IAC2 +RDV PMA :un lundi bien rempli

Alors ce lundi c’était la grosse journée, heureusement que c’était mon RTT mensuel, sinon j’aurais bien galéré. (Tellement grosse journée d’ailleurs que mon corps a dit fuck, que j’ai choppé une bronchite et suis en arrêt pour le reste de la semaine d’ailleurs).

Commençons par le début, le RDV de suivi de cycle chez mon gynéco. Finalement mon corps n’a pas chômé, et le follicule est mature, du coup il décide de me faire une piqûre pour déclencher l’ovulation, avec IAC le mardi matin. (même si on va pas se mentir, naturellement, malgré le follicule mature, mon corps aurait encore pris un peu de temps pour ovuler). Et du coup il me donne une ordonnance de progestérone, pour la prendre après l’IAC, pour réguler un peu tout ça.

RDV au centre PMA : après 1h15 de transports en commun (et j’habite même pas Paris, mais Strasbourg ^^), j’arrive enfin au centre PMA, et timing parfait mon homme y arrive au même moment. L’accueil nous indique où aller. On doit prendre un ticket. Nous sommes les suivants. On attend 5 min, on nous appelle. Bon en fait c’est le 1er passage pour nous faire payer, nous donner une fiche de soin (sérieux, même pas de télétransmission pour qu’on soit remboursés rapidement???), elle remplie la partie administrative de notre dossier, nous donne un questionnaire détaillé que nous devons remplir avant le RDV, puis nous invite à aller dans une autre salle d’attente. Bon je me disais aussi que ça aurait été un peu trop rapide; là il y 4 couples qui attendent (dont une enceinte, frimeuse va), et une femme seule. Nous sommes les plus jeunes. Heureusement à force de vous lire j’ai prévu le coup et ramener un gros bouquin et un magasine. Remplir le questionnaire nous prend une bonne quinzaine de minute. Étrangement on arrive à rigoler et dire des bêtises, on dénote un peu dans la salle^^ Au bout de 30min la doc (nous l’appellerons Dr Hibou) nous cherche (je suis étonnée par le peu d’attente au final !).

Donc Dr Hibou nous reçoit dans son cabinet, nous demande de nous raconter tout notre dossier. On commence par M., elle dit qu’effectivement les problèmes de prostates ça explique bien ses soucis. Apparemment dans les hormones y en a une qui indiquait déjà que c’était problématique et qui aurait pu nous prévenir plus tôt, et que du coup il doit prendre les antibios préconisés par le gynéco, et qu’il doit surtout boire beaucoup d’eau (même si ça le fait pisser en continue), que ça devrait pas mal aider pour avoir des taux un peu mieux et éviter une nouvelle infection. Et qu’il doit aussi réduire un peu l’alcool en soirée (même si ce n’est pas le fond du problème).

Ensuite elle regarde mon dossier, tout est plus ou moins ok (j’ai juste oublié le dernier bilan sanguin…), sauf un taux de TSH qu’elle trouver légèrement élevé (à 3 et quelques), même si officiellement c’est dans la norme. Mais j’au la TSH à un autre moment, et là c’est bon. Donc elle conseille juste de revérifier que de ce côté là c’est ok (et après prise de sans, aucun soucis de ce côté). Elle va conclure la partie « dossier », donc là je lui dis, bon je suis sûr que le gynéco ne l’a pas mis dans sa lettre, mais je rencontre quelques soucis qu’il ne prend pas au sérieux », donc je lui parle de règles abondantes, douloureuses et longues, et surtout des saignements tout au long du cycle. Donc là elle tique, reprend les clichés de l’hystérosalpingographie (décidément c’est le sujet des derniers jours), le regarde attentivement. Puis elle nous dit non, ya vraiment rien. Donc là c’est mon homme (ah tiens, mes symptômes n’étaient totalement anodins ?) qui lui demande si ces symptômes peuvent être de l’endométriose. Elle dit que oui c’est possible, mais vu qu’on voit rien du tout, même si c’est le cas ce n’est pas ça qui nous rend infertile, y’en aurait pas assez pour que ça soit problématique. Et les petits saignements hors cycle, ça peut être du aux hormones (très léger dérèglement, rien de grave non plus) et que du coup, une légère stimulation ça peut aider à réguler tout ça.. Elle me prescrit une ordonnance avec notamment l’AMH.

Conclusion : pour le moment on est « refusé » en FIV, si après 4 IACs ça ne fonctionne pas, on les recontacte et là ils nous font rentrer dans le parcours au centre PMA. On lui demande ce qu’elle pense de cette IAC2 sans stimulation, elle dit qu’effectivement ça réduit un peu les chances, mais que vu qu’on est lancé, c’est à nous de voir, ce n’est pas non plus une erreur de la faire. Pour IAC3 et 4, elle conseille un protocole léger, avec juste une piqûre de gonal à J3, puis déclenchement avec ovitrelle. On lui demande du coup si on fait ça chez notre gynéco habituel, elle dit oui, pas de soucis vu qu’il a déjà commencé, mais bien évidement s’il refuse la stimulation vous nous rappeler et vous ferez ça ici (bon c’est déjà ça, même si ça sera plus rapide s’il ne fait pas son relou).

Je lui demande aussi conseil pour la progestérone, vu que j’en ai eu 3 mois puis plus après (alors que ma phase lutéal est un peu limite), elle me dit qu’effectivement c’est mieux avec les problèmes de saignements, et surtout après un déclenchement d’ovulation, car les études montrent que cela créer une chute de progestérone environ 3-4 jours après la piqûre, donc c’est mieux de compenser. Tiens tiens, mes saignement ont débuté 4 jours après la piqûre de la dernière fois… coïncidence ? je ne pense pas, mais ça veux quand même dire que l’IAC1 n’avait pas beaucoup de chance de marcher… En sortant, le couple suivant était la femme enceinte. C’est bon signe ça non ?^^

Bilan : ce RDV m’a rassuré, le 2nd avis ça fait du bien. Dr Hibou est vraiment très calée sur le sujet, elle nous a souvent parlé de littérature, d’études récentes, etc, montrant bien qu’elle sait de quoi elle parle, et qu’elle se tient au courant. ça m’a un peu rassuré aussi qu’elle me prenne au sérieux, et qu’elle me donne au moins une petite explication sur mes saignements bizarres. ça ma aussi rassuré qu’elle ne dise pas que notre gynéco faisait n’importe quoi depuis le début, et qu’on pouvait continuer avec lui vu qu’il gérait bien la situation (enfin s’il accepte la stimulation en cas d’échec de l’IAC2).

Par contre concernant l’endométriose, je me pose des questions. Pour celles chez qui on l’a découvert tardivement parce que ça ne s’est vu qu’à l’IRM, mais pas avant, est-ce que cela peut tout de même être un facteur aggravant, ou la cause première de vos problèmes d’infertilité ? ou comme Dr Hibou l’a dit, si on ne le détecte pas à l’hystérosalpingographie, c’est que même s’il y en a ce n’est pas assez important pour troubler la fertilité ? donc en gros, est-ce que je dois à côté voir un spécialiste de l’endométriose pour confirmer ou réfuter que j’en suis atteinte ou non ???

Mardi matin on a donc fait l’IAC2, mais bon j’ai du mal à y croire, en plus j’avais de la fièvre et je toussais beaucoup, donc j’ai peur que tout soit ressorti (c’est possible non?). On a vite débriefé sur le RDV PMA, je lui ai parlé vite fait des conseils de la stimulation pour l’IAC3, et il a dit ah oui mais une piqûre c’est fort tout ça, on va plutôt commencé par du clomid. (en soit il avait mentionné qu’à l’IAC3 on passerait à la stimulation tout même). Mais bon ça c’est pas vraiment être conciliant… va falloir qu’on négocie tout ça.

Et donc le soir, avant de dormir j’ai fait l’erreur de regarder mes mails, et découvert le résultat pour l’AMH (d’où mon précédent article tardif)… ça me fait un peu peur, je ne sais pas trop quoi penser à ce sujet pour le moment.

Voilà voilà, encore un petit RDV pour ce cycle ce soir, -parce que oui, on a jamais assez d’échochattale….- pour vérifier que l’ovulation a bien eu lieu, je lui parlerai de l’AMH en même temps, et j’espère que M. viendra avec pour aussi parler de la stimulation pour la potentielle IAC3, avec le protocole conseillé par Dr Hibou, parce que bon moi je ne sais pas vraiment m’imposer, mais lui en tant que métalleux barbu ça marche un peu mieux tout de même ^^

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IAC2 (ou pas, enfin peut-être) : RDV de suivi de cycle, ras-le-bol et coup de blues

Beaucoup de choses se bousculent dans ma tête depuis vendredi soir. Je crois que cet article risque d’être un peu long, j’ai beaucoup de choses à dire.

Partie I : RDV gynéco

Je vais commencer par ce RDV de suivi de cycle chez mon gynéco vendredi. Bon déjà les saignements ont enfin cessé le vendredi, après 16 jours. Mais du coup ça a décalé mon cycle de 4 jours d’après l’écho de contrôle. Donc mon ovulation tombera pile-poil quand je serai en formation…. Le gynéco vérifiera encore lundi matin pour qu’on soit sûr, vu que c’est décalé mais bon vu comme ça s’annonce, c’est un cycle dans le vent. Et bon dans la lignée de mon article précédent, il n’a même pas daigné de s’intéresser à ces saignements de 16 jours. Alors perso je pense clairement que c’est cette piqûre pour déclencher l’ovulation (sur cycle sans stimulation) qui m’a totalement déréglé. Mais même si c’est ça, il aurait pu le dire. Mais non, rien, nada, aucune explication, ça ne lui importait pas. A ce stade, je crois que je n’ai plus aucune confiance en lui.

Puis on débriefe avec M. le compte-rendu de l’échographie de la prostate, avec la lettre de compte-rendu. Enfin débriefer est un grand mot, il a lu la lettre, entouré les mots qui l’intéresse puis a sorti son carnet d’ordonnance. Il oublie que le compte rendu, on ne reçoit pas de copie en tant que patient en général. Donc le gynéco lui prescrit un traitement de choc à base d’antibio, je ne comprends pas trop. En sortant, je vois que M. n’est pas trop bien, du coup je lui demande ce qui se passe, et en fait il a vu sur le compte-rendu que le mec de l’échographie ne lui avait pas tout dit. Il lui avait dit que c’était rongé à cause de l’ancienne infection. Mais sur le compte rendu la conclusion indique que l’échographie est compatible avec une infection un peu généralisé de la prostate et glandes séminales et tout et tout. Et il n’y a pas marqué « ancienne infection », mais bien infection, genre c’est encore en cours. Je ne comprends pas trop pourquoi il ne lui a pas dit ça…. mais bon je me dis qu’on demandera aussi l’avis au RDV PMA de lundi, quitte à voir si il peut consulter un spécialiste de la prostate, pour mieux comprendre tout ça, et éviter que ça s’aggrave. Mais MINCE pourquoi les spécialistes ne nous disent pas tout en face ??? on sait ça juste parce que M. a eu le bon sens de lire le compte-rendu à l’envers en même temps que le gynéco. Et vu qu’on a le RDV PMA, le gynéco nous a passé la lettre pour la photocopier et la mettre au dossier, donc on a pu la lire. Sinon on ne l’aurait même pas su….. Bref j’ai de moins en moins confiance dans les médecins.

Partie II : la prise de tête

En sortant on discute avec M. il est faché/triste à cause de cette nouvelle qui a été cachée, mais aussi in s’énerve parce que on va rater le moment de l’ovulation ce mois-ci. Je lui explique que bon, moi aussi ça me fait chier déjà, et ce n’est quand même pas de ma faute si j’ai une formation ! (qui en plus me fait déjà chier car je loupe un concours que je voulais passer en vue d’une reconversion, donc elle tombe vraiment mal mais pas moyen de la décaler.), et il ajoute qu’en plus au cycle d’après on sera probablement à l’étranger donc ça reporte à avril les IACS

Alors je lui précise que de toute façon, il y a une chance qu’au centre PMA ils nous déconseillent de faire ces IACs dans ses conditions. Et là c’est partie en n’importe quoi.

A base de reproche parce que je ne fais plus confiance au gynéco, que y a quelques mois il avait lui des doutes et que c’est moi qui avait voulu continué chez lui. (mais maintenant il lui fait confiance vu qu’il avait vu juste pour la prostatite) Alors oui, mais je lui rappelle qu’il a eu le dernier mot, que je lui avais dit que s’il voulait vraiment changer on pouvait car je veux qu’on soit tout les deux ok sur ce choix. Et qu’il a choisit de rester, pour qu’on puisse lancer les IACs plus rapidement. Mais ça il l’oublie, m’accuse de nous faire perdre notre temps, car ça va tout repousser. J’essaye de lui expliquer que non, vu que de toute façon on aurait attendu pour le RDV PMA dans tous les cas, donc non on ne perd pas de temps à cause de ça. Il me dit que je rêve, que si on fait les IACs en ambulatoire, au centre PMA ils nous prendront que pour la FIV mais pas les IACs, parce que ça ne se fait pas de piquer les patients à un Dr. J’essaye de lui expliquer que non, c’est fréquent les gens qui changent de Dr dans leur parcours. Mais il ne veut pas l’entendre. Et il s’énerve contre moi aussi en disant que je m’invente des problèmes suite à mes saignements, que le gynéco c’est son métier donc s’il dit que ce n’est pas inquiétant ça ne l’est pas. Je lui dit que non, ça arrive souvent de passer à côté, et que surtout j’ai besoin que ça soit vérifié. il me dit qu’on a déjà assez de problèmes, qu’en gros c’est lui qui a le monopole des soucis, des problèmes vu que ça a été prouvé, et que moi tant que y a rien en gros ben faut que j’arrête d’en parler parce que ça rend la situation plus difficile pour rien… SOUTIEN = 0. Je lui précise que j’en parlerai quand même au RDV de lundi, parce que je ne veux pas foncer tête baissée juste pour faire des IACs rapidement, et qu’ensuite on se rende compte qu’il y avait autre chose et qu’on ait gaspillé inutilement des tentatives.

C’est horrible, je n’ai aucun soutien de sa part, et il ne me prend pas au sérieux.

 

Partie III: j’ai rechuté

La plupart des gens infertiles commencent à consulter les psy quand les problèmes deviennent difficiles à accepter.

Pour moi c’est un peu différent. J’ai consulté le psy avant les essais BB. Car oui j’ai été dépressive pendant de très longues années (environ de mes 10 ans à mes 22ans…), et avant de commencer les essais, je voulais partir sur de bonnes bases, me sortir de cette situation. Être capable de me gérer moi pour me sentir capable d’être mère. J’ai réussi à m’en sortir à ce moment là, parce que pour la 1e fois j’en ai eu la force et la motivation.

Heureusement que je l’ai fait car sinon je n’aurais jamais réussi à supporter les épreuves par lesquelles nous sommes passés depuis. Quand j’ai fini le suivi psy, quelques mois plus tard nous avons lancé les essais. J’ai appris à gérer la tristesse, les mauvaises nouvelles, les mauvaises passes. Ça m’a souvent aidé à relativiser tout ce qui nous arrivait. Il y a eu des moments ou j’ai du vraiment me battre et m’accrocher pour rester à la surface, mais le souvenir du mal-être de ma dépression passée m’a aidé à me battre et ,e pas replonger.

Mais hier matin j’ai reconnu les signes. J’ai replongé. On dit souvent que la dépression on n’en guérit jamais, mais qu’on peut tout de même s’en sortir. C’est un peu comme l’alcoolisme, il faut faire attention et se battre pour ne pas replonger.

Mais là c’était trop pour moi. Je l’ai senti venir, mais c’est insidieux. Je sentais qu’il fallait que je retourne chez le psy car mes propres ressources ne suffisait plus. J’ai appelé 2 fois dans la semaine, mais je tombais sur le répondeur et ne laissait pas de message pour qu’elle me rappelle. Je pense aussi que c’est pour cela que j’ai lancé ce blog, je me sentais au bord de craquer.

C’est trop pour moi, trop de choses en même temps : le décès de l’arrière-grand-mère, le travail qui ne me plait pas, l’impression de passer tout mon temps libre en salle d’attente et  RDV médicaux, mon corps qui me lâche (en 1 mois je cumule grippe, sinusite infectieuse, angine, et maintenant bronchite; j’ai une rhinite chronique et de l’asthme et je viens de découvrir que vu que ce n’est pas allergique il n’y a pas vraiment de traitement efficace sur le long terme, donc médicaments quotidien à vie), ce cycle débile avec des saignements à rallonge, la peur que j’ai des soucis plus graves, la peur de passer plusieurs années encore en PMA, le je-m’en-foutisme de mon gynéco, l’incompréhension de ma mère, le manque de soutien de mon homme…

 

Bref j’ai rechuté, la dépression m’a rattrapée. je ne veux pas revivre ça.

Promis demain je laisse mes coordonnées au psy pour qu’elle me rappelle.

Je crois qu’il me faudra bien ça pour affronter demain une prise de sang, un RDV de suivi de cycle et un 1er RDV PMA…. je vous raconterais l’issue de cette folle journée.

Allez on garde la tête haute, c’est dimanche, il faut en profiter.

 

Vous êtes jeunes, vous avez le temps

Je pense que c’est la phrase que les jeunes PMettes détestent le plus… Je l’ai entendu de ma famille, des mes amis et des médecins…

Quand on est jeune (1er essais à 23 ans pour moi, puis à 24 ans début des recherches pour trouver le problème; 25 ans = début de PMA), on a l’impression que notre désir d’enfant ne compte pas vraiment. Il n’y a que notre âge, on nous dit de ne pas être pressé.

Mais ils oublient certaines choses

-l’âge n’a pas d’influence sur la douleur d’être infertile, et d’avoir le ventre vide chaque mois.L’attente n’en n’est pas moins insupportable et c’est injuste de dire qu’on a pas besoin de se presser pour les examens et procédures car nous avons plus de temps pour les essais devant nous (et qu’il y a des cas plus graves)

-chaque mois, chaque année qui passe, est une année en moins à vivre avec nos potentiels futurs enfants. Et ça, rien ne le rattrapera.

-l’idée d’une famille nombreuse s’efface jour après jour. Si ça avait marché du 1er coup, on essayerait probablement de mettre le 2e en route en ce moment…

 

Et puis il y a d’autres paramètres plus personnel que ces personnes ne prennent pas en compte. Le désir d’enfant a pu venir avant les essais.

Pour ma part, j’ai cette envie d’enfant depuis mes 19 ans. Donc non, dans mon cœur ce n’est pas 2 ans d’attente, mais 6, et ce n’est pas du tout la même chose à vivre. Je ne ne sais pas si c’est juste moi, ou si cela vient d’avoir rencontrer mon namoureux tôt dans ma vie, mais cette envie viscérale est venue très tôt. Sauf que, je faisais des études, et puis je me suis dit que ce n’était pas raisonnable, que ce serait trop difficile à concilier, surtout financièrement. Que pour l’intérêt de cet enfant, ce serait mieux d’attendre, qu’on soit réellement « prêt ». A l’époque M. avait 21ans, j’ai cru qu’il allait fuir quand je lui en ai parlé (c’était viscéral, je ne pouvais plus le cacher). Mais non, il partageait cela, ça lui faisait peur, il ne se sentait pas prêt à être père, mais pourtant l’envie était là. Nous avons donc décidé d’attendre, d’être sage. Même si parfois c’était très dur.

Vers mes 21 ans, je me suis dit que je pouvais fait un master en alternance, avoir un salaire. Nous avions même trouvé un F3 pas cher avec un bureau/chambre. On aurait pu s’en sortir. Mais M. a pris peur, a paniqué,c’était la fin de ses études, le début de la vie adulte. Il a eu besoin d’une pause, de souffler. Après cet épisode, nous ne parlions plus d’enfant, car notre couple était trop fragilisé, nous n’y aurions pas survécu. Quelques mois après cet épisode, il a eu une prostatite aigu, a passer une journée à l’hôpital. Nous ne savions pas que cela changerait tout. Personne ne nous a prévenu, car les séquelles ne sont pas si fréquentes…

1 ans et demi après, les essais BB commencèrent… jusqu’à il y a deux semaines, où nous apprenions que la prostatite avait gravement rongé sa prostate, d’où des problèmes de productions de zozos (fluctuants énormément). L’annonce aussi qu’en cas d’une 2nde prostatite (dont le risque est accru vu l’état de sa prostate), il pourrait devenir totalement stérile.

 

Alors non, nous n’avons pas le temps, et nous ne l’avions pas à l’époque, même si nous ne le savions pas. Si nous avions suivi notre cœur plutôt que notre tête, nous serions probablement déjà parents, car cela serait arrivé avant cette p****n de prostatite. Je ne peux cesser de ressasser cela depuis le verdict. Je m’en veux tellement d’avoir attendu alors que je croyais que c’était plus raisonnable.

Et nous ne l’avons plus ce temps, car chaque mois qui passe augmente le risque d’une 2e infection irréversible…

2 ans d’essais, 6 ans d’attente, le ventre vide et le coeur bien lourd…

 

Une soirée entre amies presque comme les autres

Ce soir, comme toujours, avec deux amies connues à la fac, nous nous retrouvons autour d »un repas au restaurant pour fêter l’anniversaire de l’une d’elle.

Avec les années, je suis la seule à être restée dans la ville de nos études, les deux autres habitant à 1h de cette ville à présent. Nous nous voyons moins souvent, mais nous nous retrouvons régulièrement. Je ne leur avais parlé qu’une seule fois de nos essais bébé, au bout d’un an et que ça commençait à tarder. Nous n’en avions pas reparlé depuis. Nous rigolions souvent car pour l’une d’elle, A., c’est son copain qui veut un enfant depuis plus d’un an, mais elle ne se sent pas prête. L.ne parle jamais de ça, je me doute que c’est dans ses projets proches vu son silence (le même que le mien sur ce sujet).

Mais aujourd’hui, c’était différent. A. nous a demandé si nous prenions toujours la pilule, car elle se demandait si cela avait des effets négatifs au début de l’arrêt. Bim plus moyen de se cacher. Elle nous dit qu’elle se sent enfin prête, et qu’elle compte arrêter la pilule prochainement. Nous avions déjà remarqué que son sentiment à ce sujet changeait, mais je ne pensais pas que ce serait aussi rapide.

Nous parlons donc ouvertement, L. nous explique alors qu’elle a arrêté la pilule en juillet, test positif en septembre, mais qu’elle a fait une fausse couche en octobre. Elle en parle librement, car elle s’est rendu compte que ça lui faisait beaucoup plus de bien que de le garder pour elle-même.

Je parle alors de notre entrée en parcours PMA, car je vois bien que c’est le moment, mais surtout qu’elles comprendront un peu mieux ce que je vis. C’est la première fois que j’ai réussi à en parler sans larme, à ne pas plomber totalement mon humeur.

Pas de phrases d’encouragements à la noix, pas ces banalités vides de sens. Juste de la compréhension et de l’écoute, sans jugement, sans pitié. Je me rends compte que c’est la première fois que j’ai cette réaction et ça m’a fait du bien, j’ai eu l’impression de pouvoir avoir une vrai discussion sur ce sujet pour la première fois.

A la fin de la soirée, la magie s’est brisée. A. nous a dit « ce serait vraiment chouette si on était toutes les 3 enceintes en même temps ». Certes oui, mais le plus probable est qu’elle tombe enceinte la 1ère au C1 alors que c’est la dernière à avoir voulu s’y mettre, et qu’elle accouchera alors que mon ventre sera toujours vide; parce que la vie est une pute, donc ça va se finir comme cela.

C’est la première fois que des amies proches sont en essai BB depuis nos débuts. Et cela me terrifie. Comme la plupart d’entre nous, j’abhorre les ventres ronds et les multiples annonces de grossesses (de gens qui ne se connaissait même pas encore quand on a débuté nos essais). Mais comment réagir face à des amies proches ? J’espère que L. n’aura qu’une fausse couche et qu’ensuite tout ira bien, car je ne veux pas qu’elle vive la même chose que moi. J’espère aussi que pour A. tout ira bien. Mais cela me fait un pincement au cœur de me dire que quand on essayait déjà, l’idée d’avoir un enfant était inimaginable pour elle, mais qu’elle en aura probablement un avant nous.

D’un côté je me dis que c’est mieux de savoir qu’elles sont en essai, ça permet de se préparer à une annonce future. Mais j’appréhende énormément ces moments-là, et ma réaction à venir…

Bienvenue sur le champs de bataille

 

Voilà voilà, cela faisait déjà quelques mois que j’ai découvert la blogosphère PMA, que j’ai commencé à suivre des histoires, à lire des histoires finies, des récits de vie, des parcours. Mais étrangement je ne me sentais pas légitime. Car malgré l’infertilité, nous n’étions pas encore officiellement en PMA.

Et puis il y a eu Noël, une vrai épreuve cette année, avec le neveu et les petits cousins, je me suis dit que peut-être un blog m’aiderait. Mais je n’ai pas osé me lancer.

Puis il y a eu l’annonce qu’on commençait l’IAC 1 au mois de janvier. Mais là encore je n’ai pas osé.

Puis il y a eu le moment où j’ai du expliquer à ma mère que c’était vraiment trop difficile d’être en présence de mon neveu tout un weekend, et qu’elle n’a pas compris. Là j’ai commencé à me dire que ce blog, ça devenait une évidence.

L’IAC1 s’est soldé par un échec, avec son lot de mauvaises nouvelles supplémentaires. Je n’ai pensé plus à rien.

Mais ce soir, malgré l’heure tardive j’ai sauté le pas. Car ce soir, après avoir dîné avec des amies, je crois que j’ai enfin commencé à accepter que oui, nous sommes bien en parcours PMA, et que non, notre vie ne sera vraiment pas celle qu’on s’était imaginée.

Alors bonjour/bonsoir à toutes et à tous, je crois qu’il est l’heure des présentations officielles :

Moi c’est Nirnaeth, 25 ans, en couple depuis 11 ans avec Monsieur (je n’ai pas encore trouvé de surnom, on verra bien), 27 ans. Arrêt de la pilule en septembre 2014, après des années et des années de réflexion (notre cœur réclamait un enfant depuis nos 19/20 ans, mais par « sagesse », nous avions préféré attendre d’être vraiment près). Et depuis, rien… le néant… mois après mois, les règles qui reviennent.

Après 1 an d’essais infructueux, à l’aide de tests d’ovulation pour ne pas louper le bon moment, nous décidons d’aller consulter le gynéco, car nous le sentons, ce n’est pas normal. Les mois s’enchaînent, avec le monitoring de mes cycles, pour « cibler » l’ovulation au mieux (d’après le gynéco, en général je prédis mieux que lui); test des hormones de début de cycles, hystérographie, infections, bref aucun soucis particulier. Pourtant j’ai toujours mes règles 9-10 jours après l’ovulation, mais cela n’inquiète pas mon gynéco. j’ai des règles très très très abondantes et qui durent 7 à 9 jours, des douleurs très fortes, des pertes de sang anarchiques qui peuvent survenir à n’importe quel moment du cycle. Mais pour mon gynéco tout est ok de mon côté…

Le 1er spermogramme de M. est mitigé, il en a beaucoup (200 millions), mais peu de mobiles. Toutefois, le nombre final de spermatozoïdes « normaux » est correct, et d’après lui, nous avons toujours espoir d’un bébé couette. Cela est probablement du à une prostatite que M. a eu 2 ans auparavant, mais rien d’inquiétant.

Quelques mois plus tard et 2 test de Hüners moins convainquants niveau nombres de zozos, un 2e spermogramme est refait…. et là c’est la douche froide, il n’y en a plus que 2 millions. Mais « c’est la nature », on ne peut pas prédire…. les explications n’en sont jamais vraiment. Cela va faire 2 ans bientôt d’arrêt de pilule. Le gynéco nous propose de capaciter le sperme, en vu d’une IAC, vu le nombre réduit de spermatozoïdes. Le résultat est encore pire, environ 600 000 zozos, pas assez pour une IAC. Le labo nous dit que si cela ne remonte pas, notre dossier sera refusé, et ce sera FIV direct.

Nous discutons avec le gynéco, qui nous conseille de prendre RDV au centre de PMA au cas où, et en attendant de faire une 2e capacitation, M. doit réduire l’alcool, la cigarette (mais être fumeur occasionnel ça ne rend pas infertile à ce point), manger mieux….

Contrôle en décembre, 12 millions de zozos. Nous gagnons notre ticket pour l’IAC (mais perdons un bon recueil inutilement…)

Janvier 2017, une nouvelle année commence. IAC 1, plus que 1,5 millions de zozo. Cette IAC se fait sans stimulation, sur cycle naturel (puisque rien ne cloche chez moi, donc aucune raison d’après le gynéco, avec seulement une piqûre la veille pour être sur de déclencher l’ovulation au bon moment).

On espère, on a enfin l’impression d’avancer après 1 année de tests. Et puis, quelques jours après l’IAC, M. a enfin une écho de la prostate, pour contrôler « au cas où », s’il y a des séquelles de la prostatite d’il y a 3 ans. Douche froide, sa prostate a été énormément rongé par l’infection, ce qui explique la fluctuation des résultats, et les mauvais spermogrammes. Mais aussi le risque qu’en cas d’une nouvelle prostatite, il devienne totalement stérile, avec risque accru de cancer…. Pourquoi avoir attendu 1 an pour faire cet examen, alors que c’était l’intuition première du gynéco, confirmé par un urologue et un endocrinologue ? beaucoup de colère, enfin une réponse. Mais aucune solution.

Les résultats fluctuent, théoriquement un bébé couette est possible (mais cela pourrait prendre des années). La PMA est donc préférable. Cependant j’ai du mal à croire que ce soit le seul problème, car il a eu des résultats corrects (200 millions tout de même, avec 20millions de zozos normaux), alors pourquoi ces mois là ça ne marche pas ?

Puis les règles sont arrivées, un échec de plus, le premier écher en IAC, encore plus dur à accepter.

Nous avons RDV  au centre de PMA en février, et j’espère avoir une vrai réponse ou au moins un quelconque intérêt pour mes règles et saignements anarchiques.

Bienvenue à tous sur mon champs de bataille