet. Et depuis ce matin, et bien les douleurs ont repris, elles sont mêmes plus fortes. Alors oui, le cycle dernier j’avais un peu mal au ventre, mais seulement après 2-3 de progestérone, et je pense que c’était lié ! (mais pas douleurs de règles, plutôt douleur diffuses et plu légères)

–> Pensez vous que je doive augmenter la progestérone ? je n’ai qu’une prise le soir de 200mg. Or la plupart des femmes en PMA prennent au minimum 2/jours, voir 2×2/jour. Même dans la notice, ils disent qu’en PMA c’est normalement 400mg/jour.

–> Dois-je stopper le sport totalement pendant les DPOs  d’après vous? (c’est la 1e fois que j’ai ça, or j’ai repris la salle depuis novembre, et en juin dernier la course à pied jusqu’en novembre). On ne m’en a jamais parlé. e gynéco m’a juste dit de ne pas faire de sport le jour de l’IAC.

J’hésite à contactez mon gynéco (mais peut-être que j’abuse à force de psychoter) car avec des saignements et des douleurs, je vois mal comment une nidation pourra avoir lieu, et du coup je commence déjà à me dire que c’est mort pour ce cycle vu comme ça commence. Mon prochain RDV est jeudi prochain, ça peut déjà foirer entretemps….

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