Je ne sais pas comment il fait

Je vous ai parlé de mon retour a travail, mais là je vais vous parler de mon mari.

C’est vrai que niveau grossesse et parentalité au travail, je suis quand même par trop mal lotie car peu de jeunes dans mon bâtiment. Mes collègues de bureau ont des enfants qui ont mon âge. Bon ça n’empêche pas de parfois les entendre parler de quand leurs enfants étaient petit, à la maternité, de leurs petits enfants, qu’en ce moment dès que j’entend parler de grossesse et naissance (petits-enfants, collègues éloignés), toutes les naissances sont prévues pour juillet, de croiser une meuf enceinte dans l’ascenseur l’autre jour…. mais comparé à mon mari c’est le club-med.

Sa boite est plutôt jeune en moyenne d’âge, donc beaucoup de jeunes parents, de discussions autour de ça et d’annonces assez fréquentes de gars qui vont être père.

Samedi j’ai mesuré à quel point il était fort par plusieurs aspects, quand on a bu un verre avec deux amis qui ont été/sont aussi collègues par moment. Ils ont beaucoup parlé de la boite.

Déjà il doit côtoyer un collègue qui attendait un enfant à un mois d’écart avec nous. Sa femme a accouché dimanche dernier, et il a envoyé une photo…. (niveau tact on repassera). A l’époque ils parlaient de faire des play-dates, des cours de bébé-nageurs, etc ensemble avec nos bébés à venir. Vous imaginez bien la difficulté de côtoyer ce collège maintenant.

Un autre collègue qui a annoncé qu’il allait être père. Mais les tests et l’écho T1 ne sont pas bon, alors ils doivent faire une amniocentèse. Donc forcément ils discutent de tout ça et ça remue pas mal de choses.

Et puis, le plus difficile assurément : quand S. est mort, on s’est dit que pour le choix du prénom on avait bien fait d’en prendre un rare car au moins on ne devrait pas trop souvent l’entendre (je ne l’ai jamais entendu jusqu’à présent). C’était une difficulté en moins. Sauf que, la vie est une pute. Il retourne au boulot, un nouveau mec a été engagé dans son équipe quand il était pas là, il porte quasiment le même nom que notre fils (à une lettre finale près)… Il me l’avait raconté, et là, samedi, nos potes ont beaucoup parlé de ce mec (car il faisait pleins de connerie au boulot). Un coup de poignard à chaque fois que son nom était prononcé….

Je ne sais pas comment il fait pour supporter ça au quotidien, il est encore plus fort que ce que je pensais avoir découvert avec cette épreuve. Et ça me rend triste pour lui de savoir qu’il endure ça au quotidien (même si je suppose que c’est come tout, on finit par s’y habituer…)

Mais qu’est-ce que je l’aime !

doiCet autre collègue