Le retour au travail

Voilà, j’ai repris le chemin du boulot hier matin, après plus de deux mois d’absence.

Et c’est difficile. Ça ressasse tout. Je me suis effondrée en arrivant dans mon bureau et en disant Bonjour à mes collègues – super….

J’ai peur de tomber sur des gens qui ne sont pas au courant et qui interpréteraient mal mon ventre redevenu plat ou mon absent longue.

Mes collègues ont été attentionné, ils m’ont dit de reprendre à mon rythme, ne me surcharge pas de travail, m’ont évité un déplacement que j’aurais du faire.

De toute façon je ne suis pas très productive, mon esprit s’égare souvent. Et je n’ai pas envie de parler à des gens. Ma sociabilité a pris un sacré coup.

J’ai passé mes pauses midi à la salle de sport. Ça m’a fait un bien fou, une vrai coupure. Mais bon pour mon corps je ne pourrai pas me réfugier là dedans tous les jours, ce n’est pas bon physiquement.

Perdre son enfant remet tout en perspective. Avant, quand on était « juste » un couple infertile, j’avais fini par trouver un équilibre, me contenter de plaisirs simples et de la vie que j’avais même si elle n’était pas parfaite. J’arrivai à me dire que la vie sans enfant pouvait être vivable et agréable malgré tout, si cela devait arriver.

Mais réussir à être enceinte a rebattu les cartes. Je ne peux plus me contenter de ça après avoir effleuré du bout des doigts la parentalité. Je ne peux plus m’imaginer survivre sans enfant. Que ce soit la seule expérience de mère que j’aurais. L’envie d’être parent est plus forte que jamais, exacerbée par ce manque incommensurable de mon petit S.

Alors ma vie me semble pourrie. Je déteste mon boulot depuis longtemps, mais là encore plus, j’ai l’impression de perdre mon temps, ma vie, à travailler et ne pas prendre de plaisir ou de faire quelque chose de constructif. Il faudrait que je me casse. Vraiment. Mais toujours la même chose, mais pas si facile de trouver autre chose pour moi, puis ce boulot est arrangeant avec la PMA pour quand on y retournera. Est-ce le bon moment pour changer de travail ? Et surtout de commencer ailleurs, en devant être à fonds, avec des personnes n’étant pas au courant ? Puis faut être assez forte mentalement pour les entretiens et les refus. Mais cette question là va quand même mériter d’être étudiée pour mon bien-être.

C’est donc très difficile de reprendre. Mais il fallait je pense, pour continuer mon deuil, de retourner au travail. Je n’avais pas envie, mais comme dit cela était surtout dû à l’absence de plaisir dans ce travail. Alors ce sera probablement un peu plus facile chaque jour, pas après pas comme depuis 2 mois.

 

Dans le deuil, le temps est notre allié. Mais paradoxalement il est aussi notre ennemis en PMA. Difficile de trouver un équilibre entre les deux. Et de faire la part des choses entre le manque de S. dans notre vie, et l’envie d’être enceinte à nouveau, l’envie d’être parent. Et cette envie de tout envoyer valser pour espérer se sentir mieux.

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